Archives par mot-clé : homosexualité

Huraña Araña (Je ne suis pas un homme facile !)

Même si je fais des efforts d’attention, de délicatesse, de patience, de convivialité envers les femmes, je remarque qu’à la longue elles m’exaspèrent et m’étouffent beaucoup plus rapidement que les hommes (surtout celles qui commencent à essayer de me draguer : alors là, c’est terminé). J’ai l’impression que c’est plus fort que moi, cette répulsion que j’ose à peine nommer « misogynie ». Je suis tellement sensible aux tentatives de rapprochement, de convoitise, de possession ou de séduction féminines, tellement attaché à ma liberté, qu’il est même arrivé à la seule femme que j’ai aimée de me définir comme un « grand vase en cristal ». Et les rares amies qui ont été douces, intuitives et patientes avec moi, sont encore plus désolées de sentir qu’elles me déçoivent très vite, que je ne leur concède aucune fausse note, qu’elles vont parvenir difficilement à me pacifier, à apprivoiser « l’Inflexible » que je suis, à dompter « celui qui ressent tout ». Pour blaguer à moitié, je dirais que « je ne suis pas un homme facile » !

 

Homosexualité = manque d’ami et de père

Lors d’une conférence aujourd’hui, une élève de terminale du Lycée Paul Claudel m’a posé cette question : « Qu’est-ce que vous attire chez un homme et que vous ne trouvez pas chez une femme ? » Elle m’a donné l’occasion de répondre ceci : « Je crois que ce que j’ai recherché au fond dans toutes mes histoires amoureuses homosexuelles, c’était l’amitié (masculine, dont j’ai été si longtemps privé dans ma jeunesse) et la paternité (que j’ai fuie étant petit, par rapport à mon père ; et que je fuis encore, cette fois dans ma vie d’adulte). »

 

Les alliances lesbiennes seraient moins violentes que celles entre hommes ?

Les alliances lesbiennes seraient moins violentes que celles entre hommes ? Non. Ce n’est pas parce que la violence de l’expulsion de la différence des sexes s’exprime différemment selon les sexes qu’elle cesse d’exister entre femmes. Au contraire. Si, avec deux « mecs » ensemble il y a inflation des pulsions, dans le cas des femmes, la possession brutale de l’autre passera par une exacerbation des émotions. Je ne sais pas ce qui est mieux et moins enfermant !

 

La Croix homosexuelle existe-t-elle ?

On aura beau dire que tout le monde a ses problèmes, que la vie est difficile pour tout être humain, que certains individus sont mieux lotis que beaucoup d’autres, il faut bien reconnaître qu’il existe des combats terrestres spécifiques, que toutes les blessures humaines, même si elles convergent vers un seul et unique péché universel (celui d’Adam), ne se valent pas, ne se comparent pas vraiment, ont leur caractère propre et imposent à celui qui les porte un réel isolement. C’est le cas de la blessure homosexuelle, qui constitue une croix que beaucoup de personnes qui ne ressentent pas le désir homosexuel ne pourront jamais comprendre ni porter à notre place !

Objectivement, nous, personnes homosexuelles, vivons une difficulté existentielle supplémentaire, que « les autres » n’ont pas : en effet, ce qui nous attire sexuellement ne pourra jamais faire pleinement notre bonheur ; et ce, quelle que soit la personne de même sexe que nous aurions décidé d’aimer amoureusement. Alors que, pour les personnes non-homosexuelles, ceci ne sera pas vrai pour au moins une seule personne (du sexe complémentaire) ! Nous, nous en chions davantage en amour !!! Il faut le dire !

Cette « injustice » (= « Ceux qui me plaisent érotiquement ne feront pas vraiment et totalement mon bien. » ; = « Ce vers quoi mon corps est attiré – sans qu’a priori je l’aie choisi – est strictement et universellement mauvais : il vaut mieux s’abstenir de coucher, de toucher, de jouer le jeu de mes pulsions. »), il faut le reconnaître, nous est réservée, à nous personnes homosexuelles. Très jeunes, nous est imposé un rêve amoureux semi raté s’il s’actualise corporellement, un amour difficile, un désir fort ET POURTANT mal orienté, que nous ferions mieux de réprimer. Ce qui nous ferait connaître un plaisir corporel et sentimental immense est tristesse et insatisfaction dès qu’on se force à le rendre concret. Et en plus, le ratage ne nous apparaît pas nécessairement évident dans l’instant et dans l’action, car le plaisir sensuel peut brouiller facilement notre conscience de mal agir, de mal sentir. Si nous voulons vraiment être heureux, nous sommes appelés à renoncer à ce grand trésor humain de la jouissance génitale, sexuelle, sensuelle, affective, amoureuse. Dur ! Dans des pays où la tolérance vis à vis de la pratique homosexuelle est grande, rien ne nous oblige d’ailleurs à porter cette croix homosexuelle, à contourner grâce à l’abstinence le gâchis de l’amitié homophile par les gestes de l’Amour. Pour le coup, le choix de cette croix spécifique est encore plus cruellement arbitraire pour celui qui sent qu’il ferait mieux de vivre la continence plutôt que le laisser-aller à ses tendances et à ses opportunités amoureuses !

Oui, pour les personnes homosexuelles, sans exception, le deuil de la génitalité, de la jouissance sexuelle et de la relation amoureuse commandée par ses fantasmes, même s’il n’est pas la fin du monde ni insurmontable (la preuve : cet « enterrement de vie de jeune homo », chez moi, est une joie, l’expérience concrète d’une force nouvelle, voire même d’un nouvel orgasme : l’amitié homophile désintéressée), est une croix bien réelle, qui les rapproche de l’héroïsme des célibataires consacrés (prêtres, religieuses, moines et moniales) !

 

L’Amour avec un grand « A » ne respecte personne

Ceux qui adoptent le discours ambiant de l’ « Amour » avec un grand « A », un « Amour » qui serait désincarné, sans limite, homosexuel, avec la différence des sexes juste en option, sont extrêmement dangereux : ils refusent de poser un regard sur le couple homo, ils défendent l’Union civile, ils transforment tout le monde en anges, pour mieux nier la réalité, le corps et la dignité des personnes.

 

« Tu supprimerais même le PaCS ?? »

« Tu supprimerais même le PaCS ??? » me demandent avec angoisse et indignation certains anti-mariage-pour-tous (une majorité?), partisans du ‘moindre mal’ de l’amélioration du PaCS pour éviter les conséquences – désastreuses à long terme – du « mariage pour tous ». Histoire de sauver ce qui peut encore être sauvé. Je réponds : « Évidemment que je le supprimerais ! ». Le PaCS était déjà une justification sociale de la pratique homosexuelle, qui a été créé non pas pour les droits qu’il donnait, mais pour le symbole, pour accorder une équivalence symbolique d’amour universel désincarné et asexué (équivalence que la circulaire Taubira vise aussi). Il n’y a donc pas lieu de s’opposer au « mariage pour tous » sans s’opposer au PaCS. L’un est la passerelle de l’autre, et les deux tendent à justifier une pratique homosexuelle qui est injustifiable. Concernant le PaCS, nous pouvons tout à fait reconnaître que les couples homosexuels existent, les respecter, assurer à chacun de ses membres des droits individuels et des garanties protégeant leur personne, protégeant certains de leurs partenariats relationnels et de leurs projets de vie (tutelles testamentaires, délégation d’autorité parentale, protection de biens communs, etc.) sans pour autant justifier le couple homosexuel en tant qu’acte bénéfique et structurant pour une société. Car en effet, jusqu’à présent, les couples homosexuels ne sont pas assez réels, aimants, unis, stables, exemplaires, paisibles, ouverts sur la vie, pour prétendre à une justification sociale, légale, voire religieuse.

 

J’aime une personne homosexuelle de mon entourage donc je dois forcément justifier l’amour homo qu’elle vit ?

Tendance fortement incestuelle de notre époque : nos contemporains confondent de plus en plus la relation amicale ou fraternelle qu’ils ont avec une personne homosexuelle (et le partenaire sexuel de celle-ci) et ce qu’elle vit en amour dans son couple… comme si l’amitié pouvait être mise sur le même plan que l’amour, comme si le lien de complicité et de copinage remplaçait ou était le reflet parfait de l’expérience amoureuse interne du couple homosexuel (« Mon meilleur ami est homo, on s’entend très bien et je veux son bien… DONC FORCÉMENT son couple homosexuel est merveilleux, et l’amour est là ! »), comme si on couchait avec ses amis, sa famille, ses collègues de bureau, sa société ! Or, nous pouvons tout à fait aimer une personne homosexuelle, avoir des liens relationnels de qualité avec elle. Pour autant, que savons-nous de ce qu’elle vit en couple ? de la violence de l’acte homo (= le couple) et des relations amoureuses entre personnes de même sexe ? Comment pouvons-nous plaquer l’amitié sur l’ »amour » ? De quel droit prenons-nous le social pour le privé, l’interpersonnel pour le personnel, le contact extérieur et frivole que nous avons avec le « milieu homosexuel » pour les drames qui s’y vivent ? Combien de personnes gay friendly je vois qui instrumentalisent leur « amitié » ou leur « fraternité » avec une personne homo pour redorer leur propre blason, se donner une image d' »ouverture », nier la véritable souffrance engendrée par la pratique homosexuelle, et nier finalement leur propre mal-être bisexuel !