La culturalisation de Jésus

Culturel Poutine
 

En général, ils se placent du côté des catholiques, même s’ils préfèrent se dire « chrétiens » et ne parlent de leur foi que si on le leur demande. Ils sont parfois journalistes dans la presse de droite gauchiste réputée arnarco-conservatrice et, le temps d’une table ronde, jouent les cathos (ou les amis des cathos). Ils sont hommes politiques d’éducation catholique. Ils sont intellectuels, artistes, hommes et femmes de médias, « de culture chrétienne ». Ils reviennent vers le catholicisme sans l’assumer. Ils ne l’appuient que quand il n’est pas trop dangereux pour leur image et leur carrière.
 
jésus
 

Ils défendent le Christ en tant que « partenaire », que « pote », que « drogue », que « collaborateur », que « coloration » (« discrète mais présente » disent-ils), que « valeur ajoutée », que « condiment » (et pas « plat principal »), qu’« option », qu’« influence », que « valeurs » (cf. Valeurs actuelles), qu’« éducation », que « famille » au sens large (cf. Famille chrétienne), que « marqueur temporel et spirituel important », que « culture » (ou « contre-culture ‘réactionnaire’ »), qu’« instrument de pouvoir humain » (ou de « contre-pouvoir »), que « coach » et « saine ambition » (cf. Catholiques, engageons-nous !), que « philosophie », qu’« anthropologie », qu’« histoire », que « patrimoine », que « nation » (cf. France catholique), que « peuple », qu’« héritage » (cf. Les Déshérités), que « transmission », que « média de communication », que « civilisation », qu’« Europe » et « racines », qu’« inspiration » ou « modèle », que « solidarité internationale » (#JeSuisChrétiens), que « justice », qu’« esprit », que « label artistique », que « start-up », que « chrétienté » et « institution » (bientôt un #JeSuisBarbarin et #JeSuisPapeFrançois ?), et même en tant que « saint » et « prophète » (à l’instar des musulmans). Ces nouveaux bourgeois chrétiens prennent néanmoins un peu de risques : des risques toujours mesurés, calculés et jamais inconsidérés. Ils sont même capables de bonté, de soutien, de « vie spirituelle », capables de retwitter les curés (surtout si ces derniers sont médiatiques) et de prendre la défense de l’évêque persécuté.
 
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Mais pour défendre le Christ et l’Institution ecclésiale comme ce qu’ils incarnent vraiment, à savoir le Fils de Dieu qui les amène concrètement à Sa Croix pour ensuite les ressusciter par amour, à savoir un Homme ridiculisé et crucifié par des gens comme eux qui le croyaient brillant et qui se sont vengés sur Lui de leur propre déception orgueilleuse, comme un ami qui les entraînera à la mort (médiatique et physique) s’ils Lui restent fidèles, là, il n’y a plus personne.
 
culturel Cazeneuve
 

En ce moment, ces fossoyeurs « chrétiens » du Christ muséifient, politisent et spiritualisent Jésus pour le transformer en objet culturel, en candidat (Jésus 2012), en Super-Héros royal/monarchiste, en personnage supplanté par les jolis messages éternels qu’ils lui prêtent (Espérance, Vérité, Humilité, Charité, Sainteté, Dignité, Humanité, Solidarité, Esprit, Miséricorde, Vie, Écologie, Famille, Spiritualité, etc.), en favori timidement soutenu du bout des lèvres (voire carrément soutenu au haut-parleur), en contributeur d’une Église universelle œcuménique sans conflits. Ils tiennent davantage à leurs crèches, à leur « liberté d’expression chrétienne » (avoir voix au chapitre) ou à leur lutte contre la GPA qu’à Jésus. Sans rire.
 
culturel Famille chrétienne
 

Personnellement, entre mon attachement à la France et mon attachement à Jésus, mon choix est vite fait : je choisis Jésus. Entre les valeurs de Jésus et Sa personne, idem : je ne choisis pas Jésus parce qu’Il a raison mais parce qu’Il m’aime. Je ne veux pas avoir à choisir entre Jésus et son message puisqu’ils sont une seule et même personne. Et si je les distingue, c’est que je me dérobe à sa Croix, donc à Jésus. Je ne veux pas non plus avoir à choisir entre la laïcité (souvent transformée en laïcisme) et le Christ puisqu’ils sont une seule et même personne. Je ne veux pas avoir à choisir entre le Pape (ou les prêtres) et le Christ puisqu’ils sont une seule et même personne. Je ne veux pas choisir entre ma foi et Jésus puisqu’ils sont une seule et même personne. Les bobos cathos (cf. les codes 38 et 39 de mon livre Les Bobos en Vérité), eux, les distinguent, pour mettre le Jésus crucifié au second plan, et ne pas le reconnaître comme le Fils de Dieu. Je préfère Jésus à ses saints, et ce que j’aime en ses saints, ce n’est que Lui.
 
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P.S. : Après avoir écrit cet article, je me suis rendu à la messe de midi à l’église Saint-Roch à Paris. Célébrée par le père Arnaud Gautier, que je ne connaissais pas, mais lui m’a reconnu juste avant de s’engager dans la procession d’entrée : « Tiens, mais c’est Philippe Ariño ! Avec les cheveux plus longs. » J’ai rigolé en ajoutant : « Oui, je sais, c’est catastrophique… » Il a fait une très belle homélie sur l’Évangile du Jour (Jn 8, 51-59) : « Celui qui garde ma Parole ne connaîtra pas la mort. » Et on eût dit que c’était Jésus qui s’adressait à moi directement et qui venait juste de lire mon article : le père Gautier nous mettait en garde contre ceux qui confondent Jésus avec « un fantasme de chrétienté… plus ou moins assumé(e) d’ailleurs » et qui, à force de dire que Dieu est partout (ce qui est en soi vrai : « Il est dans le silence, dans le chant d’un oiseau, dans le sourire de ma concierge. »), finissent par ne plus L’annoncer Lui ni annoncer clairement Sa Parole dans la Bible. Ils remplacent le Christ ou la Bible par la culture ou la civilisation chrétienne, bref, par la chrétienté (cf. l’émission TV Libertés avec Alain Escada). Je n’aurais pas pu mieux dire !
 
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Affaires pédophiles dans l’Église : elles ne sont pas un problème à fuir, ni un « débat piégé » à éviter

Je vais peut-être vous étonner en disant cela, mais les scandales pédophiles qui entachent en ce moment l’Église ne sont pas un « faux » problème à fuir, ni un « piège » à éviter, mais plutôt une formidable occasion de parler enfin de sexualité en Vérité et de tous les sujets que nous catholiques avions évincés lors de notre opposition au « mariage gay » (Non, Barbarin n’est pas un martyr ; Oui, Valls a la légitimité de s’exprimer ; oui, La Manif Pour Tous a fait preuve d’homophobie et beaucoup de gens d’Église aussi ; et oui, cette Année de la Miséricorde ne fait en réalité que commencer)
 
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Une amie m’écrit, concernant l’Affaire Barbarin et mon dernier billet : « Je n’arrive pas à capter un truc. Comment, en se servant de la pédophilie, les LGBT peuvent imposer l’homosexualité ? » Je lui ai répondu : En utilisant le tabou du lien non-causal entre pédophilie et l’homosexualité, ou bien l’homophobie réelle dans l’Église, ou encore l’imprécision du terme « hétérosexualité ».
 

Un autre ami m’a posé aussi cette question : « À l’inverse, si l’Église s’était plus et mieux exprimée sur l’homosexualité, en quoi aurait-elle été moins attaquée sur la pédophilie ? » Parce que l’accusation contre les pédophiles est portée actuellement par les défenseurs de l’homosexualité, et non les défenseurs de la pédophilie.

 

J’invite les catholiques et les prêtres d’une part à examiner la forte imbrication entre différence des générations et la différence des sexes, et d’autre part à comprendre que la violation de la différence des générations (moins évidente et moins justifiable socialement, parce que l’inceste reste le tabou n°1 de toute civilisation, comme le rappelle Lévi-Strauss) émane d’un désir de transgression de la différence des sexes (plus évidente et carrément justifiée socialement par l’adoption du « mariage pour tous » et le soutien ouvert à l’homosexualité). Cela leur éviterait, pendant les débats autour de l’Affaire Barbarin, de jouer de mauvaise foi (« Même pas vrai d’abord ! », « Balaies devant ta porte, Manuel Valls ! », « Y’a pas que nous, d’abord ! », etc.) et de prendre l’accusation mondiale de pédophilie adressée à l’Église catholique au pied de la lettre. Je le redis : contrairement aux apparences et ce qu’ils affichent publiquement, les détracteurs actuels de l’Église ne veulent absolument pas régler à proprement parler les cas de pédophilie, ni rendre justice aux victimes ; ils veulent profiter de la pédophilie pour se venger de l’opposition au « mariage pour tous » et pour défendre tacitement l’homosexualité-l’hétérosexualité. Et plus profondément, ils rêvent d’entendre parler en vérité d’homosexualité.

 

En lien avec ce que je viens de dire, j’ai dit à mes amis que ce qui me navrait actuellement dans cette médiatisation autour de la pédophilie au sein du clergé, c’était le repli de la majorité des catholiques dans une défense du cardinal qui frise l’hystérie. Je n’entends de leur part que des marques d’exagération ironique, de victimisation, de mépris et de colère, ou carrément des fuites en arrière pour refiler le bébé vers des débats parasites qui extériorisent les responsabilités sur les autres (« Manuel Valls a-t-il la légitimité de prendre part au jugement de Barbarin ? » ; « On va attendre que la Curie romaine se prononce… »). Or, le silence des gens d’Église sur la pédophilie et ses mécanismes est pourtant bien réel. Je l’ai bien vu lorsqu’on m’a fermé les portes quand je voulais en parler. L’homophobie (= peur de parler d’homosexualité et des personnes homosexuelles, et parfois attaques envers les personnes homosexuelles) dans l’Église est réelle. L’ignorance sur la sexualité et l’absence totale de dénonciation/d’analyse de l’hétérosexualité, aussi. Le mépris pour l’homophobie, même pas la peine d’en parler !. Donc tout ce qui arrive au cardinal Barbarin, aussi triste soit-il, n’est ni gratuitement méchant, ni illogique. Il existe une vraie brèche dans l’Église catholique, et celle-ci n’est pas le déni des actes pédophiles ecclésiaux : c’est l’incapacité à parler de sexualité avec les mots de notre temps, l’incapacité à affronter correctement le sujet de l’homosexualité et de l’hétérosexualité, et en revanche notre capacité à nous mépriser nous-mêmes sans que nos opposants aient même à le faire (anticléricalisme interne).

 

Nous, catholiques, pouvons bien nous moquer de Roselyne Bachelot qui amalgame scandales pédophiles et Manif Pour Tous et voir cela comme un « piège » (or ce n’est pas un piège !), nous insurger que Manuel Valls se mêle de l’Affaire Barbarin alors que « personne ne l’aurait sonné ». Mais je regrette : encore une fois, ce n’est pas répondre aux questionnements légitimes et aux attentes réelles des gens quant à la sexualité, que de réagir aussi bassement et épidermiquement. Cela revient à nouveau à refouler/encourager les relents d’incompréhension et de révolte suscités par le « mariage homosexuel » puis les Manifs Pour Tous, relents qui reviendront avec d’autant plus de véhémence qu’ils sont à chaque fois moqués/ignorés par l’ensemble des catholiques. « De quoi se mêle Manuel Valls dans l’Affaire Barbarin ? » Eh bien il se mêle « juste » de sexualité, d’hétérosexualité et d’homosexualité, de la souffrance et de la violence. Et il a un peu raison, même s’il le fait mal et pour les mauvaises raisons (car lui non plus, à l’instar de la plupart des catholiques, ne cherche pas à comprendre les mécanismes profonds de la pédophilie et de l’homophobie). Le Peuple a faim d’une Vérité sur l’hétérosexualité, sur l’homosexualité et sur l’homophobie, que les gens d’Église ne leur annoncent pas. Je comprends, d’une certaine manière, les défenseurs des « droits homos ». Ils attendent des réponses claires de nous catholiques. Et en général, nous bottons en touche, fermons le dialogue puis les dédaignons. La révolte grandissante du Peuple à l’égard des gens d’Église n’est donc pas si illégitime que ça. La situation, loin de nous paniquer, de nous énerver et de nous hystériser, doit au contraire faire rentrer les catholiques dans la joie de pouvoir enfin mettre des mots sur la sexualité et d’expliquer enfin des concepts d’aujourd’hui (triptyque « hétérosexualité-homosexualité-homophobie ») pour soulager notre pays d’un rototo qui le gêne depuis longtemps.

 

On peut prendre la défense de Mgr Barbarin (et très bien), mais soyons lucides et ayons conscience d’être fautifs pour d’autres choses que ce que nous reprochent les médias et les athées. Afin que notre mea culpa soit vrai et profondément efficace, nous devrions plutôt demander pardon pour le vrai mal que nous avons fait, et non le mal caricatural qu’on nous impute. Et éprouver le vrai mal que nous avons fait, cela consiste non pas à singer que nous portons les viols pédophiles de nos collègues cathos, mais à reconnaître que nous catholiques avons un réel souci à parler de sexualité au sein de notre Église, nous avons un réel problème à dénoncer l’hétérosexualité, et que cela génère donc de possibles élans pervers chez beaucoup d’entre nous et autour de nous.

 
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Le pire, c’est que l’autoflagellation des catholiques concernant la pédophilie, qui vise à fuir les responsabilités (en feignant de les grossir) et à étouffer les débats pour passer à autre chose, obéit à la grande comédie que nous joue en ce moment les porte-parole des catholiques médiatiques (prêtres et laïcs confondus), prêts à être anticlérical avant que les anticléricaux ++ ne le soient avec eux (parce qu’en réalité, ils le sont en même temps qu’eux !). Et le comble, c’est que ces catholiques « coupables pour les autres catholiques », qui concrètement sont infoutus d’être courageux quand on attaque clairement leur Église (Cf. mon article sur le film « Spotlight ») ou pour dénoncer publiquement « l’amour homo », écrivent sur la nécessité de l’engagement et du courage !
 

Pour éteindre démagogiquement l’incendie du scandale pédophile dans l’Église et reporter le traitement des vrais problèmes (= viol, hétérosexualité, homosexualité, homophobie), pour mimer (tout en amplifiant théâtralement la compassion, quitte à simuler la colère) le chœur des victimes et cautionner même leurs excès, certains prêtres avides de notoriété sont capables de pénétrer les plateaux télés et de nous sortir le grand jeu de la Drama Queen repentie. C’est de la pure propagande démagogique. Ils jouent les offusqués avant que les autres s’offusquent, interprètent sur eux-mêmes la colère pour devancer celle qu’ils redoutent de leurs détracteurs, forcent leurs larmes pour s’apitoyer autant sur les victimes de pédophilie que sur eux-mêmes (pauvres curés et cardinaux « honnêtes et injustement attaqués »), battent excessivement leur coulpe sur leurs collègues pécheurs sans leur proposer justement le pardon, s’identifient excessivement aux victimes et à leur révolte.
 

Ce mime éteint pour un temps très court les ardeurs anticléricales de leurs accusateurs, touchés de se voir imités par un prêtre. Mais ça ne résout absolument pas les futures accusations contre l’Église qui se corseront bien davantage avec l’homosexualité (comme je l’explique dans mon précédent article, la pédophilie et l’avortement ne divisent pas les catholiques entre eux : l’hétérosexualité et l’homosexualité, si !). J’irais même plus loin : cela divise encore plus l’Église. Car non seulement ces prêtres ne demandent pas pardon pour le mal qui a été fait, mais ils le grossissent pour le nier et nier ses mécanismes. Non seulement ils n’aident pas à résoudre le problème de la pédophilie dans l’Église mais ils le cultivent en mettant le couvercle sur le traitement des liens non-causaux entre pédophilie et homosexualité, sur les thématiques brûlantes et cruciales de l’homosexualité et de l’hétérosexualité. Non seulement ces prêtres ne nous aident pas à sortir de la pédophilie, mais ils rentrent dans son jeu en innocentant* totalement les victimes et en tapant/ignorant les bourreaux. Où est le pardon qui répare ? Où est la Miséricorde ? Où est l’analyse des mécanismes de l’acte pédophile ? Nulle part !
 

Malgré le plébiscite massif des nombreux moutons dans l'Église catholique capables de défendre un message qui est sacerdotal mais pas évangélique, à nous de rester fidèle à Jésus et de prier pour nos pasteurs médiatiques

Malgré le plébiscite massif des nombreux moutons dans l’Église catholique capables de défendre un message qui est sacerdotal mais pas évangélique, à nous de rester fidèle à Jésus et de prier pour nos pasteurs médiatiques


 

Ils martèlent devant les caméras « Nous sommes toujours du côté des victimes ! Nous sommes toujours du côté des victimes ! Nous sommes toujours du côté des victimes ! ». Mais en réalité, ce n’est pas du tout ça, le vrai message évangélique. Désolé*. Comme l’expliquait très bien le Pape Benoît XVI, la caractéristique du catholicisme, ce qui le démarque des autres religions, c’était bien l’amour des ennemis. Absolument pas l’amour exclusif des victimes ! Jésus est venu pour tous, aussi bien pour les victimes que pour leurs bourreaux, mais SURTOUT pour leurs bourreaux, SURTOUT pour les pécheurs ! À mon avis, ces hommes en col romain qui cautionnent la victimisation médiatique collaborent avec cette société qui sacralise les victimes des viols et diabolisent les violeurs, sans comprendre que tous les violeurs sont d’anciennes victimes de viol qui avaient jadis été déresponsabilisées de l’horreur qu’elles avaient vécue. Ils dénaturent en plus le véritable message de l’Évangile. C’est très grave. Et leur compassion télévisuelle ne me touche pas du tout. Surtout quand elle cache un marchandage émotionnel avec le monde, et une censure de la Vérité.
 

Père Michel Baute et moi

Père Michel Baute et moi


 

En me rendant à Lourdes le 5 mars dernier, j’avais été particulièrement touché par la verve évangélique du père Michel Baute, le chapelain du sanctuaire de Lourdes, qui avait proposé un chapelet commenté à la grotte, sur le thème de la Miséricorde. C’était de toute beauté car en montrant la Croix du Christ, il avait dit plein de vérités inhabituelles : « C’est déjà difficile de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Mais je ne sais pas si vous imaginez : Jésus, lui, il est mort non seulement pour ses amis, mais aussi pour ses ennemis ! » Ça m’avait transpercé le cœur. À la fin du sermon magnifique de ce saint père, une amie et moi étions allés le féliciter et parler un peu avec lui. Et il nous a dit « en off » une chose étonnante, un ressentiment vraiment nouveau, intelligent, que je n’avais jamais entendu de la bouche d’un prêtre jusque-là : le père Baute regrettait fortement que le Pape ait tendance actuellement à trop s’énerver et à trop taper sur les prêtres pédophiles emprisonnés. Il réagit ainsi sans doute dans le but de rassurer les cathos et faire bonne figure auprès des médias, de prouver une autorité paternelle et une légitimité papale qui le dédouanerait de l’accusation de compromission avec le mal dans sa propre maison. Car précisément, en cette année de la Miséricorde, le geste concret le plus fort que le Pape pourrait poser, ce n’est pas seulement un appel à demander pardon à Dieu pour nos péchés envers Lui et envers ceux qui nous ont fait du mal et à qui on a fait du mal. Ça va plus loin : c’est carrément l’appel au pardon des plus grands criminels, des violeurs et des meurtriers, des hommes aux actes les plus impopulaires socialement. Car là, on verrait toute la folie, la grandeur, le risque et le scandale, de la Miséricorde de Jésus ! Le père Michel Baute a rajouté qu’il attendait par exemple du Pape François l’inspiration d’organiser carrément la rencontre entre les victimes des viols pédophiles et leurs bourreaux. Ça, ce serait vraiment fort et très impactant. Beaucoup plus qu’un repentir médiatique sincère pour des fautes que des gens de notre propre famille confessionnelle ont posé au long de l’Histoire. Car le vrai Pardon, la Miséricorde envers les grands pécheurs, c’est une proposition d’une force imparable. « C’est de la bombe atomique qui sanctifie tout le monde et qui dépasse l’entendement. » Le père Michel Baute nous a confié que pour l’instant, franchement, il ne comprenait pas la timidité des propositions papales pour cette année de la Miséricorde, et n’appréciait pas les récentes prises de parole dures à l’égard des prêtres fautifs. La Miséricorde, ça va jusqu’à la folie de l’Amour des pécheurs. Ça ne s’arrête pas à l’admonestation publique ni à la répression des péchés. L’amie qui m’accompagnait et moi-même n’avons pu qu’acquiescer devant tant de sagesse. Et avec le père, nous avons pris encore plus la résolution de prier pour notre pape, un homme inspiré mais en chemin, comme nous tous. Quand rentrerons-nous dans le vif de l’Année de la Miséricorde ? Quand allons-nous vraiment prendre la vraie mesure de la grandeur de cette bombe ? Il me tarde que l’Esprit Saint l’allume. Surtout en France !
 

En conclusion, mon article prouve que le lynchage contre Mgr Barbarin n’est ni « injuste » ni absurde ni gratuitement méchant, même s’il s’exprime mal. Nous devons, catholiques, écouter et comprendre nos agresseurs car ils nous titillent sur nos brèches réelles et nous exercent à la joie de la sainteté. Réjouissons-nous au lieu de râler et de krysser ;-). En plus, bientôt, ce sera à leur tour de pâlir quand ils vont découvrir que ce sont eux qui n’ont pas vu les liens entre homosexualité et viol. Rentrons donc dans la joie des persécutions. C’est une des Béatitudes. Sans ronchonner ni hurler avec les fous.
 
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* Le viol a toujours lieu dans le cadre d’une relation. Parce que l’être humain est libre, il ne subit jamais un viol, même s’il en est victime : s’il n’est pas libre pendant l’acte, c’est au moins dans la manière de le vivre, et ensuite de lui donner du sens après. Déresponsabiliser les victimes de viol sous prétexte qu’elles ont été forcées et qu’elles étaient non-consentantes, c’est finalement encourager leur mutation en agresseurs.

 

* Suite à cette critique du passage-télé du Père Grosjean, certains esprits vexés que je ne suive pas leur mouvement laudatif ont tenté de me faire taire : « Philippe Ariño et l’Abbé Pierre-Hervé Grosjean : chacun dans son style a sa place. » La question n’est pas là. À un moment donné, il nous faut écouter le Christ et la Bible. Pas le discours victimisant du monde. Que ça m’énerve, les idolâtres de la Complémentarité et de l’Unité pour tout et n’importe quoi. Ce qui compte, c’est l’Unité en Jésus. Pas les oppositions de personnes dès qu’une Vérité ou un recadrage nécessaire a eu lieu. Oui, l’intervention du père Grosjean sur Canal n’a pas été évangélique. Oui, je suis le seul à le dire. Non, vous n’allez pas en faire une jaunisse ni hurler à la « division » et vous hystériser sur la « complémentarité ». On a le droit à l’erreur. Tous les mélanges ne sont pas bons. Tout ne se complète pas et ne s’oppose pas. Tout n’est pas une question de « style » et nous ne sommes pas toujours « à notre place », ce n’est pas vrai. Il faut arrêter les délires de grenouilles de bénitier, et accepter, en adultes, que certaines vérités soient dites.

Pédophilie, l’alibi de la justification de l’homosexualité

En ce moment, les taureaux cathos foncent tête baissée sur le rideau rouge de la pédophilie, arborent hystériquement le bouclier en carton des statistiques (« Les prêtres pédophiles demeurent une minorité dans le monde : il s’agit de moins de 0,1% des prêtres catholiques !! »), sans comprendre que la pédophilie est l’alibi temporaire de la justification sociale de l’homosexualité. Car comme par hasard, le mouvement La Parole libérée pressionnant Mgr Barbarin est composé de bisexuels masqués ; et ces LGBT n’en ont quasiment rien à faire en soi de la pédophilie mais s’en servent pour imposer secrètement l’homosexualité. Comme les cardinaux et les prêtres n’ont pas voulu se positionner courageusement et clairement contre l’homosexualité, il est logique que l’accusation de pédophilie les menace sérieusement et les épuisent. Alors que s’ils avaient réglé la question de l’homosexualité, jamais la pédophilie n’aurait un tel impact, jamais ils ne seraient autant embêtés par les LGBT qui se servent de l’interdit de l’amalgame homosexualité-pédophilie pour les effrayer/censurer.
 

P.S. : Voir l’article complémentaire sur le film « Spotlight » ; ainsi que l’explication de la menace que représente l’homosexualité pour l’Église (menace autrement plus puissante que la pédophilie et l’avortement, car l’homosexualité divise vraiment dans l’Église).
 

P.S. 2 : Le dialogue de sourds qui s’annonce dans les débats autour de l’Affaire Barbarin, repose à mon avis sur deux écueils : d’abord un attachement à un argumentaire scolaire de la « vérité sur la sexualité » face aux nombreuses directions que les débats peuvent prendre, d’autre part la perte de prise de conscience de la centralité du triptyque hétérosexualité-homosexualité-homophobie dans les mentalités majoritaires mondiales. Loin de faire une fixette personnelle sur l’homosexualité, ceux qui écouteront un tant soit peu tous ceux qui traînent Mgr Barbarin en procès de « pédophilie » constateront que ces derniers utilisent systématiquement les mots « homophobie-hétérosexualité-homosexualité » (même s’ils en interdisent le lien avec la pédophilie à ceux qu’ils attaquent). C’est flagrant. C’est déjà le cas du collectif La Parole libérée, de Manuel Valls, du film « Spotlight’, et même de Laurent Ruquier en ce moment pour la prochaine émission On n’est pas couchés avec Frigide. Les catholiques peuvent continuer à fermer les yeux. Mais les faits me donnent raison sur la centralité de l’homosexualité dans la plupart des débats sociaux brûlants actuels. Dans le cas présent de l’Affaire Barbarin, on peut dire que la pédophilie est le faux nez de l’homosexualité.

Publicación en España y América Latina de mi libro La homosexualidad en Verdad

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Se está publicando ahora mismo mi libro LA HOMOSEXUALIDAD EN VERDAD en España y América Latina, en la editorial católica Desclée de Brouwer. Un libro corto, claro y esencial, sobre todo en el contexto mundial actual, y con la ola de escándalos que van a surgir (creo yo) próximamente en la Iglesia católica y en el Vaticano acerca de la homosexualidad.
 

De momento, « sólo » se ataca al clero católico con los temas del aborto y de la pedofilia, temas que poco separan a los católicos y a los sacerdotes entre ellos (menos mal) ; pero más dañoso será el tema de la homosexualidad, que escinde mucho más DENTRO de la Iglesia, y hasta la Iglesia « de arriba », porque la mayoría de los católicos no sabe porqué y cómo oponerse a la Unión Civil y al « amor » homosexual. Entonces, ¡ a leer, para armarse y documentarse ! Y si queréis invitarme a vuestro país o ciudad para una conferencia, esta vez llego con un libro fornido, y apoyado por el obispo de Barcelona Monseñor Omella-Omella (con prefacio suyo). Y además, hablo bastante bien vuestro idioma ;-). Mi email : lahomosexualidadenverdad@gmail.com.
 

Video : « Católico y homosexual : ¿ compatible ? »

 
 
 
 
 

Actuellement est publié mon livre La homosexualidad en Verdad en Espagne et en Amérique Latine, chez la maison d’édition catholique Desclée de Brouwer. Un livre court, clair et essentiel, surtout dans le contexte mondial actuel, et avec la vague de scandales qui vont émerger (je crois) prochainement dans l’Église catholique et au Vatican au sujet de l’homosexualité.
 

Pour le moment, le clergé catholique est « juste » attaqué avec les thèmes de l’avortement et de la pédophilie, des thèmes qui divisent peu les catholiques et les prêtres entre eux (heureusement) ; mais plus douloureux sera le thème de l’homosexualité, qui divise beaucoup plus À L’INTÉRIEUR de l’Église, et jusque dans l’Église « d’en haut », parce que la majorité des catholiques ne sait pas pourquoi ni comment s’opposer à l’Union Civile et à l’« amour » homosexuel. Donc il est temps de s’armer et de se documenter ! Et si vous voulez m’inviter dans votre pays ou votre ville pour une conférence, cette fois j’arrive avec un livre solide, et l’appui de l’évêque de Barcelone Mgr Omella-Omella (avec la préface signée de lui). Et en plus, je parle assez bien votre langue ;-).

Les réseaux sociaux, l’espace des fusions potentiellement mortelles

La perversité intrinsèque aux réseaux sociaux – et ça, on ne peut rien y faire, à part s’en désinscrire – c’est que la personne et son discours, l’émetteur et son message, la personne et son avis, la personne et ses actes, la personne et ses amis, la personne et le lieu où elle est, la personne et sa croyance, sont souvent associés, fusionnés… d’où le cortège des #JESUISKENYA #JESUISCHRÉTIEN #JESUISCHARLIE. Ceci est dû entre autres à l’immédiateté et l’impulsivité qu’encourage les machines internétiques. À l’hybridité paradoxale du concept de journal intime-public, privé-social, que sont Facebook et Twitter. À la juxtaposition de la photo personnalisée (avatar) avec le « post » ou le « tweet ». Et cette proximité du texte avec le visage, c’est fatal. Car personne (à part Dieu) n’est ce qu’il dit, ce qu’il pense, ce qu’il fait, ce qu’il aime, qui il aime (pas même sa famille ni ses amis ni son compagnon), ce qu’il sent, où il est, en qui et en quoi il croit, ce qu’il désire, ses projections et ses fanatsmes. Et dans cette illusion de fusions, Dieu, le Réel, la Vérité, la différence et les autres peuvent vite passer à la trappe, car il n’y a plus d’espace pour eux. N’aidant pas les êtres humains à faire la part des choses entre eux-mêmes et le reste, les réseaux sociaux deviennent fatalement le théâtre du jugement de la personne (jugement en soi hyper violent), le théâtre de la caricature et de la trahison (à soi/aux autres). D’autant plus que leurs habitants peuvent facilement passer leur temps à se justifier de ne pas être ce qu’ils ont dit, pensé, aimé, fait, rencontré, défendu, si cela ne leur plaît plus ou si cela leur attire des ennuis. Ils peuvent dépenser une énergie folle (et même leur vie) à se défendre de ne pas être leur image. Les réseaux sociaux, c’est de la préfiguration de schizophrénie individuelle et de guerre mondiale. À l’instar de la mode des sanbenitos qui illustrait/supportait la tyrannie de l’Inquisition. À l’instar de la démocratisation des premiers téléphones qui a anticipé/organisé les deux Premières Guerres Mondiales.

« L’Église catholique a déjà tout dit en matière de sexualité »

Quand certains catholiques m’assurent que l’Église a déjà tout dit en matière de sexualité – Théologie du Corps de Jean-Paul II et Bible à l’appui – et qu’Elle n’a rien à rajouter (comprendre = « Il ne faut pas utiliser la novlangue avec son cortège de mots sexualisés absurdes tels que ‘homosexualité’, ‘hétérosexualité’, ‘bisexualité’, ‘homophobie’, qui nous corrompent à l’esprit du monde ! »), je leur réponds : « Certes, l’Église a apparemment tout dit sur la différence des sexes, donc sur la sexualité. Elle a déjà tout dit en Jésus, de toute façon. Et quand on interroge le Pape sur l’Union Civile et l’homosexualité, il s’en rallie prudemment à son Magistère en alléguant qu’il n’inventera rien de nouveau que ses prédécesseurs. Et pourtant, nos contemporains sont de plus en plus paumés et désintéressés par ce discours direct et positif sur la sexualité, car les gens d’Église ne disent absolument rien sur les simulacres actuels de la sexualité que sont l’hétérosexualité et l’homosexualité, considérés dans la tête et dans le coeur de nos contemporains (y compris des cathos) comme l’authentique et unique sexualité. »
 

Il est donc indispensable et urgent de s’attaquer aux contrefaçons actuelles de la sexualité. La description de ces fausses sexualités parlera bien mieux de la vraie sexualité qu’un discours scolaire et théologique uniquement centré sur la définition positive de la sexualité et de ses beaux fruits (= ‘la procréation’, ‘la valeur sacrée de l’enfant, ‘l’Homme et la dignité humaine’, ‘la sponsalité de l’union de l’homme et de la femme’, ‘le mariage’ et ‘la Famille’), discours positif qui touche de moins en moins nos contemporains blessés dans leur sexualité et obnubilés par les copies techniques, sentimentales et plus sombres de la sexualité, qui collent davantage à leur vécu émotionnel souffrant : les coups de coeur et les flirts décevants, les viols et abus, le porno, l’enfant-projet ou l’enfant adopté, l’Homme autodéterminé, le « mariage gay » et asexué, la famille sentimentale éclatée, recomposée et « homoparentale », etc.
 

Pour sortir de ce marasme de la « vérité sur la sexualité épanouie », les catholiques doivent donc faire entorse à leur purisme intellectualiste/doctrinal et à leur attachement à l’argumentation positive de la sexualité, pour prendre le risque de défendre la vraie sexualité par ses sosies modernistes négatifs. C’est seulement en décrivant la couche de vernis qu’apparaîtra concrètement la bonne couleur de la sexualité. Sinon, en balançant directement la bonne couleur, et en ne nommant pas explicitement le mal (= la différence des sexes travestie en ‘hétérosexualité’), beaucoup de gens ne se représentent ni la bonne sexualité ni sa contrefaçon mauvaise, au point de nier carrément le sexuel.

Les profiteurs du repentir

Message à ceux (en général qui ont pris la mouche par rapport à mon dernier livre sur les bobos : et pour cause, leur propre pratique les incrimine à ce sujet) qui se servent de ma récente confession de Carême pour me faire taire ou pour m’attribuer un jugement de personnes (injustifiable) quand je ne fais qu’un jugement d’actes (nécessaire, d’autant plus quand la Vérité n’est pas annoncée et que les actes mauvais restent tus/impunis : cf. les affaires Spotlight et One of Us) : La repentance a des limites, et c’est Dieu qui me l’offre, qui me juge et qui m’aide aussi à connaître mon péché, bien plus que vous. Alors merci de Lui laisser sa première place et de ne pas, chrono en main, m’évaluer constamment sur la qualité de ma conversion, ou bien de noircir et d’effacer tout ce que j’ai pu vivre/écrire avant le Barroux. Ce n’est pas ce que je vous ai demandé, déjà. Et puis c’est Jésus Prem’s. Je n’accepte les remontrances que de ceux qui réellement m’aident à m’améliorer et qui reconnaissent les parcelles de Vérité que j’essaie de dire. Pas des capricieux qui me font du chantage aux sentiments, à la « Charité » et à la foi. Mon mea culpa, toujours d’actualité, et j’espère vrai, n’a pas pour but de lancer les idolâtres de La Manif Pour Tous et les contrôleurs bobos relativistes et boudeurs dans le jugement de mon degré de sainteté ou de charité.
 

Ça fait quinze ans que je suis quand même plutôt clair, patient, charitable (même dans la forme) quand je m’exprime, et que j’explique calmement les choses (et deux ans que parfois, je me suis énervé, et je m’en suis confessé). Mais le diable dans l’Église – et ses suiveurs – doit accepter de se voir démasqué et d’être dénoncé. Donc n’attendez pas de moi que je m’attiédisse. Ne me contrôlez pas comme des flics de la bien-pensance « catholique ». Ne vous servez pas de mes culpabilités et de vos vexations mal placées pour me créer des fautes et des péchés qui n’existent pas (j’ai bien assez à faire avec les fautes et les péchés qui existent). Et puis priez pour moi comme je continue de prier pour vous, même si je n’ai pas toujours l’énergie de garder en contact sur Facebook les « amis » qui ne se manifestent à moi que pour chouiner, pour me critiquer, ou « liker » ceux qui me critiquent. D’avance, merci.
 

Et bonne fin de Carême à tous !

Réconciliation de la dernière chance

Je ne pourrai pas y être car je serai en conférence à Thérèse Chappuis, mais demain soir (lundi, à 20h30) à l’église Saint Roch à Paris (296 rue Saint Honoré, métro Tuileries), vous avez une veillée Réconciliation : 10 prêtres présents aux 4 coins de l’église, prêts à vous écouter (si vous n’êtes pas baptisé) et à garder secret tout ce vous leur direz en tête à tête ; prêts à vous délivrer de tous vos péchés et à vous donner l’absolution (si vous êtes baptisé).
 

C’est l’Année de la Miséricorde, l’Année de la dernière chance.
Profitez de l’Amour de Dieu tant qu’Il se laisse approcher. Chrétien ou pas. Tous peuvent venir se laver à la douche de l’Esprit Saint dont les prêtres sont dépositaires.
 

En cette année de la Miséricorde, le Pape a autorisé que même les avortements soient absous. Vous avez des actes mauvais (qu’on vous a faits ou que vous avez posés) à vous reprocher, à déposer et à effacer de votre Livre de Vie (livre que chacun lira Là-haut le jour de sa mort)? Alors ne vous posez pas 36000 questions et venez à Saint Roch demain soir! Personne ne vous verra, ne vous parlera et ne vous jugera. Ce sera entre un prêtre, Jésus et vous!
 

Ceux qui se sont confessés récemment, vous pouvez venir à ma conférence sur les « artistes chrétiens » à Thérèse Chappuis. 😉

Éloge de la continence homosexuelle

Van-Gogh
 

La continence n’est pas autre chose qu’une bonne diète quand on a trop mangé ou que la peur nous paralyse. Loin de se réduire à une sèche abstinence ou à un concept spirituel évasif (« la Chasteté », « l’Amour d’amitié », « la Sainteté »), la continence ne peut apporter que du bien, que du repos réparateur, que de la liberté, que du soulagement, que la responsabilité enthousiasmante d’un régime/sevrage positif. Comme on est mal quand on agit par peur et sans regarder ses blessures ! Comme on est mal quand on vit l’indigestion et qu’on bouffe trop ! Comme on est mal quand on n’est pas à sa juste place en amour ! Je ne vois pas comment certains peuvent voir dans la continence un suicide (d’amour, de personne, de plaisir, de sexualité, un suicide social), une homophobie, une démarche triste et liberticide. Au contraire, la continence est justement la condition de la reconnaissance de l’homosexualité, la condition de la Paix et du don de l’homosexualité au monde entier, la condition de réconciliation du sujet homosexuel avec toute sa personne et avec Dieu. Si on est durablement homosexuel et qu’on peut difficilement prétendre au mariage heureux ou au sacerdoce heureux, elle est même le cadre qui assure aux personnes homosexuelles la vocation du célibat consacré, le Salut et le Bonheur éternels.