Vera et Lola

Vera et Lola


 

Je suis allé voir hier soir la pièce de théâtre lesbienne Géométrie du triangle isocèle (2016) de Franck d’Ascanio. Le sujet et le titre m’ont attiré (cf. mes études sur le triangle antéchristique). Et je l’ai passée au tamis des 186 codes de mon Dictionnaire des Codes homosexuels… et j’en ai trouvés 44 ! Bonne moyenne, qui m’encourage à aller voir la pièce, surtout pour les passionnés d’homosexualité (… et des Liaisons dangereuses)
 

 

Voici ici le listing des codes homosexuels identifiés dans Géométrie du triangle isocèle :
 

N°4 – Amant diabolique : Dans la pièce, Lola trompe sa copine Vera d’un commun accord avec Nina. Un trio diabolique s’organise autour des calculs machiavéliques de Vera : « Lola a une espèce de fascination pour vous. » (Nina s’adressant à Vera) ; « À cet instant, j’avais décidé que tu serais à moi. » (Vera s’adressant à Lola à propos de leur première rencontre) ; « Lola, tu sais que j’ai toujours eu ce que je voulais. » (idem) ; « En général, elle se plie à ma volonté. » (Vera parlant de Lola à Nina) ; etc. Lola se rend compte de l’identité satanique de sa compagne : « Cette femme est diabolique. Elle a trouvé le moyen de me déculpabiliser. » ; « La femme avec qui je m’épanouis sexuellement est une conne ; et la femme avec qui je vis est une lumière. » Mais elle consent à son aliénation : « D’une manière générale, je suis à ta disposition. J’éprouve une réelle volupté à laisser diriger ma vie par toi. » (Lola s’adressant à Vera) Quant à Nina, elle finit par ne plus supporter l’emprise de Vera sur Lola : « Si je comprends bien, ma relation avec Lola est sous ton contrôle ? » (Nina s’adressant à Vera) ; « Je me demande si tu ne manœuvres pas dans l’ombre pour manipuler Lola. » (idem) ; « Ta dépendance et ta soumission avec cette fille me gêne profondément. » (Nina s’adressant à son amante Lola, idem)
 

N°8 – Amour ambigu du pauvre : Dans la pièce, Vera, la sournoise héroïne lesbienne, joue d’abord les saint Bernard :« Tu connais mon penchant naturel à venir au secours des désespérés. » Mais son amante Lola, qui connaît ses calculs, la remet à sa place : « Tu es incapable d’une vraie générosité. Tu reprends d’une main ce que tu donnes de l’autre. »
 

N°10 – Androgynie Bouffon-Tyran : « En général, elle se plie à ma volonté. » (Vera parlant de son amante Lola) ; « Si je comprends bien, ma relation avec Lola est sous ton contrôle ? » (Nina s’adressant à Vera, idem) ; « Je me demande si tu ne manœuvres pas dans l’ombre pour manipuler Lola. » (Nina s’adressant à Vera, idem) ; « Ta dépendance et ta soumission avec cette fille me gêne profondément. » (Nina s’adressant à son amante Lola, idem)
 

N°12 – Appel déguisé : « Personne ne semble se rendre compte que j’existe. » (Nina) ; « Je ne suis rien. Je n’existe pas. » (idem) ; « Personne ne m’aime. Personne ne m’entend. » (idem) ; « J’ai peur de partir à la dérive. » (Lola s’adressant en pleurs à son amante Vera, idem)
 

N°14 – Artiste raté : Dans la pièce, Pierre-André, un dentiste, prend Nina, l’héroïne lesbienne, pour « une grande artiste en mosaïques », ce qui fait bien glousser Lola l’amante de Nina, ainsi que Vera la copine de celle-ci : « Il lui a donné l’illusion d’être une artiste ! » (Lola) Nina se console comme elle peut : « Y’a au moins quelqu’un qui me reconnaît un peu de talent. »
 

N°24 – Cannibalisme : Dans la pièce, Vera trouve Nina (l’amante de sa copine Lola) « fraîche » et se moque de leurs rendez-vous culinaires : «Un déjeuner par-ci par-là. » Et en effet, Lola semble complètement dépendante de la génitalité : « Ta peau… Je ne peux pas me passer de ta peau. » dit-elle à Nina. Vera et Lola, qui s’étaient organisées un week-end de cuisine bobo élaborée en amoureuses, se ravisent : « Remettons ce week-end gastronomique à plus tard. » (Lola s’adressant à Vera)
 

N°30 – Chiens : Dans la pièce, Nina, l’héroïne lesbienne, est dévalorisée autant par ses parents que par sa maîtresse Lola qui conforme un couple régulier et machiavélique avec Vera. Par exemple, elle raconte que sa mère a donné le prénom « Nina » à sa nouvelle chienne : « Une mère qui donne le prénom de sa fille à sa chienne ! » Et plus tard, face à sa plainte de femme malaimée, Vera compare Nina à un toutou : « C’est vrai, tu as un côté chien battu qui est agaçant. »
 

N°38 – Couple criminel : « Je crois que vous êtes malades toutes les deux. » (Nina se faisant manipuler par le couple lesbien Vera/Lola)
 

N°45 – Désir désordonné : « Nous devrions faire le bilan de nos déviations » (Lola s’adressant à son amante Vera) ; « Je suis totalement gouvernée par mon désir. C’est embêtant. » (Lola, l’héroïne lesbienne en couple avec Vera… mais aussi Nina) ; « Ne penses-tu pas que l’objet du désir ne prend pas trop de place dans notre vie ? » (Vera s’adressant à Lola, idem)
 

N°53 – Drogues : « Je vais t’inonder de ma tendresse. » (Lola’adressant à son amante Vera)
 

N°55 – Eau : « Nous étions sur les quais. » (Vera s’adressant à son amante Lola à propos de leur première rencontre)
 

N°56 – Élève/Prof : Dans la pièce, Lola a flashé sur Vera quand celle-ci, maître de conférence à la fac, a parlé avec verve au micro et que Lola était étudiante dans les années 1970.
 

N°57 – Emma Bovary (Mélodrame) : « N’oublie pas mon cher amour. C’est moi qui fais tomber le rideau. » (Vera s’adressant à son amante Lola,)
 

N°66 – Faux intellectuels : Dans la pièce, Lola trompe sa copine Vera d’un commun accord avec Nina. Lola et Vera voient Nina comme le dindon de leur farce, la godiche-fantaisie : « Cette fille est une conne. » (Vera s’adressant à Lola) ; « C’est évident. » confirme Lola dans la dérision : « La femme avec qui je m’épanouis sexuellement est une conne ; et la femme avec qui je vis est une lumière. » Lola ne cache pas son mépris intellectuel face à Nina : « Je suis beaucoup plus émue par ta peau que par tes connexions neuronales. » ; « Côté cérébral, tu ne peux pas rivaliser avec Vera. » (idem)
 

N°71 – Femme et homme en statues de cire (Où sont les hommes ?) : Dans la pièce, Nina finit lesbienne après être sortie avec des hommes volages (Marc) et indécis (Baptiste).
 

N°73 – Femme fellinienne géante et pantin : « Curieusement, cette fille a de grands pieds. » (Vera s’adressant à son amante Lola à propos de leur première rencontre) ; « En général, elle se plie à ma volonté. » (Vera parlant de Lola à Nina, idem) ; « Si je comprends bien, ma relation avec Lola est sous ton contrôle ? » (Nina s’adressant à Vera par rapport à Lola, idem) ; « Je me demande si tu ne manœuvres pas dans l’ombre pour manipuler Lola. » (Nina s’adressant à Vera, idem) ; « D’une manière générale, je suis à ta disposition. J’éprouve une réelle volupté à laisser diriger ma vie par toi. » (Lola s’adressant à Vera, idem) ; etc.
 

N°75 – Fleurs : « Oui. Quelques hortensias. Ça devrait aller. » (la phrase finale de Lola, s’adressant à son amante Vera)
 

N°76 – Focalisation sur le péché : Dans la pièce, Lola trompe sa copine Vera d’un commun accord avec Nina. Se profile la culpabilité : « Vera, est-ce que tu considères que ma liaison avec Nina est une faute ? » s’interroge Lola. Vera acquiesce : « Peut-être même un péché. » Lola conclut : « Cette femme est diabolique. Elle a trouvé le moyen de me déculpabiliser. »
 

N°79 – Frère, fils, amant, père, maître, Dieu : « Lola, viens ici. Je ne t’autorise pas à faire ce genre de caprice. » (Vera s’adressant à son amante Lola)
 

N°82 – Fusion : « Je vais t’envelopper dans la chaude intimité de mon désir. » (Lola s’adressant à son amante Vera)
 

N°83 – Grand-Mère : « Quand j’étais petite, ma grand-mère avait inventé une enfant virtuelle, Olivia [qu’elle pouvait gâter et féliciter à l’envie quand moi je n’étais pas sage, pour me servir de leçon] Qu’est-ce que je détestais Olivia… J’ai fini par détester ma grand-mère aussi. Quand elle est morte, je n’ai eu aucun chagrin. » (Vera, l’héroïne lesbienne machiavélique)
 

N°87 – Homme invisible : « Personne ne semble se rendre compte que j’existe. » (Nina) ; « J’ai attendu au café. Comme si j’étais transparente. » (idem) ; « Je ne suis rien. Je n’existe pas. Je suis une absence. Une lacune. » (idem) ; etc.
 

N°88 – Homosexualité noire et glorieuse (tatouage) : Dans la pièce, Nina, l’héroïne lesbienne, se fait tatouer sur le ventre ; et son amante Lola lui fait une scène parce qu’elle ne lui a pas demandé l’autorisation ni le motif du dessin.
 

N°93 – Icare : « Emmène-la au sommet. Je veux la voir tomber de haut. » (Vera l’héroïne lesbienne machiavélique s’adressant à son amante Lola par rapport à Nina, la maîtresse de celle-ci)
 

N°98 – Innocence : Dans la pièce, Lola s’amuse d’entretenir ouvertement avec Nina une relation lesbienne « extra-conjugale » qu’elle qualifie de « liaison somme toute bien innocente » auprès de sa copine régulière Vera.
 

N°103 – Jeu : Dans la pièce, Lola trompe sa copine Vera d’un commun accord avec Nina. Leur trio diabolique s’organise autour des manigances de Lola et Vera. « Ce petit jeu a l’air de vous amuser. Alors moi aussi je m’amuse. Comme ça, tout le monde s’amuse ! » (Nina s’adressant à Vera et Lola) ; « Nous allons lui jouer un feu d’artifices, le bouquet final. » (Vera s’adressant ironiquement à Lola par rapport à Nina) ; etc. Nina finit par craquer au bout de deux ans d’aventure « extraconjugale » avec Lola : « À quoi vous jouez ? » (Nina s’adressant à Lola et Vera) ; « J’en ai assez de votre petit jeu. C’est malsain. En réalité, je suis qu’un jouet pour vous. » ; « C’est votre jeu. C’est pas le mien. C’est un jeu dont je ne connais pas les règles. » Le goût du jeu méchant semble être né dans le cœur de la méchante Vera à cause de sa grand-mère : « Quand j’étais petite, ma grand-mère avait inventé une enfant virtuelle, Olivia [qu’elle pouvait gâter et féliciter à l’envie quand moi je n’étais pas sage, pour me servir de leçon] Qu’est-ce que je détestais Olivia… J’ai fini par détester ma grand-mère aussi. Quand elle est morte, je n’ai eu aucun chagrin. »
 

N°107 – Liaisons dangereuses : Dans la pièce, Lola fait croire à son amante Nina qu’elle « n’est pas faite pour le couple » pour mieux l’utiliser comme encas extraconjugal. « Tu ne sais jamais rien. » (Lola) Nina se plie un certain temps à l’amour asexué et libertin que lui propose Lola, déjà en couple avec la machiavélique Vera : « Dans le fond, t’as raison. Ça ne m’a jamais réussi de mélanger amour et sexualité. » lui avoue Nina. Mais l’exploitation ne durera pas si longtemps : « Rien n’est simple avec vous. » (Nina s’adressant à Lola et Vera) ; « Je crois que vous êtes malades toutes les deux. » conclut Nina au couple lesbien Vera/Lola qui a essayé de la manipuler. Elle finit par partir : « Allez-y ! Vous n’arriverez pas à me détruire. » ; (Ascétisme) : « Le sexe est une véritable source d’emmerdements. » (Lola) ; (Amour sorcier) : « Le charme est rompu. » (Lola, l’héroïne lesbienne s’adressant à son amante Vera à propos de leurs infidélités « extraconjugales »)
 

N°109 – Lunettes d’or (Feu d’artifices) : « Nous allons lui jouer un feu d’artifices, le bouquet final. » (Vera l’héroïne lesbienne machiavélique s’adressant à son amante Lola par rapport à Nina)
 

N°112 – Manège : « J’aimerais vivre quelque chose de simple, de limpide. J’ai besoin d’air pur ! » (Nina s’adressant à son amante Lola et à Vera la compagne régulière de celle-ci) ; Manège (Infidélité) : « Le charme est rompu. J’ai peur de partir à la dérive. » (Lola s’adressant à son amante Vera à propos de leurs infidélités « extraconjugales »)
 

N°115 – Matricide : « Ma mère m’a toujours dévalorisée. Elle est incapable de me faire un compliment. Elle ne m’a jamais aimée. La preuve : elle ne voulait pas me garder. aut pas s’étonner que je suis anorexique. » (Nina)
 

N°118 – Médecines parallèles : « Depuis qu’elle est en analyse, elle voit des doubles sens partout. » (Nina parlant de son amante Lola) ; « Pourquoi tu ne vas pas raconter ça sur le divan d’un psy ? » (Vera s’adressant à Nina, idem) Dans la pièce, Lola sort avec sa prof de physique quantique Vera qui construit méticuleusement autour d’elle une relation tout à fait chimique et intellectuelle. Nina, la maîtresse de Lola, décrit la « mécanique des fluides » circulant entre Lola et Vera. Vera fait le parallèle entre les aventures « extraconjugales » de Lola avec Nina et sa propre activité professionnelle « scientifique » : « Pendant que tu t’enverras en l’air, moi je regarderai sauter les neutrons. » Quant à Nina, elle tombe amoureuse d’un dentiste, Pierre-André, qui la flatte sur ses faux talents artistiques.
 

N°124 – Milieu psychiatrique : « Nina a repéré ton côté pervers polymorphe. » (Lola s’adressant ironiquement à Vera) ; « Je crois que vous êtes malades toutes les deux. » (Nina se faisant manipuler par le couple lesbien Vera/Lola)
 

N°132 – Obèses anorexiques : Dans la pièce, Nina souffre d’anorexie. Celle-ci est expliquée par le fait qu’elle n’ait pas été aimée par ses parents, puis par le fait qu’elle soit manipulée par ses amants puis ses amantes : « Ma mère m’a toujours dévalorisée. Elle est incapable de me faire un compliment. Elle ne m’a jamais aimée. La preuve : elle ne voulait pas me garder. Et mon père… : j’avais un an quand il m’a reconnue. Faut pas s’étonner que je sois anorexique. » (Nina) ; « Elle n’a rien mangé depuis trois jours. » signale cyniquement Lola, la femme qui se sert de Nina comme maîtresse et « second repas », à son amante régulière Vera qui lui répond non moins ironiquement : « C’est souvent le cas chez les anorexiques. »
 

N°133 – Ombre : « Je me demande si tu ne manœuvres pas dans l’ombre pour manipuler Lola. » (Nina s’adressant à Vera)
 

N°134 – Orphelins : Dans la pièce, Lola, une des héroïnes lesbiennes, est fille de divorcés. Quant à Nina, son amante, elle n’a pas été désirée par sa mère qui aurait voulu avorter. Et son père a mis du temps à l’adopter : « Ma mère ne m’a jamais aimée. La preuve : elle ne voulait pas me garder. Et mon père… j’avais un an quand il m’a reconnue. »
 

N°135 – Oubli et Amnésie (Trou noir) : « Je ne suis rien. Je suis une absence. Une lacune. Un trou noir. » (Nina)
 

N°136 – Parodie de mômes : « Lola, viens ici. Je ne t’autorise pas à faire ce genre de caprice. » (Vera s’adressant à son amante Lola en la grondant) ; « Ça va ! Je suis pas ta mère ! » (Lola s’adressant à son amante Nina, idem) ; « Tu ne sais jamais rien. J’en ai assez de te materner, Nina. » (idem) ; « Tu es une petite fille dans ta tête. » (Vera s’adressant à Nina, idem) ; « Oui, c’est confortable de stagner dans l’enfance. » (Lola parlant de Nina à Vera) ; etc.
 

N°137 – Parricide la bonne soupe : « Mon père… j’avais un an quand il m’a reconnue. » (Nina)
 

N°153 – Quatuor : avec le quatuor machiavélique Vera/Pierre-André/Nina/Lola.
 

N°159 – Se prendre pour Dieu : « Tu avais le pied émouvant. » (Vera s’adressant à son amante Lola)
 

N°164 – Substitut d’identité : « Oui, vous n’êtes pas à ma place. » (Vera s’adressant à Nina)
 

N°174 – Trio : Dans la pièce, Lola trompe sa copine Vera d’un commun accord avec Nina. Un trio diabolique s’organise autour des calculs machiavéliques de Vera… et pour faire tomber Nina : « Nina, tu es une fantaisie que j’accorde à Lola. » (Vera s’adressant à sa rivale Nina)
 

N°175 – « Un Petit Poisson Un Petit Oiseau » : Le haut et le bas correspondent parfois symboliquement à l’hétérosexualité et à l’homosexualité : « Tu ne peux pas être partout : en l’air avec le dentiste, sur terre avec Lola. » (Vera s’adressant à son amante Nina)
 

N°183 – Voyage : Dans la pièce, les « déplacements à l’étranger » de Lola étaient en réalité des bobards pour masquer ses infidélités « extraconjugales » à Vera.