« Tu dis ça parce que t’es catho ! » OUI !

Certains me disent que, parce que je suis catholique pratiquant, toutes mes prises de position et mes opinions procèdent de ma foi, sont teintées de catholicité (que je m’en rende compte ou pas, ça serait plus fort que moi), et sont réductibles à un discours religieux. À cela, au lieu de répondre de manière épidermique : « Mais pas du tout!! Ce sont des points de vue que pourraient soutenir beaucoup de personnes athées, car avant d’être catholiques, ils relèvent du bon sens ! », je reconnais en effet que mon opinion est très religieuse, non pas de s’exprimer en des termes explicitement théologiques, mais dans le sens où la religion catholique occupe une place primordiale dans ma vie, et qu’elle est au plus proche du bon sens et de ce que vivent les êtres humains en général.  C’est au nom de l’incarnation de Jésus que je peux dire que mon observation du Réel me conduit au religieux, au sacré. Plus notre discours est humain, basique, proche de l’Humanité, plus il est religieux, proche de Dieu, et touche au divin. Alors j’assume d’avoir un discours religieux, même quand j’exprime un avis sur une personne ou un fait de société sans prononcer le mot « Dieu » ! 😉

 

Alliance mariage-Nature

Le mariage, c’est une relation humaine à deux, qui cerne le Réel et qui se nourrit de l’accueil du mystère d’amour de la différence des sexes et de la fécondité de celle-ci (fécondité procréative ou pas, ce n’est pas sa condition de validité : les couples stériles femme-homme ne rejettent pas l’accueil de la différence des sexes ; les couples homosexuels, si). Le mariage est avant tout un service, un ajustement à la Nature, un engagement ; pas un droit, un ressenti, une construction uniquement humaine, un contrat.

 

Ne pas trop s’épancher publiquement sur ses souffrances

Je mesure de plus en plus combien il n’est pas juste de trop s’épancher publiquement sur ses souffrances et ses combats intérieurs, de laver son linge sale en famille, de demander aux autres qu’ils comprennent/résolvent toutes nos mélancolies, qu’ils gèrent nos tempêtes personnelles, qu’ils partagent nos nuits les plus sombres. Seul Jésus peut vraiment porter et soulager tout ça. Le mal, toujours temporaire, ne mérite pas mieux que notre discrétion.

 

Éloge de l’infidélité homosexuelle

L’infidélité amoureuse au sein de la communauté homosexuelle, c’est toujours le diable sur qui tout le monde crache pour mieux la pratiquer et la banaliser dans les faits. Mais en gros, personne n’en parle…

Cela va peut-être vous surprendre, mais j’ai une grande envie de la dédiaboliser et de la désacraliser, cette déesse, pour lui rendre ses lettres de noblesse une fois qu’elle se sera convertie et canalisée en Christ.

Parmi mes frères homosexuels qui sont en couple, j’ai une empathie et, étrangement, une proximité et une admiration particulière pour ceux qui sont soit super possessifs, soit super infidèles (généralement, les deux vont ensemble : ces gens deviennent infidèles et imbuvables avec leur compagnon parce que précisément leur sonnette d’alarme, leur insatisfaction en amour, et leur soif de grandeur ne sont pas entendues !). Je préfère de loin l’entièreté des garçons et des filles infidèles à la mollesse de leur partenaire dévoué et consommateur, passivement fidèle, parce que dans leur écart de conduite, on peut encore trouver un soubresaut d’énergie recyclable, une emprise ou une intelligence (l’intelligence du désespoir), y lire un appel fort à la sainteté, un cri prometteur, un possible réveil, une future décision d’arrêter les conneries et de se prendre au sérieux. Quelqu’un de très infidèle est capable, dans un autre cadre conjugal, de tout plaquer pour être « fidèle à plein temps ». Quand les personnes homosexuelles vont « voir ailleurs », elles puisent au moins une énergie qui les aident à assumer d’être les salauds de l’histoire, les excessifs, les incompris, les révolutionnaires qu’elles ont toujours rêvées d’être. Et cette intention, j’aime ! Elles s’élèvent contre le confort ronflant et généralisé des couples homosexuels (même si, par l’infidélité, elles le résolvent et le problématisent mal). Elles ont le courage de dire tout haut (et pour deux !) l’insatisfaction d’un état de vie amoureux peu comblant dont leur partenaire se serait facilement accommodé. Les hommes homosexuels infidèles et libertins sont de grands idéalistes au fond (sinon, ils n’en seraient jamais venus à tordre le cou à leur romantisme avec une telle désinvolture et un tel cynisme !). J’exècre l’infidélité, mais j’aime la promesse de force dont elle peut être témoin si sa radicalité est retournée vers le Seigneur.

 

Interférences entre ma chambre (espace pudique) et les autres (espace public)

J’ai la preuve que les anges et les messagers divins existent vraiment! Car, comment se fait-il que les gens me croient d’office dès que je dis que je vis la continence (et ils ont bien raison, puisque je l’expérimente vraiment !) sans même avoir pu vérifier mon intimité (moi seul peut la connaître et sais ce que je vis, quand même ! moi seul devrait être au courant que je ne regarde plus de porno, que je ne drague plus, que je ne me masturbe plus, logiquement!). D’où vient leur foi et leur assurance à me donner d’office crédit ? Il n’y a pourtant pas de caméras et de micros dans ma chambre ! Je ne vois qu’une seule explication au fait que je n’ai pas à prouver la correspondance entre mon privé et mon public, et plus généralement au fait que l’être humain n’a pas d’effort à faire pour attester de la cohérence entre ce qu’il fait intimement et ce qu’il dit extérieurement: les anges de Dieu parlent de notre vie à tout le monde, jusqu’aux extrémités de la Terre ;-). Tout est et sera dévoilé. Personne ne peut tricher et tromper son monde, ni vivre longtemps une double vie. Jésus se charge d’afficher notre unité si nous le suivons, ou de révéler socialement un mensonge et un manque d’unité si nous ne le suivons pas, ou si nous ne le suivons que pour l’image sociale valorisante qu’Il nous donne. Obéir à Jésus, c’est d’abord un mystère d’intimité, de pudeur, de secret, de fragilité, de discrétion, d’actes de foi posés à l’abri des regards. C’est le mystère du commandement « Aime ton prochain comme toi-même », le 11e commandement de Jésus, que j’ai longtemps eu du mal à comprendre. La Réalité est incontournable, et autrement plus forte que la visibilité et la subjectivité humaine.

 

Hypocrisie des « homos mais pas gays »

Certains individus gay ou lesbiens, de plus en plus nombreux (et de plus en plus bobos aussi…) tentent de sauvegarder leur utopie d’amour homosexuel et leur croyance en la beauté de l’homosexualité en valorisant les « exceptions d’amour » que leurs couples seraient, en n’attribuant les travers du désir homosexuel qu’aux êtres soi-disant débauchés du « ghetto gay », qu’à Internet, qu’au « milieu », en diabolisant la génitalité et « le sexe homo » (comme ils disent) au profit de la beauté de « l’homophilie » et de « l’homo-sensibilité » (ils n’aiment pas, d’ailleurs, le terme « homosexuel », car il y a « sexuel » dedans, ni le terme « gay » parce qu’il y a l’idée de « foire aux bestiaux contemporaine » derrière : ils tiennent à se définir comme « homo-sensibles », « homophiles »), en fustigeant toutes les manifestations de visibilité homosexuelle (Gay Pride, médiatisation, lois sociales sur l’homosexualité, tout type de débat collectif sur le désir homosexuel, etc.). Selon eux, l’invisibilité, la pudeur, la gratuité, la discrétion, la sincérité, l’intimité, l’amitié amoureuse, le spirituel, rachèteraient in extremis le désir homosexuel et lui redonneraient ses lettres de noblesse. La mise en pratique des actes homosexuels et du couple homosexuel se justifierait dans la poésie angéliste, dans la mise en scène de désintéressement et d’amour platonique, limite religieux (« Si j’aime mon copain, c’est pas que pour le cul : c’est pour sa personne, c’est parce que c’est lui. On ne couche pas nécessairement ensemble, vous savez ? Le sexe prend une part mineure dans notre relation. Nous sommes homo-sensibles, mais nous ne nous réduisons pas à notre tendance sexuelle ni à nos ébats sexuels, sensuels. C’est bien plus chaste que ça… C’est bien plus silencieux, plus sobre, plus sacré… »). Ça semble beau, dit comme ça. Mais quelle bande d’hypocrites !