Des frères, et de plus en plus !

Il l’a dit 😉 Les mots, ce matin (30 juillet 2012), d’un ami du Québec (et déjà frère rien qu’avec cette phrase!) qui m’écrit cela sur Facebook depuis le Québec: « Je crois moi aussi que nous avons un témoignage, comme disciples du Christ, à témoigner de l’amour dans notre réalité homosexuelle et que nous pouvons être des témoins puissants qu’une relation d’amitié profonde vécue hors d’une recherche égoïste du sexe et du paraître puisse être une voie de bonheur profond et durable… » Pas de doute! J’ai des frères ! 😉 Et de plus en plus !

 

La diabolisation sociale actuelle de la préférence

Nous vivons à une époque relativiste qui diabolise la préférence… paradoxalement parce qu’elle sacralise les goûts. Et c’est un drame car on nous interdit ainsi l’accès au meilleur. Les choses et les gens devraient être blanches ou noires, bonnes ou mauvaises, s’opposer ou fusionner. Je comprends  pourquoi nos contemporains font de moins en moins de place aux débats d’idées, à l’amitié, à l’amour, à l’universel, à la recherche de la Vérité, à l’Eglise catholique : tout cela sont des expériences/expressions multiples et variées de la préférence. Certes, la préférence hiérarchise, mais n’exclut pas pour autant. Alors pourquoi la craindre comme le diable ? Elle reconnaît et crée les justes différences.

 

Le génie de la Bible

Certaines personnes nous objectent, à nous catholiques, que la Bible est datée, qu’elle a mal vieilli, qu’elle a donné lieu à de dangereuses interprétations qui devraient être au mieux recontextualisées au pire abrogées. C’est vrai qu’on y voit mélangées (comme le bon grain et l’ivraie) de belles oeuvres avec les pires actions du Peuple de Dieu dont nous faisons tous (si nous le voulons bien, et parce que nous le valons bien!) partie. Mais c’est justement parce qu’elle est datée que d’une part elle est incarnée, proche du coeur des Hommes, et que même ses extraits les plus durs, les plus sanguinaires, les moins scientifiques, trouvent leur sens et leur place : la Bible n’est pas une somme de vérités intangibles, contrairement à ce que laissent croire ses lecteurs puristes qui en donnent une interprétation littérale desséchante, mais une somme d’humanités en tension vers Jésus, en processus de purification et de conversion… et c’est cela, LA seule Vérité que la Bible nous donne. Elle est un cheminement (tortueux, mais rendu mystérieusement droit par la Grâce de Jésus) vers le Salut. Non un bloc de marbre nous tombant sur le coin de la gueule, ni des tables de lois indiscutables s’imposant à nous dans toute leur « perfection » sans tache et déshumanisée. Par conséquent, en gommer une seule étape, un seul épisode (même les macchabées!), une seule action pas « clean » (la Bible regorge de récits d’inceste, de guerres, de polygamie, de fratricides, de trahisons, de vengeances…), une seule phrase malheureuse et peu miséricordieuse (« Tu les lapideras et leur sang retomberas sur eux », dit-elle aux impies pratiquant l’adultère ou les actes homosexuels), et il n’existerait plus de chemin! La Résurrection ne prend sens qu’à travers la reconnaissance et le dépassement de la mort. Quand comprendra-t-on que le Peuple de Dieu, se racontant dans la Bible, n’est pas saint d’être parfait et irréprochable, mais saint d’être sanctifié, pardonné, purifié en chemin, saint de chercher à l’être encore davantage par le don de la Grâce divine ?

 

Le drame de normaliser la privation de désir entre les deux parents biologiques d’un enfant

NORMALISER LA PRIVATION DE DÉSIR entre les deux parents biologiques d’un enfant, voilà le seul crime du projet de loi qui légaliserait l’adoption dans les « familles » homoparentales. Mais c’est déjà un crime énorme ! Cette loi, si elle est votée, est autrement plus grave qu’une loi qui normaliserait l’absence physique d’un des deux parents d’une même famille. Car là, rendez-vous compte, c’est carrément l’absence d’amour qui est justifiée socialement ! C’est l’Amour réel, à savoir l’alliance entre le désir et la nature, qui est condamné ! Et ça, c’est un scandale qui devrait tous nous sauter à la figure ! À mon sens, il faut absolument que nous évitions, dans notre argumentaire contre le projet de loi sur l’adoption pour les couples homosexuels, de poser comme uniques critères d’épanouissement de l’enfant la seule différence des sexes, ou encore la nécessité absolue de la présence physique des deux parents biologiques. Ce ne sont pas ces deux conditions/réalités qui font universellement le bonheur d’un enfant: c’est faux ! Je crois que le seul argument solide, c’est celui de l’INDISSOCIABILITÉ DE LA NATURE AVEC LE DÉSIR, ou, si vous préférez, la vérification que le DÉSIR DANS/DE LA DIFFÉRENCE DES SEXES est bien PRÉSENT ENSEMBLE dans une famille. Et là, à l’évidence, cet amour de la différence des sexes au coeur du couple qui se revendique « parents naturels », il n’existe pas dans la structure conjugale homosexuelle. Dans les « familles » homoparentales, les parents biologiques sont, dans le meilleur des cas, « meilleurs amis », mais il n’y a pas pour autant de désir et d’engagement d’amour entre eux. Et c’est ça, le vrai drame des enfants élevés au sein de couples homosexuels, un drame bien plus grand encore que celui que peuvent vivre certains enfants qui ont perdu prématurément l’un de leurs deux parents biologiques, mais qui vivent au moins avec l’assurance non seulement qu’ils ont été aimés par leur papa et leur maman, mais qu’en plus ce même papa et cette même maman s’aimeront éternellement, au-delà de la mort. Tant que l’alliance entre la nature et le désir est préservée, il peut arriver les pires des épreuves à l’enfant : il vivra quand même pleinement heureux. Un enfant qui sait que ses deux parents biologiques ne s’aiment pas, aura beau les voir toute sa vie se côtoyer cordialement, il se sentira trompé/lésé sur l’origine biologico-désirante de sa présence sur Terre. Il vivra scindé en deux. Il aura du mal à s’aimer lui-même, et à voir d’un bon oeil ses parents biologiques ET ses parents adoptifs.

 

Qui a dit que le métro parisien était inhumain et froid ?

Qui a dit que le métro parisien était inhumain et froid ? Un jour que je me trouvais assis sur un strapontin situé à proximité d’une porte automatique, en train de lire un livre, un jeune père et son fils de 4 ans sont entrés dans mon wagon à la station suivante. Le père a laissé le petit se mettre sur le siège à côté de moi, et s’est placé à peu de distance de lui : le couloir les séparait. Je fixais toujours ma lecture, en feignant de ne pas les avoir vus, tout en esquissant un léger sourire de politesse (car c’est plus fort que moi : je souris souvent !;-)). Et là est arrivé un geste que je n’attendais pas du tout… Le père non plus, d’ailleurs ! En effet, le petit garçon, sans prévenir, tout en gardant les yeux ouverts, a penché progressivement sa tête contre mon bras pour la garder durablement posée, comme on fait un gros câlin. J’essayais de ne pas bouger, mais j’étais mort de rire!!! Son père, à la fois gêné à la place de son fils, et aussi mort de rire que moi, s’est quand même senti obligé de corriger l’adorable audace par une remontrance pleine de douceur  : « Beh dis donc… Totof… Qu’est-ce que tu fais au monsieur, là ? ». J’avais adoré recevoir ce bouquet de tendresse saine, chaste, drôle, inattendue, en pleine face, sans avoir rien calculé. J’y reconnaissais tout l’amour du Seigneur pour moi. Et ce n’est pas la première scène de connivence que je vis dans le métro de Paris. Avec des gens de tous les âges, toutes les nationalités, toutes les classes sociales, les échanges de regards, les sourires gratuits, les traits d’humour, peuvent fuser au moindre instant si on y met un peu du sien, si on ne passe pas bêtement ses nerfs dans le fait que le métro « serait comme ça et pas autrement ». Le métro, comme tout lieu où il y a de l’humain, est ce qu’on en fait.

 

La confusion entre efficacité et plénitude !

Dimanche 8 juillet 2012 : Je reviens d’aller voir le one-man-show de Sellig, un humoriste français que je connaissais par Rire & Chansons. J’ai rigolé quasiment pendant tout le spectacle, au point d’en avoir mal aux joues. D’un rire très mécanique, presque nerveux et d’accumulation, comme dans les fous-rires d’adolescence, en sachant que c’était un rire pas compliqué, pas graveleux ni beauf, mais gentillet. Et pourtant, je suis ressorti de là en ayant l’impression d’un manque. J’ai trouvé dans ce spectacle très peu de sens, de matière à réfléchir sur le monde, de contenu, de psychologie des personnages, d’analyse de leur relation et de leurs sentiments. Bien sûr, j’aime rire pour le plaisir et j’apprécie l’absurde, l’humour populaire. Je ne pense pas avoir le rire snob. Les spectacles torturées, élitistes, trop didactiques ou « masturbation intellectuelle », m’emmerdent. Mais j’ai besoin d’un minimum de relief, de militance, d’expression d’un regard et d’avis personnel, d’un récit de combat sur la violence et sur la mort, d’une approche de l’humain, même quand je viens à un show prétendument drôle. J’aime rire pour quelque chose. Et là, on a consommé collectivement une drogue, simple et conviviale, objectivement bien calibrée et efficace… mais néanmoins peu comblante. En marchant dans la rue avec le pote avec qui j’étais allé voir cette pièce, j’essayais de trouver les mots pour lui dire que ça m’avait plu, sans pour autant m’emballer. Je me suis fait en moi-même la réflexion: L’efficacité n’est pas la qualité, n’est pas la satiété, même si elle peut en faire partie, et qu’elle en donne, sur le coup, l’illusion. Et c’est exactement ce que je pense du désir homosexuel et de l’acte homosexuel: ils sont efficaces, sans être authentiques, comblants.