Pourquoi ne pouvons-nous pas nous contenter de la demande d’abrogation du « mariage pour tous » (pour les rares qui commencent à comprendre qu’il faut la demander !) mais qu’il est surtout indispensable d’exiger l’abrogation du PaCS ?

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Abrogation du PaCS. Sinon, rien.

 

D’un point de vue stratégique, il est totalement illogique, irréaliste et inopérant, dans notre opposition au Gender, à la GPA, à la Circulaire Taubira, et même au « mariage pour tous » (pour les rares qui s’aventurent encore à parler de cette loi dans les rangs de LMPT et qui commencent à se dire que, quand même, pour la Manif du 5 octobre, ils devraient peut-être, éventuellement, demander son abrogation…) de faire l’économie de la demande d’abrogation du PaCS.

 

J’entends déjà les militants LMPT qui n’osent même pas demander l’abrogation du « mariage pour tous » (et qui osent encore moins la mettre en priorité par rapport à la lutte contre la GPA et contre le Gender, ce qui est une erreur) pousser des hauts cris, trouver que j’exagère, me soutenir qu’à trop demander on n’obtient plus rien du tout.

 

Moi je leur dis que c’est au contraire parce que nous n’avons pas demandé ce minimum que nous nous retrouverons à, petit à petit, voir tout nous être imposé au compte-goutte ! Je leur réponds aussi que ce sont eux qui exagèrent et qui n’ont pas pris la mesure de la gravité du PaCS, du virage à 180° qu’il fait prendre à la Terre entière. Ils se targuent de déjà s’y opposer mentalement, « dans l’idée », en intentions, dans le privé, et pensent ainsi se démarquer de Frigide Barjot. Mais ils pratiquent eux aussi la langue de bois, tout simplement parce qu’ils n’ont pas compris le PaCS, sa portée symbolique, et qu’au fond ils l’ont justifié en trouvant son excroissance ( = le « mariage pour tous ») « bien pire ». Le « mariage pour tous » et le PaCS forment un tout, et la colle qui les fait fusionner, c’est la croyance et la justification de l’identité et de l’amour homosexuels.

 

L’Union civile est la première loi mondiale qui s’est basée sur l’orientation sexuelle des personnes, la première loi homophobe qui a réduit les hommes et les femmes à leur soi-disant identité ou pratique homos, la première loi qui a instauré socialement l’homosexualité comme modèle de fondement d’une société. Elle est donc hyper grave, voire plus grave que le « mariage pour tous », malgré les apparences et l’invisibilité de ses tentacules (sur la filiation et le mariage). Elle ne fait pas moins de dégât que le « mariage pour tous », car symboliquement, elle vise le même but : la reconnaissance/justification sociale de l’homosexualité en tant que modèle d’amour universel comme un autre.

 

Notre mouvement de lutte contre la loi Taubira souffre en réalité de résistances et de tiédeurs internes, à cause de gens qui en demandent trop peu, de militants qui s’attachent à défendre la « Droite » en soi plutôt que d’assumer pleinement leur opposition au « mariage pour tous » de manière non-partisane et non-politicienne, qui n’ont pas compris la gravité du PaCS ni la corrélation symbolique et idéologique entre le PaCS et le « mariage pour tous », ou pire, entre le « mariage pour tous » et la GPA (dans le cas de ceux qui ne veulent même pas demander franchement l’abrogation du « mariage pour tous »). Ces militants anti-mariage-pour-tous, crispés sur leur droite chérie, par hantise de passer pour des collabos du FN ou pour « des homophobes », n’assumant pas la visibilité de leur catholicité, se défendent de leur lâcheté ou de leur méconnaissance des lois contre lesquelles ils prétendent lutter, en se trouvant des boucs émissaires : Civitas, le FN, Frigide Barjot par exemple… alors qu’ils tiennent à leur insu exactement le discours que cette dernière en n’osant pas revenir sur l’Union Civile. Ils se mettent à prêter à Nicolas Sarkozy des propos qu’il n’a jamais eus, ou des volontés qu’il n’a pas encore : selon eux, il aurait l’intention de revenir sur le « mariage pour tous » du fait qu’effectivement il leur a soutenu récemment qu’il s’opposait aux conséquences du « mariage pour tous » et à la GPA. Mais quelle naïveté de leur part ! Peut-on être logiquement pour une loi (= « le mariage pour tous ») et contre ses conséquences concrètes? Peut-on logiquement être pro-Union civile et anti-mariage-pour-tous (alors que ces deux lois sont concomitantes et prônent la même chose : la justification sociale de l’homosexualité en tant qu’identité et en tant qu’« amour universel »)? NON. C’est de l’hypocrisie et du non-sens. Et pour revenir une dernière fois sur la « fausse bonne idée » du soutien à Sarkozy, celui-ci a toujours été pro-Union civile et serait venu tôt ou tard au « mariage pour tous » (et il y est venu par personne interposée : Hollande). Même Carla Bruni a soutenu ouvertement le PaCS.

 

Beaucoup des têtes pensantes de LMPT (dont certains se sont engagés politiquement dans Sens Commun), dont je ne doute pas du courage, de la volonté de « bien faire » et de « changer doucement les choses de l’intérieur » (par « intérieur », comprendre « la (bonne) Droite »), sont complètement à la ramasse à propos du PaCS et de la prise de conscience de sa gravité. Ils se justifient de ne pas demander l’abrogation du PaCS ni même l’abrogation du « mariage pour tous » en se valant de leur soi-disant « réalisme », « patience », « diplomatie », « stratégie politique », « Espérance », « humilité ». Ils disent qu’il vaut mieux avancer « par petits pas » qu’en demandant l’impossible (mais qui décrète – à part eux, et leurs opposants gay friendly – que ce serait « impossible » ?).

 

Leur méthode des « petits pas » n’est pas bonne en soi, et en plus, c’est exactement la technique de nos adversaires qui prouve que nous les imitons et que nous nous éloignons de la réalité du PaCS, du « mariage pour tous » et de l’homosexualité. Ça ne sert à rien de parler de « prise de conscience » ou d’« unité » comme un slogan publicitaire, surtout quand il y a aussi peu de courage et de conscience de notre côté ! Quand il y a si peu d’unité dans notre esprit !

 

À force de dissocier-amalgamer et de saucissonner les choses (PaCS/«Mariage pour tous» ; ou bien «Mariage pour tous»/GPA), nous manquons de courage, nous nous coupons de la réalité des lois, et nous jouons exactement le jeu de nos adversaires (qui séparent mariage/fécondité ; lois/intentions de ses lois ; lois/leurs conséquences). À mon avis, nous ne devrions pas voir les choses à si courte (ou à si éloignée) distance spacio-temporelle. Le PaCS n’est qu’un bout de papier, un chèque en bois qui date de moins de 15 ans. Et la majorité des opposants au « mariage pour tous » tremblent comme des bleus, jugent qu’ils sont trop radicaux et que ça ne paye pas (c’est précisément leur manque de radicalité qui ne paye pas : il faudrait peut-être prendre les choses à l’endroit), que « politiquement » ça ne passera pas. Mais leur combat saucissonné passe encore moins. Et qu’ils ne viennent pas agiter leur épouvantail à moineaux « C’est Frigide derrière!! », car ils tiennent en réalité le même discours qu’elle, sauf que elle, au moins, elle assume son mensonge et ne prétend pas lutter contre quelque chose qu’en réalité elle ne combat pas.

 
 

N.B. : Deux articles annexes : « Parce que c’est une Manif homophobe » et « S’armer de courage et arrêter d’avoir peur de la demande d’abrogation du PaCS ».

 

Le Refuge : la nouvelle fumisterie « gay friendly » du gouvernement

Tweet d'Anne Hidalgo début septembre 2014 (celle qui avait trouvé les Femen "touchantes")

Tweet d’Anne Hidalgo début septembre 2014 (celle qui avait trouvé les Femen « touchantes« )


 

L’association à qui les médias et certains de nos politiques déroulent le tapis rouge en ce moment, c’est Le Refuge. Retenez bien son nom : elle vient de recevoir l’Agrément d’État cet été (en clair, ça signifie qu’au nom de la lutte contre l’homophobie, le Refuge peut s’inviter dans tous les établissements scolaires de France avec la permission et les subventions gouvernementales qu’il faut. Ceux qui s’évertuent à bouder mon livre L’homophobie en vérité vont assez vite s’en mordre les doigts, soit dit en passant…). Cette structure d’accueil des personnes homosexuelles qui sont/seraient jetées dehors par leur famille (c’est vrai que c’est une Priorité Nationale par rapport aux personnes au chômage, aux SDF, aux personnes droguées, aux personnes trisomiques, aux personnes malades, etc. ; c’est vrai aussi que les personnes homos virées de chez elles, ça court les rues… Moi, perso, je n’en connais pas) fait l’objet d’une soudaine vague de compassion chez nos « stars » et nos « gouvernants » socialistes, comme si l’homophobie était une cause de la première importance… alors que si on leur demande ce qu’elle est, ils sont bien embêtés pour répondre. Pour nos dirigeants et les militants LGBT, « homophobie » est devenu un mot-prétexte, une caution morale servant à faire diversion et à se donner un rôle de justicier, pile au moment où le bateau socialiste coule. Par exemple, la nouvelle maire de Paris, la « Bonne Mère » gay friendly Anne Hidalgo (entourée de ses poussins homosexuels à qui elle donne la becquée : Jean-Luc Romero, Bruno Julliard, Ian Brossat… tous ces va-nu-pieds qui sont vraiment des victimes, je crois qu’on peut le dire… des victimes d’elles-mêmes…) encourage la campagne de publicité du Refuge sur Twitter. Et pas plus tard qu’en août dernier, cette même association a bénéficié carrément du butin de Fort Boyard. Ben oui : c’est une « grande » corporation. Au moins ça !

 

REFUGE laborde

La Jet-Set « gay friendly » et « anti-homophobie » vous salue bien !


 

Dans les faits, le Refuge, c’est une association-bidon, fondée en 2003. J’ai su – car j’ai mes sources, et des témoignages de gens travaillant là-bas ou ayant été visiteurs – qu’elle est une véritablement fumisterie : les jeunes accueillis sortent souvent avec le personnel encadrant, glandent toute la journée (au frais de la Princesse), sont livrés à eux-mêmes, et ont beaucoup d’autres problèmes que le coming out (des problèmes liés précisément à ce que l’association promeut = la pratique homosexuelle et la banalisation de celle-ci). C’est une fumisterie et on comprend pourquoi : l’homosexualité et le rejet de celle-ci ne sont ni un critère d’identité, ni un élément fédérateur solide sur lequel fonder un combat, une communauté et une association tangible ; elle est une orientation sexuelle et une pulsion. Elle ne peut donc pas faire l’objet d’une association. Et si on s’efforce à ce qu’elle en fasse l’objet, on se retrouve forcément à un moment ou un autre dans la position de ceux qui défendent un portail bidon, une structure avec personne derrière, ou bien un alibi fallacieux (et des pratiques, pour le coup, fallacieuses).

 

Elle porte finalement bien son nom, cette association Le Refuge. Elle aurait même mérité de s’appeler L’Auberge ou La Caverne de Platon ou Le Paravent. Pour maintenir les gens dans leur soi-disant misère (il faut rester victime d’homophobie pour avoir le droit d’y rester ; faut « s’en sortir » un-peu-mais-pas-trop), pour exploiter le malheur et l’arrivisme des autres et se donner bonne conscience en les utilisant, pour ne pas traiter des vrais problèmes et créer une nouvelle race de persécutés (« les homosexuels »), quoi de plus logique que de se créer une structure-prétexte qui s’appelle Le Refuge et qui, grâce à la victimisation, se donne des airs de forteresse imprenable ?

 

REFUGE noguier

Tweet de Nicolas Noguier sur Twitter le 10 septembre 2014


 

Au départ, il y a 3 ans de cela, il était vaguement question que Nicolas Noguier, le président du Refuge, me fasse venir pour expliquer ce qu’est l’homophobie, car en effet, j’en décris bien les mécanismes. Mais comme par hasard, ma visite a été annulée. Nicolas Noguier, sans chercher à lire et à comprendre ce que j’écris sur le sujet, a fermé sa porte. Car ces gens, en réalité, ne luttent pas contre l’homophobie, malgré les apparences et leurs intentions. Au contraire, ils l’accentuent, puisqu’ils refusent d’en connaître les rouages, ils simplifient les problèmes des jeunes qu’ils accueillent à un mot – « homophobie » –  pour ne pas voir que les raisons de leur expulsion de chez eux par leurs parents dépassent largement le cadre de la seule homosexualité. Ils s’enlisent dans la promotion de deux mensonges – l’identité homosexuelle et la beauté de la pratique homosexuelle – qu’ils recouvrent du vernis noir embellissant de la victimisation afin de ne pas à avoir à lutter réellement contre leur ennemi déclaré ( = l’homophobie). Ça les arrange de la figer en slogan sans légende, en mot d’ordre ou en passe-droit qui leur donne accès à la Jet Set et aux collégiens/lycéens de France et de Navarre. La soi-disant « lutte contre l’homophobie » (mais de quoi parlent-ils, au juste ?) fait l’objet d’un soudain intérêt général, fait écran aux autres priorités nationales (et même à la véritable homophobie, quand on y pense !), assure une image de justicier à peu de frais. L’hypocrisie socialiste dans toute sa splendeur. Ce sont des individus qui ne respectent pas la souffrance des personnes homosexuelles car ils la réduisent à leur seule homosexualité, ils les y enferment, et encouragent ensuite à la pratique de l’homosexualité. Leur démarche anti-homophobie EST homophobe.

 

Pourquoi il s'est suicidé ? PARCE QU'IL ÉTAIT HOMO ET QU'IL A ÉTÉ VICTIME D'HOMOPHOBIE, pardi!

Pourquoi il s’est suicidé ? PARCE QU’IL ÉTAIT HOMO ET QU’IL A ÉTÉ VICTIME D’HOMOPHOBIE, pardi!


 

À ces faux justiciers, je ne dirai qu’une seule chose : les refuges sont parfois la planque des lâches. La réalité du monde extérieur se chargera très vite de faire lumière sur leur prétention et leur lâcheté. Attention à eux, les murs de leur « refuge-à-homosexuels-victimes » ne tiendront pas longtemps.

« Parce que c’est une Manif homophobe »

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À quoi bon dire NON à la GPA si on ne demande pas clairement l’abrogation du « mariage pour tous » et même du PaCS ? C’est presque inutile, en grande partie inefficace, mensonger (la GPA est déjà passée avec la Loi Taubira : pourquoi feindre que « pas encore » ?), et totalement absurde de séparer les deux demandes puisqu’elles sont totalement concomitantes.

Sérieusement, quelle est la logique de la Manif Pour Tous pour le 5 octobre prochain et quel est son niveau de compréhension des sujets qu’elle prétend aborder ? Ils sont proches de la nullité.

Et comment espérer s’opposer au « mariage pour tous », au PaCS, et même en Gender, en faisant l’économie de parler ouvertement d’homosexualité, alors que celle-ci est la pierre d’achoppement idéologique de ces mesures ? Il ne suffit pas de faire gentiment mémoire du « mariage pour tous », et d’agiter des drapeaux contre le Gender et la loi Taubira, pour faire illusion sur le manque de courage des dirigeants LMPT.

Et j’irais même plus loin. À mon sens, il est impossible de cautionner l’homophobie (au sens déjà basique de « peur de l’homosexualité ») des responsables de la Manif Pour Tous. Quand on me demande pourquoi je n’irai pas défiler à la Manif du 5 octobre, maintenant, j’ose dire cash : « Parce qu’elle est homophobe. » Et croyez-moi : pour avoir suffisamment étudié le sujet de l’homophobie et ses différences acceptions dans le langage courant, j’emploie l’adjectif à escient ! Je pèse mes mots !

Enfin, jamais je ne me lèverais pour dire ce que l’humain « n’est pas », mais uniquement pour dire ce qu’il EST : un Mystère d’amour permis par la différence des sexes et par Dieu. Comment est-il possible que LMPT s’abaisse à ce point à rentrer dans la même logique négative de l’humanisme intégral du transhumanisme qu’elle réprouve(-rait) chez les pro-mariage-pour-tous ? Est-il si honteux de traiter des vrais sujets qui intéressent tout le monde, parce qu’ils nous fondent et nous permettent d’être pleinement heureux : la sexualité, l’Amour et la foi ??

Pièce « Sugar » de Joëlle Fossier : Le Dressage idéologique LGBT (jamais sans un susucre…)

Un sucre et tais-toi !

 

Synopsis de la pièce : Un jeune homme homosexuel, William, déprime dans la garçonnière de son amant Georges, un homme marié bisexuel et père de famille, avec qui il vit une liaison secrète et en pointillé, et dont il ne supporte plus les nombreuses absences. Il lui fait un chantage au suicide et menace de déménager définitivement de leur luxueux appartement commun (un ouvrier hétérosexuel, Pierre, s’occupe d’ailleurs de ce déménagement) si jamais il ne décide pas de stopper sa double vie et qu’il ne choisit pas de se consacrer entièrement à leur « couple ». Adèle, la sœur de William, sert d’intermédiaire et de médiatrice pour gérer la crise. Pierre a un coup de cœur pour elle… mais il ne sera pas réciproque. Le couple William/Georges va se réunir et décider d’être plus complet dans son engagement.

 
 

SUGAR affiche

 

Une pièce nulle ou bête ne suffit pas, en général, à me faire écrire un article. Je n’ai pas trop de temps à perdre (si je commence à écrire sur toutes les pièces nulles que je vois, je n’ai pas fini). Et puis il est difficile d’en vouloir à l’ignorant et à ses productions pleines de bons sentiments gays friendly. La plupart du temps, je passe mon chemin.

 

SUGAR caricature

 

En revanche – et ce fut le cas pour la pièce des Virilius d’Alessandro Avellis, ou bien encore pour la pièce Sugar de Joëlle Fossier que j’ai vue hier soir –, quand l’ignorant en question se la joue père-la-morale sur scène, donneur de leçons, agresseur menaçant, et que, en plus de nous prendre pour des cons, il devient violent et essaie de nous faire passer pour plus cons que lui, le tout en se victimisant, là, c’est autre chose. Là, on a le devoir de s’énerver, et pas qu’un peu. Personnellement, dans ces cas-là, j’ai comme une grosse envie de régler son compte à l’attitude de petit merdeux (en l’occurrence ici, de petite merdeuse) de l’auteur de la « comédie » dramatique.

 

Car il s’agit bien d’un dressage dont j’ai été témoin hier. Un dressage sur ce qu’il convient de penser ou de ne pas penser. Un dressage s’adressant aux récalcitrants qui n’auraient toujours pas collaboré au domptage du « mariage pour tous » et à ses conséquences sociales (pour le moins ambiguës et graves), aux « réacs » homophobes qui rechigneraient à avaler le morceau de sucre de Maman Taubira (ou ici, de Maman Fossier).

 

Le mot « dressage » n’est pas excessif et me semble particulièrement bien adapté à la pièce Sugar puisque les sanctions dont Joëlle Fossier menace tacitement le public sont annoncées et illustrées sur scène par le procès en « homophobie » que les personnages homosexuels ou gays friendly de la pièce (le beau William et sa sœur fusionnelle Adèle) font encourir aux personnages hétéros comme bisexuels (Georges, l’homme marié et amant secret du jeune William ; puis Pierre, l’ouvrier hétéro), personnages caricaturaux au possible (je dis « caricaturaux » car par exemple, je n’ai jamais vu, dans la réalité, un individu comme le personnage de Pierre passer aussi rapidement d’un discours gay friendly à un discours clairement homophobe ; je n’ai jamais vu non plus un homme marié bisexuel comme le personnage de Georges retourner aussi rapidement sa veste à l’homosexualité en jetant par-dessus bord femme et enfants de sa précédente vie hétérosexuelle).

 

L’ensemble de la pièce de Joëlle Fossier nous susurre à l’oreille : Voilà ce qui va vous arriver si vous ne dites pas que le couple homo est (je cite) « un amour extraordinaire », si vous n’êtes pas d’accord avec le « mariage pour tous », si vous n’applaudissez pas à l’adoption et à la PMA/GPA pour les couples de même sexe et que vous esquisseriez, comme le personnage de Pierre (l’hétéro), l’ombre d’un doute sur la justesse de ces lois/pratiques.

 

T'as un problème ?

T’as un problème ? (Le piège antihomophobie se referme sur Pierre, l’abruti d’hétéro)


 

En gros, la condamnation publique que subit d’abord William, puis finalement Pierre, est la mise en scène de la victoire de l’inceste (féministe, bisexuelle, homosexuelle et matriarcale) sur la paternité et les hommes-mâles en général (cf. je vous renvoie ci-dessous en fin d’article  au décryptage de la pièce à travers le tamis de mon Dictionnaire des Codes homosexuels). Sugar est un parricide symbolique, officiellement par la promotion d’un amour asexué universel (et donc possiblement homosexuel), concrètement par la pratique de l’inceste, du libertinage et du divorce homme-femme.

 

Les deux amants William et Georges

Les deux amants William et Georges (l’« Amour fou »)


 

En voyant hier cette pièce qui, au départ, démarrait bien (les dialogues sont bien écrits, et les comédiens jouent plutôt bien, voire même très bien pour Stéphane Douret) devenir un jugement de personnes et une soupe idéologique à la pensée unique désincarnée et misandre, j’ai peu à peu déchanté.

 

Comment des personnages aussi peu aimants à l’image (le couple William/Georges passe son temps à se déchirer), aussi vulgaire (Adèle ou encore Pierre ne brillent pas par leur classe), aussi intolérants (le personnage d’Adèle défend comme une lionne son frère William en insultant et humiliant Georges), aussi peu innocents (William trompe Georges ; Georges abandonne sa femme et ses enfants ; William et Georges sont prêts à se marier et à obtenir des enfants à n’importe quel prix), aussi brutaux (William et son amant Georges en viennent aux mains ; Pierre, l’hétéro, se fait provoquer, draguer puis gifler par le couple homo William/Georges), aussi incestueux (Adèle est totalement fusionnelle avec son frère homo William et se fait passer pour sa petite copine), aussi déséquilibrés (William fait une grave dépression, est suicidaire et sombre souvent dans l’hystérie), peuvent avoir le culot et la prétention ensuite de jouer les victimes et de se présenter comme les chantres de l’amour, de la fidélité, de l’ouverture d’esprit, de la justice, de l’équilibre, de la famille ? Mais pour qui se prennent ces acteurs et ces metteurs en scène ?? Il faudrait qu’on gobe cette couleuvre en applaudissant des deux mains leur hypocrisie puante ??

 

Le Tribunal des sourcilleux antihomophobie are watching you !

Les antihomophobie are watching you ! (William, Adèle et Georges guettent le dérapage « homophobe » de Pierre l’hétéro)


 

Et encore. S’ils étaient un petit peu humbles, on leur pardonnerait presque leur aveuglement et leurs bonnes intentions gays friendly. Mais avec Sugar, la bêtise se pare de prétention, de manichéisme, de moralisme, joue le grand Seigneur qui rend les copies et va distribuer les bons et les mauvais points (les morceaux de sucre, quoi) à tout le monde : ça finit avec la conversion téléphonée (et improbable) de Georges, l’homophobe recalé et repêché in extremis par « l’amour » et par l’argumentaire-massue homo-identitaire-amoureux ; avec la fessée déculottée de Pierre l’éternel homophobe qui, en plus d’avoir perdu l’amour de sa vie (Adèle), n’a plus qu’à s’en aller en portant le bonnet d’âne honteux de l’hétérosexualité homophobe ; et avec la happy end parachutée, volontairement kitsch, et carrément cynique, du « bonheur retrouvé » entre William et Georges. Rideau sur ce piteux scénario manichéen.

 

Depuis l’approbation de la Loi Taubira, les personnes homosexuelles et leurs suiveurs gays friendly, les socialos déçus qui ont à présent de plus en plus de mal à faire perdurer autour d’eux la présomption d’innocence et d’amour, se donnent parfois le luxe, à travers des pièces moralistes comme Sugar, d’être artistiquement agressifs, râleurs, cyniques, de se venger d’eux-mêmes, de leur propre naïveté et de leur mauvaise gestion de l’amour, sur leurs personnages et sur leur public. Attitude détestable de petits cons donneurs de leçons s’il en est.

 

SUGAR Femme fellinienne

Les Femmes fortes gays friendlys vont parler : Attention ! La Messe !


 

Et le plus triste, c’est que le public du Vingtième Théâtre, censé avoir un peu plus de culture et de jugeote que les Français qui n’ont pas les moyens ni l’initiative de sortir au théâtre, semble gober massivement le morceau de sucre en hurlant « bravo ! encore ! un autre ! » à la fin du spectacle, et en ovationnant massivement ces œuvres de propagande idéologique à deux balles. En France, nos « élites » artistiques et intellectuelles, qui devraient avoir un minimum de sens critique pour comprendre les contradictions de pièces comme Sugar, et ne pas les cautionner, deviennent peu à peu des moutons. À mon insu, j’observe, impuissant, la dégringolade : force est de constater que beaucoup de nos artistes et intellectuels influents sont véritablement en train de démissionner.

 

SUGAR Romero

 

Ça m’a paru flagrant hier. Je suis ressorti de la salle en me disant que nous étions actuellement replongés au « bon vieux temps » du communisme, où la pensée unique règne en maître, et où les intellectuels sont isolés, pointés de « fachos », envoyés parfois dans des goulags encore inconnus, dans l’indifférence gauche-caviar quasi générale. Nos ancêtres avaient pourtant juré, après 1945, qu’on ne les y reprendrait plus. Tu parles. Nous sommes rentrés concrètement dans un pré-contexte national de dictature, construit de toutes pièces par les anti-fascistes d’aujourd’hui. Oui. Sans alarmisme je le dis. La situation de la France est inquiétante. Et la pièce de Joëlle Fossier n’est qu’un morceau de sucre de plus de l’effet-dominos de la chute que nous vivons actuellement. Ni plus, ni moins.

 

 

SUGAR Billet Réduc

 
 
 

Décryptage de la pièce à travers le Dictionnaire des Codes homosexuels :

 

Code « Amant triste » : « Je suis pas triste. Je suis désespéré. » (William, le héros homosexuel vivant une dépression à cause des absences de son amant Georges)

 

Codes « Milieu psychiatrique » + « Emma Bovary ‘J’ai un amant !’ » + « Mort (suicide) » : William, le héros homosexuel, est dépressif, fait des crises de tétanie et d’angoisse depuis qu’il est petit (ça ressemble à des crises d’épilepsie), est fragile psychologiquement et a des tendances suicidaires (parce qu’il ne supporte pas les absences de Georges, son amant négligent) : d’ailleurs, ses chantages amoureux prennent des allures de tragédie grecque.

 

Code « Obèses anorexiques (Poison) » : William, le héros homosexuel, par dépit amoureux, arrête de manger pendant des semaines… et il est pourtant surnommé « Sugar » (« sucre » en anglais) par son amant Georges. Ce dernier est comparé à un poison : « Tu m’empoisonnes. » (William)

 

Codes « Pygmalion (Statues) » + « Peinture » + « Collectionneur (Matérialiste) » : Georges, le héros homo, possède dans son appartement des statuettes, des tableaux de maîtres.

 

Code « Eau » : « Mon poisson rouge, je le garde. » (William, le héros homosexuel)

 

Code « Chat » : William, le héros homo, se fait surnommer « mon p’tit chat » par sa sœur Adèle.

 

Code « Infirmière » : William, le héros homo, surnomme sa sœur Adèle « Blouse blanche ». Et pour cause : cette féministe invétérée exerce le métier d’« infirmière-urgentiste » Bizarrement, elle effraie un peu son frère, qui ne veut pas trop être réifié ni étudié par elle : « Enlève ta blouse. Elle m’intimide. » Et on comprend pourquoi : Adèle n’exerce pas que la médecine. Elle est un peu sorcière et prédit l’avenir dans le tarot. Sa dualité peu scientifique finit même par exciter la colère de l’amant de William, Georges, qui insulte l’infirmière de « baiseuse de mes deux ».

 

Code « Médecines parallèles » : Adèle, la sœur du héros homosexuel, est une « infirmière-urgentiste » dont les méthodes sont quand même bizarres car elle lit dans les tarots et fait appel à la voyance. Son frère s’en étonne : « Comment une personne telle que toi peut croire ce que disent les cartes ? »

 

Code « Voyante extra-lucide » : Adèle, la sœur de William (le héros homosexuel), lit dans les tarots et fait appel à la voyance. « On va voir ce que disent les cartes… […] La nuit entre deux rondes, j’interroge les arcades du futur. » Voyant que ses prédictions se révèlent justes, Georges, l’amant de William, lui propose de se professionnaliser : « Vous n’en ferez jamais un métier, de la voyance ? »

 

Code « Inversion (Carte) » : Adèle, la sœur du héros homosexuel, lit dans les tarots et fait appel à la voyance. « On va voir ce que disent les cartes… » Quand elle tire les cartes à Georges, l’amant de William, elle lui révèle la violence de sa personnalité et de leur amour à lui et William : « C’est drôle… Je ne tombe avec vous que sur du pique et du carreau. »

 

Code « Fleurs » : Adèle offre un bouquet de fleurs à son frère gay William.

 

Code « Sommeil » : « Tout ce que je veux c’est dormir. » (William, le héros homo dépressif)

 

Code « Trio » : Le trio gay friendly William/Georges/Adèle forme une coalition pour mater « l’hétéro » homophobe Pierre qui a eu la cuistrerie de draguer franchement Adèle (Non mais dis donc !).

 

Code « Carmen » : Adèle est la femme en rouge.

 

Code « Moitié » : L’amant homosexuel, Georges, est à la fois invisible (il est toujours absent) et bipartite : « Finalement, elle a trois jambes, cette fiancée ? » (Adèle s’adressant à son frère homo William en feignant d’ignorer le sexe de son amant Georges) William finit par le confondre avec un pyjama à « deux pattes et deux manches en chiffon ».

 

Code « Manège » : La relation entre William et Georges, pourtant présentée comme formidable et authentique, bat de l’aile : « Elle n’était pas vouée à l’échec. » (William) ; « Nous devenons deux êtres médiocres vivant une relation médiocre. Trop forte pour que tu t’en prives. Pas assez forte pour que tu te battes pour elle. » (William s’adressant à Georges) ; « C’est terrible de s’apercevoir qu’on aime si mal la personne qu’on aime. » (Georges)

 

Code « Pygmalion » : « C’est mon monument à moi. » (William parlant de son amant Georges)

 

Code « Drogues » : « Je suis addict. C’est pire qu’une drogue. » (William parlant de son amant Georges)

 

Code « Éternelle jeunesse (Refus de grandir) » : William, le héros homosexuel (le plus jeune du couple homo formé avec Georges), veut rester en enfance : « Pourquoi faut-il grandir, Adèle ? c’est si bon, l’enfance. »

 

Code « Amoureux » : « Tomber amoureux, c’est l’Âge d’Or ! » (Pierre l’hétéro) ; « Chacun fait c’qu’il veut. » (Pierre n’osant pas se positionner sur l’homosexualité, idem). La partie « Tu ne sais pas aimer » : « C’est terrible de s’apercevoir qu’on aime si mal la personne qu’on aime. » (Georges, le héros homosexuel faisant son autocritique, dans sa relation coûteuse avec William)

 

Code « Inceste entre frères » : William, le héros homo, et Adèle sa sœur, ont une relation particulièrement fusionnelle et incestuelle : elle l’appelle « mon p’tit chat », est particulièrement collante. Et William lui a décerné un statut exceptionnel : « C’est la sentinelle de ma vie, ma sœur. Mon pilier. » Georges, l’amant de William, ignore d’abord qu’elle est la sœur de son compagnon. « Vous êtes sa mère, sa nounou, sa petite amie ? » Et Adèle accepte d’être un peu tout, joue à être l’« ex » de son frère. Quand Georges découvre qu’Adèle a pris sa place dans le cœur de William, il s’insurge contre cette « copine » envahissante : « Qu’est-ce que c’est que cette sangsue ? »

 

Code « Doubles schizophréniques » : William, le héros homo, et Adèle sa sœur, ont une relation particulièrement fusionnelle et incestuelle. Ils semblent inséparables et sont même une menace pour l’amant de William, Georges : « Qu’est-ce que c’est que cette sangsue ?? » demande ce dernier pour les déscotcher.

 

Code « Inceste » : William sort avec un homme marié, Georges, qui a le double de son âge.

 

Code « Frère, fils, père, amant, maître, Dieu » : William sort avec un homme marié, Georges, qui a le double de son âge, et qui l’infantilise en l’appelant « Sugar ».

 

Code « Homme invisible » : « Je ne vous imaginais pas. » (Adèle s’adressant à Georges, le compagnon jusque-là inconnu de son frère) ; « On s’est quittés aux aurores sans avoir échangé un mot. Je ne me rappelle plus de sa tête. » (William après son aventure avec un inconnu)

 

Code « Femme fellinienne géante et pantin » : avec Adèle, la femme féministe en rouge, à la poitrine imposante, et défendant la « montée » du pouvoir des femmes.

 

Code « Mère gay friendly (Intuition féminine) » : Adèle, la sœur du héros homosexuel William, est celle qui devine tout (elle est voyante, d’ailleurs) et qui a compris l’homosexualité de son frère avant tout le monde : « Je savais même que tu savais que je savais. » (William) Adèle fait des leçons à Georges, le copain de William, sur le fait qu’il n’assumerait pas totalement son couple avec William. C’est elle à qui revient la tache de débusquer et de mater l’homophobie intériorisée qui traîne chez l’homme marié bisexuel. Et cette inquisitrice gay friendly fait la leçon aux hétéros qui ne la suivraient pas immédiatement dans son grand élan de solidarité pro-gays et qui esquisseraient l’ombre d’un doute sur la véracité de l’amour homosexuel : « Deux hommes ensemble, ça vous dérange ? » menace-t-elle Pierre, l’hétéro pas très assuré ni très expert sur l’homosexualité. La gentillesse écrasante de la Miss France autoritaire, un chouïa gestapo arc-en-ciel.

 

Code « Homosexuel homophobe » : Adèle, la sœur du héros homosexuel William, fait des leçons à Georges, le copain de William sur le fait qu’il n’assumerait pas son couple avec William parce qu’il ne délaisse pas son statut bancal d’homme marié bisexuel. Elle et son frère le maltraitent verbalement et physiquement : « Tu te fous de moi ! Ça fait cinq ans que tu m’abreuves de mensonges ! Marre ! Marre ! Marre ! Marre d’être englouti dans ta double vie ! » (William) Les homosexuels assumés (ou leurs défenseurs gays friendly) font le procès des hommes bourgeois bisexuels, donc de leurs amants secrets.

 

Code « Promotion ‘canapédé’ » : avec Georges, le notaire, marié… et homosexuel planqué.

 

Code « Symboles phalliques » : Adèle soupçonne Georges, le copain de son frère William, d’être impuissant parce qu’il n’assume pas de quitter sa femme pour vivre avec William : « Il est mal loti, mon William, avec un impuissant… »

 

Code « Faux révolutionnaires » : Adèle reproche à Georges, le copain de son frère William, de ne pas vivre pleinement son homosexualité au grand jour avec William. William est l’homosexuel courageux et malheureux à cause de la lâcheté de Georges « l’homme qui n’assume pas l’amour qu’il lui porte ». C’est une pièce où on nous fait la morale, pour nous faire comprendre que la culpabilité de l’homme marié bisexuel qui ne s’assume pas pleinement homo et qui ne reconnaît pas « l’amour véritable » est criminelle. À la fin de l’histoire, Georges, face aux résistances de Pierre l’hétérosexuel (qui s’obstine à être gêné par le « mariage pour tous »), se montre inquiet concernant la montée de « l’homophobie » en France : « Comme quoi, 3 ou 4 décrets, c’est pas suffisant pour assurer notre liberté du jour au lendemain. »

 

Code « Destruction des femmes » : La misogynie de Georges, l’homme marié bisexuel, va s’accroître à mesure qu’il choisit de devenir un homosexuel exclusif : « Les femmes sont de plus en plus insupportables. » Il se met à rêver d’un monde sans femmes, puis s’en excuse à peine : « On ne peut pas s’empêcher d’espérer l’impossible. C’est humain. »

 

Code « Voyage » : Georges est un notaire qui est sans cesse en voyage : William, son copain, ne supporte plus ses absences.

 

Code « Liaisons dangereuses » : William engueule son amant Georges à cause de ses absences : il lui dit qu’il est fou d’amour pour lui, mais avec une agressivité qui laisse entendre le contraire : « Tu te fous de moi ! Ça fait cinq ans que tu m’abreuves de mensonges ! Marre ! Marre ! Marre ! Marre d’être englouti dans ta double vie ! » Il le maltraite verbalement et physiquement.

 

Code « Bonbons » : « Tu ne me confonds pas avec ton dessert préféré ! » (William s’insurgeant contre son amant Georges qui l’affuble du doux nom infantilisant de « Sugar »)

 

Code « Femme vierge se faisant violer un soir de carnaval ou d’été à l’orée des bois (Été) » : Chaque été, c’est le temps du voyage de Georges, de l’absence et de la mort du couple Georges/William.

 

Code « Douceur-poignard » : « C’est drôle… Je ne tombe avec vous que sur du pique et du carreau. » (Adèle, la cartomancienne de bazar, s’adressant de manière piquante à Georges, l’amant de son jeune frère William)

 

Code « Parricide la bonne soupe » : Toute la pièce Sugar est orientée vers le parricide : c’est le père de famille bisexuel (Georges), ou encore le bon « hétéro » pas du tout concerné par l’homosexualité (Pierre) et qui devient comme par « magie » homophobe, qui sont placés sur la sellette. On assiste au procès des pères de famille et des mâles en général. Ils s’en prennent plein la figure et sont sommés de faire leur coming out, leur mea culpa gay friendly, ou alors ils méritent les insultes et les coups. C’est le mariage traditionnel, la paternité et la masculinité passant au crible de la coalition fraternelle (et incestuelle) d’une part (celle de William et sa sœur Adèle), et la coalition homosexuelle (celle des deux amants réconciliés William/Georges, liaison clairement incestuelle aussi) d’autre part. Hallucinant. Les incestueux qui font la morale à la paternité et à la conjugalité. On aura tout vu !

 

Code « Amant diabolique (Anonymat) » : « J’ai l’impression que tu t’es infiltré dans mon esprit. Je suis habité, envahi, possédé, obsédé par toi. » (William s’adressant à son amant Georges) ; « On s’est quittés aux aurores sans avoir échangé un mot. Je ne me rappelle plus de sa tête. » (William après son aventure avec un inconnu, idem)

 

Code « Petits Morveux » : Les enfants sont à la fois méprisés et demandés comme des dus. Par exemple, William menace Pierre « l’hétéro » de parvenir à avoir des enfants avec son copain Georges quand ils le désireront (après leur « mariage »). Et pourtant, il oblige Georges à renoncer à son passé d’homme marié et de père avec enfants, et à abandonner ses enfants pour le garder pour lui tout seul : « Tes enfants ! Ton alibi suprême ! »

 

Code « Haine de la famille » : Le mariage femme-homme est dévalorisé (le couple Georges/Christelle ne tient pas), la paternité et les enfants aussi. William, l’amoureux capricieux, demande à son amant Georges qu’il renonce totalement à son ancienne vie d’homme marié et de père : « Tes enfants ! Ton alibi suprême ! » Il lui fait même du chantage au divorce : « Tant que tu ne seras pas divorcé, notre situation restera bancale. Attention, Maître Blanchet, vous êtes sous serment. » Pierre, l’hétérosexuel qui se rend compte de la destruction de la famille que les deux tourtereaux homosexuels ont planifiée à plus ou moins long terme (en effet, Georges se met à négliger les liens du sang au profit des liens sentimentaux : « Les liens de l’esprit ont parfois plus de valeur que les liens du sang. »), tente de s’insurger – pas très finement – contre leur projet de mariage et d’enfants : « Vous la faites partir en couilles, la famille, avec vos histoires ! »

 

Code « Icare (Chute) » : « Je suis tombé avec toi dans un puits sans fond. » (William s’adressant à son amant Georges)

 

Code « Aube » : « On s’est quittés aux aurores sans avoir échangé un mot. Je ne me rappelle plus de sa tête. » (William après son aventure avec un inconnu)

 

Code « Fusion » : « Moi qui nous croyais soudés… » (Georges s’adressant à son amant William) ; « Je brûle pour toi jusqu’à l’asphyxie. » (William s’adressant à Georges, idem)

 

Code « Homosexuels psychorigides » : Georges est officier ministériel, notaire, obéissant aux règles et aux protocoles.

 

Code « Pédophilie » : Georges, le père de famille homosexuel, est suspecté officieusement par sa femme Christelle de pédophilie : elle l’empêche d’approcher leurs propres enfants.

 

Code « Femme et homme en statue de cire » : Le couple marié formé de l’homosexuel refoulé Georges et de sa femme Christelle est typiquement hétérosexuel. Il se caractérise par deux poupées très bisexuelles et séparées par un mur : « Nous sommes murés tous les deux dans l’incapacité de communiquer. » Par ailleurs, le couple homo William/Georges et le couple hétéro impossible Adèle/Pierre sont à l’image l’un l’autre.

 

Code « Désir désordonné (Désir-roi) » : « Ne jamais rien sacrifier à sa propre cohérence. » (Adèle, la « fille à pédé »)

 

Code « Quatuor » : Le quatuor Adèle/William/Gabriel/Pierre est réuni pour le procès de la bisexualité (autrement dit de l’hétérosexualité).

 

Code « Île » : « Faudrait voir à ne pas vivre dans sa planète à part. » (Pierre, l’hétéro mettant en garde contre la tendance autarcique des couples homos)

 

Code « Méchant pauvre » : « Être homo dans le milieu ouvrier, c’est du rail. » (Pierre, l’ouvrier hétéro, très vite jugé « gaffeur homophobe » par la doxa Adèle/William/Georges)

 

Code « Violeur homosexuel » : Les amants Georges et William tapent sur Pierre l’hétérosexuel, et essaient de l’approcher, de le provoquer physiquement (par rapport à une homosexualité supposée latente chez lui). Georges lui fout une baffe, et ça finit en bagarre que les lamentations théâtrales d’Adèle, la « fille à pédé » pleureuse internationale, viennent miraculeusement éteindre en jetant tout de même toute la faute sur la soi-disant « homophobie » de Pierre.

 

Code « Poids des mots et des regards » : « Et voilà… le regard des autres… » (William, le héros homo, blasé par la soi-disant « homophobie » dont il ferait l’objet)

 

Code « Ennemi de la Nature » : « Les liens de l’esprit ont parfois plus de valeur que les liens du sang. » (Georges, un des héros homosexuels)

 

Code « Milieu homosexuel paradisiaque (Cuculand) » : Georges, après avoir été pourtant absent de son couple avec William, assure vivre « l’amour véritable ». La fin de cette œuvre théâtrale qui restera dans les annales (ou pas) continue de cultiver le mythe : la happy end kistch (avec boule à facettes) et l’annonce de la reformation du couple William/Georges sont totalement forcées dans le cynisme auto-parodique.

 

Philippe Ariño, un ami dangereux et honteux

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Ne vous approchez pas trop de moi. Ne dites pas publiquement que vous me connaissez, que vous me lisez. Soutenez de loin. Ne « likez » pas. Ne taguez pas. Ne m’invitez pas. Ça risquerait de vous attirer des ennuis. Vous m’applaudirez peut-être à ma mort, quand même mes ennemis ne pourront plus se retourner contre vous ni contre moi (parce qu’on ne s’attaque que rarement à un cadavre).

Ne me mettez pas en avant : dites que c’est « pour mon bien » si vous ne m’assumez pas, que de toute façon je serais « inaudible », « trop cérébral/intellectuel », que je n’aurais pas l’étoffe d’un chef et que je serais « à la ramasse » ou « bouffé tout cru » si vous me montriez devant tout le monde, que c’est « bon pour mon humilité » de me maintenir au frigo. Placez-moi sur une brochette de témoins pour me diluer. Mettez-moi dans un sous-atelier, dans un stand parmi d’autres, dans un workshop-annexe, en coulisses. Présentez-moi comme un Inclassable « intéressant », comme un extra-terrestre isolé dans son désert, comme un témoin que vous connaîtriez « vaguement » et qui « certes dit des choses bien, mais bon… y’a à boire et à manger ».

Regardé, surveillé, écouté, cru, parfois admiré : oui, je le suis. En revanche, assumé et soutenu publiquement : très rarement. Une poignée de personnes me « likent » sur Facebook (sur Twitter, c’est quasiment zéro rebond). Trois pelés et deux tondus partagent mes articles sur Internet (et encore… j’ai droit à leur soutien presque uniquement quand je poste des chatons chrétiens en Irak, des jolies phrases cathos qui n’engagent à rien ou qui font l’unanimité, des vidéos qui n’impliquent aucune polémique ou prise de risque). Je n’attends pas non plus d’être LE Centre d’intérêt de la Terre entière ni que tous se passionnent pour l’homosexualité comme moi je peux le faire… mais bon, il y a quand même un minimum, et une question de priorités par rapport aux messages, aux combats que nous avons à mener pour la Vérité. Qu’au moins on ne me rabaisse pas gratuitement (comme l’a laissé faire par exemple le site Liberté politique qui a offert à Yves Floucat l’opportunité de descendre mon livre L’homophobie en vérité), a fortiori quand on est dans le même camp et que je fais un travail utile.

Je constate sur les réseaux sociaux et dans l’Église catholique combien mon témoignage, et toute ma personne, sont clivantes. Non pas en soi (je n’ai pas encore le pouvoir de me séparer ; et je crois que, dans tout ce que je fais et dis, il y a une véritable cohérence et solidité qui, au fond, unifient ; je ne pense pas non plus être sulfureux, provocateur ni déraper quand je prends la parole) mais en perceptions extérieures. On l’a vu lors du passage du « mariage pour tous », qui a révélé la grande division qu’il existe dans l’Église de France autour de l’homosexualité. Alors imaginez autour de ma personne ! Je constate combien ceux qui osent parler de moi ou me faire venir en conférence se retrouvent parfois en difficulté, pas à cause de ce que je dis, mais à cause des interprétations erronées de ma visite, ou bien des blessures liées à la sexualité que ça met en valeur, ou bien des malentendus que ça génère dans leurs propres cercles amicaux et ecclésiaux.

M’encourager, c’est s’exposer à perdre des amis. Je le vois et on me le rapporte. C’est devenu un délit. Même mes propres amis se méfient de moi. Quand ils sont d’accord avec mon discours, ils se taisent. Et si leur soutien à mon égard devient trop visible (et donc trop suspect), ils s’en excuseront auprès de leurs proches : « Bon, il est clair qu’on ne peut pas être d’accord avec tout ce qu’il dit… ». Du Philippe Ariño, ça se passe sous le manteau. Avec Koz Toujours ou Tugdual Derville ou Pierre-Hervé Grosjean ou François-Xavier Bellamy, on est sûr de (faire semblant de) s’engager sans que ça nous retombe dessus, de s’assurer une bonne image. C’est l’engagement à moyen prix. Mais avec moi, ce n’est pas pareil. Il faut soutenir en cachette. Ce ne serait pas « médiatiquement correct ». Et pourquoi? Eh ben parce que.

Pareil décalage fait souffrir et est bien triste, d’un certain côté, car je ne pense pas mériter une telle honte, une telle retenue, une telle méfiance, ni de si nombreuses trahisons amicales. Et d’un autre côté, j’en ai pris mon parti, parce que c’est tout simplement le prix de la vraie liberté. Si je faisais trop l’unanimité, je ne serais pas dans le vrai ; et le confort du succès facile que je vivrais puerait la mort de celui qui parle pour ne rien dire et pour ne bousculer personne. Pour rien au monde je renoncerais au risque d’être parfois impopulaire, à la liberté de dire ce que je pense et ce en quoi je crois vraiment, à l’inconfort de dénoncer ce qui dans le monde me dérange. Ce sera peut-être à vie que j’aurai à porter et à assumer mon isolement de catho-pas-lisse. Tout comme la très controversée Béatrice Bourges. Être lisse et constamment dans le catholiquement correct, quel ennui ! Ne pas être lisse, c’est souffrir sans arrêt des frottements, des jalousies, des trahisons, des assauts extérieurs, d’une grande solitude. À choisir, je préfère quand même le relief.

 

 

 

 

Boys Like Us : mais pourquoi?

Je reviens de voir le nouveau film « Boys Like Us » de Patric Chiha (ou « chia », peut-être?) : narcissique, immature, pas drôle, bobo à souhait (d’ailleurs, à la fin, les 3 protagonistes homos se redonnent leurs 3 chapeaux Charlie Winston, exactement identiques…). Simple question : Pourquoi ce sont les réalisateurs qui n’ont rien à défendre et rien à dire (excepté leur mélancolie narcissique, justement) qui à l’heure actuelle ont pignon sur rue et qui ont les moyens de faire des films?

Oh la la… Faut pas dire « con » (il paraît que c’est un gros mot)


 

« Hamon nous prend pour des c… crétins ». Vous savez à quoi ça me fait penser, ce genre d’entourloupettes ? Aux « putain » qui s’évanouissent en « punaise », aux « merde » qui s’atténuent en « mer…credi », aux « Jacquouille la Fripouille » qui se transforment en « Monsieur Ouille », à la chanson Auteuil-Neuilly-Passy des Inconnus (« J’ai envie de crier zut, flûte, crotte… chier! »). Bref, à la pudibonderie des parents bourgeois-coincés sans autorité et des chefs sans force. On n’a pas le courage d’être vulgaire mais on en a la prétention. Pitoyable.

 

 
Qui nous/se prend pour des « crétins » ici ? Je me demande…
 

Les intégristes

C’est génial, cette catégorie « les intégristes » ou « les réactionnaires » qu’inventent les véritables intégristes pour se justifier de ne pas penser. Comme les syndicalistes véreux, ils créent les problèmes qu’ils prétendent résoudre, pour ne pas les résoudre, au final… et même (un comble !) pour les empirer afin de se donner une raison d’exister et de rendre leur destruction indispensable.

Sur Twitter le 28 août 2014 (et au futur, et avec toute la rhétorique paranoïaque qu'il faut)

Sur Twitter le 28 août 2014 (et au futur, et avec toute la rhétorique paranoïaque qu’il faut)