Archives de catégorie : Je l’ai dit

Vous voulez écrire une nouvelle lettre à l’Élysée ?

Vous voulez écrire une nouvelle lettre à l’Élysée ? Écrivons massivement (sans timbre) à cette adresse (Monsieur le Président François Hollande, 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré  75008 Paris) ce court message (en laissant une adresse mail de votre choix) : « Nos gouvernants peuvent-ils seulement entendre et essayer de comprendre sereinement pourquoi la Loi Taubira est une loi inhumaine, et que nous ne l’affirmons pas gratuitement ni par haine des personnes homosexuelles, mais pour des motifs objectifs et sérieux ? »

 

Pourquoi suis-je encore de gauche ?

En ces temps troublés où la politique en France déçoit et angoisse à peu près tout le monde, difficile de se positionner et d’y voir clair dans le monde de nos convictions intérieures fortes.

Et pourtant, si on me demandait mon avis sur ce que je crois profondément, si on me sommait d’exprimer ma tendance politique, je dirais que le curseur de ma conscience et de mon cœur de citoyen français a toujours eu tendance à aller vers la gauche. Et ce, dès tout petit ; et non dans un souci de faire mon anti-conformiste à deux balles ou mon intéressant (Dans ma famille, mes parents ont toujours voté globalement à droite). Je parle bien de « tendance », de « teinte » approximative, car là encore, en matière de politique, je tiens à rester libre, et je vote pour un « homme du moment », pour un mouvement politique qui me semble le meilleur pour le contexte réel actuel ; je ne vote pas pour un parti figé qui incarne la « moins pire des solutions », ni une famille politique « totalement bonne » parce que son corollaire d’en face serait « totalement mauvais ». La politique, c’est du vivant, de l’évolutif. Ce qui est présenté comme « extrême » ou « fasciste » par certains individus (de gauche comme de droite) est parfois ce qui jette une ombre sur leur soi-disant position de « juste milieu » politique, ou qui sera l’équilibre d’un autre contexte national (Quand je dis ça, je pense évidemment au FN en France, qui à bien des égards, me semble moins extrémiste et plus honnête que nos PS et UMP actuels, qui n’ont plus rien de « modérés »…).

Mais oui, disons-le : je suis de tendance gauche. Pour une raison simple : la gauche pure, non-corrompue par l’argent, par l’idéologie anti-fasciste moralisante actuelle et par le culte du paraître, met d’abord les pauvres, les plus fragiles et le Peuple en premier dans ses préoccupations, avant les richesses censées les libérer de leur pauvreté ; alors que la droite, qui initialement, dans un même plan humaniste, se proposait de créer d’abord les richesses, pour ensuite les redistribuer aux pauvres (ça peut être aussi une forme de générosité que de penser prioritairement à la création de richesses et à l’esprit d’entreprise, car qui n’a rien ne partage rien ! et qui crée peut ensuite donner aux pauvres), montre historiquement qu’elle a tendance à ne pas passer ensuite à l’étape du partage une fois ses lingots d’or entre les mains.

Si dans mon parcours il m’est arrivé de soutenir la droite (j’ai voté Sarkozy à deux reprises pour des présidentielles, après avoir voté Jospin en 2002 : vous n’avez a priori pas besoin de le savoir car au fond, ce que je fais dans mon isoloir à la fois vous regarde un peu et ne vous regarde pas – je vous le révèle juste de bon cœur maintenant, mais rien ne m’y oblige), ça n’a jamais été par réelle conviction intime ni profonde liberté. C’est juste qu’entre les deux candidats qui m’étaient proposés, je cherchais celui qui s’apparentait le plus à ma « gauche de cœur ». Et en l’occurrence, en 2012, entre Sarkozy et Hollande, je vais peut-être vous surprendre, mais j’associais davantage Sarkozy à la « gauche que j’aime » que le candidat désigné officiellement comme « de gauche », à savoir Hollande !

Ça vous laisse deviner combien je ne diabolise absolument pas la droite actuelle ni les gens de droite. D’ailleurs, en ce moment, je suis de plus en plus entouré amicalement et intellectuellement de personnes qui se disent « de droite », et qui à mes yeux incarnent l’humanisme, l’inquiétude intellectuelle, l’intelligence, l’audace et la générosité que je rêverais de voir chez les « gens de gauche »… mais que je ne vois plus, car la gauche mondiale est devenue socialiste, communiste, caviar, idéologue, gauchiste, athée, laïciste et libertaire, anti-nationaliste et anti-pouvoir, bête et violente, démagogique, une caricature de rebelle qui n’a plus rien de révolutionnaire ni de sensé, un titre qui « fait bien » mais qui cache la même tiédeur et hypocrisie que l’UMP, la même paranoïa et rigidité que l’extrême droite.

Bien dangereux, fascistes et extrémistes sont à mon avis ceux qui se réclament éternellement d’un camp ou d’une couleur politique pour ne pas en bouger, ou qui se choisissent de gauche parce qu’il diabolise la droite (et inversement). Ils se disent pourtant « modérés »… mais ils ne sont pas libres, et sont tous aussi extrêmes que les partis d’extrême historiques. Quand j’entends une Marion Maréchal Le Pen, je suis désolé, mais je n’ai absolument pas l’impression d’avoir en face de moi une dangereuse extrémiste : elle incarne par certains aspects une plus belle gauche que la gauche populiste et hargneuse de Mélenchon, que la gauche molle et violente de Hollande, que la gauche voilée et bobo de Sarkozy et Carla !

Actuellement, en France, le seul parti politique français qui me parle au cœur, dans lequel je me reconnais sans honte, et que j’ose même définir comme « droitier contrarié » tellement j’y découvre un vrai souci du pauvre, une foi à déplacer les montagnes, une préoccupation réelle pour le bien commun, un visage de la gauche que j’aime, c’est un parti de centre-droit : le PCD (Parti Chrétien Démocrate), créé par Christine Boutin, une femme injustement « fascisée » par nos media, massivement et confortablement encartés dans la « gauche bobo qui n’assume pas la gauche visible de Hollande ». C’est que nous, gens de la gauche actuelle, avons un rapport douloureux et malsain avec le pouvoir. Nous savons que nous en avons besoin, mais sous prétexte que nous ne devons pas en faire un but, nous le désertons, et dans cette désertion hypocrite, nous transformons ce qui initialement aurait dû être un « pouvoir au service » en « pouvoir despotique et mou », en but non-assumé. Hollande, par exemple, est un dirigeant extrêmement inquiétant à ce sujet, car il n’aime pas le pouvoir. Il le diabolise, il en a peur (c’est quand même embêtant venant d’un homme qui se porte candidat pour un poste de chef de l’État…). Il veut être un « président qui n’en est pas un », un président « normal » et transparent, et pour le coup, il en devient un despote qui se retrouve aux manettes d’une machine puissante qu’il ne sait ni conduire ni maîtriser.  Les gens de la droite actuelle assument davantage les valeurs positives et « de service » du pouvoir. Ils ont beaucoup à nous apprendre sur l’utilisation du pouvoir en tant qu’instrument (de paix). Ils nous rappellent que la République ou ce qui nous est présenté comme des « démocraties » ne sont pas des systèmes bons en soi, et que le chef d’État qui a peur du pouvoir et tout aussi dangereux que celui qui en abuse ou qui fait du pouvoir un but, et non plus un instrument de service du Peuple, du bien commun et des plus fragiles.

Bon, en clair, je suis un homme royaliste (mais fan du Roi Jésus ; pas des rois humains), amoureux de la démocratie. Un homme de tendance politique gauche mais qui aime bien et qui comprend les gens étiquetés actuellement « de droite » voire « d’extrême droite ». Malgré tout un homme libre, qui se reconnaît davantage chez ses frères de gauche, catholiques, doux, passionnés, intellectuels, au service des pauvres, et respectueux des « gens de tendance droite ». Avec ça, je vous souhaite bon courage pour tirer de moi un portrait politique et pour me mettre dans une case !

Vendredi 12 juillet 2013

 

Se proclamer « homo mais pas gay » m’insupporte

Message à vous mes frères homosexuels : se proclamer « homosexuel mais pas gay » m’insupporte au plus haut point. J’entends en filigrane dans cette expression une haine très homophobe de la minorité ou du lobby LGBT (même si cette haine se veut ciblée à une minorité de personnes homosexuelles pour sauver la grande majorité d’entre elles), et une justification de la pratique homosexuelle à partir du moment où celle-ci serait discrète, qui m’agressent. Car la plupart des personnes homosexuelles, maraisiennes inclus, tient ce discours. Et pendant ce temps, personne ne dénonce la violence de la pratique homo, qu’elle soit vécue au grand jour ou discrètement à la campagne. Oui, se dire « homo et pas gay », c’est puant et même pas courageux, car ceux qui le font ne remettent pas en cause leurs propres pratiques sexuelles.

 

Galère d’être catho !

Parfois, je me fais cette réflexion quand j’assiste à des messes avec une assemblée éteinte, ou quand je me vois parler à Jésus et à Marie apparemment dans le vide. Combien Dieu doit être touché par notre foi d’enfants aveugles, maladroite, scolaire, apprise, toujours « à côté de la plaque », déconcentrée, pas assez joyeuse et consciente des gestes qu’elle pose, robotique, peu priante, ignorante de ce qu’elle célèbre ! Car Il sait bien, Lui, qu’Il nous demande un exercice humain difficile : celui de jouer la comédie vraie de la prière, de concrétiser le « faire semblant qu’Il est là », d’adorer Quelqu’un qui a tout du fantôme, de contempler Sa discrétion et Son invisibilité aimante, d’endurer Son absence, de demander des choses qu’on ne verra pas exaucer exactement comme on les attend, de nous auto-persuader que nous ne sommes pas fous ou que nous ne satisfaisons pas notre propre narcissisme en appuyant l’Église catholique. L’effort de Le faire advenir pour réaliser qu’en fait c’est Lui qui vient à nous. Bref : galère d’être catho ! Mais beauté unique et supérieure de cette galère !

 

« Les Veilleurs vont trop loin »

Reprocher aux Veilleurs d’aller « chercher la merde » et de mériter les violences policières dont ils font l’objet actuellement en se rendant sur des lieux où ils savent que leur présence n’est pas souhaitée (l’Élysée, etc.), fustiger les Hommens parce qu’ils auraient « perturbé » la finale de Roland Garros (juste Ciel…), ou bien accuser les familles d’amener leurs jeunes enfants défiler aux « Manif Pour Tous » pour les « endoctriner », c’est aussi bête que de dire à un médecin qu’il serait inconscient, fou et odieux de s’approcher des malades qu’il doit soigner, c’est aussi con que de souhaiter qu’un pompier se brûle parce qu’il est allé aux devants des flammes pour sauver des vies, voire de penser qu’il est lui-même l’auteur de l’incendie qu’il cherche à éteindre ! Revenons au Réel, ne rentrons pas dans ces chantages culpabilisants qui nous feraient prendre notre audace pour de la honte, remettons les responsabilités à leur place et ne prenons pas les choses à l’envers. Ce qui est choquant et criminel, c’est bien l’attitude de notre gouvernement et les incendies qu’il allume çà et là en France, c’est le fait qu’il gaze ou emprisonne sans motif des gens innocents. Pas les Veilleurs avec leurs petites bougies pacifiques, pas leur opiniâtreté à dénoncer les incohérences de notre système « démocratique », ni leurs tentatives d’approche du feu totalitaire provoqué par la Loi Taubira. Pas les Hommens avec leurs fumigènes. Pas les familles avec leurs bambins. Non, les Veilleurs, tant qu’ils restent dans une résistance pacifique, ne vont pas trop loin ! Certes, ils vont là où ça fait mal, mais ils ne font pas mal. Ils ne font que du bien.

 

Amis Veilleurs debout, il va falloir arrêter de nous planquer derrière Nicolas

Une petite mise au point s’impose ! À un moment donné, il va falloir arrêter de se servir de Nicolas pour apitoyer le passant et pour ne pas assumer la véritable raison de notre veille : notre opposition au « mariage homo ». Quelle est cette manie que nous avons eue, depuis le début de notre lutte contre la Loi Taubira, de nous planquer derrière les enfants, puis ensuite les prisonniers politiques, pour éviter d’avoir à comprendre ce que nous combattions avec tout notre coeur. Vraiment, encore aujourd’hui, nous n’avons pas plus compris cette loi que ceux qui la signent les yeux fermés.

Cette nuit (du 6 au 7 juillet 2013), j’ai assuré avec une douzaine de Veilleurs debout la Veillée devant le Palais de Justice de Paris. Tout s’est objectivement bien passé. Et l’un des avantages de la formule Veilleurs debout, c’est que les gens s’arrêtent beaucoup plus facilement pour discuter, et on se rend compte qu’une majorité d’entre eux sont sensibles à notre cause.

Mais de quelle « cause » parle-t-on, au juste ? Depuis la dizaine de jours qu’ont débuté les Veillées debout, il est peut-être temps d’accorder un peu nos violons à ce sujet. Car certes, les Veilleurs debout, contrairement aux Veilleurs assis, sont silencieux, ne sont pas prioritairement là pour argumenter leur présence, mais plutôt pour marquer les esprits pacifiquement par une posture physique statique, pour faire « acte de présence dans l’Espérance ». Cependant, quand on nous interroge – et nombreux sont les badauds qui viennent nous demander quelle mouche nous a piqués de rester plantés là comme des cons devant un bâtiment administratif –, il est important de savoir répondre. Car il en va de la survie des Veilleurs debout ; et en plus, notre mouvement a un sens global profond. Donc si celui-ci nous échappe et si nous ne l’assumons pas, nos veillées vont vite devenir des sketchs vivants, des bouffonneries, des feux de paille.

Ce soir, pour vous donner un petit exemple de la division qui guette nos troupes, un groupe de cinq personnes (2 Italiens et 3 Belges) est venu me parler longuement. Ils avaient préalablement interrogé une de mes voisines veilleuses, qui leur avait rétorqué qu’elle protestait pour la libération de Nicolas et les incarcérations abusives dictées par un Gouvernement français qui ne nous écoutait pas. L’échange avec elle a donc été bref. Ensuite, ils sont venus entendre mon son de cloche. J’ai commencé par dire que nous incarnions un mouvement de protestation contre la Loi Taubira qui ouvre le mariage aux personnes de même sexe. Une de mes auditrices s’est spontanément exclamée : « Ah d’accord ! Donc chacun d’entre vous manifeste pour un combat différent alors ? ». Il a fallu que j’explique que mes camarades et moi étions bien là pour la même cause – la demande de retrait du « mariage pour tous » –, mais que certains, par facilité et par peur d’avoir à dire explicitement qu’ils sont contre le « mariage homo », préfèrent se réfugier derrière la description des violences policières ou d’une censure politique plutôt que d’aller droit au but. Mon groupe de touristes trouvait ça dommage que nous cachions ainsi nos réelles motivations, comme si nous en avions honte, car du coup, les échanges ne se déploient pas comme ils pourraient se déployer, et notre auditoire n’est plus tellement convaincu par nos arguments. Certains passants admirent juste poliment le courage de notre performance physique ; mais pas le contenu de la performance. Et ceux qui finissent par découvrir le pot aux roses se sentent piégés par le fait que nous nous soyons posés en victimes et que nous leur ayons dissimulé notre véritable combat.

Amis Veilleurs debout, écoutez-moi bien. Si nous ne savons pas exactement pourquoi nous sommes là, si nous ne comprenons pas pourquoi la Loi Taubira est déjà suffisamment choquante en soi pour que nous continuions à ne parler que d’elle, si nous lui cherchons des causes ou des conséquences extérieures trop lointaines, nous pouvons déjà rentrer chez nous. Nous perdons notre temps à veiller !

Je me permets donc d’insister sur ce point. Nous ne devons pas veiller pour la libération de Nicolas (ni jusqu’à ce qu’il soit toujours enfermé), mais bien pour le retrait de la Loi Taubira. Je crois qu’il y a une dérive à remplacer une demande par une autre. C’est se planter de priorité, et même désavouer ce pour quoi Nicolas est incarcéré. Ne confondons pas l’exemple et la thèse. Ne mettons pas sur le même plan le signe de l’injustice et la cause de l’injustice ou de ce signe d’injustice. L’incarcération de Nicolas ne doit pas devenir l’alibi facile, le paravent de notre trouille de dire notre opposition au « mariage homo ». Ou alors nous nous servons de Nicolas. Et le jour où il sortira de Fleury, nous serons à nouveau nus comme des vers ! Pas génial pour les températures d’automne qui seront moins clémentes que maintenant. Bref, il nous faut préparer l’hiver, ou plutôt les hivers, que nous allons traverser. Il nous faut voir à plus long terme, et un peu plus loin que le bout de notre nez. Continuons à nous indigner pour l’emprisonnement de Nicolas, car il le mérite. Mais gardons en tête qu’il n’est pas notre horizon de bataille. Il n’en est que l’une des raisons.

 

Des beautés dans le couple homo ?

Je crois que les belles choses qui s’observent parfois dans les couples homos ne sont pas attribuables à l’amour, mais uniquement à l’amitié (et encore… à une amitié pervertie par les gestes de l’amour). Les couples homos de mon entourage qui s’entendent le mieux et qui pourraient prétendre au titre d’« amour » sont précisément ceux qui se demandent ce qui distingue (à part le sexe) leur binôme d’une simple coloc’ entre deux amis.