Je suis censé, en tant que croyant, m’élever en lisant la vie des grands saints. Et moi, au contraire, je m’élève et reconnaîs le visage du Christ à travers les biographies de Didier Éribon, Paula Dumont, Alfredo Arias, Jean-Claude Brialy…! 😉
Je suis censé, en tant que croyant, m’élever en lisant la vie des grands saints. Et moi, au contraire, je m’élève et reconnaîs le visage du Christ à travers les biographies de Didier Éribon, Paula Dumont, Alfredo Arias, Jean-Claude Brialy…! 😉
« OUI… MAIS ». C’est mon grand mot, ça ! 😉
Étant par essence faible, lâche, et peu ajusté au Réel, j’ai remarqué tout au long de ma vie que le désir homosexuel me décevra toujours. C’est comme une constance. Et c’est très difficile pour moi de lutter contre cette déception-là. Je n’ai jamais su. Et finalement, c’est une bénédiction (même si ça fait bien chier et ça me rappelle à une grande solitude) ! Je n’ai jamais su mentir longtemps. Le tiède, le convenable, le « juste bien », le confortable, ne me rassasient pas. Toutes les fois où je désire croire en la force du désir homo, je deviens sentimental, je me découvre psychopathe et théâtral, je ne me reconnais et ne me crois plus, je ne me supporte pas… donc cet éloignement de moi-même ne dure jamais. La seule chose à faire quand je suis ébranlé par mes sentiments amoureux homosexuels, c’est d’attendre comme un con que le tremblement de terre de 48 heures passent, de faire acte de foi et de fermeté, de laisser l’arbitraire de l’amour agir sur la vacuité de mes pulsions romantisées en sentiments ou en impressions de coup de foudre… Et finalement, le désir homosexuel me montre assez vite son vrai visage, sa vanité, sa grande lâcheté, son immatérialité qui s’incarne mal et par à-coup. Je comprends alors que je me suis excité et inquiété pour un mirage, une incarnation désincarnée. Sur le moment, il me faut beaucoup d’humilité pour ne pas accréditer mes sentiments, pour me dire que ce n’est pas moi ni mon ressenti qui créent l’Amour. Les gens qui n’ont pas de sens critique et qui ne jurent que par leurs goûts m’emmerdent. Moi, j’aime les gens hyper bavards quand ils ressortent d’un spectacle, ceux qui savent dire longuement pourquoi ils ont aimé ou pas, qui ont plein d’avis nuancés à exprimer. Qu’ils soient d’accord ou pas avec moi, je m’en branle. Pourvu qu’ils soient humains et passionnés de vérité.
On peut vraiment parler de tout du moment qu’on est dans l’amour.
Je ne m’ennuierai jamais.
Par ‘désir de viol’, je n’entends pas seulement le désir de posséder quelqu’un sexuellement ou d’être possédé sexuellement, mais aussi le désir d’être objet ou fétiche sacré, d’être double, d’être quelqu’un d’autre, d’être une moitié d’Homme, d’être Dieu, d’aimer d’un amour fou.
Ça m’énerve au plus au point quand j’entends dire que les personnes homosexuelles ne PEUVENT pas être de bons parents. Ce n’est pas qu’elles ne peuvent pas. C’est qu’elles ne « doivent pas forcément, dans l’idéal ». C’est pas pareil. Pour être un bon parent, cela ne dépend pas que de l’individu ou du couple : cela dépend aussi du contexte et de la structure conjugale.
Je vous interdis de mépriser Têtu (…vous savez, le magazine qui commence par un « T » et qui finit par du « Q »… ;-)). Y’en a marre de ceux qui critiquent la revue qui m’a appris que je devais me raser de préférence avant d’avoir mangé plutôt qu’après pour éviter les saignements : ça a révolutionné ma vie, sans rire.
Le plus important dans mon livre (Homosexualité intime + Homosexualité sociale) n’est pas tant la description du lien entre le viol (ou plutôt le fantasme de viol) et le désir homosexuel que la distinction que je fais entre le couple hétérosexuel et le couple femme-homme aimant non-hétérosexuel. Je me permets d’insister sur ce point car il est capital. Il faut bien comprendre que dans ma bouche, le terme d’hétérosexualité est extrêmement négatif. Le couple hétérosexuel est aussi irréel et violent que le couple homosexuel, et il n’y a pas lieu de faire du couple homosexuel et du couple hétérosexuel des opposés : je me bats pour qu’on les reconnaisse comme des jumeaux fantasmatiques. Après avoir compris cela, mon discours sur l’homosexualité vous paraîtra beaucoup plus aimant et intelligible.
Maintenant que je me retrouve à nouveau, de par mon métier de prof, sur le chemin des écoliers, je suis particulièrement attentif aux élèves qui se retrouvent à part dans les groupes, rejetés de tous, qu’on abandonne sur la cour parce qu’on s’imagine qu’ils ne sont pas intéressants, qu’ils sont cons, pas drôles, et qu’ils le resteront toute leur vie. Parce que moi aussi, quand j’avais leur âge, j’étais cet adolescent-là, transparent, peu digne d’intérêt, qui ne faisait pas rire, qui ne plaisait pas, qui se faisait traiter de « fille », dont on se moquait sans vergogne. Et j’essaie, quand je peux, de montrer à ces adolescents isolés (…et, au fond, à tous les autres, car même les leaders de groupe, apparemment très populaires, vivent des moments de profonde solitude puisqu’ils sont entourés de faux amis, et qu’au bout du compte on a tous été, au moins une fois dans sa vie, cet enfant abandonné…) que toutes ces images de « pauvre type » ou de « pauvre fille » sont fausses, et qu’un jour, ceux à qui on a injustement collé ces étiquettes montreront à la face de tous ces frimeurs qui ont eu leurs heures de gloire pendant le collège que la pierre qui était rejetée est devenue pierre d’angle, qu’être efféminé et pédé n’est pas une tare mais une chance pour être plus proche de la fragilité et de la détresse des autres, que celui qu’on croyait faible et dont on a méprisé les talents peut finalement se révéler le plus fort.