Je vous interdis de mépriser Têtu (…vous savez, le magazine qui commence par un « T » et qui finit par du « Q »… ;-)). Y’en a marre de ceux qui critiquent la revue qui m’a appris que je devais me raser de préférence avant d’avoir mangé plutôt qu’après pour éviter les saignements : ça a révolutionné ma vie, sans rire.
Le message le plus important de mes livres
Le plus important dans mon livre (Homosexualité intime + Homosexualité sociale) n’est pas tant la description du lien entre le viol (ou plutôt le fantasme de viol) et le désir homosexuel que la distinction que je fais entre le couple hétérosexuel et le couple femme-homme aimant non-hétérosexuel. Je me permets d’insister sur ce point car il est capital. Il faut bien comprendre que dans ma bouche, le terme d’hétérosexualité est extrêmement négatif. Le couple hétérosexuel est aussi irréel et violent que le couple homosexuel, et il n’y a pas lieu de faire du couple homosexuel et du couple hétérosexuel des opposés : je me bats pour qu’on les reconnaisse comme des jumeaux fantasmatiques. Après avoir compris cela, mon discours sur l’homosexualité vous paraîtra beaucoup plus aimant et intelligible.
La pauvre-type attitude : une de mes grandes préoccupations
Maintenant que je me retrouve à nouveau, de par mon métier de prof, sur le chemin des écoliers, je suis particulièrement attentif aux élèves qui se retrouvent à part dans les groupes, rejetés de tous, qu’on abandonne sur la cour parce qu’on s’imagine qu’ils ne sont pas intéressants, qu’ils sont cons, pas drôles, et qu’ils le resteront toute leur vie. Parce que moi aussi, quand j’avais leur âge, j’étais cet adolescent-là, transparent, peu digne d’intérêt, qui ne faisait pas rire, qui ne plaisait pas, qui se faisait traiter de « fille », dont on se moquait sans vergogne. Et j’essaie, quand je peux, de montrer à ces adolescents isolés (…et, au fond, à tous les autres, car même les leaders de groupe, apparemment très populaires, vivent des moments de profonde solitude puisqu’ils sont entourés de faux amis, et qu’au bout du compte on a tous été, au moins une fois dans sa vie, cet enfant abandonné…) que toutes ces images de « pauvre type » ou de « pauvre fille » sont fausses, et qu’un jour, ceux à qui on a injustement collé ces étiquettes montreront à la face de tous ces frimeurs qui ont eu leurs heures de gloire pendant le collège que la pierre qui était rejetée est devenue pierre d’angle, qu’être efféminé et pédé n’est pas une tare mais une chance pour être plus proche de la fragilité et de la détresse des autres, que celui qu’on croyait faible et dont on a méprisé les talents peut finalement se révéler le plus fort.
Ai-je déjà été attiré par mes élèves du fait d’être homo ?
Les questions à 1000 euro… Est-ce que, de par mon métier de prof, je représente un danger pour la jeunesse ? Ai-je déjà été attiré par des élèves ? Est-ce que le fait que je parle ouvertement de mon homosexualité ne risque pas de perturber mes classes ? Ne suis-je pas en train de mélanger vie privée et vie sociale, ou de faire un quelconque prosélytisme ? Pour répondre à toutes ces questions, je dirais que parler de sexualité et de ses horizons de sens n’a rien de privé ni d’exhibitionniste : cela concerne tout le monde, les grands adolescents comme les adultes. Ce sont des questions qui doivent cesser d’être tabou. Et d’autre part, que mes élèves se rassurent. Fantasmatiquement, au niveau des désirs, je commence à me connaître, et je sais maintenant que je ne suis pas du tout attiré par les adolescents post-pubères. Pour vous parler franchement, les petits minets imberbes à peine sortis du nid m’emmerdent prodigieusement (je parle au niveau des fantasmes, bien sûr). Comme Jean-Louis Bory, je serais tenté de dire que, si dans cette histoire d’homosexualité il y en a qui pourraient trembler de souffrir mes avances, ce ne sont pas mes élèves… mais uniquement les papas de mes élèves ! Mon désir homosexuel est typiquement narcissique et œdipien (voire incestueux). Donc vous pouvez me confier vos bébés, vos écoliers du primaire, vos collégiens, vos petits boys scout blondinets en colo, et même vos lycéens pas encore mûrs : je ne les toucherai, je pense, jamais.
Croix du Christ : meilleur rempart contre la peur
Après avoir vu la Croix du Christ, je n’ai plus peur de rien.
L’homosexualité : l’un des seuls prétextes sociaux pour se couper de l’Église
J’ai remarqué que l’un des sujets de société qui partageait actuellement le plus la population mondiale était l’homosexualité. Peu de personnes semblent avoir vraiment une idée ou une opinion précise là-dessus. La majorité ne sait pas quoi en penser. Même les responsables des grandes religions tiennent un discours encore trop flou et maladroit à ce propos. On se contente de dire qu’on est « pour » ou « plutôt contre » sans chercher à comprendre pourquoi, ni à s’en justifier.
Un soir que je me trouvais à une soirée organisée par mon groupe catho de jeunes adultes de Savigny-sur-Orge, en 2007, on avait décidé de traiter d’un sujet plutôt difficile : les prises de position de l’Église catholique qui nous posent le plus problème ou question. Pendant ce débat improvisé, on est arrivés à trouver ensemble un brin de réponses sur tous les thèmes de société possibles inimaginables, même les plus épineux (le cas des divorcés remariés, l’euthanasie, l’avortement, le préservatif, etc.)… Tous les thèmes sauf un seul : l’homosexualité ! Comme par hasard ! Même en fin de soirée, personne n’est arrivé à se mettre d’accord. Comme s’il s’agissait d’une question ultra difficile, insoluble. Et quand elle est un peu abordée dans les émissions de télé, tout le monde s’excite en un rien de temps. Ceux qui se disent « hétéros » ont peur de gaffer et de blesser quand ils en parlent ; ceux qui se disent « homos » la défendent avec une assurance trop assurée et agressive pour s’appuyer sur une vraie réflexion sur le désir homosexuel (d’ailleurs, quand on leur demande de mettre des mots sur leur homosexualité, la discussion tourne vite court… On arrive très vite à les coller sur des points pourtant hyper connus de la culture générale homosexuelle). Que se passe-t-il donc avec le désir homosexuel ? Si vous voulez mon avis, je crois qu’il ne déchaînerait pas autant les passions et ne diviserait pas autant les gens s’il ne portait pas déjà en lui la trace ou les germes du viol.
Coup de coeur pour le film « Qui a envie d’être aimé ? »
Mardi 1er mars 2011. Littéralement touché par la grâce, la justesse, la pudeur, l’humour, la profondeur, du film « Qui a envie d’être aimé ? » d’Anne Giafferi! J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été aimé. Pour moi, il détrône les Amélie Poulain, les films métaphoriques pseudo « profonds » (genre « Black Swan », « Inception »…) qu’on encense actuellement, et même le silencieux et trop pudique « Des Hommes et des Dieux ». Il donne envie d’être touché par la Personne de Jésus. Il donne envie d’ouvrir une Bible, d’aller dans un groupe de parole où pourtant l’ambiance n’a pas l’air funky et où ça ressemble à vue d’œil aux Alcooliques Anonymes, il donne envie de pardonner, il donne envie de s’asseoir dans une chapelle pour prier Dieu alors qu’on ne sait pas prier. Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps? « Black Swan », « Le 6ème Sens », « Le Silence des Agneaux », « Shutter Island », « Le Hérisson », « Le 5èmeÉlément », toutes ces daubes dont on ne retire pas grand-chose avec le temps, je ne les regarderai pas deux fois. C’est exactement ce que je me suis dit en allant voir « Black Swan » il y a quelques jours, un film certes esthétiquement nickel, mais pénible à voir. En sortant de là, je me suis fait la réflexion qu’on ne m’y prendrait pas à deux fois ! (et je pourrais dire la même chose de « Des Hommes et des Dieux » ou de « La Passion » de Mel Gibson : ça n’a rien à voir avec le fait que ça ne parle pas de foi ou que ça en parle). En revanche, « Qui a envie d’être aimé? », c’est re-belote quand vous voulez!^^ Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps? Tous les films qui parlent de conversion profonde sont ceux qui touchent le plus de cœurs.
Les menteurs sincères
Quand Michel Berger, dans sa chanson Ce que la pop music a fait d’une petite fille, écrit : « L’Amour de nos jours n’est plus rien. Peut-être qu’on l’a trop chanté« , il retranscrit parfaitement ce que je pense des chansons actuelles (telles que « Savoir aimer » de Florent Pagny, ou « L’Important c’est d’aimer » de Pascal Obispo) qu’on nous présente comme « belles » alors qu’elles nous parlent si mal d’Amour puisqu’elles Le vident de désir, d’engagement, de volonté, de durée, d’humour, et que, si on s’y penche un peu, elles ne veulent rien dire. Cette platitude sur le discours amoureux n’est pas circonscrite à ces chansonnettes : elle s’étend à l’ensemble de nos contemporains, y compris chez les blasés de l’Amour qui n’ont pas réellement renoncé à cet amour romantique à deux balles chanté par nos artistes populaires. Le plus sidérant dans l’histoire, et finalement le plus drôle, c’est qu’on se fout ouvertement de notre gueule MAIS avec une sincérité que même celui qui se fout de notre gueule trouve belle et émouvante.
Mes sources d’inspiration d’écriture
Comment j’ai fait pour écrire un tel bouquin (Homosexualité intime + Homosexualité sociale) ? Je dirais que c’est surtout la marche à pied qui m’a inspiré ! Sans rire : c’est en marchant qu’on trouve toutes les bonnes idées, j’en suis persuadé. Pendant mes 8 années d’études universitaires (de 1998 à 2006), je faisais quasiment tous mes trajets en stop, et je refusais d’utiliser les transports en commun (bus, métro, vélo…). Tout à pied ! Par radinerie, certainement, mais aussi et surtout pour me retrouver, me calmer, avancer avec le Seigneur qui était là sous la pluie, dans le froid, au soleil, parmi les automobilistes et les passants, dans la Nature, dans la ville… C’est comme ça que j’ai écrit mon livre. Tout simplement. Sinon, un autre conseil que je donnerais pour vraiment se lancer à fond dans l’écriture : je ne m’éternisais pas aux soirées entre amis, j’avais (ou/et je faisais semblant d’avoir) un train de vie de « Speedy » célibataire. Par exemple je ne perdais pas mon temps devant la télé, et l’absence de vie de famille ou d’histoires de coeur a eu du bon : un père de famille, ou bien une personne qui doit assurer son quotas de présence auprès de son « petit copain » ou de sa « petite copine », est forcément moins disponible qu’un célibataire. Et surtout j’ai fait le choix de l’isolement quasi-total. Jamais de vacances, pas d’année Erasmus à l’étranger, peu d’excursions. Je me suis cloîtré pendant un an entier dans une chambre d’étudiant à Rennes (année scolaire 2004-2005). J’avais presque pour seul interlocuteur mon ordinateur portable. Alors que personne ne me l’imposait – puisque j’étais en « année sabbatique » si on peut dire –, je me levais tous les jours à 7h et me couchais à 23h. Certaines personnes de mon entourage ne comprenaient pas ma démarche : elles croyaient que je m’isolais, que je stagnais existentiellement, que je m’enfermais dans mes certitudes, que je perdais mon temps et que je ne m’ouvrais pas l’esprit. Cela peut sembler curieux, mais je crois que j’ai autant voyagé (si ce n’est plus !) dans une chambre de 12 m² que si j’avais parcouru le monde entier avec un sac à dos pendant un an. Chaque jour d’écriture était différent, même si je m’asseyais au même bureau, à la même chaise, devant la même fenêtre (le jardin de la famille Bagot enneigé, pluvieux, ensoleillé, obscurci par la nuit, ou dans la rosée du matin, aurait mérité un traitement des peintres impressionnistes !) et devant le même ordi, usé, à force, par le frottement de ma main droite ! Non, je ne me suis pas isolé ; je me suis juste enfermé un temps pour me donner à la rencontre future avec vous. Enfin, ma meilleure source d’inspiration pour l’écriture, c’est la Parole de Dieu et l’Eucharistie chaque dimanche. Cela pourra vous étonner, mais je crois vraiment que la Bible et la messe hebdomadaire donnent finalement le meilleur bagage culturel qui soit puisqu’elles nous apprennent que l’Homme est beau, que la vie est plus forte que la mort. C’est aussi cela que nous apprend toute vraie Culture humaine: la vocation première de la Culture est bien de nous révéler la grandeur divine de l’Homme. Avec la foi, même l’Homme démuni matériellement parlant peut devenir plus sage qu’un universitaire bourré de diplômes mais avec une tête trop pleine et un cœur sec. Être chrétien, cela permet, dans le meilleur des cas, de comprendre profondément sa société, de s’intéresser à tout (même à la merde !) et de privilégier les Essentiels, de douter sans arrêt, de devenir intelligent (même quand on est né loin des bibliothèques et sous l’influence d’une culture télé pitoyable…), d’être un vrai humaniste en somme. L’Homme humaniste, ce n’est pas, contrairement à l’idée reçue, celui qui fonde tous ses espoirs sur « l’Homme sans Dieu », mais au contraire celui qui croit en « Dieu fait Homme » (= Jésus) et qui a mesuré que l’Homme ne serait rien sans ce Dieu crucifié par amour pour lui. C’est pour cette raison que mes profs de fac – pourtant athées et anticléricaux pour la plupart – trouvaient mes dissertations géniales et érudites, alors que je me gardais bien de leur dévoiler explicitement mes sources d’inspiration et d’avouer qu’au fond, je n’ai jamais été un grand « intello » : j’ai juste eu la chance inouïe de recevoir une éducation catholique de mes parents et d’avoir grandi à côté de la bonne source de vie et d’intelligence. La vraie Culture (dans le sens d’« intelligence du cœur » et d’ « Amour de l’Homme »), il n’y a que la foi en un Dieu serviteur et aimant qui la donne. Vraiment, je le crois.
Les Genders Studies : nid d’homophobie
Scoop saisissant que la majorité des personnes homosexuelles mettra des années à comprendre : il y a autant de personnes homophobes chez les ennemis affichés ou masqués des personnes homosexuelles que chez les personnes homosexuelles fières de leur homosexualité et qui barrent l’accès à la réflexion sur leur désir homosexuel pour défendre la soi-disant vérité de leur identité homo ou de leur amour homosexuel par les arguments passe-partout de la tolérance, du « genre », de la beauté de la diversité et de l’égalité. Les Queer et Gender Studies sont des nids d’homophobie, même si elles défendent en apparence les personnes homosexuelles et leur liberté.
