Le « problème » que je suis

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Je me rends compte que je suis publiquement très marqué et que ma personne « pose problème » (ou au contraire à énormément de poids et fait beaucoup de bien, à condition que ce marquage soit assumé), aussi bien à l’extérieur de l’Église qu’à l’intérieur, car ma vie condense trois réalités qui sont cruciales – et parfois douloureuses – pour l’être humain : la foi / l’homosexualité / la virginité. Si, dans un ou plusieurs de ces trois domaines, les personnes ne sont pas au clair ni réconciliées, elles ont peur de moi, de mon message et ne m’intègrent pas dans leurs groupes ou dans leurs conférences. Elles s’arrangent pour me faire passer pour un fondamentaliste religieux, un militant LGBT caché, un obsédé de la continence. Ce que je ne suis pas. Mais oui, je porte trois piliers très forts. Ça effraie et ça enthousiasme.

« Aimer en vérité » du Père Grosjean : hyper dangereux

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C’est étrange, ce procès que font certaines personnes mal-intentionnées aux défenseurs de la Vérité. Si elles n’ont rien à leur reprocher sur le fond et la forme, elles s’arrangeront quand même pour trouver des failles ou des rigidités à la forme, et pour voir d’un mauvais oeil la puissance du fond, en imaginant que si ce fond est mal interprété, il peut faire encore plus de dégâts que s’il n’avait pas existé, et que s’il est grand, il gonfle automatiquement d’orgueil celui qui le diffuse. Ainsi, les mauvaises langues, par jalousie, arrivent très vite, alors qu’elles s’éloignent des mots et des faits concrets, à faire passer le bien pour le mal, la Vérité pour un grand danger, l’Amour pour sa mauvaise utilisation, leurs peurs pour la réalité, le mauvais récepteur pour le bon émetteur, l’évangélisateur pour un pervers. Selon leur logique, ce qui « pourrait être » devient déjà ce qui « est ». On les entend reprocher aux évangélisateurs les excès interprétatifs qu’elles leur imputent (et qu’elles créent en réalité !) : « Si son livre est pris au pied de la lettre, ça crée des catastrophes et des générations de névrosés ! » ; « C’est pas lui qui fait le service après-vente de ses livres ou de ses témoignages publics, ni lui qui ramasse les pots cassés ! » ; « Ne le recevez pas. Il a beau dire des choses vraies, ce n’est pas adapté à un public qui n’a pas de recul. » ; « Il a raison, mais il n’est pas à l’abris de la starification et de l’instrumentalisation de son discours, des quiproquos, donc il vaut mieux qu’il se taise. » ; etc. Je fais régulièrement les frais de cette réécriture paranoïaque de mes écrits ou prises de parole publiques (c’est pour cette raison que j’aime que mes conférences soient enregistrées et filmées : pour éviter la dénaturation de ce qui s’est dit, pour éviter le remplacement de l’action par la perception de celle-ci). Et j’ai vu dernièrement ce détournement face à l’influence croissante de l’abbé Grosjean et au succès de son livre Aimer en vérité, ouvrage jugé « dangereux » par certains mauvais esprits, non pas sur la base de son contenu objectif auquel on ne trouve pas grand-chose à redire, mais dans l’utilisation mauvaise et idolâtre qu’ils lui prêtent. Je ne suis pas un défenseur inconditionnel du père Grosjean, loin s’en faut. Je veux juste que soit rétablie la Vérité et que soit rendu à César ce qui est à César. Ce qui m’importe, ce sont les faits et les mots concrets, avant les possibles mauvaises récupérations et perceptions de ceux-ci. La Vérité mérite d’être dite. Et on n’arrivera pas à lui ôter sa part de risque, donc sa part d’amour.

Je sers à rien

 

« Je sers à rien. » Ce cri intime ou ce sentiment abyssal m’envahit souvent en ce moment. Mais je pense qu’il ne m’appartient pas et qu’il est commun à tout être humain. Il ne nous abandonnera jamais, quoi qu’on fasse, quel que soit l’endroit où l’on soit, quels que soient notre âge et notre situation. Il peut couvrir toute l’existence et embrumer même le positif en un rien de temps, d’une manière si efficace que je comprends qu’il puisse conduire au suicide. Et même un « Tu n’es pas seul », dans les moments où précisément nous sommes dans une ville ou entouré de personne dans une culture mondialisé, ne fera que l’approfondir. Ce constat est une réaction à la morsure inexorable du temps. Il est dû à l’érosion et à la vanité des réalités terrestres, à l’inconstance des relations humaines. Le tout est d’essayer ne pas trop le personnaliser ni de l’individualiser autour de notre personne. Sinon, effectivement, on se supprime, ou au moins on se condamne à la honte et au désespoir.

Une nouvelle interview de moi, censurée cette fois par des protestants évangéliques, et qui s’intitulait « La division de l’Église à cause de l’homosexualité »

Icône mormone

Icône mormone

Jamais deux sans trois. Après le journal La Péniche de Sciences Po, puis un journal espagnol qui a failli ne pas publier mon interview sur Dolce & Gabbana (il a quand même censuré ma critique du natalisme hétérosexiste), c’est au tour d’un journal protestant évangélique de se rétracter après avoir essayé de faire passer mon texte en commission (Deux de ses membres, au moment de le mettre en ligne, ont, par peur, fait demi-tour). Quand je vous dis que la censure du message de l’Église ne vient pas des « médias » ni d’un gouvernement ni d’un lobby LGBT ni de personnes athées, mais des « croyants » eux-mêmes ! et que ce qui se passe dans notre société est à l’exacte ressemblance de ce qui se passe à l’intérieur de l’Église…

 
 
 
 

LA DIVISION DE L’ÉGLISE À CAUSE DE L’HOMOSEXUALITÉ

 
 

Pourquoi l’Église se déchire autour de la thématique du l’homosexualité ? Pour une raison toute simple : l’homosexualité (en tant que désir non-acté ou en tant qu’acte) est un mal (ou un signe de mal, concernant juste le désir) qui prend la forme d’un bien. Il lance donc forcément la communauté ecclésiale dans un dilemme entre forme et fond, entre jugement des actes et non-jugement des personnes, entre Charité et Vérité. De plus, ce sujet n’a pas encore été clarifié ni compris socialement, mondialement. Il bénéficie ainsi de l’ignorance populaire et du climat passionnel que celle-ci génère. Il y a par conséquent urgence à son identification. Il en va de l’Unité de l’Église et de l’amour des personnes homosexuelles, qui représentent malgré elles aujourd’hui l’amour universel de Dieu pour tout Homme.

 

 

1 – Un sujet injustement minoré socialement

 

Ceux qui minimisent l’importance de l’analyse de l’homosexualité, en se disant que ce n’est pas un sujet dont il convient de parler ou de faire trop de cas (car ça le justifierait, ça donnerait des mauvaises idées, ou bien sous prétexte qu’à d’autres époques on ne l’envisageait absolument pas comme une identité à afficher et dans laquelle s’installer), vont vite déchanter et se rendre compte qu’ils font erreur. Non pas qu’en lui-même le désir homosexuel soit une réalité qui devrait prédominer sur notre identité humaine, notre sexualité et notre mode de vie : mais parce que dans notre Monde actuel il est devenu le prétexte n°1, l’instrument de censure le plus utilisé (aux côtés de la rhétorique du racisme et du sexisme), l’alibi le plus courant, des discours, des actions et des décisions gouvernementales, qui eux sont concrets et ont des implications dramatiques sur la population entière, à échelle internationale. Ce sont bien les revendications pro-diversité, pro-choix, pro-LGBT (Lesbien-Gay-Bi-Trans), anti-discriminations et anti-homophobie, qui servent de fer de lance de toutes les lois libertaires et homicides menaçant aujourd’hui la famille, le mariage, le sens de la fin de vie et de l’adoption, la généalogie de l’être humain. Je n’y peux rien. Le bouclier a beau de pas être l’armure entière, elle protège celle-ci et la justifie presque complètement !

 

L’homosexualité, de par sa violence (éjecter, en amour et en sexualité, la différence des sexes, c’est violent et inhumain car sans différence des sexes, il n’y a pas d’humain), de par son statut de rideau à fleurs rose que personne n’ose soulever ni dénoncer, a aujourd’hui un pouvoir monumental et disproportionné par rapport à son insignifiance objective quand elle n’est pas pratiquée. Elle est, du point de vue de la sexualité, la planque mondiale préférée du diable, puisqu’elle est le mal (ou le signe de mal, concernant uniquement le désir non-acté) déguisé en bien : un bien surnommé « nature », « identité humaine indiscutable » ou « amour ». Le diable peut donc se servir tranquillement de l’homosexualité comme mot-slogan ou sophisme pour court-circuiter toute pensée d’opposition à lui, utiliser tranquillement les personnes homosexuelles comme chair à canon de sa structure mensongère de péché, comme speakerines souriantes ou éplorées que personne ne s’aventure à critiquer sous peine d’être accusé d’« homophobe », tout pendant que lui s’affaire à cacher tous ses forfaits, ses violences et les souffrances qu’il inflige à l’Humain, précisément derrière le rideau rose de l’amour universel « LGBT ». D’insignifiante, l’homosexualité, par l’usage rhétorique et mondialisé qui en est fait actuellement, devient pour nous tous une réalité incontournable.
 
 

2 – Un sujet menaçant l’Unité de l’Église catholique

 

Tenons-nous-le pour dit : ce qui se passe à l’intérieur de la société est à l’exact reflet de ce qui se passe à l’intérieur de l’Église. Car l’Église est humaine, et l’homosexualité aussi. Même si ça rassure beaucoup de croyants catholiques et d’ecclésiastiques de minorer et d’extérioriser le phénomène de l’homosexualité en épiphénomène étranger, les faits nous prouvent que l’homosexualité est une réalité d’Église et surtout que, lorsqu’on demande aux fidèles catholiques de se positionner clairement sur le « mariage homosexuel » par exemple, les assemblées, voire même la Curie romaine (on l’a constaté au moment de la première étape du Synode en 2014 : le Pape François a carrément senti qu’il valait mieux reporter le traitement de la question plutôt que d’y répondre tout de suite tellement l’homosexualité est une patate chaude !) se scindent carrément en 3 groupes :
1) les catholiques light et gays friendly qui justifient l’« amour » homosexuel en soutenant que « Dieu ne juge personne et qu’il aime chaque Homme tel qu’il est » (ils se disent d’ailleurs contre l’Église-Institution) ;
2) les catholiques rigides et intransigeants qui lisent la Bible au pied de la lettre et mettent la Vérité avant la Charité (ils se disent en général sédévacantistes, hostiles au Concile Vatican II, et considèrent l’homosexualité comme un sujet à la fois insignifiant, méprisable et dangereux) ;
3) les catholiques qui ont compris le sujet de l’homosexualité et l’ont perçu comme un terrain important de sainteté universelle (via la défense et l’expérience de la continence), comme un prétexte puissant pour l’Unité de l’Église et la recherche de Vérité, comme une opportunité merveilleuse de Charité fraternelle.
 

Cette troisième catégorie est malheureusement une minorité marginalisée. Pourtant, ces catholiques visionnaires mériteraient une médaille car ils ont vu que l’homosexualité, en tant que pratique et aussi en tant qu’instrument rhétorique, menace sérieusement l’équilibre de l’Église toute entière. Un jour, un frère de saint Jean, grand connaisseur du monde monastique, m’avait dit en confidence : « Laisse l’homosexualité rentrer dans un monastère, et c’est le début de la fin pour cette congrégation fraternelle. »

 

L’homosexualité dans l’Église, c’est le secret de polichinelle qui lance tous les fidèles, concernés directement ou non par le sujet, dans une Guerre Froide institutionnelle larvée, d’autant plus violente que maintenant les mass médias s’en mêlent et cherchent à diviser les croyants entre eux, en demandant à chacun de se positionner dans le camp dit « du bien » (= pour le mariage homo, contre le supposé conservatisme de l’Église vaticane, différemment du catholique lambda) ou dans le camp dit « du mal » (= ceux qui sont contre le mariage homo et qui défendent les valeurs de l’Église catholique). Il est très facile, avec le mot « homosexualité », de faire parler tout le monde – et surtout ceux qui n’y connaissent rien – dans un concert babélique assourdissant et stérile. Il est très facile de créer la zizanie. C’est l’ignorance et une souffrance mal identifiée qui servent d’explosifs dans toute communauté humaine.

 

Le thème de l’homosexualité, s’il est ignoré ou traité superficiellement, constitue une menace très grave pour l’Église, d’une part parce qu’il est entouré de confusion (il est confusion, même !) et que la censure dont il fait l’objet témoigne précisément de l’existence d’une pratique homosexuelle de plus en plus accrue au sein de la communauté de croyants et des cercles cléricaux (pratique encore minoritaire mais quand même existante et qui peut s’étendre d’autant plus facilement qu’elle est invisible) ; et d’autre part parce que la pratique homosexuelle ou le désir homosexuel montre un manque de foi en l’Église, un éloignement concret des Hommes vis à vis de Dieu et de la différence des sexes qu’Il a créée. Si donc l’homosexualité commence à être justifiée par au moins la moitié des « fidèles » de l’Église (les chrétiens pro-lobby LGBT + les indécis qui ne veulent pas se positionner), c’est le début d’un schisme et d’un profond trouble au sein de l’Église. Nous le voyons déjà dans les communautés chrétiennes en déliquescence en Occident, déjà très partagées lors des Manifs Pour Tous de 2012-2014 en France. Tant que le Pape n’indique pas un cap clair et réaliste sur l’homosexualité, il laisse libre cours à toutes les interprétations, toutes les divisions et toutes les dérives au sein du troupeau qui lui est confié. Justifier une « identité homo » ou un « amour homo », cela revient à cautionner l’expulsion ou l’absence de la différence des sexes en amour, et donc à rejeter concrètement l’Église. Par voie de conséquence, l’enjeu et l’urgence autour de la parole de Vérité sur l’homosexualité sont forts. Mais ils doivent également nous réjouir. Car si nous parvenons à parler justement du désir homosexuel, nous contribuerons à renforcer encore plus l’unité et l’universalité de l’Église, et à convertir le cœur de millions d’âmes grâce à ce seul sujet.
 
 

3 – Pourquoi cette menace de division communautaire par l’homosexualité guette encore plus les églises protestantes-évangéliques que l’Église catholique ?

 

Si la thématique de l’homosexualité parvient même à faire trembler les murs de la maison religieuse la plus solide et durable que l’Humanité n’ait jamais comptée, à savoir l’Église catholique, je n’ose même pas imaginer dans le cas des demeures confessionnelles aux murs imprécis (les églises protestantes/évangéliques), éclatés (l’Islam), disloqués ou trop rigides (la religion juive). Face au tsunami rose-bonbon LGBT, la menace de division et d’écroulement de la bâtisse est déjà forte pour le catholicisme, qui pourtant repose sur le Roc (le Christ + la Bible + les Sacrements + les ministres institués par Jésus + la Vierge Marie + l’Esprit Saint + la Communion des Saints + la foi individuelle du croyant). Mais pour le protestantisme, par exemple, dont les fondations ne reposent principalement que sur la Bible et la foi individuelle du croyant avec Dieu, les dégâts sont encore plus grands. Il n’y a qu’à regarder la crise que traversent actuellement les églises anglicanes : d’ailleurs, beaucoup de fidèles, déçus par la trajectoire gay friendly de leur épiscopat, changent de crèmerie et rejoignent les bancs de l’Église catholique. Et on comprend pourquoi ! Beaucoup d’Églises protestantes bénissent déjà officiellement/officieusement des unions homosexuelles et ont même des pasteurs homosexuels en « couple » ou qui ont fait leur coming out. Le protestantisme oscille entre les extrêmes : la condamnation et la complaisance. Étant donné que les églises protestantes n’ont pas de chef unique (à part Jésus) auquel obéir, ni de dogmes et de sacrements auxquels se raccrocher et qui pourraient incarner leur foi, ni d’Institution humaine faisant autorité et servant d’intermédiaire entre les fidèles et Jésus, chacune des assemblées voit un peu midi à sa porte, chacun des responsables des confédérations protestantes est livré à lui-même. Il est encore plus difficile pour les églises protestantes de resserrer leurs rangs, de contrôler leur famille recomposée, de faire efficacement face à l’ambiguïté et à la vague de sentimentalisme spiritualisé pro-gay.

 

De plus, détail ô combien important, les églises évangéliques sous-estiment la Vierge Marie et sa place de Reine des Saints et du Ciel. Ils se privent ainsi de la compréhension, de l’expérience et des apports de l’unique bouclier efficace contre la propagande LGBT qui sévit aussi bien à l’extérieur que dans l’Église : la continence (= abstinence pour Jésus et pour son Église). La continence – j’en sais quelque chose ! – est le seul rempart pour permettre la fidélité à Jésus, et un langage de Vérité-Charité sur l’homosexualité. Comment connaître et expérimenter la force de la continence sans la Sainte Vierge et sans les sacrements de l’Église catholique ? Franchement, je ne vois pas… Ce n’est qu’à l’école de la Vierge et grâce à Elle (et un peu grâce aux prêtres, aux frères consacrés, aux moniales et aux sept sacrements de l’Église catholique) que j’ai compris/expérimenté la grâce de la continence, que je peux parler en Vérité de l’homosexualité. Ce n’est pas la lecture de la Bible ni les invocations à l’Esprit Saint qui vont pallier à eux seuls cette fragilité de l’Église face à l’homosexualité, pallier ce manque de foi en Marie, en la Communion des Saints, en l’Humain sacré et institué par Dieu. Ce n’est pas non plus un discours appris et focalisé sur la guérison de l’homosexualité – une guérison perçue par beaucoup de protestants comme définitive et magique – qui va résoudre le problème et colmater les brèches. Avant de s’évertuer à demander la guérison, il faut déjà savoir ce qu’il y a à guérir, et comprendre les diverses formes de guérison que Jésus choisit pour les personnes (durablement ou pas) homosexuelles. Donc oui, nous pouvons nous faire du souci sur l’avenir des églises évangéliques/protestantes, mises à rude épreuve de l’homosexualité.

Avis à la fachosphère

 

Avis à la fachosphère (pseudo « catho ») qui m’attaque depuis quelques temps sur les réseaux sociaux (la preuve qu’elle a « plein » d’arguments contre moi… LOL) et qui souhaite décrédibiliser mon travail sur l’homosexualité et le pathologiser simplement du fait que j’ai osé (oh juste Ciel !) révéler le sous-texte lesbien (qu’elle n’a pas su voir) d’un film, « Beignets de tomates vertes », qu’elle a soi-disant « adoré » et qui serait un « chef d’œuvre du cinéma » (faut pas exagérer non plus) : son procès (de « narcissisme homosexuel », de maladie, de bêtise, etc.) à mon égard relève de la pathologie. Et le pire, c’est que ce sont eux qui essaient de me faire passer pour un malade monomaniaque qui verrait de l’homosexualité partout où il n’y en aurait pas. On rêve ! « Beignets de tomates vertes » est répertorié comme crypto-lesbien par de nombreuses études (certes, pas toutes objectives, et pour beaucoup partisanes pro-gays, je le leur concède. Mais quand même !), et surtout à cause du texte original du film (Fanny Flagg, l’auteur du roman qui a servi de base au film, était dyslexique et lesbienne). Si ça ne leur suffit pas, voici quelques liens : lien 1 ; lien 2 ; lien 3 (et encore… je n’ai pris que les premières suggestions de la recherche Google). Je suggère donc à ces personnes de calmer leurs élans homophobes, y compris à mon égard, de ne pas utiliser ce film contre moi, et de me laisser faire mon travail. Merci.

Documentaire « Vivant ! » de Vincent Boujon : la timide évasion

Vivant 2

 

Je suis allé voir le film « Vivant ! » de Vincent Boujon, tout juste sorti en salle, et racontant le saut en parachute de cinq hommes homosexuels séropositifs. Un film qu’on nous présente comme une expérience de « courage » extraordinaire et poétique, de dépassement de soi, de retrouvaille du « goût de la vie ». En réalité, quelle pauvreté dans les idées et les échanges !
 

Je savais déjà, avant de le voir, que j’allais y retrouver les messages indigents que je tente de décrypter dans mon prochain livre sur les bobos (dans celui-ci, j’ai d’ailleurs tout un chapitre sur la phrase « Je suis vivant », qui est un leitmotiv du boboïsme : « Je suis vivant », pour le bobo, c’est « j’ai vibré », et non pas « j’ai aimé pleinement ».) Mais voilà : dans « Vivant ! », tous les ingrédients du boboïsme y étaient : la promotion de l’expérience sensitive sur la raison, la promotion de l’homosexualité, le remplacement de l’amour par l’amitié, la référence à la Nature et les rayons de soleil, les messages creux sur l’estime de soi et la fidélité à soi-même, la déculpabilisation sans la reconnaissance de la faute, etc. Pour le bobo, la liberté est extériorisation et oubli de soi, pur processus d’extase et de fuite de soi : « Il faut tout lâcher, il faut lâcher prise, il faut accepter ses limites, il faut que ça sorte, il faut communiquer, il faut vivre les choses. » C’est du Anthony de Mello frelaté. Mais si on ne dit pas comment ni pour qui il faut faire tout ça, je vous assure tout de suite qu’on ne sort pas de la carte postale peu nourrissante.

 

Mon exigence passera aux yeux de certains pour une arrogance odieuse. Car au final, le film est assez prenant, n’a pas de longueurs, raconte une belle « aventure humaine » qui a permis à de belles amitiés de se tisser. Il porte en plus un message de combativité et d’optimisme dans l’épreuve de la séropositivité et de l’homosexualité. Il comporte de l’humour, en plus, et fait sourire parfois. Il propose de la confidence, de la convivialité, de l’effort (du « challenge », comme on dit à tout bout de champ dans le jargon bobo). Le critiquer, ce serait, aux yeux de certains, aussi injuste que de tacler un reportage sur les personnes handicapées ou sur les enfants des cités qu’on amènerait en vacances à la mer.
 

Mon exigence passera même pour un procès d’intentions. Alors que les bonnes intentions, la sincérité, d’un tel documentaire, c’est peut-être la dernière chose que je traînerais en procès.
 

Non, ce qui pose problème, c’est qu’on nous vend du faux rêve, de l’amitié à moitié, du faux amour, de l’aventure gentillette, de l’effort sans réel autre but que lui-même et une réflexion peu poussée sur le « vivre avec le VIH ». On nous fait croire que la vraie liberté, ça se limite à témoigner de ce qu’on ressent, à prendre un risque (mortel), à vivre une sensation forte (de préférence inédite et collectivement individuelle), à faire ses expériences jusqu’au bout et à tester le maximum de choses, expériences qui te font sentir « vivant » et qui t’arrachent quelques secondes à ton humanité et à tes soucis. Mais la vraie liberté, ce n’est pas ça. La vraie liberté est liée à l’accueil de la différence des sexes et à l’accueil de Dieu.
 

La pseudo « liberté » que promeut le documentaire, c’est la philosophie de l’individualisme-émotionnel-à-plusieurs, où la seule conclusion « profonde », c’est qu’« on a partagé quelque chose de FORT » et d’indicible, qui nous a rendu « vivant » et heureux l’espace d’un stage. Super… Et des films comme « Vivant ! » essaient de muscler ce message hédoniste sans fond par une comparaison doloriste « saut en parachute = découverte de sa séropositivité », comparaison qui n’apporte pas grand-chose, qui ne donne pas plus de sens au reportage, et qui n’aide pas à vivre l’amour, l’homosexualité ni la maladie, sur la durée. Une vague poésie, un semblant de « positive attitude ». Mais quoi ??? Si on ne parle pas de la différence des sexes, si on ne parle pas de Dieu, comment on avance ? Comment on décolle vraiment ? Comment on aide vraiment les gens à trouver le sens plénier de leur existence et des épreuves qu’ils vivent ??? Autant je ne déconseillerai pas ce film, autant je ne peux pas dire qu’il répond à beaucoup d’attentes et qu’il assure une véritable évasion. C’est un pansement sur une plaie ouverte. C’est de la fausse évasion, enrobée d’un narcissisme « vert ». C’est un mensonge de plus et une fausse tribune verbale laissée aux personnes homosexuelles. C’est d’autant plus rageant, cruel, ces essais ratés de main tendue, qu’ils sont pourtant urgents pour elles.
 

La quintessence du bobo (= la fuite)

La quintessence du bobo (= la fuite)

Matin de Pâques

 

C’était étrange. Ce matin, je me suis forcé à aller à la messe de Pâques (à saint Nicolas des Champs). Je n’avais pas du tout envie. J’étais dégoûté de la vie, dégoûté de l’humain, désespéré pour l’avenir du Monde. Et je me disais : « Ça ne sert à rien d’aller à la messe de Pâques car je ne rentrerai pas dans la fête. »
 

Et puis les textes, l’homélie géniale (sur la liberté de Dieu, sur le milieu carcéral), les baptêmes de bébés, la présence de mes amis (dont certains découvrent la messe), m’ont redonné la joie. Pas de manière spectaculaire, ni euphorique. Mais sereine et forte.
Au point que je m’arrête dans la rue pour dire à des jeunes couples qu’ils sont beaux (si si, tout va très bien!^^) et qu’il ne manque plus qu’ils vivent leur bel amour dans l’Église catho. Au point même que je débloque les contacts que j’avais bloqués sur Facebook (je n’hésiterai cependant pas à remettre « au coin » si besoin^^).
 

Belle journée de Pâques. Et pardonnez-moi d’être un grand pécheur.

Film « Test : San Francisco 1985 » (2013) de Chris Mason Johnson

FEMME-ARAIGNÉE sAN francisco 1985
 

Je reviens d’aller voir le tout dernier film de Chris Mason Johnson, « Test : San Francisco 1985 ». En plus d’y trouver énormément de codes de mon Dictionnaire), il y en a un qui est assez incroyable de précision (par rapport au symbolisme de la femme-araignée, icône homosexuelle du danger sexuel). Frankie, le héros homo, danseur pro qui imite souvent l’araignée dans ses chorégraphies, monte sur un arbre dans un parc urbain, et dit texto à son amant Todd : « Je suis Toile d’Araignée », pour le charmer. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? Si ceux qui me prennent pour un fou, un dangereux, un narcissique, ne me croient pas, qu’ils croient au moins ceux qui leur parlent sans conscience de ce qu’ils leur dévoilent!

Encore une tuerie…

 

Mama mia… Encore une tuerie, cette année, l’office du Vendredi Saint !!! Il est tellement beau qu’il devrait être remboursé par la Sécu, sponsorisé par Kleenex, proposé à tous ceux qui doutent encore de l’existence de Dieu ou qui dépriment dans leur vie. Je crois que c’est le rite de l’année que je préfère. Et cette fois, je suis allé pour la toute première fois à l’église saint Antoine de Padoue (à équidistance depuis chez moi avec la Basilique du Sacré-Cœur à Paris : je mets à peu près une heure à pied pour me rendre à chacune des deux églises). Obligé d’y aller au moins une fois !
 

Certes, les chants y étaient moins beaux qu’à saint Nicolas des Champs. Mais saint Antoine m’y attendait et a su une nouvelle fois me recevoir ! Une dame que je ne connaissais pas, la cinquantaine, nommée Stéphanie, est venue se mettre juste à côté de moi pour rejoindre une amie à elle. Elle avait une telle intimité avec le Seigneur qu’elle m’a aidé à prier, surtout pendant le « Notre Père ». J’ai baissé d’un ton pour prier à travers ses mots. Et je l’ai remerciée à la fin de la célébration du cadeau qu’elle m’avait fait. Ou plutôt, j’ai remercié le Seigneur à travers elle. Nous étions très heureux tous les deux de notre rencontre. Et j’ai appris, sans m’en étonner, que c’était une grande amie de saint Antoine aussi.
 

Et à la fin de l’office, Saint Antoine a fini de m’achever de bonheur : moi qui croyais être là incognito, je me fais accoster par une personne. Une amie d’une quarantaine d’années, que je n’aurais pas reconnue tout de suite car on ne s’était vus qu’une fois, et dans un contexte public : les Veilleurs. Je lui dis : « C’est magnifique, le Vendredi Saint ! ». Elle me dit : « C’est encore plus magnifique quand on le vit avec son ex-mari. » J’ai mis dix secondes à comprendre qu’elle et son ex-mari, qu’elle m’a présenté, étaient en train de me confier, avec une paix solide et des yeux brillants tous les deux, que des années après leur divorce, ils étaient en train de se pardonner et de se remettre ensemble en couple. C’est un peu comme si un aveugle de naissance m’annonçait qu’il vient de retrouver la vue. Ça m’a inondé de bonheur, car j’ai senti que leur improbable réconciliation les émerveillait eux aussi. Grandeur de l’action de Jésus à travers saint Antoine (d’ailleurs, l’amie dont je vous parle, qui avait perdu son portable lors d’une veillée des Veilleurs, avait retrouvé miraculeusement son téléphone parce que nous avions prié saint Antoine ; entre l’obscurité, les pelouses des Invalides, la foule, et le déplacement du groupe, ça relevait franchement de l’impossible !).
 

Pour finir, comme je suis sorti après tout le monde et que je n’ai vu aucun prêtre, j’ai déposé un paquet de « flyers » de l’École Cours Wojtyla dans l’église… au meilleur endroit qui soit : aux pieds de la statue de saint Antoine de Padoue. Je sais qu’il en fera bon usage ! Vous savez, j’ai décidé de ne pas me faire chier dans la vie ! ;-). Et de déléguer à mes amis du Ciel et de la Terre ce que je ne peux pas faire. Ils ne me déçoivent jamais.