Poupées

Poupées

 

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 

Le désir homosexuel : un désir de mort, atténuant sa violence par l’esthétique des corps-objets

 

Le désir d’être objet, c’est l’autre nom du désir homosexuel. Soit parce qu’elles ont jadis été prises pour des objets, soit pour se créer une essence divine au moment où elles ont douté de leur unicité et de leur identité, la plupart des personnes homosexuelles croient pouvoir se transformer en fétiche, en image sacrée, en mannequin de magazine. Par l’image, elles se donnent donc l’illusion de se mettre elles-mêmes au monde et de trouver une nouvelle originalité. Beaucoup d’entre elles construisent autour de leur être un véritable culte de la personnalité, surtout à travers les arts audiovisuels. Il suffit d’observer le rapport de certaines aux miroirs, en discothèque notamment, ou bien encore leur attitude de femme fatale en présence d’un appareil photo, pour le constater. Elles se scrutent beaucoup et pâtissent de la maladie du Don Juan qui cherche constamment à plaire, à faire plaisir, et à savoir ce que les autres pensent de lui, sans jamais arriver à satiété.

 

On entend souvent dans le discours des personnes homosexuelles – y compris chez celles qui ne sont pas du tout efféminées – un désir de divinisation par la réification fétichiste, le rêve de « faire de leur être un objet d’art » (Michel Foucault, « Conversation avec Werner Schrœter », dans Dits et Écrits II (2001), p. 1077), une belle statue grecque qu’elles pourraient sculpter, exposer, posséder. En fantasmes, elles font de leur corps la matière première de leur pouvoir créateur. « Je suis une pièce d’art vivante qui parle et qui marche » déclare par exemple Steven Cohen (cf. l’article « Steven Cohen, Corps à corps »). La fascination pour l’anatomie humaine est particulièrement marquée dans le « milieu homosexuel ». Les personnes homosexuelles ont tendance à considérer leur corps comme leur bien, leur propriété privée. Certaines défendent même l’existence d’un « corps homosexuel » (N.B. : je vous renvoie également au code « Différences physiques » dans le Dictionnaire des Codes homosexuels). Selon la logique des réalités fantasmées qui s’engendrent par la voie du fantasme, elles n’ont pas totalement tort : « la lesbienne » est en effet la concrétisation incomplète de la « fille d’à côté » (cette femme-objet largement décrite dans le documentaire « Pin-Up Obsession » (2004) d’Olivier Megaton) qui a fait son apparition dans la revue Play-Boy au cours des années 1950 ; « l’homosexuel », quant à lui, est le retour partiellement incarné de « l’homme d’à côté » décrit par Alexandros Loukos et représenté en vignette dans les revues gays. Mais une fois confrontée à la Réalité, cette conception cinématographique du corps devient caduque, puisque ce dernier n’est ni objet ni glacé comme l’image de magazine.

 

Le désir de se réifier et de disparaître pour devenir des dieux bioniques apparaît à travers l’omniprésence des poupées dans la fantasmagorie homosexuelle. Les artistes homosexuels sont nombreux à avoir conçu des pièces pour marionnettes, à exercer le métier de marionnettiste, et à s’intéresser esthétiquement aux automates, aux statues, et à la texture caoutchouc (il existe d’ailleurs à Paris une association homosexuelle rien que pour les amateurs de caoutchouc, « Les Mecs en Caoutchouc » !). Même si cette démarche peut amuser dans un premier temps, elle est en réalité violente et mortifère… puisqu’un objet, par définition, c’est inerte, mort, consommable, et non-libre.

 
 

N.B. : Je vous renvoie également aux codes « S’homosexualiser par le matriarcat », « Don Juan », « Amant diabolique », « Femme fellinienne géante et pantin », « Adeptes des pratiques SM », « Pygmalion », « Cirque », « Jeu », « Morts-vivants », « Clown blanc et Masques », « Super-héros », « Animaux empaillés », « Se prendre pour Dieu », « Clonage », « Maquillage », « Fan de feuilletons », « Collectionneur homo », « Femme et homme en statues de cire », « Homosexualité, vérité télévisuelle ? », et à la partie « Ventriloque » du code « Doubles schizophréniques » dans le Dictionnaire des Codes homosexuels.

 
 

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FICTION

 

a) Le personnage homosexuel aime les poupées/marionnettes et s’y identifie :

Film "La Mala Educacion" de Pedro Almodovar

Film « La Mala Educacion » de Pedro Almodovar


 

On retrouve les poupées et les marionnettes dans énormément de productions artistiques traitant d’homosexualité : cf. le vidéo-clip de la chanson « Papa m’aime pas » de Mélissa Mars, la série de dessins Pinochio (1988) de Pepe Espaliu, le film « Un Sacrifice » (1997) de Didier Blasco, le film « Dallas Doll » (1993) d’Ann Turner, le film « Superstar : The Karen Carpenter Story » (1987) de Todd Haynes, le film « Labyrinthe » (1986) de David Bowie, le vidéo-clip de la chanson « West End Girl » des Pet Shop Boys (la première image, ce sont des poupées), le film « Christophe et Gordi » (2004) de Frank Mosvold et Tom Petter Hansen, les films « Les Larmes amères de Petra Von Kant » (1972), « Gibier de passage » (1972) et « Roulette chinoise » (1976) de Rainer Werner Fassbinder, le vidéo-clip de la chanson « Sans contrefaçon » de Mylène Farmer, le roman A Sodoma En Tren Cobijo (1933) d’Álvaro Retana (avec la figure de Pinocchio), la chanson « Allan » (« Pauvres poupées qui vont, qui viennent, Allan, Allan… ») de Mylène Farmer, la chanson « Sextonik » de Mylène Farmer, le vidéo-clip de la chanson « C’est une belle journée » de Mylène Farmer, le vidéo-clip de la chanson « Fuck Them All » de Mylène Farmer (avec les épouvantails), le film « Juste avant Bir-Hakeim » (1989) de Christophe Donner, le roman Si j’étais vous (1947) de Julien Green (avec le magasin de réparation de poupées), le conte Le Montreur de marionnettes d’Hans Christian Andersen, le film « Cabaret » (1972) de Bob Fosse (avec le Maître de Cérémonie s’animant comme un pantin désarticulé), la photo Sense Of Space (2000) des frères Gao, le film « Presque rien » (2000) de Sébastien Lifshitz, le film « My Own Private Idaho » (1991) de Gus Van Sant, le film « Dans la peau de John Malkovich » (1999) de Spike Jonze, le film « The Others » (« Les Autres », 2001) d’Alejandro Amenábar, le film d’animation « L’Ombre d’Andersen » (2000) de Jannik Hastrup, les pièces Le Guignol et le Gourdin (1928) et Les Amours de Don Perlimplin (1923) de Federico García Lorca, la pièce Ubu Roi (1896) d’Alfred Jarry, la pièce L’Autre monde, ou les États et Empires de la Lune (1650) de Savinien de Cyrano de Bergerac, la pièce Une Souris verte (2008) de Douglas Carter Beane, le film « Le Roi et le Clown » (2005) de Lee Jun-ik, le spectacle de marionnettes Folie dans la jungle (2010) de Loïc Bartolini, le spectacle-cabaret Dietrich Hotel (2008) de Michel Hermon, la pièce Western Love (2008) de Nicolas Tarrin et Olivier Solivérès (avec l’allusion à Pinocchio), le film « Good Boys » (2006) de Yair Hochner (avec la poupée Barbie), le film « The Mostly Unfabulous Social Life Of Ethan Green… » (2005) de George Bamber, le film « La Chair et le Sang » (1985) de Paul Verhoeven, le spectacle d’imitations L’Électron libre (2008) de Dany Mauro (avec le chanteur Calogéro imaginé en marionnettiste), la pièce Elvis n’est pas mort (2008) de Benoît Masocco (avec les Barbies), le film « Les Chansons d’amour » (2007) de Christophe Honoré (avec Ismaël en marionnettiste), la pièce Érik Satie… Qui aime bien Satie bien (2009) de Brigitte Bladou, la pièce Le Frigo (1983) de Copi (avec la poupée gonflable appelée « Doctoresse Freud », la pièce Eva Perón (1969) de Copi, la pièce L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer (1971), le film « Hôtel Woodstock » (2009) d’Ang Lee (avec le collectionneur de poupées), le film « Le Roi Jean » (2009) de Jean-Philippe Labadie (avec le Roi qui joue à la poupée), le film « Un autre homme » (2008) de Lionel Baier, le poème « En cœur forgé » (2008) d’Aude Legrand-Berriot, le film « Where Are The Dolls » (2012) de Cassandra Nicolaou, le vidéo-clip de la chanson « La Bête libre » de Jeanne Mas, le roman Le Portrait de Dorian Gray (1890) d’Oscar Wilde, le one-(wo)-man show Désespérément fabuleuses : One Travelo And Schizo Show (2013) du travesti M to F David Forgit, le one-man-show Elle est pas belle ma vie ? (2012) de Samuel Laroque (avec Pinocchio), le film « Bienvenue à bord » (2011) d’Éric Lavaine (avec la marionnette en forme de boa rose), le film « Chacun cherche son chat » (1996) de Cédric Klapisch (avec la poupée sévillane géante dans la chambre à coucher de Michel, le héros gay), la biopic « Yves Saint-Laurent » (2014) de Jalil Lespert (avec Karl Lagerfeld qui manipule son amant Jacques à distance, comme une marionnette), le one-woman-show Mâle Matériau (2014) d’Isabelle Côte Willems, la chanson « Mannekin » de Taxi Girls, etc.

 

Album "Point de suture" de Mylène Farmer

Album « Point de suture » de Mylène Farmer


 

Le personnage homosexuel voue une véritable passion pour les marionnettes et les poupées : « J’ai toujours aimé les poupées. » (le marin gay dans la comédie musicale Peep Musical Show (2009) de Franck Jeuffroy) ; « Quand j’étais petit, je jouais souvent avec les Barbie de ma petite sœur en cachette. Ma préférée, c’était ‘Barbie robe de mariée’. […] Je me souviens qu’à dix ans, je suis allé vendre des oeufs au marché pour m’acheter une Barbie, celle avec le coffret maquillage. » (Sébastien dans la pièce Un Mariage follement gai ! (2008) de Thierry Dgim) ; « Le rideau rouge vint se lever, s’envoler. Les marionnettes vont s’éveiller, s’animer. Dans un théâtre abandonné, j’ai trouvé des personnages, des paysages de papier. C’est une histoire que j’ai volée à ma mémoire. » (cf. la chanson « Les Romantiques » de Catherine Lara) ; « J’ai toujours adoré jouer à la poupée. » (Marina le travesti dans la pièce Détention provisoire (2011) de Jean-Michel Arthaud) ; « Et dire que je lui ai acheté une Barbie parce qu’il n’y avait plus de GIJo au supermarché ! » (Samuel Laroque imitant une mère qui parle de son jeune fils, dans son one-man-show Elle est pas belle ma vie ?, 2012) ; « Tu n’as plus l’âge de tes poupées. » (cf. la chanson « Lola » de Jeanne Mas) ; « J’m’appelle Théo et j’aime les poupées, surtout celles aux cheveux frisés. » (cf. la chanson « Fille ou garçon » du groupe Zut) ; « On jouait à la poupée. » (Juna, Kanojo et Suki, les trois héroïnes lesbiennes s’adressant à Rinn, dans la pièce Gothic Lolitas (2014) de Delphine Thelliez) ; « Tous les ans, je commandais au Père Noël une poupée. » (Fabien Tucci, homosexuel, dans son one-man-show Fabien Tucci fait son coming-outch, 2015) ; « Toi, va jouer à la poupée ! » (Alexandre le héros hétéro repoussant violemment André, homo, dans le film « Pédale douce » (1996) de Gabriel Aghion) ; etc.

 

Par exemple, dans le spectacle de marionnettes L’Histoire du canard qui voulait pas qu’on le traite de dinde (2008) de Philippe Robin-Volclair, le petit Ernest joue à la poupée dès son plus jeune âge. Dans la pièce Les Divas de l’obscur (2011) de Stephan Druet, Myriam parle à sa poupée. Au générique du début du film « Le Zizi de Billy » (2003) de Spencer Lee Schilly, Billy, le transsexuel, joue avec des poupées. Dans le roman Michael Tolliver est vivant (2007) d’Armistead Maupin, Michael voit son petit-neveu de 7 ans, Sumter (qu’il soupçonne d’être homosexuel), jouer au théâtre de marionnettes ; cela lui rappelle sa propre enfance, quand il « bricolait des scènes de théâtre avec des cartons récupérés dans les Piggly Wiggly » (p. 99). Dans le film « Dolls » (2008) de Randy Caspersen, Thomas, un ado un peu secret, supporte mal que sa mère s’apprête à vendre les poupées qui ont accompagné toute son enfance… Dans la pièce Le Frigo (1983) de Copi, le comédien principal anime une marionnette en mousse en forme de rat. Dans la comédie musicale Encore un tour de pédalos (2011) d’Alain Marcel, un des protagonistes homosexuels affirme avoir grandi entouré de « sa dînette, ses barbies, ses héros ». Dans le roman L’Hystéricon (2010) de Christophe Bigot, Jason, le héros homosexuel, jouait à la poupée avec sa meilleure amie Corinne, quand ils étaient enfants. Dans la pièce Une Souris verte (2008) de Douglas Carter Beane, la chambre d’Hélène est pleine de poupées. Dans le one-man-show Jefferey Jordan s’affole (2015) de Jefferey Jordan, le héros homosexuel dit qu’il jouait à la poupée et s’est lié à l’école avec Julien, un camarade qui avait des Polly Pocket.

 

Le monde des marionnettes est parfois directement synonyme du monde homosexuel et à « l’amour ». « Nous conjuguons nos talents pour animer les marionnettes d’un petit Guignol. » (Dominique en parlant de sa rencontre avec Romain, dans le roman Les Julottes (2001) de Françoise Dorin, p. 16) Par exemple, dans le roman La Cité des Rats (1979) de Copi, la Reine des Rats demande à Rakä et au rat narrateur qu’elle trouve bien efféminés « chez quel marchand de marionnettes ils s’habillent » (p. 31). Dans le film « Queens » (2012) de Catherine Corringer, les personnages homosexuels/queer évoluent dans un monde où la sexualité est proche de l’enfance : l’un d’eux est d’ailleurs une poupée. Dans la comédie musicale À voix et à vapeur (2011) de Christian Dupouy, les amants du couple homosexuel sont tous les deux déguisés en poupées russes à un moment donné du spectacle. Dans la pièce La Nuit de Madame Lucienne (1986) de Copi, Vicky Fantômas raconte qu’elle faisait un numéro de marionnettes au Crazy Horse Saloon. Dans la pièce Les Amours de Fanchette (2012) d’Imago, Agathe considère « affectueusement » son amante Fanchette comme sa « petite poupée ». Dans le film « Carol » (2016) de Todd Haynes, Thérèse, l’héroïne lesbienne, vend des poupées et des trains dans un magasin de jouets. La première question que lui pose Carol, sa future amante, c’est : « Pourriez-vous m’aider à trouver cette poupée ? ». La poupée sert de vecteur et de matérialisation de l’homosexualité. Carol va plus en profondeur dans ses questions : « Quelle était votre poupée préférée quand vous aviez 4 ans ? »

 

POUPÉES Pinocchio

 

Même certaines poupées sont homosexualisées ! Par exemple, dans la comédie musicale Les Miséreuses (2011) de Christian Dupouy, Cosette baptise sa poupée « Marcel Proust ». Dans le roman Papa a tort (1999) de Frédéric Huet, Julien se voit offrir des poupées par sa mère : « Maman, elle m’a acheté un Ken. Oui, un Ken, le mari de Barbie. Je suis hyper content. Depuis le temps que je lui en réclamais un. » Dans le one-woman-show Betty Speaks (2009) de Louise de Ville, la poupée Barbie est « lesbianisée ». Dans le film « J’ai tué ma mère » (2009) de Xavier Dolan, Antonin offre à son copain Hubert deux marionnettes en pâte à modeler à leur effigie.

 
 

b) Je suis une poupée :

Le héros homosexuel considère qu’il est la progéniture d’une marionnette : « C’est une marionnette. » (Max en parlant de la mère de son copain Fred, dans la pièce Des Bobards à maman (2011) de Rémi Deval)

 

Non seulement le personnage gay aime la poupée, mais il va chercher à en devenir une. Par exemple, il se réifie ou robotise en automate dans le film « Satreelex, The Iron Ladies » (2003) de Yongyooth Thongkonthun (le titre nous indique que les héros sont des « Dames de fer »), le film « New York City Inferno » (1978) de Jacques Scandelari (avec le mannequin automate filmé dans les boutiques de Noël), le B.D. Anarcoma (1981) de Nazario (avec le robot baptisé « MX2 »), le film « Modern Love Is Automatic » (2009) de Zach Clark, la pièce D’habitude j’me marie pas ! (2008) de Stéphane Hénon et Philippe Hodora (avec le pantin désarticulé), le film « Woody et les Robots » (1973) de Woody Allen, le film « Robocop » (1987) de Paul Verhoeven, la pièce Grand peur et misère du Troisième Reich (2008) de Bertold Brecht, la pièce Machine sans cible (2008) de Gildas Milin, le ballet Alas (2008) de Nacho Duato, le film « L’Arbre et la Forêt » (2010) d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau (avec les enfants jouant à « 1, 2, 3, Soleil »), le film « Los Abrazos Rotos » (« Étreintes brisées », 2009) de Pedro Almodóvar (avec les robots), la chanson « Le Privilège » de Michel Sardou, la pièce La Pyramide ! (1975) de Copi (mise en scène d’Adrien Utchanah en 2010, avec la Reine futuriste habillée en cosmonaute, avec des tuyaux partout), le film « Autoportrait aux trois filles » (2009) de Nicolas Pleskof (avec le désir d’être mannequin), le film « Little Gay Boy, Christ Is Dead » (2012) d’Antony Hickling, etc. Par exemple, dans le roman Portrait de Julien devant la fenêtre (1979) d’Yves Navarre, le juge Kappus déclare que dans son enfance, il aimait beaucoup jouer au jeu « 1, 2, 3, Soleil » (p. 166) et faire la statue. Dans la comédie musicale Encore un tour de pédalos (2011) d’Alain Marcel, avec la chanson « Sextoy », l’un des héros homosexuels exprime son « désir d’être un gode pour mieux s’enféticher ».

 

Le personnage homosexuel se définit lui-même comme une statue, un robot, une machine qui s’est fabriquée toute seule : « J’ai toujours pensé que comme j’étais une pédé passif, alors je pouvais être un femme belle et désirette, c’est dans moi, comme jouer à la poupée quand j’étais enfant, essayer les robes de ma mother quand j’étais teen et sucer des bites maintenant, quoi ! » (Cody, le héros homosexuel nord-américain hyper efféminé, dans le roman Des chiens (2011) de Mike Nietomertz, p. 92) ; « J’ai la bouche pleine de terre. » (une réplique de la pièce Arthur Rimbaud ne s’était pas trompée (2008) de Bruno Bisaro) ; « Je n’existe pas. Je suis une chose. Rien qu’un corps. » (Alberto Sorbelli dans le film « La Révolution sexuelle n’a pas eu lieu » (1998) de Judith Cahen) ; « Je suis adepte du latex. » (le héros gay du one-man-show Les Histoires d’amour finissent mal (2009) de Jérôme Loïc) ; « Je crois la machine. Mon Daddy, il est faillible. Pas la machine. » (le héros de la pièce Happy Birthday Daddy (2007) de Christophe Averlan) ; « Elle considérait son corps comme un marionnettiste considère sa marionnette. » (Maria-José, le transsexuel M to F de la nouvelle « Le Travesti et le Corbeau » (1983) de Copi, p. 34) ; « Tout corps s’invente. » (cf. une réplique du film « Ils seront forts, elles seront belles » (2008) de Camille Ducellier) ; « Toi et moi, nous sommes des œuvres d’art. » (Sulky et Sulku, les deux guides efféminés du film « Musée haut, Musée bas » (2007) de Jean-Michel Ribes) ; « Je suis un ancien mannequin. » (Paola dans le one-man-show Changez d’air (2011) de Philippe Mistral) ; « Il faut que je devienne mannequin. » (Kévin dans le roman Si tu avais été… (2009) d’Alexis Hayden et Angel of Ys, p. 426) ; « Petit pantin, t’es trop méchant ! Petit pantin, t’es vraiment bête. Le petit train, tu l’as dans la tête. » (Didier Bénureau parlant de lui à la troisième personne, dans son spectacle musical Bénureau en best-of avec des cochons (2012) de Didier Bénureau) ; « Moi, je ne suis qu’un processeur de données. » (la protagoniste lesbienne Mnesya, parlant à ses écrans d’ordinateur, dans le film « Partisane » (2012) de Jule Japher Chiari) ; « Nous sommes faits d’ivoire et d’or. » (Dorian dans le roman Le Portrait de Dorian Gray (1890) d’Oscar Wilde) ; « Oui, j’ai fait carrière au bois… » (la mère transgenre évoquant le Bois de Boulogne, dans le one-(wo)-man show Désespérément fabuleuses : One Travelo And Schizo Show (2013) du travesti M to F David Forgit) ; « Suis-je une machine ? Suis-je une personne ? » (Alan Turing, le mathématicien homosexuel, dans le film « Imitation Game » (2014) de Mortem Tyldum) ; etc.

 

Dans le film « Mon Père » (« Retablo », 2018) d’Álvaro Delgado Aparicio, Noé, le héros homosexuel, est artisan et fait des figurines en plâtre. Pour lui, elles « prennent vie ». Dans le film « La Révolution sexuelle n’a pas eu lieu » (1998) de Judith Cahen, Anne devient le cobaye de son propre ordinateur et décide de ne vivre qu’à travers lui. Dans le roman Pavillon noir (2007) de Thibaut de Saint Pol, Cyril se prend pour son ordinateur : « Nous sommes semblables. » (p. 154) Dans le film « Mann Mit Bart » (« Bearded Man », 2010) de Maria Pavlidou, des femmes transgenres F to M dragkings imitent des poupées mécaniques automatisés. Dans le film « Xenia » (2014) de Panos H. Koutras, Tassos, Dany et Ody font des chorés sur des chansons de chanteuses italiennes des années 1960. Dans la pièce Soixante degrés (2016) de Jean Franco et Jérôme Paza, Rémi, comédien au théâtre, en boutade, déclare à son ami Damien qu’il se prend pour une machine à laver : « Je suis en train de passer une audition pour le rôle d’une machine à laver. »

 

Film "Far West" de Pascal-Alex Vincent

Film « Far West » de Pascal-Alex Vincent


 

Le héros homo aime imiter les chorégraphies robotiques de ses chanteuses-fétiches : c.f le film « Freude » (2001) de Jan Krüger (avec Johannes), le film « Test : San Francisco 1985 » (2013) de Chris Mason Johnson (avec les danses robotiques de Frankie, le héros homo faisant de la danse contemporaine dans la troupe Mc Manus Ballet), le film « Résultats du Bac » (1999) de Pascal Alex Vincent (avec les adolescents devant leur télé), le film « Far West » (2003) de Pascal-Alex Vincent (avec Ricky et la chorégraphie d’entrée sur la chanson « Ça va ou ça va pas »), la chanson « Think » d’Areta Franklin au début du one-woman-show Vierge et rebelle (2008) de Camille Broquet, le one-man-show Entre fous émois (2008) de Gilles Tourman (avec les démonstrations époustouflantes de danse de majorette et de tecktonik par Jarry), le one-man-show Changez d’air (2011) de Philippe Mistral (avec la danse robotique d’automate), le one-(wo)man-show Zize 100% Marseillaise (2012) de Thierry Wilson (où Zize, le travesti M to F, effectue une chorégraphie très robotique sur la chanson « Vogue » de Madonna), le film « Rafiki » (2018) de Wanuri Kahiu (Ziki, l’héroïne lesbienne, est folle de musique et fait des chorégraphies de clip-vidéo avec ses deux amies), le film « Naissance des pieuvres » (2007) de Céline Sciamma (avec Floriane, l’héroïne lesbienne qui est la capitaine de l’équipe de natation synchronisée), la pièce Gothic Lolitas (2014) de Delphine Thelliez (avec les quatre héroïnes lesbiennes), etc. Les chorégraphies actuelles sont à ce point esthétisées, maniérées, et érotisées, que la danse est associée directement à l’homosexualité par certains protagonistes homophobes : « Danser, c’est pour les pédés. » (Kévin dans la pièce Ma double vie (2009) de Stéphane Mitchell). Par exemple, dans le film « Test : San Francisco 1985 » (2013) de Chris Mason Johnson, Jerry, le chorégraphe de Frankie le héros homosexuel, recadre sèchement son élève qui manque de masculinité : « Danse comme un putain de mec ! » : Dans le film « Les Crevettes pailletées » (2019) de Cédric le Gallo et Maxime Govare, Fred, le trans M to F, est le chorégraphe de son équipe de natation.

 

En toile de fond, l’identification au robot marque une déshumanisation inquiétante dans l’homosexualité. Par exemple, dans la pièce Hétéro (2014) de Denis Lachaud, le monde où la différence des sexes a été totalement rejetée se trouve être un espace totalement mécanisé, où les personnages homos sont des robots qui se clonent entre eux et ne vivent que pour leur travail, leur image, leur production : Gatal, le héros, par exemple, travaille en tant que chef de produits, dans une boîte qui s’appelle Craker Booster… et qui lui demande sans cesse des résultats, une charge de travail inhumaine. Il va être contraint de s’accoupler avec son directeur.
 
 

c) Bodybuilding :

Afin de correspondre à l’homme-objet qui le fait fantasmer, le personnage homosexuel passe son temps dans les salles de muscu pour parfaire son corps de rêve : cf. le film « Vivre me tue » (2003) de Jean-Pierre Sinapi, la série française Les Filles d’à côté d’AB Productions (avec Gérard, le gérant musclé et hyper efféminé de la salle de sport), la chanson « YMCA » des Village People, le roman Dix Petits Phoques (2003) de Jean-Paul Tapie, le film « Le Protégé de Mme Qing » (2000) de Liu Bingjian, le film « Pas si grave » (2003) de Bernard Rapp, le film « Flesh » (1968) de Paul Morrissey, le film « Le Lézard noir » (1968) de Kinji Fukasaku, le film « Augustin » (1994) d’Anne Fontaine, le film « La Comtesse aux pieds nus » (1954) de Joseph Mankiewicz, le film « L’Homme qui venait d’ailleurs » (1976) de Nicolas Roeg (avec l’un des personnages homosexuels soulevant des haltères), le film « The Big Gay Musical » (2010) de Casper Andreas et Fred M. Caruso (avec Eddie qui va en salle de muscu), le film « Keep The Lights On » (2012) d’Ira Sachs (avec Russ, l’haltérophile homo exhibitionniste), le film « Cruising » (« La Chasse », 1980) de William Friedkin (avec Steeve ou encore Stuart), le one-man-show Elle est pas belle ma vie ? (2012) de Samuel Laroque (décrivant les ambiances de salle de sport), le one-man-show Gérard comme le prénom (2011) de Laurent Gérard (où Laurent fait de la muscu), la pièce Un Cœur en herbe (2010) de Christophe et Stéphane Botti (avec Olivier, l’un des héros gays, qui fait de la muscu)etc.

 

Gérard dans la sitcom "Les Filles d'à côté"

Gérard dans la sitcom « Les Filles d’à côté »


 

Par exemple, dans le film « Romeos » (2011) de Sabine Bernardi, Lukas, la femme transsexuelle F to M, s’impose plein de séances de muscu pour ressembler à l’homme de ses rêves. Dans la pièce La Mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie (2010) de Philippe Cassand, Xav va à la salle de muscu. Dans la pièce Les deux pieds dans le bonheur (2008) de Géraldine Therre et Erwin Zirmi, Damien passe son temps dans la salle de sport. Le film « Haltéroflic » (1983) de Philippe Vallois dépeint le milieu des culturistes. Dans le film « Plan B » (2010) de Marco Berger, Pablo et Bruno se rencontrent au gymnase, lors d’une séance de musculation. Dans le film « Jeffrey » (1995) de Christopher Ashley, Jeffrey a un coup de foudre pour un autre « sportif » dans le club de fitness new-yorkais qu’ils fréquentent assidûment. Dans le film « 22 Jump Street » (2014) de Phil Lord et Christopher Miller, la séance de muscu entre Jenko et Zook est auditivement suggérée comme un orgasme de film porno gay.

 

Le personnage homosexuel se donne beaucoup de mal pour ne pas vieillir et pour garder son éclat de poupée inoxydable : « J’ai un corps. Je le sculpte. […] Chaque mois, ra-vale-ment. » (Jarry qui fait humoristiquement allusion à son « fondamentalisme esthétique », dans son one-man-show Entre fous émois (2008) de Gilles Tourman) ; « La passion de Stephen pour la culture physique s’accrut et envahit la salle d’étude. […] Elle découvrit que son corps était une chose à chérir, une chose d’une réelle valeur depuis que sa force pouvait la réjouir ; et, aussi jeune qu’elle fût, elle donna à son corps des soins diligents. » (Stephen, l’héroïne lesbienne, dans le roman The Well Of Loneliness, Le Puits de solitude (1928) de Marguerite Radclyffe Hall, pp. 78-79) ; « Je veux devenir un playboy professionnel […] j’entrerai dans l’armée. […] Ce sera que pour fréquenter l’école militaire. Pour m’entraîner et avoir un corps magnifique. Je veux dire un corps rude et robuste comme le vôtre. » (Anamika, la femme lesbienne, à Adit, dans le roman Babyji (2005) d’Abha Dawesar, p. 206) ; etc.

 

Même s’il trouve pour un temps un certain contentement à jouer la potiche que son copain est fier d’exhiber, le héros gay finit par trouver la vie de dînette de la poupée un peu rasoir et aseptisée : « Je suis une simple poupée sans importance. » (Charlène Duval, le travesti M to F, dans son one-woman-show Charlène Duval… entre copines, 2011) ; « Je suis restée toute seule dans ma petite maison à attendre, occupant mes journées aux arts quotidiens du ménage et de la cuisine, ainsi qu’à l’art de la réflexion discrète. À attendre quoi ? […] À attendre quoi, je vous pose la question. […] Je vais arroser mes plantes. » (Jeanne dans la pièce La Journée d’une Rêveuse (1968) de Copi, p. 19, puis p. 57) J’aborde plus largement la vengeance iconoclaste sur la poupée, ainsi que les ravages du matérialisme dans le rapport amoureux homosexuel, à travers le code « Pygmalion » du Dictionnaire des Codes homosexuels.

 
 

d) On m’a traité comme une poupée :

Si le personnage homosexuel se prend pour une poupée, c’est bien souvent, de son propre aveu, parce qu’on l’a traité/maltraité (jadis) comme une poupée : « Violet avait, en outre, des jambes grasses et molles, tout comme une poupée de chiffon… et vous, Stephen, avez été comparée à Violet ! » (Stephen, l’héroïne lesbienne, dans le roman The Well Of Loneliness, Le Puits de solitude (1928) de Marguerite Radclyffe Hall, p. 57) ; « Ainsi font font font les petites marionnettes. » (le héros homosexuel pendant le fist-fucking, en tournant sa main dans le cul de son « beau papa », dans le one-man-show Raphaël Beaumont vous invite à ses funérailles (2011) de Raphaël Beaumont) ; « C’est drôle, je n’ai pas l’habitude d’être dans la peau d’une marionnette. » (Leopold, le héros homosexuel qui se sent comme l’instrument de son amant Franz, dans la pièce Gouttes dans l’océan (1997) de Rainer Werner Fassbinder) ; « T’étais beau quand t’étais bébé. T’étais beau, t’avais l’air d’une petite fille. J’m’amusais bien avec toi : t’avais l’air d’une poupée. T’étais mignonne. » (Laurent Spielvogel imitant sa mère s’adressant à lui, dans son one-man-show Les Bijoux de famille, 2015) ; « Maman m’a écrasée. Tant qu’elle pouvait jouer à la poupée avec moi, là, y’avait pas de problème ! Mais dès que j’ai commencé à avoir une personnalité, elle a tout fait pour me détruire ! » (Sandrine Lazzari, l’héroïne lesbienne en parlant de sa mère Anne-Marie, dans l’épisode 510 de la série Demain Nous Appartient diffusé le 18 juillet 2019 sur TF1) ; etc.

 

Par exemple, dans la pièce Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust (2009) de Renaud Cojo, le héros se considère lui-même comme une poupée vaudou. Dans le film « No Se Lo Digas A Nadie » (1998) de Francisco Lombardi, Joaquín, le héros homosexuel, est traité à 15 ans de « poupée de porcelaine » par son père. Dans le film « Tacones Lejanos » (« Talons Aiguilles », 1991) de Pedro Almodóvar, la jeune Rebeca est vendue « en boutade » sur un marché par son beau-père. Dans la pièce Les Favoris (2016) d’Éric Delcourt, Guen, le héros homosexuel, a un prénom peu courant, et sans cesse déformé par Stan. Une fois, il l’appelle Ken, ce qui provoque l’ire de Guen : « Guen ! Ken, c’est le fiancé de Barbie ! »

 

Le viol ou la violence sont déshumanisés/atténués par le fétichisme, donc ils apparaissent comme acceptables aux yeux du héros homosexuel. « C’est Rooney. […] Le requin lui arrache un bras, son petit corps saute en l’air comme un pantin, retombe dans la mer. » (le narrateur homosexuel dans le roman Le Bal des Folles (1977) de Copi, p. 104)

 

Plus tragiquement, le personnage homosexuel aime tellement les poupées qu’il va essayer, par l’adoption d’enfants ou la procréation médicalement assistée ou la Gestation Pour Autrui, et surtout par orgueil, d’obtenir un enfant-poupée. Et il dit explicitement qu’il envisage cet enfant comme une poupée, en plus ! « Je veux un enfant et je l’aurai ! » (Claire, l’héroïne lesbienne de la pièce Le Mariage (2014) de Jean-Luc Jeener) ; « Vous jouez à la poupée avec un petit être vivant. » (le père de Claire s’adressant à sa fille et à sa compagne Suzanne) ; « Si c’est un petit gars, ce sera un petit gars. Si c’est une poupée, ce sera une poupée. » (Sylvie en parlant de l’enfant qu’elle veut avoir avec Pierre, le héros homosexuel, dans la pièce Le Fils du comique (2013) de Pierre Palmade) ; etc.

 

Comme la poupée est le témoin du viol que certains héros ont vécu, ces derniers s’empressent de la maltraiter, pour étouffer l’affaire/la honte/la gêneuse : cf. le film « Ken Burns » (2011) d’Adrienne Alcover, le film « Kaboom » (2010) de Gregg Araki (avec la poupée vaudou), etc. Par exemple, dans la pièce La Tour de la Défense (1981) de Copi, le personnage de Katia, le bébé tué par Daphné, est figuré par une poupée. C’est exactement le même scénario avec les bébés massacrés de la comédie musicale Les Divas de l’obscur (2011) de Stephan Druet, le one-man-show Raphaël Beaumont vous invite à ses funérailles (2011) de Raphaël Beaumont (avec la poupée gonflable Émilie la Vorace), etc. « J’ai décapité Teeny. » (Karine Dubernet parlant de son poupon, dans le one-woman-show Karine Dubernet vous éclate !, 2011) La destruction de la poupée participe au bout du compte de l’homophobie de la promotion de l’identité ou de la pratique homosexuelle. Par exemple, dans le film gay friendly « Children Of God » (« Enfants de Dieu », 2011) de Kareem J. Mortimer, Lena, la mère homophobe fait une scène à son jeune fils Omar (elle le bat, même) parce qu’il dort avec une poupée que lui a donnée le révérend Ritchie (c’est assez dingue, le foin que font les féministes autour de la poupée, d’ailleurs ! : nous le verrons à la fin de cet article, en deuxième partie).

 

L’identification du héros homosexuel à la poupée peut aussi être l’expression d’une situation d’exploitation ou de viol qu’il est en train de vivre. « Je crois que je suis une poupée cassée et que j’ai 600 ans. » (Jézabel, l’héroïne bisexuelle du film « La Mante religieuse » (2014) de Natalie Saracco) Il passe du statut imposé de « poupon jouet pour enfants » à celui non moins enviable de « poupée gonflable pour adultes », autrement dit de transsexuel ou de prostituée. Par exemple, dans le film « Strella » (2009) de Panos H. Koutras, Strella, le personnage trans, travaille dans un cabaret de travestis appelé POUPÉES. Dans le film « The Talented Mister Ripley » (« Le Talentueux M. Ripley », 1999) d’Anthony Minghella, Tom, le héros homosexuel, tue Freddie en l’assommant avec le buste d’une statue.

 
 

FRONTIÈRE À FRANCHIR AVEC PRÉCAUTION

 

PARFOIS RÉALITÉ

 

La fiction peut renvoyer à une certaine réalité, même si ce n’est pas automatique :

 
 

a) Certaines personnes homosexuelles aiment les poupées/marionnettes et s’y identifient :

Je vous renvoie aux documentaires « Vestida De Azul » (1977) d’Antonio Giménez Rico, « Body Without Souls » (1996) de Wiktor Grodecki, « China Dolls » (1997) de William Yang, à la chanson « La Tapette en bois » de Fernandel, etc. Par exemple, tout le documentaire « Du Sollst Nicht Schwul Sein » (« Tu ne seras pas gay », 2015) de Marco Giacopuzzi est illustré par des poupées Ken figurant des hommes homosexuels.

 

"L'ouverture d'esprit" vue par les catalogues de jouets

« L’ouverture d’esprit » vue par les catalogues de jouets


 

Il n’est pas rare de croiser parmi les personnes homosexuelles des individus qui ont un rapport passionnel avec les poupées (plutôt de répulsion chez les femmes, plutôt de fusion chez les hommes) : « À cinq ans, je jouais à la poupée, je portais des vêtements féminins. » (Jean-Luc, homosexuel, 27 ans, cité dans l’essai Histoire et anthologie de l’homosexualité (1970) de Jean-Louis Chardans, p. 80) ; « Lorsque j’avais de cinq à sept ans environ, j’échangeais souvent mes jouets de garçon contre des poupées et je jouais beaucoup avec elles. » (un patient homo dans l’article « Le complexe de féminité chez l’homme » de Félix Boehm, Bisexualité et différence des sexes (1973), p. 440) ; « Je me souviens dans le berceau que pour réussir à m’endormir ou par frustration je me masturbais sur le ventre. J’avais peur du noir et j’en ai toujours peur, je dors avec un oreiller sur la tête. J’ai un flash que je prenais une poupée d’homme Ken et que je me masturbais devant, en m’imaginant que j’étais cet homme qui faisait l’amour à Barbie. » (cf. le mail de Pierre-Adrien, 30 ans, reçu le juin 2014) ; « Mes goûts aussi, toujours automatiquement tournés vers des goûts féminins sans que je sache ou ne comprenne pourquoi. J’aimais le théâtre, les chanteuses de variétés, les poupées. » (Eddy Bellegueule dans le roman autobiographique En finir avec Eddy Bellegueule (2014) d’Édouard Louis, p. 29) ; etc. Par exemple, Félix Sierra, Oscar Wilde, et bien d’autres, jouaient à la poupée, étant petits. Raymond Roussel aime les automates du genre le-petit-lapin-qui-joue-du-tambour. Jean Cocteau possède également des automates. Pour le vidéo-clip de la chanson « Deserters » d’Aube L, le comédien Stéphane Botti avoue qu’il « réalise un peu son rêve de jouer une marionnette ». Dans le docu-fiction « Le Dos rouge » (2015) d’Antoine Barraud, Bertrand est obsédé par le monde de la peinture : « Pourquoi cette attirance pour les musées ? Il ne l’a jamais su. » (la voix-off de la mère de Bertrand, parlant de son fils) Il rêve de fuir sa réalité pour pénétrer dans les toiles : « C’était comme une maison de poupées. Un théâtre de marionnettes. » Rodolf/Dora Richter – premier homme trans M to F – jouait, étant petit, à la poupée.

 

Vidéo-clip de la chanson "Deserters" de Aube L.

Vidéo-clip de la chanson « Deserters » de Aube L.


 

D’ailleurs, certains artistes homosexuels ont conçu des pièces pour marionnettes : on peut penser à Maurice Maeterlinck, Heinrich von Kleist, Alfred Jarry, Federico García Lorca, etc. Il est surprenant (parce que c’est peu analysé) de constater qu’il en existe beaucoup qui sont marionnettistes de métier : Raymond Roussel, Philippe Robin-Volclair (qui fait carrément son coming out au public au beau milieu de ses spectacles de marionnettes), Hannah Höch, Gilbert and George, Zoe Leonard, Néstor Perlongher, Raúl Gómez Jattin, Rainer Werner Fassbinder, Steven Cohen, Jean Cocteau, etc. Yukio Mishima, notamment, aimait le théâtre de marionnettes du Nô au point d’en composer lui-même. Hans Christian Andersen était friand des théâtres de marionnettes. En 1935, Alvin Nikolais a été directeur du Théâtre de marionnettes du Parc de Hartford, et possède une formation de marionnettiste. Le roman Tambours sur la digue (1999) d’Hélène Cixous se présente sous la forme de pièce ancienne pour marionnettes. En ce qui me concerne, je voulais devenir marionnettiste à 15 ans ; et j’ai monté des spectacles de marionnettes dans différentes écoles maternelles et primaires en 1999 pour financer mon voyage au Honduras.

 

La référence aux poupées et aux marionnettes apparaît beaucoup dans le discours d’Alfredo Arias, par exemple : « Mon ami sculpteur ne parvenait pas à créer l’impression que je recherchais pour la troisième tante, la plus jeune […] Je lui proposai une idée qui lui sembla macabre au début, mais qui finit par le séduire. Je lui demandai de découper le corps en morceaux : les différentes parties seraient posées par terre à la manière d’une marionnette désarticulée. » (Alfredo à propos d’une de ses tantes qu’il veut transformer en statue, dans son autobiographie Folies-Fantômes (1997), p. 144) ; « À l’intérieur de l’armoire, les vêtements tombaient l’un après l’autre des cintres. Au fond, accrochées ainsi que des marionnettes, deux poupées, de taille humaine, étaient enlacées comme pour danser le tango. Ernestito voulait désespérément comprendre à qui elles ressemblaient. L’homme tournait, la femme pivotait. Lui, il ressemblait au plus grand chanteur de tango. Elle, elle ressemblait aux plus grandes chanteuse de tango : Olinda, Tita, la Negra Bozan, Tania. Elles se succédaient : la lumière capricieuse donnait à chaque tour une nouvelle identité à la poupée femelle. En revanche, lui, il se définissait comme le seul, l’unique Carlitos Gardel, la voix du tango. » (Alfredo Arias, Folies-Fantômes (1997), p. 263) ;

 

Dans le documentaire « Homophobie à l’italienne » (2007), Gustav Hofer et son amant Luca Ragazzi font parler la marionnette d’un pèlerin pour la faire gémir : « Je suis très fatigué. J’ai beaucoup marché. »

 

"Sesame Street"

« Sesame Street »


 

Certaines personnes homosexuelles projettent même leurs unions amoureuses sur les marionnettes. Par exemple, le 10 août 2011, aux États-Unis, la militante Lair Scott lance une pétition en ligne pour exiger qu’Ernest et Bart, les deux marionnettes vedettes du programme télévisé pour enfants Sesame Street (1, Rue Sésame), se marient durant l’un des épisodes : « Nous ne demandons pas à Rue Sésame de faire quelque chose de grossier ou d’irrespectueux, nous voulons juste que Bart et Ernest se marient ou qu’ils ajoutent un personnage transgenre à la série. Cela peut être fait avec goût. Enseignons la tolérance à l’égard de ceux qui sont différents », précise la pétition, signée par plus de 7.600 personnes. C’est dire tout l’attachement mi-humoristique mi-sérieux que porte certains individus homosexuels.

 

Dans le documentaire « La Grève des ventres » (2012) de Lucie Borleteau, Alexandre, le futur père donateur de sperme, offre à Lise et Clara, le couple lesbien qu’il va inséminer, deux poupées russes.

 
 

b) Certaines personnes homosexuelles veulent devenir robot :

Mylène Farmer

Mylène Farmer


 

Parfois, les personnes homosexuelles aiment tellement les marionnettes qu’elles s’en fabriquent une à leur image : je pense à la Mylène en miniature qui accompagne Mylène Farmer dans le vidéo-clip de sa chanson « Sans contrefaçon » (court-métrage revisitant le mythe de Pinocchio), aux papillons représentant chacune des Spice Girls dans le vidéo-clip de la chanson « Viva Forever », au concert de Mika à Bercy (Paris, le 26 avril 2010) pendant lequel le chanteur se montre avec une marionnette à son effigie. À propos de la pièce Le Frigo (1983), la marionnette du Rat est définie comme « l’obsession-fétiche [du dramaturge Copi], une marionnette de mousse à laquelle il prétendait ressembler comme un frère » (cf. l’article « Copi, à jamais pas conforme » d’Armelle Héliot, dans Le Quotidien de Paris, le 15 décembre 1987).

 

Nous aurions tort de ne voir dans ce clonage artistique que poésie et drôlerie ludique. Il dit un orgueil de se prendre pour Dieu. Et plus concrètement, la passion homosexuelle pour les marionnettes et les poupées, au-delà de la blague puérile ou esthétique, peut aller très loin : jusqu’à l’opération chirurgicale ; jusqu’à la mutilation que subissent les personnes transsexuelles. Elle n’est pas qu’une croyance inoffensive et sans conséquence.

 

Film "Fit" de Rikki Beadle-Blair

Film « Fit » de Rikki Beadle-Blair


 

Sans aller vers ces extrêmes, beaucoup de sujets homosexuels s’amusent simplement à se réifier, cherchent à devenir des robots, des objets de consommation, et induisent par leur attitude un appel à la soumission/domination : « Tola levait la jambe, marchait à quatre pattes pour imiter un singe, puis sortit brutalement une poupée en tissu qui reproduisait grossièrement sa silhouette. » (Alfredo Arias, Folies-Fantômes (1997), pp. 305-306) ; « Si j’en avais la possibilité, je changerais chacune des parties de mon corps comme s’il s’agissait de pièces détachées. » (Alexandre Delmar, Prélude à une vie heureuse (2004), p. 51) ; « Je suis une machine. » (Andy Warhol, cité dans l’article « Andy Warhol » d’Élisabeth Lebovici, sur le Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes (2003) de Didier Éribon, p. 495) ; « Je suis un appareil photographique. » (Christopher Isherwood, cité dans le Dictionnaire gay (1994) de Lionel Povert, p. 274) La danse futuriste et techno de Donna Summer sur sa chanson « I Feel Love » a fait un carton dans le « milieu homosexuel » mondial dans les années 1970.

 

Par exemple, la photographe lesbienne Claude Cahun, pour ses auto-portraits (cf. Autoportrait de 1927, 1932, et 1939), s’est déguisée en statue de Bouddha, en bibelot sur une étagère d’armoire, ou en statue grecque antique. En lien avec le code du « Super-héros » que je traite dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels, « Les Mecs en caoutchouc » est une association homosexuelle parisienne célébrant le corps parfait des hommes plastifiés.

 

Dans l’émission Aventures de la médecine spéciale « Sexualité et Médecine » de Michel Cymes diffusée sur la chaîne France 2 le 16 octobre 2018, en écoutant Léonie, homme transsexuel M to F de 29 ans, parler de son arrivée au monde, on se rend compte qu’il s’est vraiment pris pour une machine : « Je suis sorti(e) avec des paramètres d’usine qui ne correspondent pas aux applications de mon cerveau. »
 

En boîtes, les personnes homosexuelles effectuent de plus en plus de danses robotiques. La danse « tecktonik », pourtant venue des banlieues, a été associée à un efféminement suspect, voire à une « danse gay ». On peut également penser aux chorégraphies machinale de Madonna (surtout « Vogue », « Nothing Really Matters », et « Material World »), de Kylie Minogue (« Can’t Get You Out Of My Head »), de Mylène Farmer (« L’Âme-Stram-Gram » et « Désenchantée » en particulier), d’Alizée (« J’ai pas 20 ans »), de Jeanne Mas (cf. le concert Jeanne Mas revient ! au Trianon de Paris, le 25 juin 2008), de Mélissa Mars (« Love Machine »), de Cristina Rus (« I Don’t See Ya »), etc.

 

 

Je citerai également aux chorégraphies robotiques de l’équipe de natation synchronisée gay dans le documentaire « Les Garçons de la piscine » (2009) de Louis Dupont, aux voix électriques du groupe Mauvais Genre (avec par exemple la chanson « L’Amour ça va »), de Madonna (« Paradise ») et Britney Spears (« I Wanna Go »), etc.

 

Spice Girls

Spice Girls


 

Lady Gaga

Lady Gaga


 

Mylène Farmer en porte-manteau

Mylène Farmer en porte-manteau

 

L’immobilité du mannequin est source de fantasme dans la communauté homo. C’est très étrange et énigmatique, à première vue. Je me souviens, lorsque j’étais enfant, que l’un de mes jeux favoris à l’école était « 1, 2, 3, Soleil » : j’aimais me statufier. Et vers l’âge de 8-12 ans, j’étais fasciné par les mannequins de mode que je voyais à la télé, par les humains prenant des poses « arrêt sur image », par les postures « stylées » des Spice Girls ou des modèles de Marcelle Griffon. Et quand je tombe maintenant sur des scènes de films telles que « The Rocky Horror Picture Show » (1975) de Jim Sharman (avec le Dr Frank-N-Furter qui a le pouvoir de transformer en statues les êtres humains), ou bien les tours de magie d’Endora dans la série Ma Sorcière bien-aimée (le personnage de la mère qui fige les actions et les personnes à sa guise), je comprends, sans trop m’expliquer pourquoi, que j’ai en moi un désir d’être objet.

 
 

c) Bodybuilding :


 

Quand l’individu homosexuel se donne les moyens de sa réification, il fonce en général vers les magasins de vêtements, les parfumeries, les piscines et les clubs de fitness, plusieurs fois par semaine. Et ne dites pas que je caricature ! J’ai déjà passé une soirée à l’Amnésia, la boîte parisienne de Johnny Hallyday, vers 2005, pour un tea dance exclusivement « réservé aux mecs », et j’ai vu de mes propres yeux une fosse – qu’on appelle aussi piste de danse – bourrée à craquer de plusieurs centaines d’hommes torse poils, huilés, épilés, et bodybuildés (beurk…), que je ne pensais croiser que sur les couvertures de Têtu ! Des types tellement surfaits, tellement parfaits, tellement bien charpentés, qu’on eût dit qu’ils passaient leur vie dans les salles de musculation. Oui, ça existe, les rats de corpothèque !

 

Bon nombre d’hommes gay consacrent du temps aux soins de leur corps physique et de leur paraître. Je vous renvoie également à la photo Man In Polyester Suit (1980) ainsi qu’aux Statue Series (1983) de Robert Mapplethorpe, à la quasi totalité des couvertures de la presse spécialisée gay, la revue française Olympe spécialisée dans le culturisme, etc. Par exemple, dans le roman très autobiographique Un Fils différent (2011) de Jean-Claude Janvier-Modeste, Ednar, le héros homosexuel, souhaite « assouvir ses passions favorites : son goût pour le culturisme, la remise en forme » (p. 94). Dans son Autoportrait (1927), la photographe lesbienne Claude Cahun pose en haltérophile désarticulé.

 

Photographie "Autoportrait" (1927), où Claude Cahun joue haltérophile

Photographie « Autoportrait » (1927), où Claude Cahun joue haltérophile


 

Je vous rappelle par ailleurs que les YMCA (Young Men’s Christian Association) sont connus pour être des gymnases où les jeunes hommes développent leur musculature, et qu’ils ont fait l’objet de la fameuse chanson gay des Village People.

 

En rentrant dans le monde des marionnettes et des poupées, la personne homosexuelle perd son unicité (une poupée est facilement remplaçable par une autre) en même temps qu’il gagne une forme éternité (le fétiche, s’il est fabriqué en série illimitée, a tout le temps devant lui !). La marionnette, contrairement à Dieu, ne peut pas offrir ET la singularité (donc l’Amour : car qui est reconnu comme unique est aimé) ET la vie éternelle : l’un des deux est toujours sacrifié. Cruelle loi des objets !

 
 

d) On m’a traité comme une poupée :

Un certain nombre de personnes homosexuelles ont vécu pendant l’enfance la gloire éphémère de l’enfant-objet mis sur un piédestal : « À 5 ans sur scène, déjà ! À 65 ans sur scène… encore ! » (Denis Daniel, Mon théâtre à corps perdu (2006), p. 19) Je vous renvoie par exemple au récit de Frédéric Mitterrand sur le tournage du film « Fortunat » en 1960, dans son autobiographie La Mauvaise Vie (2005).

 

Plus gravement, la poupée est à la source de la crise existentielle de tout individu homosexuel. C’est parce qu’il s’est cru objet ou qu’on l’a traité ainsi qu’il se dit parfois son clone. « Je voulais surtout qu’il sache que malgré tout ce qu’on disait sur moi à Hay Salam, ‘la petite fille’, ‘la poupée’, malgré tous les surnoms de trahison j’étais encore vierge. Vierge vierge. Vierge des fesses. » (Abdellah Taïa, Une Mélancolie arabe (2008), pp. 20-21)

 

Dans le film documentaire « La Domination masculine » (2009) de Patric Jean, les rayons de jouets et des poupées est le lieu d’où part la réflexion sur la différence des sexes : c’est dire si la poupée a remplacé l’être humain dans l’esprit de beaucoup de personnes homosexuelles !

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, certaines personnes homosexuelles croient (dans leur cœur et pas dans leur tête) que les poupées ont une âme… ont leur âme ! Par exemple, le film « Pêche mon Petit Poney » (2012) Thomas Riera se penche sur la question du genre dans le monde du jouet, guidé par le récit intime du réalisateur sur la découverte, enfant, de son homosexualité : « Mon envie dans ce film est de faire apparaître la relation que j’ai eue avec Pêche. Parce qu’elle a été sans doute une soupape à mes questions. Parce que j’avais trouvé en lui quelqu’un à qui m’accrocher. À travers cette histoire intime avec Pêche, mais aussi à travers les failles et les choses du monde normées et non normées assimilées, ressortira le cheminement d’un enfant, de sa construction, de ses peurs anciennes face à son homosexualité, mais aussi de ses désirs et secrets les plus beaux qu’il n’ait imaginés. » Dans la pièce La Nuit de Madame Lucienne (1986) de Copi, le Rat-marionnette est présenté à la fois comme un être surnaturel hyper-humanisé (pour Vicky, il« a un esprit. C’est le Diable. », p. 274), à la fois comme un objet inoffensif : « Ce Rat n’est qu’une marionnette, il est animé par une main, vous le savez mieux que personne, puisque vous l’avez fabriqué. Il serait incapable de tuer tout seul. » (l’Auteur)

 

C’est parce que beaucoup de personnes homosexuelles se fuient elles-mêmes qu’elles opèrent ce transfert d’identité sur les poupées : « Coco s’arrêta soudain devant une poubelle, où il avait remarqué une poupée cassée, désarticulée, cachée dans les déchets. Il la prit par un bras. C’était une vieille Barbie rongée par les rats. Il soupira. ‘Vous me trouverez stupide. Mais j’ai une âme de gamin. Je ne peux pas voir une poupée cassée. C’est un crime !’ hurla-t-il en pleurant. ‘Tu vois, lui reprochait-il, on t’a jetée comme une vieille putain. C’est le destin des blondes. J’en souffre. Je sais que je finirai comme toi.» (Alfredo Arias, Folies-Fantômes (1997), p. 26)

 

Les personnes homosexuelles ont vécu en général une histoire d’amour… que dis-je… une passion secrète pour la poupée. C’est bien pour cela qu’elles l’ont ensuite détestée : seul ce à quoi on est excessivement attacher peut nous trahir. « Pour les grandes occasions, Noël, ma fête et mon anniversaire, on m’achetait des jouets de fille, des poupées notamment, dont j’ai eu un véritable harem. » (Paula Dumont, Mauvais Genre (2009), p. 63) Dans l’émission Toute une histoire spéciale « Quand ils ont renoncé leur homosexualité, leurs proches les ont rejetés » diffusée sur France 2 le 8 juin 2016, Marvin, jeune témoin homo, raconte qu’il jouait avec les Barbies de ses sœurs.

 

C’est assez ahurissant, le foin que font actuellement les féministes (en particulier lesbiens et gays) autour des jouets et surtout des poupées, pour que les garçons puissent « avoir le choix » de jouer à la poupée ou pas, que les jouets de Noël soient asexués et sans rose ou sans bleu.

 

Les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Dominique Bertinotti en extase devant les écoles pro-Gender... pardon, "égalité des sexes"

Les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Dominique Bertinotti en extase devant les écoles pro-Gender… pardon, « égalité des sexes« 


 

Si on voit actuellement dans certaines vitrines de Castro (le quartier gay de San Francisco, aux États-Unis) des poupées Barbie et Ken massacrées, torturées, et exposées bâillonnées pour prouver que la communauté homosexuelle tord le cou à la « tyrannie marchande hétérosexiste », c’est bien que les poupées sont UN PEU considérées comme des témoins à charge gênants. Si elle déchaînent autant de haine et que des individus anti-matérialistes s’affairent à leur scotcher la bouche, c’est bien qu’elles sont considérées comme vivantes et détentrices d’un lourd secret. Pour le connaître, ce tabou, il suffit de se pencher sur le vécu de leurs assassins iconoclastes homosexuels, et on trouve assez vite la réponse… Je crois que la révélation de la poupée homosexuelle réside d’une part sur la nature idolâtre du désir homosexuel par rapport à l’homme-objet et la femme-objet, et d’autre part sur le fantasme de viol que la figurine « incarne » (cf. le groupe lesbien les Barbi(e)turix).

 

Barbi(e)turix

Barbi(e)turix


 

Beaucoup de personnes homosexuelles mâles se mettent dans l’idée qu’en incarnant la femme-objet, elles trouveront la grâce scintillante de l’héroïne tragique victime du machisme, du faire-valoir de la domination masculine : « Éternelle marionnette, elle chante les louanges de son maître. Toute femme est considérée en Argentine comme partageant les opinions de son mari, plutôt les exaltant, jamais comme ayant une opinion à elle. » (Copi à Paris en août 1984 dans la biographie Copi (1990) de Jorge Damonte, p. 91) ; « Catherine pensait-elle que j’étais une marionnette dont elle pouvait tirer les ficelles à son gré pour la faire gesticuler selon ses humeurs ? » (Paula Dumont, La Vie dure : Éducation sentimentale d’une lesbienne (2010), p. 124) ; etc. Je vous renvoie évidemment à la partie « Amant diabolique marionnettiste » du code « Amant diabolique », à la partie « Cruelle marionnettiste » du code « Femme fellinienne géante et pantin », et au code « Pygmalion » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels.

 

L’objet est le catalyseur de l’hypersexualité asexuée. C’est pour cela que beaucoup de personnes homosexuelles, qui désirent décharger leur désir d’asexuation et leur trop-plein de pulsions, se dirigent vers l’univers infantile et ultra-violent de la poupée à forme humaine : « Je n’étais pas spécialement attiré par les filles, ni par les garçons… Dans ma dernière année d’humanité, j’ai entendu parlé pour la première fois de la masturbation et suite à ces conversations, j’ai essayé de me masturber… cela a marché. De plus, je me masturbais en mettant une veste de cuir de mon frère et aussi des bottes de cuir : cet acte fétichiste ajoutait à ma satisfaction. Je ne sais pas pourquoi je recherchais ces vêtements liés à certains fantasmes de mon enfance … J’en ai quelques souvenirs ! […] Certaines périodes étaient plus calmes et je pensais être débarrassé de cette habitude mais cela reprenait et parfois je le faisais plusieurs jours en suivant. Au niveau du fétichisme, j’avais des gants et des bottes en caoutchouc qui ajoutaient à mon excitation. » (un ami homo de 52 ans, dans un mail datant du 19 octobre 2013)

 

Dans son Épître aux Romains, saint Paul présente les actes homosexuels comme une conséquence du fait d’adorer des images des statues d’hommes, comme le fruit d’une idolâtrie, d’un amour trahi. Aurait-il, une nouvelle fois, flairé juste ?

 
 

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