Soyez des révolutionnaires. Jamais des rebelles.

rebelle

Série Le Rebelle

Soyez des révolutionnaires. Jamais des rebelles. Le rebelle vit dans et pour le paraître, contrairement au révolutionnaire qui est dans l’action et le verbe véritables. Le rebelle – ou celui qui se laisse étiqueter ainsi – n’est qu’un conformiste qui s’ignore, un suiveur qui, à la face du monde, casse et salit de temps en temps son image pour y demeurer excessivement/secrètement attaché et faire croire aux autres qu’il en est détaché. « Petit péteux » surjoue l’humilité, l’autoparodie et la destruction iconoclaste. Faux-semblant total ! « Ruse sublime du narcissisme : faire semblant de faire semblant d’être narcissique ! » écrivait à très juste raison Pierre Jourde dans La Littérature sans estomac (2002, p. 122)

James Franco

James Franco

Alors j’ai un service à vous demander : le jour (et c’est déjà arrivé : je me suis insurgé) où l’on me traitera (ou bien je me laisserais, par faiblesse, traiter) de « provocateur » et de « rebelle », pitié, râlez fort à ma place, ou bien achevez-moi !^^ Décollez s’il vous plaît cette terrible flatterie bobo gluante de mon visage (j’avais déjà écrit il y a 10 ans dans mon essai Homosexualité sociale la distinction capitale qu’il faut faire entre révolution et rébellion ; je l’ai rappelée sur mon code « Faux Révolutionnaires » de mon Dictionnaire des Codes homos). Elle se veut drôle et branchée. Elle m’horripile. Je suis pour la conversion (l’autre nom de la révolution), pas pour l’inversion (l’autre nom de la rébellion) !

Marlon Brando

Marlon Brando

Je rends grâce à Dieu tous les jours d’être regardé

Regard

Ma petite règle de vie, c’est que j’essaie de faire en sorte que rien de ce que je fais dans mon intimité ne me fasse rougir si ça devenait un jour public. Ça demande une attention de tous les instants. Mais cet effort d’imagination me fait connaître tout de suite mes péchés, éclaire instantanément ce qui est honteux ou injuste dans mes agissements et dans mes paroles. C’est radical ! Rappelez-vous la fois où, par erreur, vous avez envoyé le mail de médisances précisément à la personne que vous critiquiez… Repensez à la honte d’être pris en flagrant délit de masturbation, d’infidélité ou de visionnage de porno… et vous comprendrez très vite de quoi je parle !

En revanche, si j’applique vraiment cette règle dans mon quotidien, je vis une véritable libération. Non seulement je ne fuis plus le regard des autres mais je le recherche, je l’appelle au secours et il accourt immédiatement. Et combien plus le regard de Dieu ! Ce n’est pas un hasard si, de nos jours, le « regard des autres » est autant méprisé par nos contemporains. Il est très décrié, tout simplement parce que l’être humain ne veut plus assumer ses actes mauvais et rendre compte du mal qu’il se fait à lui-même, il ne veut pas reconnaître que son propre regard s’est sali, est devenu voyeuriste. Je vois pourtant dans ces regards humains un appel à la perfection, un miroir salutaire et un réel appui. Sans le regard des autres, je vis pour moi. Et c’est bien triste. J’aime Facebook et Twitter pour les mines de regards qu’ils sont : ces réseaux m’encouragent à avoir une vie impeccable. La disparition terrestre de ma mère aussi m’aide incroyablement à devenir irréprochable. Loin de créer une angoisse ou une surveillance stériles, elle me stimule encore plus à la sainteté. Je rends grâce à Dieu tous les jours d’être regardé par les autres. En bien, en mal, peu importe. D’être regardé, tout simplement. Il n’y a que ceux qui regardent/agissent mal qui voient du narcissisme et du Big Brother partout.

Parqués comme des bêtes à Vendôme

Parqués comme des bêtes à Vendôme

 

Que s’est-il réellement passé ce mercredi 9 avril 2014 à la Veillée des Sentinelles de la place Vendôme ? A priori pas grand-chose. Pas de veilleurs embarqués ni frappés ni assassinés. On serait tenté de dire, blasés : « La routine habituelle, quoi… On oublie. Gouvernement à la con… »

 

Parqués

 

Mais pourtant, une nouvelle étape a été franchie. Et elle est symboliquement très violente : notre gouvernement commence à parquer comme des animaux des gens pacifiques sur le simple fait qu’ils expriment leur opposition à une loi – la Loi Taubira – qui a violé toutes les règles de la démocratie, du débat en commun, du respect des personnes et notamment des enfants. Et ce musèlement s’est fait hier soir sans aucune explication ni justification. Sans aucune sommation des chefs de gendarmerie et de police. Dans un silence assourdissant. Sur décision arbitraire. Avec une froideur inouïe. Oui. Nous avons bel et bien été parqués dans un enclos dont nous ne pouvions au départ pas sortir. Et ce dispositif suscitait auprès des badauds une indignation bien naturelle. Je me mets à la place de celui qui arrivait place Vendôme et qui découvrait la scène ahurissante : une trentaine de personnes enfermées sans motif apparent autour de barrières, avec un déploiement de CRS disproportionné (je dirais plus de cinquante gendarmes mobiles visibles, sans compter la dizaine de camions de police et de gendarmerie). La situation n’était pas seulement cocasse ou absurde. Elle était violente. Il y a un cran qui a été passé. Parce que symboliquement, comme pour la dispersion demandée l’autre jour à Alix (des Veilleurs), le respect de la dignité humaine a été violé : nous avons été réduits au silence, déplacés de force par les gendarmes, puis cloîtrés comme des bêtes, dans un enclos, sans aucun motif et sans aucune effraction de notre part. Hallucinant.

 
 

Nous sommes responsables de notre propre enfermement

 

Autre cruel constat de terrain que j’ai pu faire, mais qui cette fois s’adresse à mon propre camp : l’incident d’hier soir, mais aussi en général l’incompréhension montante entre l’État et nous – qui débouche et se résout malheureusement en violences depuis près de 2 ans – s’explique. Il faut le reconnaître : nous avons encore peur de la loi Taubira. Nous ne voulons pas le reconnaître mais nous n’assumons pas encore qui nous sommes (c’est d’ailleurs pour cela que notre mouvement n’a pas de chefs clairement identifiables et forts auxquels se raccrocher). Nous avons la trouille d’exposer ouvertement ce que nous pensons, ce contre quoi nous nous battons. Nous sommes tétanisés à l’idée de prononcer la phrase « JE SUIS OPPOSÉ À LA LOI TAUBIRA ». Je le remarque rien qu’au niveau politique : quels sont les maires – pourtant veilleurs ou sentinelles – qui viennent d’être élus aux municipales et qui ont assumé de soutenir nos valeurs et la Manif Pour Tous ? Très peu. La plupart ont retourné leur veste et ont fermé leur gueule pour asseoir leur sécurité. Et pour revenir à hier soir, lorsque des badauds, interpellés visuellement par notre « Carré VIP Valls », s’approchaient de nous pour comprendre ce qui se passait, quelles sont les Sentinelles (pourtant pas les dernières des lâches !) qui ont été franches et qui ont osé dire ouvertement que nous étions là « contre la loi Taubira » ? Très peu. Beaucoup d’entre elles se sont défaussées, ont joué la carte du hasard (« J’ai vu de la lumière, je passais par là… »), de l’indignation victimisante : « Nan mais vous vous rendez compte ?? Nous lisions tranquillement et pacifiquement un livre face au Ministère de la Justice… et là, nous nous retrouvons injustement déplacés et parqués comme des moutons… C’est scandaleux !! »

 

Même si nous nous y opposons, nous avons toujours peur de la Loi Taubira. Alors pour masquer cette peur, nous jouons encore soit aux philosophes béats (genre Veilleurs assis, qui dissertent sur de jolis concepts humanistes avec leur bougie et leur gentil cercle de philosophes, « le front penché sur la terre » : kitsch à souhait), soit aux anarchistes révoltés anti-système (qui déplacent le traitement de la loi du « mariage pour tous » sur des terrains qui dénaturent et parasitent le bien fondé de notre contestation, y compris par des diversions « musclées » bien inutiles voire carrément contradictoires : « Hollande dégage ! » ou « Valls casse-toi ! » ou « quenelle » ou FN). Pourtant, rien qu’avec la Loi Taubira, nous aurions largement de quoi faire. À elle seule, elle est suffisamment choquante pour justifier entièrement notre soulèvement. Qu’est-ce qu’on attend, alors ?? Car pendant ce temps-là, nos gouvernants arrivent avec des projets de loi de plus en plus dingos (sur la filiation, l’euthanasie, la PMA et Gestation Pour Autrui, le divorce, le statut du « beau parent »). Et nous, nous nous éparpillons façon déprime angoissée ou radicalisme politisé.

 

Je ne jette la pierre à personne. Je sais bien que cette loi Taubira est objectivement très difficile à contrecarrer (car elle arrive après un long cortège d’autres lois un peu moins choquantes qu’elle – sur l’avortement, le divorce, l’adoption par des mères célibataires, la contraception, etc. – et qui n’ont pas été dénoncées depuis des décennies : la loi du « mariage pour tous » c’est un mammouth énormissime à dégraisser… alors la tentation est grande de se décourager et de fuir). Je sais bien aussi que l’opposition à la loi Taubira n’est pas publicitaire ni même politiquement stratégique (on a l’impression de se griller d’office au niveau de la crédibilité, de se charger immédiatement de la réputation de « catho de droite réac et homophobe »). Mais mince ! De quoi avons-nous peur si nous défendons la Vérité ? si nous défendons l’Humanité, l’Amour incarné dans la différence des sexes, et les plus faibles ? Quand allons-nous dire en quoi/en qui nous croyons, contre quoi nous nous battons, qui nous sommes ? Quand allons-nous sortir de la honte ? Nous avons toutes les clés en main. Il ne nous reste plus qu’à démarrer !

 

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Le culot monstrueux des pro-loi Taubira

De plus en plus, je vois des cas d’hommes homos célibataires, qui ont un enfant parce qu’à l’époque où il étaient encore en couple avec leur mec ils avaient décidé ensemble d’en avoir un. Maintenant, leur môme, il se retrouve avec deux « pères » séparés et une mère volatilisée dans la nature. Rayée de la carte ! Purement et simplement ! Alors quand ce genre de connards individualistes – qui ont délibérément supprimé la mère de leur enfant – ou leurs suiveurs gay friendly pro-mariage-pour-tous ont le culot (devant moi qui viens de perdre ma maman, petit détail) de se victimiser à cause des manifs pour tous, de nous diaboliser, de s’énerver en faisant croire qu’« on nous aurait assez entendus » ou qu’on aurait été « homophobes », ou de jouer la comédie de l’offusqué innocent (« [Mon fils ne connaît pas sa mère mais…] c’est pas grave puisque je l’aime plus que tout au monde ! » ou « De quel droit tu me juges ? De quel droit tu juges l’amour que je donne à mon enfant ? »), j’ai envie de leur foutre mon poing dans la gueule (je ne le ferai pas… mais c’est tentant) et de leur dire : « Supprimer la mère de ton enfant, t’appelles ça de l’amour ??? ». Ou encore : « Te le voir reprocher, t’appelles ça de l’homophobie ??? Tu te fous de la gueule de qui ?? »

MERCI Christine Boutin !

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Je souhaiterais réagir – après tout le monde (désolé pour la lenteur ^^) – suite au nouveau tollé suscité il y a 4 jours par la révélation des propos de Christine Boutin dans la revue Charles publiée il y a pourtant trois mois de cela. « Je n’ai jamais condamné un homosexuel. Jamais. Ce n’est pas possible. L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. »

Une telle citation n’a pas manqué de diviser la communauté catholique en deux camps : ceux qui se croient pondérés (en soulignant la distinction entre personnes homosexuelles et actes homos… distinction qu’a déjà faite auparavant Christine Boutin d’ailleurs : « L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. » Pourquoi alors la lui répéter et la lui enlever ?) et qui affichent leur indignation pour mieux traîner l’ancienne ministre en procès de manque de charité (« Non mais franchement, Boutin nous donne encore une sale image ! ») ; puis ceux qui au contraire saluent le manque de nuance des mots comme un courageux jusque-BOUTIsme et comme une excuse pour justifier leur propre homophobie (« Les propos de Boutin sont justes parce qu’ils sont bibliques donc vrais, parce qu’ils sont sans concessions, qu’ils font mal et qu’ils dérangent ! »). Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de réagir soit en « catho qui a peur de son image » soit en « catho qui est excessivement fier de son image (même sale) », car dans les deux cas, on s’attache au paraître, on n’est plus/pas dans la réalité des faits, on ne propose aucune analyse du terme « homosexualité », on condamne les personnes et on ne fait pas avancer le débat.

Loin de vouloir jouer à l’avocat d’une prétendue « diablesse » ou au contraire au lèche-cul démago, je voudrais juste donner ma position personnelle sur cette histoire montée en épingle et qui pourtant devrait nous remplir d’émerveillement vis à vis de la personne concernée.

Franchement, en lisant les propos de Christine Boutin, non seulement je n’ai pas été pris par surprise, mais en plus, je me suis dit spontanément quatre choses :

1)   Quelle amoureuse de la Bible et de l’Église !

2)   Quel courage de prononcer des mots aussi tabous et de les assumer dans des médias !

3)   Quel bel exemple de Charité que de parler ainsi des personnes homosexuelles tout en leur disant en face la vérité sur leurs actes !

4)   Si ça se trouve, elle n’a même pas employé le terme « homosexualité » (je commence à avoir l’habitude de faire des interviews dans les revues et de voir mes propos pourtant précis sur l’homosexualité déformés par certains journalistes à la prise de note douteuse et approximative : par exemple, je ne compte même pas le nombre d’articles où on m’a fait dire « les homos » alors que je me suis toujours efforcé à dire « les personnes homosexuelles » !).

Cependant, je mentirais si je disais, concernant les phrases prêtées ou employées par Christine Boutin, qu’il n’y a pas eu dérapage objectif de sa part. Dérapage que je ne justifie pas. Mais qui est dû non pas à l’emploi du mot « abomination » (comme le laissent entendre l’ensemble des critiques ; ce terme prendra d’ailleurs tout son relief quand on commence à étudier les nombreux liens entre viol et désir homosexuel), mais uniquement à l’imprécision et l’emploi du mot « homosexualité » (qui peut se référer soit au « désir », soit à l’« acte », soit à la « personne », soit au « couple-acte », soit au « couple-personnes » : cinq réalités bien différentes ! dont deux seulement – l’ « acte » et le « couple-acte » – sont concernées par le qualificatif d’abomination). En aucun cas il peut être interprété comme un « manque de charité ». Il est une maladresse, tout au plus. Et une maladresse courageuse !

Alors pour cela, je me permets de vous remercier, Christine Boutin !

Merci de nous révéler à votre insu le piège des mots « homosexualité » et « hétérosexualité ». Cela nous aidera à l’avenir à ne pas les employer du tout, ou alors, si on les emploie, à mieux les expliciter (désir ? acte ? personne ? union ?).

Merci de nous montrer l’importance de la Bible. Qu’elle soit notre gouvernail de tous les instants.

Merci de nous inviter au courage et à la visibilité de notre catholicisme.

Merci d’oser parler d’un sujet aussi tabou que l’homosexualité.

Nous avons besoin de vous et moi, je suis fier de vous !

Philippe