Accuser n’est pas aimer

Rappelons-le : l’accusation de personnes n’est pas un acte juste. L’accusation d’actes injustes, si. Certains ont tendance à l’oublier, car ils sont pris dans leur élan esthétique et intentionnel de ‘justiciers’ qui crient « J’accuse ! » (à la Zola) pour se dispenser de penser et pour cacher leurs peurs (d’eux-mêmes !), de condamnateurs qui s’imaginent que la fin justifie les moyens, que les gens sont leurs actes et leurs mots. Ils dressent alors des « Murs des cons », des « Murs des homophobes », des « Murs des fachos », comme jadis les « san benito » en temps d’Inquisition (ces vêtements affichés dans les églises et sur lesquels étaient cousus les rumeurs et les accusations délatrices qu’on attribuait à celui ou celle qu’on voulait dénoncer et faire arrêter)… alors que les fascistes qui les ont précédés ont eu exactement la même démarche. L’accusation de personnes n’est pas la justice : elle est fasciste. Et ce n’est pas pour rien que le diable est parfois surnommé « l’Accusateur ».

 

Augmentation de l’homophobie à cause des Manifs Pour Tous ?!? Nan mais allô quoi !

Les pro-mariage-pour-tous souffrent d’amnésie et font preuve d’une sacrée mauvaise foi en affirmant que les problèmes homophobes sont alimentés voire créés par les Manif Pour Tous. Car depuis toujours, l’homophobie réelle, c’est-à-dire l’agression contre les personnes homosexuelles, n’a été exercée que par des personnes homosexuelles – refoulées ou excessivement assumées – qui pratiquent leur homosexualité (dans le « milieu » et surtout « hors milieu », comme elles disent) ou qui tentent d’en justifier la pratique pour mieux la diaboliser/la nier. Ce sont des lois comme la loi Taubira qui augmentent l’homophobie ; pas les réactions d’opposition à ces lois.

Insensible, moi ?

C’est bizarre. À la fois j’ai l’impression que mon existence n’aurait pas de sens sans mes amis, et qu’en même temps, excepté avec Jésus, je n’ai besoin de personne, et personne ne me manque au point que je m’en rendrais malade ou que je voudrais me supprimer. J’aime ma solitude, et pas un être humain, mis à part Jésus et sa Parole, ne m’est indispensable ou vital. Au risque de passer pour un insensible ou un misanthrope, la perspective de la disparition de mes proches ne m’effraie pas, et le deuil de leur présence me paraît surmontable, même si bien sûr je risque de pleurer fortement leur absence. Le sentiment étrange de ne m’attacher à personne, et que personne n’a véritablement de prise sur moi.

 

Le pouvoir mal-aimé

Le pouvoir et la politique ne sont pas assez aimés de nos jours. C’est dramatique. Car un pouvoir au service (du Réel et des Hommes) est véritablement utile et essentiel. Et à l’inverse, le manque de confiance au pouvoir ou aux chefs fomente les dictatures, déroute et déboussole beaucoup une société, attire de surcroît les mauvais chefs, c’est-à-dire les despotes mous et rigides qui ne sont au service que d’eux-mêmes et de leur image.

 

Veilleurs, seul sein auquel me vouer

Pour la « Manif Pour Tous » du 26 mai prochain à Paris, je n’ai pas d’autre sein auquel me vouer que celui des Veilleurs (qui feront 3 grosses veillées pacifiques, les 24, 25 et 26 mai au soir). Pour le reste – la Manif Pour Tous officielle et ses chefs imprécis et individualistes, le « Printemps Français » et ses slogans absurdes et violents (« Hollande, DÉMISSION! » ; « Référendum! » ; « Taubira, casse-toi! », etc.), Civitas et ses bondieuseries paranoïaques catastrophiques, Frigide Barjot marraine d' »Homovox » et partenaire de l’Union civile, etc. -, mieux vaut passer sa route. C’est mon for intérieur, l’esprit des Veilleurs, l’honnêteté pacifique et ferme de la très grande majorité des manifestants anti-mariage-pour-tous (qui sont en faveur du retrait de la loi, ni plus ni moins) qui seuls me motivent maintenant pour manifester.

 

Homosexualité = manque d’ami et de père

Lors d’une conférence aujourd’hui, une élève de terminale du Lycée Paul Claudel m’a posé cette question : « Qu’est-ce que vous attire chez un homme et que vous ne trouvez pas chez une femme ? » Elle m’a donné l’occasion de répondre ceci : « Je crois que ce que j’ai recherché au fond dans toutes mes histoires amoureuses homosexuelles, c’était l’amitié (masculine, dont j’ai été si longtemps privé dans ma jeunesse) et la paternité (que j’ai fuie étant petit, par rapport à mon père ; et que je fuis encore, cette fois dans ma vie d’adulte). »