De la part de l’intellectuel « catholique » le plus conventionnel et carriériste qui soit, qui défend l’Union Civile, qui ne dénonce pas l’hétérosexualité (voire même qui la défend, alors qu’elle est le diable déguisé en différence des sexes, car en réalité il croit secrètement en « l’amour » homo), qui ne prend jamais position sur les sujets vraiment polémiques (être contre l’euthanasie ou l’avortement, défendre les migrants et l’écologie, dénoncer les « identitaires », tout catholique peut et doit le faire, et c’est un minimum : c’est enfoncer des portes ouvertes), qui est l’incarnation de la tiédeur journalistique et de l’esbroufe euphémisante (franc-maçonne à la sauce « catholicisme pondéré »), qui est le roi de l’absence de prise de risques et le maître du boboïsme de la droite « Sens Commun » embourgeoisée, vraiment ça fait marrer de le voir déclarer « Mettez le bazar » ! Il représente au contraire l’ordre pharisien aux antipodes du risque de la Vérité qu’est Jésus.
Un documentaire sur la Prophétie des Papes, à voir
À voir absolument. Un documentaire sur la Prophétie des Papes, annonçant le Pape François comme le dernier pape avant la Fin des Temps : https://youtu.be/PAiYCM9ZpRo. je vous le conseille chaudement, en espérant que vous allez le regarder jusqu’au bout (une date est lancée : 2027 ; un Pape à la « tête noire » – l’Antéchrist ? – est également décrit après François).
Plusieurs éléments me démontrent que ce reportage sort du lot par rapport à beaucoup d’autres documentaires apocalyptiques sensationnalistes présents sur Youtube, et qu’il s’illustre par sa prudence et son sérieux : le respect du Concile Vatican II, le respect également de tous les papes de l’Église Catholique, les témoignages de personnalités crédibles du Vatican (excepté l’abbé de la Morandais) et d’experts solides.
Alors en regardant ce documentaire, essayez de faire abstraction de l’epic music à la « Seigneur des Anneaux », des effets d’annonce catastrophistes visant à créer un faux suspens (l’Apocalypse doit être comprise comme une Bonne Nouvelle et une fête, pas un scénario catastrophe), de la construction narrative façon « enquête policière » du reportage. Et vous verrez qu’on trouve plein de choses vraies (que j’avais écrites dans mon livre Homo-Bobo-Apo dans le 3e chapitre… même si je ne me suis pas risqué à poser une date : j’ai juste posé une fourchette de 20 ans grand max).
P.S. : Rien à voir (enfin, j’espère lol), mais je remercie déjà d’avance tous ceux qui m’ont fêté mon anniversaire ou bien ma fête. Il se trouve que vous pouvez me fêter les deux. Je suis né, sans que mes parents ne le calculent comme ça, le jour de ma fête (la saint Philippe) : le Seigneur fait bien les choses !
Erwann Binet, escroc !
« Avec le mariage pour tous, nous n’avons rien ôté à personne. » Ils se foutent du monde ? Ils ont enlevé la primauté de la différence des sexes dans l’identité, le mariage et la procréation humaines ; et ils ont surtout enlevé la protection et la défense de l’amour entre les deux parents biologiques de tout enfant dans les textes de loi nationaux (suppression symbolique qui a des conséquences concrètes sur la filiation puisqu’elle légalise la multiplication ET la suppression des « parents » des enfants, suppression qui par conséquent transforme concrètement le « mariage gay » en trafic de parents, d’enfants, et même avant toute chose de personnes homosexuelles). Mais à part ça, ça « n’enlève rien » ! Lui et ses idéologues prétendent que « ça n’a rien changé » (ça montre le présupposé mensonger de base et annonce bien la « profondeur » du débat !) Erwann Binet = ESCROC ! Et il ose se dire de « gauche »?? Ce n’est pas la gauche que j’aime. Et ce n’est pas non plus de sa part un véritable amour de nous, personnes homos. Il nous a instrumentalisés à des fins carriéristes, même si peu de mes frères le verront !
Il commence à me plaire beaucoup, ce cardinal Marx
Pris pour cible (en particulier par la blogueuse Jeanne Smits et la caste journalistique des bobos cathos anars d’extrême droite) en ce moment, surtout – et c’est aussi couillon que ça – parce qu’il a eu le malheur de s’appeler « Marx », le cardinal Reinhard Marx commence à me plaire. Je le dis sans ironie. Il me plaît non seulement parce qu’il est attaqué par mes ennemis, mais parce que, si ces pharisiens identitaires et civilisationnistes s’en prennent à lui, 1) c’est qu’il doit avoir quelque chose de très bon (la bonté du martyr déclenche toujours les foudres de la jalousie), 2) c’est qu’il a sans doute aussi besoin de soutien. Alors j’y vais ! Et je suis persuadé (ne me demandez pas pourquoi) que ce prêtre n’a rien du nouveau James Martin.
Déjà, il y a quelques temps de cela, de manière excessive et purement spéculative, les fachos ont voulu faire de ce cardinal un odieux moderniste pro-gays, du fait qu’il n’a pas condamné aussi sèchement et fermement qu’ils l’attendaient les bénédictions des « couples » homos : ils se sont alors empressés de lui faire dire qu’il était « pour » ! Et aujourd’hui, du fait que le cardinal Marx refuse le fétichisme de la Croix, l’instrumentalisation hystérique et identitariste de l’objet « crucifix » à des fins civilisationnistes, politiciennes, millénaristes, Jeanne Smits veut le transformer en « ennemi de la Croix et de la Tradition ». Les agents de la Réacosphère, comme de parfaits Judas, pros de la distribution des bons ou mauvais points, de la notation cultiste et du barème de relativisme ou de modernisme jugeant si tel ou tel cardinal est « solide »/« en règle » (au sens matériel des termes) ou « dangereusement adogmatique », ont tranché pour Marx ! Il refuse de faire de la Croix du Christ une matraque, une circulaire administrative ? = C’est donc un Ennemi de l’Église, d’autant plus horrible qu’il est interne et à la tête !! On va se calmer tout de suite. Il s’est juste opposé à votre fétichisme, à votre matérialisme conquérant. Il vous a juste dit que la Croix du Christ, c’est d’abord et avant tout votre vie donnée à Jésus et aux autres dans l’AMOUR, et non une insigne à placarder sur le fronton d’un maximum d’édifices et de salles de classe pour marquer le territoire de l’Empire chrétien. Et il a bien raison. Vous êtes malades.


Je découvre avec bonheur leur concept de « catholiques insoumis »… Les pauvres, ils sont dans l’illusion de force et de puissance (total pastiche des extrémistes gauchistes).
Sans transition, je rajoute à ce papier deux autres petites « news ». La première concerne une autre chasse aux sorcières qui s’installe avec force depuis les affaires de viols de petites filles (Angélique par David Ramault, Maëlys par Nordhal Lelandais, etc.) et de harcèlements sexuels (le procès de la Manada à la San Fermín en Espagne) en Europe. Je réagis car un phénomène m’inquiète : celui de l’ouverture du fichier de l’activité sexuelle de tous les êtres humains sous prétexte d’en dénoncer/prévenir leurs « déviances ». Le désir social croissant en France de justice absolue (sans Charité) à l’égard des ex-violeurs et des anciens pédophiles, de « tolérance zéro » (exprimée par des gens qui par ailleurs vouent un culte à la tolérance), de connaissance absolue et généralisée du fichier des délinquants sexuels (comme c’est déjà le cas aux États-Unis), de punition radicale, de l’établissement de l’incarcération systématique voire de la peine de mort, me fait froid dans le dos. Voulons-nous d’un État américanisé, d’un pays où chaque citoyen est le shérif de l’autre, où le pardon et le secret (garant du respect, de la conversion et de la survie d’autrui) n’ont plus leur place ??
Enfin, dernière nouvelle que je souhaitais commenter, c’est la récente promotion hystérique de l’homosexualité sur le plateau de The Voice en Australie. Il y a deux jours, le chanteur Nathan Brake, lors de son audition à l’aveugle, en a profité pour faire sa demande officielle en « mariage » à son compagnon Mitchell Baines avec qui il est en « couple » depuis 6 ans. La jury Kelly Rowland s’est sérieusement engagée à venir chanter à leur « mariage » le jour de leur « engagement ». Et après ça, on m’arguera que je vois la propagande pro-gays partout où elle ne serait pas, que je suis centré sur « mon » sujet du fait que je suis directement concerné, et que l’homosexualité n’est pas politique ni massive… À ceux qui sont toujours endormis, réveillez-vous. Ce n’est pas moi qui exagère : c’est vous qui êtes mous ET rigides.
Conférence remarquable de l’écrivain Érick Audouard
Je vous conseille d’écouter la brillante conférence d’Érick Audouard au Cercle Aristote. Elle est drôle et vraie (ce qui va ensemble). Ce qu’il dit sur la violence (en lien avec le déni du religieux) de ceux qui se croient « non-violents » est très très juste. J’y découvre la bombe humaine qu’était le père Leonardo Castellani (1899-1981), « détesté des imbéciles », décrit comme un « Isaïe sarcastique » maniant « l’ironie » au service du Christ (« Castellani n’était pas fou mais n’était pas commode. ») Écoutez cette conférence jusqu’au bout. Je la souscris mot pour mot (même s’il est encore question des processus, et pas de la verbalisation du mal – l’hétérosexualité -, ni des concepts employés par la Franc-Maçonnerie). Vous me remercierez.
J’ai retranscrit moi-même les 41 premières minutes de l’allocution d’Érick Audouard, car je la trouve brillante et pleine d’enseignements. Jugez par vous-mêmes.
« Bonsoir à tous
Merci en particulier à Pierre-Yves Rougeyron dont je tiens à saluer la générosité et la largeur d’esprit, des vertus qui ne courent pas franchement les rues aujourd’hui.
Mes compliments sincères aux personnes qui ont eu la curiosité ou l’extravagance de venir ce soir… à commencer par moi.
Avant toutes choses, j’aimerais que je vous sachiez que je ne suis pas universitaire, ni historien des idées, je ne suis pas théologien ni spécialiste de l’eschatologie. Comme il a été dit, je ne suis qu’écrivain. Un écrivain est supposé faire très attention aux mots qu’il emploie. Or le mot « Apocalypse » est sans doute un des mots les plus dangereux qui soient. Leonardo Castellani a donné son avis sur les conférences traitant de sujets dangereux. « Prenez garde avant de prendre la parole en public, disait-il, car il y a de plus en plus de dingues qui se baladent dans la nature, et les risques d’être compris de travers sont énormes. Le mieux, ce serait d’inventer les conférences en silence. » Et il ajoutait : « Les conférences en silence sont les bonnes œuvres. » Bon, manifestement, je ne ferai pas mes bonnes œuvres ce soir, et je ne pourrai pas échapper à tous les malentendus. Mais pour prévenir certains d’entre eux, je voudrais commencer en omettant deux objections contre le titre de cette intervention. Ça commence bien, direz-vous, d’autant plus que c’est ainsi que procédait, pour essayer de penser, les horribles intégristes du très obscur Moyen-Âge. La première objection se trouve dans l’usage abusif de l’Apocalypse pour expliquer toutes nos inquiétudes. La plupart du temps, les délires sur la Fin du monde sont des dérobades, des excuses pour éviter de penser. Si la notion d’Apocalypse ne nous contraint pas à exercer notre raisonnement, c’est un signe flagrant de paresse intellectuelle, et de paresse tout court. Les Témoins de Jéhovah font partie d’un folklore très sympathique, mais il manque de sérieux. Tout comme les théoriciens de l’effondrement global, d’ailleurs, surtout quand ils s’enivrent des malheurs qu’ils annoncent. La seconde objection, c’est le danger d’oublier, comme on le fait souvent, que nous n’avons jamais eu autant d’instruments de mesure et de prédiction. Ces instruments nous fournissent aujourd’hui un nombre presque illimité d’informations sur nous-mêmes et sur les choses qui nous entourent, de sorte que nous avons l’impression de ne plus rien ignorer de ce qui nous menace, depuis notre taux de cholestérol jusqu’à la fonte de la calotte glacière.
Une telle situation engendre ce que j’appellerai faute de mieux, et pardon pour la formule malheureuse, un état d’hypocondrie cognitive, qui engendre à son tour une paralysie de la décision et de l’action. L’Homme actuel s’en trouve affecté comme nul autre type d’Homme avant lui. Dans l’univers techno-scientifique qui est le nôtre, il n’est désormais presqu’aucune réalité, qu’aucun domaine qui ne soit infligé d’un expert ou d’un spécialiste, comme une petite chose malade ou mal fichue. Parler de « Fin des Temps » à l’Homme d’un tel monde, c’est non seulement risquer de le clouer dans son lit, mais de le plonger dans le coma. Il s’agit donc, vous le voyez, d’objections assez fortes et de bon sens. Elles désignent des impasses typiquement modernes et post-modernes, que ce soit dans l’excès d’ignorance ou dans l’excès de savoir. C’est un tout autre chemin que je voudrais esquisser ici en me servant d’une boussole, une boussole adaptée, c’est-à-dire capable d’orienter notre regard dans la confusion et le chaos qui nous cernent d’assez près aujourd’hui.
Cette boussole intellectuelle et spirituelle sera formée par les deux grands pôles que sont les travaux de René Girard et l’expérience vitale de Léonardo Castellani. Je commencerai par deux brefs exposés introductifs. Un premier sur les rapports que nous pouvons établir entre Girard et Castellani, un second sur Castellani lui-même, parce que beaucoup ne le connaissent pas. La troisième partie, plus longue, développera quelques éléments de leurs pensées apocalypticiennes proprement dites, après quoi, si nous sommes encore là, nous conclurons dans la joie et la bonne humeur parmi les ruines de ce monde.
Pourquoi associer René Girard et Léonardo Castellani ? N’ayant pas le temps de détailler leurs parcours, je vais me concentrer sur l’essentiel. René Girard est mort il y a trois ans. Son œuvre est sans doute plus ou moins fréquentée par certains d’entre vous. Celle de l’écrivain et prêtre Léonardo Castellani a peu de chances de l’être. Et pour cause puisqu’il vient tout juste d’être traduit, comme il a été dit, presque 40 ans après sa disparition. En apparence, leurs travaux sont aux antipodes. Ils ne se connaissaient pas, n’utilisaient pas les mêmes outils, s’exprimaient différemment. Placés l’un en face de l’autre, peut-être, voire sans doute ne se seraient-ils pas compris, parce qu’ils ne parlaient pas la même langue ni le même langage. Pourtant, Girard et Castellani ont de grands points communs. J’en donnerai 5. Le premier, c’est que leurs œuvres sont nées d’un saisissement semblable qui est le fondement même de l’étonnement philosophique : l’un et l’autre s’étonnaient du sort de la Vérité parmi les Hommes. Girard écrivait : « La Vérité est extrêmement rare sur cette terre. Il y a même lieu de penser qu’elle devrait être tout à fait absente. » Castellani n’a cessé d’en faire l’expérience. Son œuvre et sa vie toute entière sont marquées par de la résistance de la recherche du vrai, toujours minoritaire, toujours singulière, opposée à la puissance des mensonges collectifs. Deuxième point commun, c’est être des réalistes. Être réaliste, ce n’est pas faire preuve de cynisme mais avoir une conscience aiguë de l’extrême fragilité des choses, à commencer par la fragilité de toute communauté humaine. Et c’est bien sûr croire qu’il y a une réalité, et que notre esprit est fait pour la connaître. Troisième point : ils furent tous les deux de très grands psychologues, de grands connaisseurs de l’âme humaine, de ses passions et de ses troubles. Quatrièmement, et c’est important : ce sont des grands lecteurs des corpus bibliques, des évangiles et des textes prophétiques, en particulier. Ce point doit être souligné car c’est loin d’être toujours le cas chez les catholiques qui n’ont cessé depuis longtemps de lire ces textes, quand ils les ont lus. Je ne sais pas si vous connaissez cette remarque facétieuse de Péguy, qui disait en substance : « Les juifs lisent depuis des millénaires, les protestants lisent depuis Luther, et les catholiques lisent depuis… ma grand-mère. » Enfin, dernier point qui découle du précédent : ils se rejoignent tous les deux dans la profondeur de leur vision des choses. Cette vision était celle de la Révélation. Le terme grec « Apocalypsis » signifie littéralement « Dévoilement et Révélation ». Pas n’importe quel dévoilement. Pas n’importe quelle révélation. Une Révélation qui entraîne la Fin des Temps. La fin du système des choses de ce monde. René Girard et Léonardo Castellani étaient tous les deux aussi très alarmés par la multiplication des crises dans l’histoire, et par l’intensification de la violence. En distinguant l’idée d’Apocalypse de certaines divagations millénaristes, ils ont tenté de montrer de quelle manière elle était opérante ici et maintenant. Ce faisant, ils n’ont pas donné leur interprétation de quelques textes littéraires plus ou moins prophétiques. Ils se sont laissés eux-mêmes interpréter par ces textes. Girard l’a fait selon une méthode critique et anthropologique, Castellani de façon plus théologique et surtout plus existentielle, par son témoignage et son épreuve personnelle du martyre. Pour résumer, permettez-moi une petite anecdote. Il y a quelques semaines, j’essayais, comme ici, d’expliquer au philosophe Guido Mizrahi les concordances que je cherchais justement entre le grand chercheur français et le grand écrivain argentin. Tout à coup, il s’est exclamé : « Ne cherchez plus : L’Apocalypse, Girard l’a comprise ; Castellani l’a vécue ! » J’ai trouvé la formule très drôle. Mais elle est beaucoup mieux que drôle : elle est juste.
Puisque Castellani est inconnu, quelques mots à son sujet. Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le reconnaît à ce signe : que tous les imbéciles sont ligués contre lui. Cette fameuse phrase de Jonathan Swift pourrait suffire à caractériser son destin. En tant que cible privilégiée des imbéciles, il a battu des records. Pour le définir très brièvement, disons que le père Castellani fut un original dans la tradition catholique. Original au sens d’originel, c’est à dire « près de la source ». Entre sa naissance en 1899 et sa mort en 1981 à Buenos-Aires, ce « véritable phénomène humain », comme le qualifia un écrivain européen qui lui avait rendu visite dans les années 50, tout à la fois prêtre, philosophe, poète, critique, romancier, nouvelliste, exégète, prédicateur, théologien, se sera occupé de tous les sujets essentiels. Il aura également reçu plusieurs surnoms, comme celui de « curé fou » ou encore de « prophète incommode ». De fait, Castellani n’était pas fou mais il n’était pas commode. C’était à la fois un contemplatif et un lutteur. Un guerrier. Les images du combat parsèment son œuvre du début à la fin, révélant en lui un fond tout à fait certain d’agressivité transfigurée par la Charité. Ses toutes dernières paroles, à plus de 80 ans, auraient été : « Je me rends. » On ne saurait dire mieux. S’il fut un prophète, il fut un prophète in extremis, résolument antimoderne, mais d’une certaine façon plus moderne que les modernes, notamment parce qu’il était habité par un grand sens de l’humour et de l’ironie. Une sorte d’Isaïe sarcastique, si vous voulez.. Ou de saint Paul. Conscient du caractère totalement insensé voire délictueux de l’exigence chrétienne au regard des standards contemporains, c’est-à-dire des valeurs de bien-être, de confort, de sécurité, qui triomphent aujourd’hui. Un prophète moderne qui était aussi extrêmement conscient de la bouffonnerie de la modernité, de l’impressionnante aptitude de notre époque à parodier et à falsifier tout ce qu’elle touche, y compris et surtout l’exigence chrétienne.
Clarifions tout de suite l’appellation de prophète qui peut être mal comprise. Qu’est-ce qu’un prophète ? René Girard en a donné une description tout à fait factuelle. Le prophète est toujours d’abord un homme idolâtré par la foule enthousiaste. Mais peu après, lorsque la foule se rend compte des conséquences redoutables du message qu’il apporte, elle se retourne contre lui. L’existence de Castellani répond à ces critères. D’abord choyé pour ses dons intellectuels et artistiques, il a été persécuté à cause des implications du message qu’il apportait. Ni sa patrie, ni l’Église en place, n’étaient disposées à entendre son extraordinaire capacité à les définir, et à dire des choses définitives à leur sujet. Il n’adorait pas l’État ou la Nation argentine, mais il aimait profondément son pays, un pays encore jeune mais déjà en perte de substance et d’identité, un pays infecté par le libéralisme, et de plus en plus soumis à la prédation étrangère britannique et yanqui, comme il l’aurait dit, un pays en crise qui voyait fondre à vue d’œil dès les années 40 ce que nous appellerions aujourd’hui sa souveraineté. Pour Castellani, le problème politique n’était pas le problème suprême. Pas du tout. Mais il était l’urgence. C’est à cause de cette urgence qu’à la demande de ses amis de la droite nationale, il consentit un jour à figurer sur une liste de candidats du parti Alianza Libertadora Nacionalista. Mais c’est au prétexte de cet engagement, et de ses critiques à l’égard du clergé local, qu’il fut condamné par sa hiérarchie à subir une très pénible période de réclusion sous surveillance en Espagne et qu’il finit par être expulsé de l’ordre des jésuites en 1949 après s’être évadé. À ce propos, il serait malencontreux que certains y trouvent une confirmation de leur mépris pour l’Église et pour les chrétiens. Il s’agirait d’un contre-sens complet. En effet, bien que quelques-uns de ses frères lui aient infligé des vexations cruelles, Castellani n’est pas le Soljenitsyne des catholiques. Soljenitsyne a dénoncé l’idéal communiste. Castellani n’a pas dénoncé l’idéal chrétien. Au contraire, il a surmonté ses épreuves en y trouvant de nouvelles preuves de la véracité de l’idéal chrétien. Je pense qu’on peut l’associer à cette famille de singularités universelles dont parle René Girard dans Achevez Clausewitz, cette famille d’esprits insoumis qui ont pensé en contre-point des révolutions et des grands bouleversements révolutionnaires du monde moderne. Dans la définition girardienne, ce qui caractérise ces singularités, outre leur absence de compromission avec le pouvoir temporel, outre le fait d’avoir échappé au ressentiment, c’est d’avoir perçu le moment apocalyptique, c’est-à-dire la Vérité radicale en train d’apparaître dans l’affolement en cours. Durant son calvaire, Castellani est parvenu à créer une cinquantaine d’ouvrages au service de cette radicalité. Elle a condamné son œuvre à l’oubli. Et c’est pourquoi j’ai écrit, dans la préface du recueil dont Mathurin a parlé, qu’il avait été maudit et malheureux. Mais nous devrions dire aussi qu’il a été béni et heureux. Parce que c’est une bénédiction et une joie de souffrir avec des yeux et un cœur grand ouvert plutôt que de jouir dans l’indifférence et l’aveuglement.
Abordons maintenant le vif du sujet. Notre monde est en crise. C’est un secret pour personne, j’espère. La question que nous devons nous poser n’a rien de complexe. Cette crise a-t-elle un sens ou en est-elle dépourvu ? S’agit-il d’une vulgaire grippette civilisationnelle dont nous sortirons bientôt ragaillardis, ou d’une aventure plus ou moins terminale ? Bien entendu, chacun des thèmes, des motifs qui vont suivre, ne sont que des amorces de réflexion. Elles nécessitent non pas des nuances – des nuances, nous en avons bien assez, et dans le brouillard, ça ne sert à rien – mais des éclaircissements et des approfondissements que la lecture de nos deux auteurs vous fournira si vous en prenez la peine. Le nihilisme, ou plutôt le pseudo nihilisme contemporain consiste précisément à rejeter la signification de la crise actuelle. Il est deux façons de le faire. D’un côté, il y a la manière pessimiste, qui établit un avis de décès au lieu d’une ordonnance, comme le décrivait Castellani à propos des penseurs qu’on pourrait qualifier de « déclinistes », c’est-à-dire ceux qui jugent que la civilisation occidentale est en train de succomber de cancer ou de vieillesse, comme d’autres civilisations avant elle, et qu’il n’y a plus qu’à regarder le bateau couler. De l’autre côté, il est la manière optimiste : celle des progressistes, qui ne nient pas ces signes, mais qui les prennent pour des accidents, pour des obstacles passagers au progrès indéfini, pour de petites anicroches à l’avènement du paradis sur terre, lequel paradis, comme on sait, devrait être livré un jour prochain à votre domicile par une grande entreprise de commerce électronique dont je tairai le nom (je crois qu’elle est basée à Seattle).
Il ne faut pas chercher à repérer ces deux attitudes dans des camps bien distincts. Castellani disait que cet optimisme et ce pessimisme se trouvaient en chacun d’entre nous, au gré de notre humeur, tantôt euphorique, tantôt déprimé. À l’évidence, les soubresauts de notre époque profondément maniaco-dépressive lui donnent raison sur toute la ligne. La courte phrase que je vais vous lire est extraite d’un texte intitulé : « Vision religieuse de la crise » : « Si l’Homme n’a aucune idée d’où il va, il ne peut y aller, écrit Castellani. Si l’Homme continue à se mouvoir sans savoir dans quelle direction il se meut, arrive un moment où son motus cesse d’être humain pour devenir simple agitation, convulsion et spasme mécanique. » Simple agitation, convulsion, spasme mécanique… chacun de ces termes décrit assez bien de nombreux phénomènes actuels, tant à l’échelle individuelle que collective. Il semble bien que, faute de direction, quelque chose soit en train de cesser d’être humain dans notre Humanité.
Parmi les nombreuses évidences que Castellani nous remet très crûment sous les yeux, il y a celle-ci : nous ne savons plus du tout où nous allons. Si nous ne saisissons pas la signification de la crise, c’est que nous ne saisissons plus le sens de la destinée humaine en général. Il y a un lien très étroit entre ce qui nous arrive, et le fait que nous ayons expulsé toute idée d’une finalité ou d’une vocation, toute idée d’une fin transcendante à notre existence sur cette terre. Nous ne connaissons plus notre but et notre fin. C’est-à-dire notre raison d’être et de connaître. En bref, le paradoxe de la crise que nous connaissons, c’est qu’il s’agit avant tout d’une crise de la connaissance.
Pour illustrer ceci, prenons un des dogmes les plus en vigueur, que vous pouvez retrouver dans la bouche d’un brillant essayiste en vogue, ou dans celle de votre beau-frère informaticien. Le brillant essayiste en vogue formulera le dogme de cette façon : il n’y a pas de nature intelligible par l’esprit, mais un matériel sensible informe, et des cerveaux qui le structurent. Pas de connaissance, donc, puisque pas de connaissance en soi dans les choses telles qu’elles sont. C’est l’Homme et l’Homme seul, or de tout référent objectif, hors de tout ordre fixe, de toute norme et de toute loi immuable, qui leur donne un sens et qui crée du sens. Votre beau-frère informaticien dira la même chose, mais de façon plus sommaire, en usant de la formule magique bien connue : « À chacun sa vérité. » Le problème avec un tel dogme, ce n’est pas qu’il soit une erreur. C’est qu’il mente. C’est un mensonge pur et simple, une aberration doublée d’une complète malhonnêteté. Et il y a une façon assez triviale de le démontrer. Il suffit d’accuser de viol ou de meurtre la personne qui professe ce dogme, et d’attendre ensuite de voir si elle continue à agir comme s’il n’existait aucun référent objectif pour prouver son innocence. En général, tout individu normalement constitué, qu’il soit essayiste ou informaticien, ne tarde pas à jurer sur la tête de sa mère, qu’il est l’objet d’une accusation fausse. Pas relativement fausse, mais objectivement et absolument fausse. Quand la vie réelle montre son nez, le plus dogmatique des relativistes fait appel aux critères les plus dogmatiques du vrai et du faux que son dogme rejette.
J’ai pris cet exemple parce qu’un très grand nombre des absurdités qui pullulent aujourd’hui repose sur ce genre d’hypocrisies manifestes. Pour plusieurs raisons, nous vivons dans des sociétés – je pense surtout aux nôtres, aux sociétés qui sont occidentales – qui ont une tolérance infinie à l’égard de la duplicité. Ce ne serait pas trop grave si nous la reconnaissions comme telle, mais cela le devient quand on cesse de la reconnaître. Alors se forme une illusion, une auto-mystification, dont les dommages sont extrêmes, et pas seulement sur le plan du langage.
En réalité, nous savons tous que les choses vont mal. Mais nous voulons rester en surface, à la superficie. Nous ne voulons pas examiner les causes profondes du mal. Nous restons dans le comment, sans plus nous demander pourquoi. Et nous croyons même avoir effectué une opération hautement rationnelle, en expulsant toute explication métaphysique de notre histoire. Cette mutilation explique en partie l’extraordinaire prolifération de la technique dans notre monde. Avec ses diagnostics superficiels. Avec ses recettes. Ses commandements, qui s’occupent de corriger les symptômes, de les rendre corrects, de les modérer, voire de les effacer, sans jamais identifier l’origine du problème.
Pourtant, contrairement à ce que racontent les croque-morts de l’Occident, ces professionnels du déclin, qui partagent avec les employés des pompes funèbres un certain goût pour les cadavres lucratifs, contrairement à ce que ces aimables corbeaux croient (ou croassent), c’est notre tradition qui est le mieux placée pour penser la crise. J’ai bien dit « notre tradition ». J’ai bien dit « pour penser ». Non pour produire une nouvelle théorie, ou un nouveau système. Car s’il y a bien une véritable fausse information, parmi toutes les fake news qui nous accablent, c’est qu’il y aurait du nouveau dans cette affaire. D’un côté, un intellectuel comme Julien Freund n’a pas tort lorsqu’il déclare que « les nations d’Europe sont en voie de sous développement ». Mais de l’autre, nous avons des raisons de croire que nous disposons des clés pour comprendre les origines de cette évolution désastreuse.
Si les catastrophes en cours nous révèlent ou dévoilent quelque chose, de quelle révélation parlons-nous ? Je m’en excuse par avance, mais me voici maintenant en train de parler d’une chose intolérable pour la plupart des hommes d’aujourd’hui, d’une chose repoussante, même, pour les sages et pour les savants, c’est-à-dire pour le gros des intellectuels qui sont capables d’avaler bien des choses, sauf celle-ci : cette chose intolérable et tout à fait repoussante s’appelle la Révélation chrétienne. Je ne vais expliquer tout ce que contient cette Révélation, n’ayez crainte. D’abord parce que cela dépasse mon magistère ; ensuite parce qu’il y a plusieurs révélations dans la Révélation, et que la compréhension de certaines d’entre elles se trouvent encore devant nous, sans aucun doute. Cependant, il y a une révélation évidente et simple dont il est possible de parler sous l’angle castellianien et girardien : il s’agit de la révélation de la violence à l’origine de toute culture humaine. Les Hommes sont des créatures de nature fondamentalement violente. Les plus violentes de toutes. Des créatures homicides depuis le commencement, qui rivalisent à mort entre elles, et qui n’échappent au chaos qu’en sacrifiant des victimes innocentes. Ce savoir, ce n’est pas le paganisme antique qui l’a produit. Ce savoir, les Hommes ne l’ont pas trouvé tout seuls. Selon le christianisme et la Tradition biblique, les Hommes sont même parfaitement incapables de l’envisager de façon naturelle. De façon naturelle, les Hommes ont tendance à ne pas savoir ce qu’ils font. Et plus ils sont unanimement cruels et meurtriers, moins ils le savent. Figurez-vous qu’il a fallu que Dieu nous envoie son fils en personne pour nous en informer. Et figurez-vous que cela n’a pas suffi. Il a fallu qu’il ressuscite après que nous l’ayons tué. Il a fallu qu’il revienne de la mort pour que quelques pauvres types – pas des philosophes, pas des sages, pas des savants ni des intellectuels – mais quelques individus simples et sans qualité, à peine douze, commencent à réaliser l’énormité du message.
Je le répète : il y a bien des façons d’aborder la Révélation. J’ai choisi la plus blessante, celle que Girard et Castellani ont remise en pleine lumière, car au fond, cette Révélation divine est la plus grande blessure narcissique qu’ait jamais reçue le genre humain. Ce savoir sur notre violence nous fait… violence. Il n’est pas agréable. Il n’est pas sympathique. Il n’est définitivement pas « cool ». En apparence, il n’est même pas très « human friendly ». Comme cette Révélation est la véritable origine de toute démythologisation et de toute démystification, on a longtemps considéré, et certains considèrent encore, qu’avec elle a commencé ce que certains appellent « le désenchantement du monde ». Si l’on pense que le monde était enchanté au temps des sacrifices païens, la chose est vraie. Bien sûr, il ne faut pas exclure les formidables efforts qu’on trouve ailleurs, surtout chez Platon et Aristote, pour débarrasser la connaissance de ses vestiges mythiques. Mais le fait est qu’ils étaient arrêtés par l’utilité politique et sociale des cultes sacrificiels. C’est la Passion du Christ qui a d’abord signé le début de la fin pour le sacré archaïque, parce qu’elle en a dévoilé les fondements.
Ce dévoilement a-t-il réellement modifié les comportements humains ? La réponse – j’ai le regret de le dire – est non. Bien qu’ils en aient tiré un profit sans précédent, les Hommes ne se sont pas réellement convertis. Ayant refusé l’offre et les conditions du Royaume de Dieu, et ne les ayant pas comprises, ou n’ayant pas voulu les comprendre, ils ont continué à se tromper eux-mêmes. Ils n’y sont pas parvenus avec la même efficacité qu’auparavant, mais ils ont continué, ils ont continué, en sophistiquant leur mystification, en essayant de les rendre compatibles avec l’un ou l’autre des aspects de la Révélation. L’aventure a donné lieu à la civilisation la plus puissante que le monde ait connue : la nôtre. Une civilisation qui a combiné le courant judéo-chrétien et le courant gréco-romain, et qui à travers cette combinaison, a connu un développement exceptionnel, en s’affranchissant peu à peu des rites primitifs, de la sorcellerie, des croyances barbares, magiques, une civilisation qui a pu explorer et exploiter l’univers visible, avec de moins en moins d’obstructions, qui a émancipé la personne humaine de la sujétion des tribus, des cités, des empires, libérant ainsi une Voie Royale pour la pensée, pour les arts, et surtout pour les sciences et leurs innombrables applications techniques.
Mais voilà. Malgré quelques magnifiques époques, malgré l’Église, malgré le Saint Esprit, malgré la communauté des saints, cette civilisation n’a pas été évangélisée en profondeur. Elle n’a pas suivi le Christ et ses commandements. Il est donc fatal qu’au cours de leur histoire, en même temps que de nombreux biens leur advenaient, les Hommes les plus civilisés aient libéré toujours davantage la puissance du mal qu’ils portaient en eux. Cette puissance du mal continue à se déchaîner de nos jours. L’idée de l’Apocalypse est qu’elle se déchaînera sans limite. Après une apostasie générale et une immense tribulation, faites de cataclysmes tout autant naturels que culturels, après une persécution affreuse et une guerre de tous contre tous, ponctuées par un dernier intermède peut-être pire encore que la guerre, le Christ reviendra pour mettre un terme à l’autodestruction de l’Humanité et son règne n’aura pas de fin. Telle est l’idée de l’Apocalypse.
Rappelons que cette Apocalypse n’est pas une mauvaise chose. Elle n’est mauvaise que pour les espoirs mondains. Elle n’est désespérante que pour l’excès désespéré de sollicitude terrestre. En soi, c’est une Bonne Nouvelle car elle nous apprend que la Vérité est absolument transcendante, et qu’Elle a d’ores et déjà gagné. Vérité qui travaille malgré nous, en dépit et à cause des efforts que nous fournissons pour la refuser. Plus le refus augmente, plus son règne se rapproche. Voilà ce que notre Tradition nous apprend si nous voulons bien l’entendre. Voilà ce que Girard et Castellani n’ont cessé de nous rappeler. Nous allons examiner maintenant quelques signes des temps en leur compagnie.
La place absolument considérable qu’a prise le divertissement est l’un d’eux. À certains égards, on pourrait dire que l’extension de divertissement à tous les domaines de l’existence est la catastrophe qui cache et qui reflète toutes les autres. À la fin d’un article à la fois très humoristique et très pénétrant sur la culture, Castellani affirmait que l’Homme moderne et soi-disant « civilisé » se retrouve prisonnier d’une terreur semblable à l’Homme des cavernes. C’est pourquoi – dit-il – les gens essaient de noyer l’invisible angoisse qu’ils portent en eux dans les eaux mouvantes et de tant de diversions qu’ils nomment « culture ». Et plus fébriles, plus exaltées, plus excitantes, elles sont, mieux c’est. Et Castellani d’ajouter : « Qu’ils les nomment comme ça leur chante. Pour ma part, j’appelle ça siffler dans le noir, ce qui – on le sait – n’a jamais éclairé personne. »
Après la Seconde Guerre mondiale, l’obscurité s’est aggravée. Et nous nous sommes mis à siffler dans le noir comme jamais. L’ampleur des massacres, le perfectionnement des techniques de mort, couronnées par l’apparition du péril nucléaire, ont rendu envisageable l’autodestruction de l’espèce humaine. Cette perspective n’a cessé de hanter la paix qui a succédé aux conflits. Elle hante notre époque plus que jamais. En même temps que la guerre devenait l’institution permanente de l’Humanité, et alors que les progrès techniques se développaient de façon spectaculaire, la généralisation du catastrophisme a engendré la plus grande production de divertissements culturels et d’euphorisants idéologiques que notre Histoire ait connue. Des divertissements et des euphorisants précisément conçus pour distraire et pour étourdir la terreur de l’Homme moderne ou postmoderne.
Depuis 1945, quantité d’autres périls se sont rajoutés aux précédents : la pollution de l’air et des sols, l’épuisement des ressources, ces nouvelles pestes que sont les maladies dégénérescentes, les changements climatiques, les millions de migrants et de réfugiés. Et que dire de la disparition du droit ? de la confiscation du pouvoir politique et économique par quelques groupes supranationaux ? Que dire de l’eugénisme bio-technologique ? Que dire de l’éclatement de la famille et des institutions primordiales ? Que dire du grégarisme narcissique et de la persécution haineuse au moyen des réseaux dits « sociaux » ? Que dire de l’effondrement des systèmes éducatifs et judiciaires ? de la disqualification du sens commun et du raisonnement logique ? de l’abolition des critères de jugement des productions littéraires et artistiques ? Et que dire du terrorisme ? du ressentiment du Sud contre le Nord ? des guerres ? des rumeurs de guerres ? J’arrête là.
J’ai dit qu’il n’y avait dans notre monde presqu’aucune réalité qui ne soit affligée d’un expert ou d’un spécialiste comme une petite chose malade ou mal fichue. L’incidence de ce phénomène sur la psyché humaine est dévastatrice. Pour l’Homme d’un tel monde, la confiance n’est plus naturelle. La simple énergie nécessaire pour poser le pied par terre fait souvent défaut. Seules des drogues puissantes peuvent l’aider à se mettre debout. Des drogues ou les écrans, ou des idéologies… car les écrans sont des stupéfiants visuels, et toutes les idéologies sont des stupéfiants intellectuels. Castellani a synthétisé cette évidence dans une maxime d’une simplicité géniale : « La religion n’est pas l’opium du Peuple. L’opium du Peuple, c’est l’opium. » Ce qu’il observait, c’est que le besoin d’opium était en train d’envahir le monde moderne comme nul autre univers avant lui, que la demande de divertissement ne cessait d’augmenter, que cette fièvre maniaque de distraction, cette avidité frénétique de diversion et de frivolité, ne débouchaient sur aucun amusement réel, sur aucun loisir véritable, et même sur aucune joie.
Ces divertissements, nous ne pouvons même plus les qualifier de « culturels » aujourd’hui. Car le culturel est en train d’être absorbé sous nos yeux par le technologique. C’est que la technologie remplit bien plus efficacement cette fonction de diversion et de distraction. Elle est plus pure que la défunte culture. Elle ne prétend éduquer ni forger des intellects. La technologie n’a pas que des inconvénients. Elle nous aide, c’est certain. Mais nous aide-t-elle à être meilleurs les uns pour les autres ? Nous aide-t-elle à mieux voir et à mieux comprendre ? Nous sauve-t-elle du néant ? Ou ne serait-elle pas plutôt au contraire, pour le dire à la façon de Blaise Pascal, « ce qui permet aux Hommes de courir sans souci dans le précipice, après avoir mis quelque chose devant leurs yeux pour s’empêcher de le voir » ?
Avec la multiplication des appareillages artificiels, nous voyons vraiment ce que veulent les Hommes et les masses. Si l’une des grandes originalités de notre monde est d’avoir élevé la vulgarité au rang de pandémie, et ça l’OMS n’y peut rien, c’est que le client y est roi et que le roi est nu. Le roi dans lequel vous aurez reconnu l’individu dit « souverain » des sociétés dites « démocratiques », a désormais ce qu’il veut. Il a en tout cas infiniment plus que n’ont jamais rêvé de posséder ses ancêtres. Pour ce roi sans foi ni loi, tout est désormais jugé sous l’angle du plaisant, du facile, de l’agréable. Tout doit devenir divertissant, ou périr. Y compris des choses aussi sérieuses que le travail, le mariage, la famille, l’amour, l’amitié, la spiritualité. Et nous savons qu’il est prêt à sacrifier le Réel pourvu que ses désirs soient satisfaits. Dans une servitude confortable et sans fin. Non seulement c’est ce qu’il veut, ou croit vouloir, mais comme ces petits despotes serviles ne se mouchent pas du coude, il exige aussi que cette servitude confortable soit appelée « Liberté ». Castellani, qui respectait le sens des mots, voyait venir cette perversion dans le langage. Il voyait l’altération que les mots étaient en train de subir dans le but de dissimuler la réalité des choses, réalité qu’il résumait ainsi : « Toutes les destructions actuelles – politiques, économiques, sociales, environnementales, etc. – ne sont que les fruits des destructions spirituelles et historiques qui les ont précédées. »
Je voudrais attirer votre attention sur un autre signe concomitant, qui ne me semble pas du tout négligeable. Beaucoup des divertissements actuels diffusent un imaginaire résolument catastrophiste, horrible, horrifiant, de plus en plus apocalyptique. Cette mode est-elle le fruit du hasard ? Je ne crois pas. Certains voient dans ce phénomène le fonctionnement de la bonne vieille catharsis aristotélicienne. Ils ont raison, à condition cependant de rappeler que toute catharsis se fonde sur un appétit de cruauté, sur une fascination pour la destruction et la mort d’autrui. Ce que Castellani appelait simplement « le goût des sacrifices humains ». Sur ce que Ernest Hello appelait pour sa part, dans une terrible formule, « l’envie de savourer quelque chose qui fasse mourir ».
Pourquoi cette cruauté chez les Hommes ? Pourquoi cette violence ? Curieusement, très peu de gens se posent cette question. Il semble même interdit de la poser aujourd’hui. Après avoir rompu avec toute tradition, ou presque, notre époque se flatte pourtant d’être ouverte et sans inhibition. En réalité, elle est ouverte au déluge du superflu et complètement étanche aux questions cruciales. Toute l’œuvre de René Girard pose la question de la violence et du mal. Elle tente d’y répondre à la lumière du savoir biblique par des hypothèses qui remontent aux origines de l’hominisation. Encore une fois, je vous renvoie à cette œuvre immense que je me garderai bien de résumer. Si elle est encore si peu comprise, c’est qu’elle ne fait pas de cadeau à tous ceux qui, je cite, « se croient non-violents simplement parce qu’ils bénéficient au maximum de la protection des puissances et des principautés ». Castellani, quant à lui, n’hésitait pas à appeler « menteurs » ces non-violents d’opérette, aujourd’hui très nombreux, qui se disent « pacifiques », alors qu’ils ont délégué à des institutions, l’usage de la force nécessaire à leur survie. « Le lâche est toujours menteur, soutenait Castellani, parce que celui qui ne veut pas voir sa propre violence met toute sa confiance dans le mensonge. »
Rien ne rebute autant nos sociétés que de regarder en face le mal et la souffrance. Nous aurions tort d’en être surpris. Ce sont essentiellement des questions religieuses. Et le religieux est le grand tabou de la modernité. Selon Girard, la doxa contemporaine est même devenue une espèce de religion : la religion de l’ignorance du religieux. Il y a quelque chose que nous ne voulons plus du tout voir ni entendre : la responsabilité de l’Homme dans sa chute, la semence de perversité qui habite notre espèce, la permanence voire le renforcement des traces du péché originel en nous, telles que l’orgueil, l’envie, la jalousie, le ressentiment. L’écrivain et chercheur Olivier Rey, qui est un lecteur conséquent de Girard – ils ne le sont pas tous, loin s’en faut – est venu parler ici même de l’oubli du mal comme du fondement de la modernité. En substance, il démontrait qu’au lieu de considérer que le dogme du péché originel essayait de rendre compte et de canaliser le mal et la souffrance, les modernes ont jugé que ce dogme empêchait l’Humanité de concevoir les moyens humains de s’affranchir du mal et de la souffrance, au point d’accuser le christianisme, l’Église, voire toutes les religions, d’être coupables du sempiternel malheur des Hommes.
En bref, les modernes n’ont pas cherché à comprendre. Ils ont cherché à subjuguer ou à supprimer ce qu’ils devaient comprendre. Et comme il est impossible de supprimer le mal et la souffrance, que finit-on par faire ? On finit par supprimer ceux qui le disent, en leur reprochant d’être les agents violents du mal et de la souffrance. On finit par supprimer la condition traditionnelle de notre condition. On finit par supprimer l’Histoire. Prenons exemple de la science et de la médecine qui ont acquis un empire extraordinaire sur nos vies. Cet empire s’explique en grande partie par leur prise en charge du problème moral et métaphysique du mystère de l’être qui se pose à tous les Hommes, s’ils sont Hommes. Nous avons confié ce mystère à la science et à la médecine pour qu’elles nous en débarrassent, pour qu’elles remplacent la question du Salut par des questions de santé. Et ce n’est pas vraiment la souffrance en soi qu’on cherche à éliminer, mais tout ce que la souffrance nous apprend sur nous-mêmes.
Au fond, pour le monde moderne, la Vérité sur la nature humaine ne doit plus être dite. Les dommages psychiques d’un tel déni sont gigantesques. La propagation d’un très grand nombre de pathologies mentales vient du déchaînement ou de la libération du désir et de l’envie, et même de ce qu’on appelait autrefois dans les très funèbres et très ténébreuses préhistoires du progrès, la « concupiscence ». Croire que les Hommes sont capables d’accéder aux délices célestes en évitant toute épreuve et toute sublimation, croire que l’on peut jouir des Béatitudes sans passer par la pratique des vertus ou le respect des commandements, c’est non seulement mettre en péril toute communauté humaine, mais c’est aussi l’autoroute pour Sainte Anne. Castellani disait le plus grand bien de Sainte Anne. « Je dois rendre grâce à la Providence d’avoir passé deux ans en tant qu’interne, non en tant qu’interné, à l’asile Sainte Anne de Paris. Cette remarquable institution m’a permis de progresser considérablement dans ma compréhension du monde moderne. » »
La stupidité hystérique des pro-Vie (le cas d’Alfie Evans)
En ce moment, l’affaire du petit Alfie Evans agite la cathosphère et les pro-Vie. Même le Pape s’en mêle. Ils s’y prennent comme des pieds puisqu’ils pratiquent ce qu’ils dénoncent. Comme une auto-punition, en fait. En diabolisant les pro-gays… pour en réalité se dispenser de parler d’homosexualité, homosexualité qui est l’alibi affectif principal de toutes les lois transhumanistes, et se permettre d’être discrètement homophobes, nous sortent-ils de la situation ? Non. Au contraire. Leur attitude rajoute de la colère, de l’accusation et de la confusion, mais ne résout rien. Tant que les pro-Vie ne laissent pas les personnes homosexuelles parler d’homosexualité, et qu’ils ne reconnaissent pas la primauté du traitement de l’homosexualité sur l’échiquier des débats de bio-éthique, pas la peine qu’ils se plaignent, qu’ils hurlent à la « dictature » d’État, qu’ils se valent du Pape François, qu’ils se placent en victimes et qu’ils désignent les autres comme des « agents du diable ». Les censeurs, ce sont eux. Ceux qui regardent mourir et étouffer les personnes (homosexuelles), ce sont eux. Car il faut être aveugle pour ne pas voir que le « mariage gay », la GPA, l’euthanasie, sont défendus au nom de « l’amour » (homo) par des personnes gays friendly voire homos, et même si ces dernières se disent catholiques et de droite (Jean-Luc Romero, Caroline Mécary, Anthony Hayden, Erwann Binet, Emmanuel Macron, etc.).



Rien ne sert de parler de « dictature », et encore moins d’une dictature de la laïcité. La laïcité n’est pas le problème, étant donné que la vraie laïcité, c’est Jésus en personne. Le vrai problème, c’est d’une part le laïcisme, et d’autre part le silence complaisant des catholiques et des pro-Vie par rapport à l’homosexualité, puisque les promoteurs de l’euthanasie sont tous pro-gays voire homos. Les passionarias du petit Alfie sont invitées à pleurnicher/prier ailleurs que dans ma liste de contacts. Je leur conseille de pleurer sur elles-mêmes plutôt que sur lui, et plutôt que de battre leur coulpe sur la dictature « Idéologie », dictature qu’elles ne nomment pas autrement, parce qu’en réalité elles la cautionnent sans même s’en rendre compte.



Tout comme pour l’affaire Charlie Gard, je trouve la parole des parents du petit Alfie Evans douteuse et fausse : le père de ce dernier le transforme en « gladiateur ailé » angélique. Euh… On va se calmer deux secondes. Alfie, même s’il est sous doute au Ciel (et je le lui souhaite) reste un Homme, et non un ange, et est encore moins un demi-dieu de la mythologie grecque. On retrouve cette héroïcisation cinéma et angélisation hystériques chez bon nombre de pro-Vie qui soit disent que « le Ciel a gagné un nouvel ange » (Derrière ce poétique angélisme « chrétien » se cache en réalité une diabolisation non moins idiote du juge Anthony Hayden et plus largement du « Système-Idéologie » ou « Dictature de mort ») soit font de Alfie un « héros » (un saint, à la rigueur, why not?… mais un héros ? Depuis quand être une victime nous transformerait en héros ?). Allô! Les pseudo « catholiques » descendent tellement bas en ce moment qu’ils sont prêts à suivre n’importe quel courant émotionnel médiatique qui les victimisera, sans même prendre le temps de prudence de connaître les tenants et aboutissants du dossier qu’ils défendent, et le profil psychologique des plaignants (car les parents de ces enfants-martyrs semblent loin d’être des saints aux intentions pures : il suffit de regarder les réactions glaçantes de défi chez le père de Charlie Gard), au nom en plus d’une raison juste : la dénonciation de l’euthanasie des enfants et des personnes fragiles. Je renouvelle donc mes soupçons à propos de la justesse de ce combat. Nous ignorons les trois-quarts des pièces du dossier, et n’entendons qu’un seul son de cloche.
P.S. 1 : Ah eh puis je vire aussi de ma liste ceux qui croient que c’est courageux de partager l’indignation de la journaliste Charlotte d’Ornellas. Pas loin de 400 partages sur Facebook : c’est vendeur, la pleurnicherie.

P.S. 2 : Le délire des « catholiques » ne s’arrête pas là. Après avoir angélisé Alfie, maintenant, Virginie Tellenne – alias Frigide Barjot – le transforme (sérieusement : je précise) en… elfe ! haha. D’ailleurs, on a tous compris que ce bébé nous demande de voter pour l’Union Civile et d’adhérer à l’Avenir Pour Tous. Il en dit, des choses, cet Alfie Evans, depuis le Ciel. Il a plein de messages et de demandes à nous faire. Preuve qu' »il » est vivant! C’est pas « Jacques a dit », c’est « Alfie a dit ».

Définition concise de la bisexualité
Je n’aurai ni le temps ni le loisir de retranscrire la prochaine et dernière vidéo « Définition de la bisexualité ». En revanche, je peux vous faire le condensé suivant. La bisexualité, c’est à mon avis l’expression érotique d’une angoisse survenue à cause de la confusion entre Amour et tendresse, ou entre Amour et sentiment amoureux, ou encore entre Amour et plaisir (notamment génital, en particulier face au porno). La bisexualité n’est donc pas une identité mais un comportement, un appel au secours dans un moment de construction et de confusion souvent expérimenté pendant l’adolescence. Rien de « cool » ni d’ « ouvert » en elle, bien au contraire !
Cet article bénéficiera bientôt d’une vidéo sur Youtube, intégrant une série de 15 entretiens tournés en avril 2018 à Lourdes avec la journaliste Nathalie Cardon, et dans le droit fil de mon livre Homo-Bobo-Apo. Voici les articles de chacun d’eux :
1 – « Les 11 messages subliminaux diffusés dans l’émission ‘The Voice’ »
2 – « Le Synode des jeunes : la cata »
3 – « Le raz-de-marée de la transidentité » (transsexualité)
4 – « Le Boom des pastorales d’accompagnement des personnes homosexuelles dans l’Église »
5 – « Mylène Farmer, Grande Architecte de la Franc-Maçonnerie gay friendly »
6 – « Pourquoi La Manif Pour Tous est un vrai désastre »
7 – « Pourquoi parler d’homosexualité dans les établissements scolaires est Mission Impossible »
8 – « L’homosexualité dans la série de TF1 Demain Nous Appartient »
9 – « Je me suis ridiculisé publiquement : Comment vivre avec cette honte ? »
10 – « L’Hétérosexualité est la Bête de l’Apocalypse »
11 – « Les 4 armées de la Bataille finale d’Armageddon »
12 – « Visite maçonnique de Macron aux Bernardingues »
13 – « Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère »
14 – « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église » »>priorité niée dans l’Église »
15 – « Définition de la bisexualité »
Plan du script sur « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église »
Je publie ici juste le plan de l’article Homosexualité : la priorité niée dans l’Église, sans le développement ni les exemples qui ont été intercalés dans la vidéo.
1) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE L’HOMOSEXUALITÉ EST LE PRINCIPAL SUJET SUR LEQUEL LES ANTICLÉRICAUX ATTAQUENT L’ÉGLISE (ILS ONT COMPRIS LES AUTRES OPPOSITIONS ECCLÉSIALES).


2) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE BEAUCOUP DE CHOSES ESSENTIELLES, INCARNÉES, DÉMONTRÉES ET POSITIVES SUR LE SUJET, N’ONT PAS ÉTÉ DITES PAR LES GENS D’ÉGLISE.

3) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE L’HOMOSEXUALITÉ N’EST PAS COMPRISE : C’EST LE SEUL SUJET SUR LEQUEL LES GENS BUTENT PAR RAPPORT À L’ÉGLISE ET NE LA COMPRENNENT PAS.


4) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE C’EST LE SEUL SUJET SUR LEQUEL NOS COMMUNAUTÉS SE DIVISENT.

5) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE LES PERSONNES HOMOS NE SONT PAS ACCUEILLIES OU SONT MAL ACCUEILLIES DANS L’ÉGLISE, ET C’EST SUR ÇA QUE SE BRAQUENT LES CAMÉRAS DE LA PLANÈTE.


6) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE L’ÉGLISE DE DEMAIN SERA MAJORITAIREMENT GAY FRIENDLY ET HOMOPHOBE.

7) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE NOS MÉDIAS CATHOLIQUES SONT ENVAHIS PAR LES PERSONNES GAYS FRIENDLY VOIRE HOMOS PRATIQUANTES.
8) POURQUOI EST-CE UNE PRIORITÉ ? PARCE QUE NOTRE CLERGÉ ACTUEL ET FUTUR EST ENVAHI PAR LES PERSONNES GAYS FRIENDLY VOIRE HOMOS PRATIQUANTES.

9) C’EST UNE PRIORITÉ, PARCE QUE LA FRANC-MAÇONNERIE A INFILTRÉ MASSIVEMENT L’ÉGLISE CATHOLIQUE PAR LE BIAIS DE LA BIPOLARITÉ HÉTÉROSEXUALITÉ-HOMOSEXUALITÉ.



10) C’EST UNE PRIORITÉ (L’HOMOSEXUALITÉ EST LE PRINCIPAL ALIBI AFFECTIF DE TOUTES LES LOIS TRANSHUMANISTES DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE BIO-ÉTHIQUE), ET POURTANT, AVEUGLEMENT ÉPISCOPAL GÉNÉRAL.

Cet article bénéficiera bientôt d’une vidéo sur Youtube, intégrant une série de 15 entretiens tournés en avril 2018 à Lourdes avec la journaliste Nathalie Cardon, et dans le droit fil de mon livre Homo-Bobo-Apo. Voici les articles de chacun d’eux :
1 – « Les 11 messages subliminaux diffusés dans l’émission ‘The Voice’ »
2 – « Le Synode des jeunes : la cata »
3 – « Le raz-de-marée de la transidentité » (transsexualité)
4 – « Le Boom des pastorales d’accompagnement des personnes homosexuelles dans l’Église »
5 – « Mylène Farmer, Grande Architecte de la Franc-Maçonnerie gay friendly »
6 – « Pourquoi La Manif Pour Tous est un vrai désastre »
7 – « Pourquoi parler d’homosexualité dans les établissements scolaires est Mission Impossible »
8 – « L’homosexualité dans la série de TF1 Demain Nous Appartient »
9 – « Je me suis ridiculisé publiquement : Comment vivre avec cette honte ? »
10 – « L’Hétérosexualité est la Bête de l’Apocalypse »
11 – « Les 4 armées de la Bataille finale d’Armageddon »
12 – « Visite maçonnique de Macron aux Bernardingues »
13 – « Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère »
14 – « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église »
15 – « Définition de la bisexualité »
Réclamation de plus d’évidence
Ça fait plusieurs soirées très fraternelles que je passe avec des amis catholiques, homos et en « couple » stable depuis quelques temps. J’accueille ce qu’ils vivent avec leur compagnon et qui a l’air sans nuage et simple. Pas évident pour moi. Je me demande comment un mal censé être aussi « grave » que la pratique homo puisse être aussi invisible et ne paraisse que bénéfique… Ça me replonge dans la circonspection. Ne suis-je pas en train d’obéir à une ascèse de l’obéissance en elle-même ou à un apostolat en lui-même pour me conformer à une règle morale abstraite, pour contenter une confrérie de frustrés superstitieux qui verraient, au nom de Dieu ou de « la Croix », le mal là où il n’est pas ? Même s’il n’est pas que de l’ordre du ressenti, puisque c’est avant tout une réalité surnaturelle, le mal se laisse quand même sentir et montre ses effets négatifs au bout d’un moment, non? Et il y a souvent autour de nous bien pire et largement plus détestable que les « couples » homos, en particulier parmi les couples homme-femme et les célibataires. Dans certains cas exceptionnels mais réels, l’acte homo (ou le couple-acte homo) semble, à l’instar des divorcés qui refont leur vie ou qui ont des enfants, être un des seuls maux de la terre à ressembler à un vrai bien. C’est à s’y méprendre.
Je commence à en avoir ras-le-bol de ce casse-tête, de ce flou. Qu’est-ce qu’on doit faire ? Où aller ? Que vivre ? Quoi penser de tout ça ? J’aimerais sortir de ce rigorisme arbitraire de la docilité, sans pour autant tomber dans le relativisme sentimental enjolivant/simplifiant une réalité amoureuse somme toute ambiguë et avec un enjeu fort (le Salut éternel de l’âme). J’aimerais aussi, tout simplement, plus de clarté, plus de joie, plus de confirmations, moins de spéculation et de suppositions. Bref : que c’est la merde d’être homo! Que c’est la merde d’être homo et catho. Même si personne ne le dit. Même si personne ne nous encourage à la continence. Même si niveau empathie sociale et ecclésiale, zéro ! Pourquoi suis-je si isolé à dire/vivre publiquement la position de l’Église sur l’homosexualité, puisqu’elle est/serait juste ? Pourquoi les évêques et les cardinaux, l’association Courage, se désolidarisent complètement de moi, se méfient et me voient comme un excessif, alors, si c’est si « juste et bon » la continence ? Pourquoi on me regarde comme un OVNI, un grossier personnage ? C’est saoulant, à la fin. Je ne vous ai rien fait ! Et je ne fais que mon devoir !
Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère
Minorité influente à l’intérieur de l’Église Catholique – et pourtant on n’entend quasiment qu’eux dans les médias dits « alternatifs », aux côtés de leurs jumeaux progressistes -, je vous présente la nébuleuse de la « Fachosphère » ou « Réacosphère », dont j’ai parlée abondamment dans le chapitre des bobos cathos anars d’extrême droite dans mon livre Homo-Bobo-Apo. En pleine expansion vue que la crise que vivent le monde et l’Église actuels amène son lot de mécontents et de paniqués, les membres de la confrérie de la Réacosphère ont 12 obsessions que je vais décrire dans cette vidéo :


1) Première obsession : L’HOMOSEXUALITÉ ! Ils ont vraiment un problème avec ça. Ils en parlent souvent. De tous les médias cathos, ce sont les seuls qui osent prononcer explicitement le terme. Et maintenant, beaucoup de leurs articles portent apparemment sur le sujet. Ils créent même des néologismes (« homofolie », « homosexualisme », « homohérésie », « homosexualiste », « lobby gay », etc.). Ils font comme les protestants : pour eux, à la fois l’homosexualité est diabolique (ils la lobbyisent sous forme de terrible dictature : à leurs yeux, ce qui est normal, c’est la famille, et le reste, ce sont des déviances, des perversions, des péchés), à la fois ça n’existe pas (ils disent qu’ils s’en foutent, qu’on en parle trop, et se piquent de pseudo savoir psychanalytique et de moultes statistiques pour la pathologiser). D’ailleurs, la concernant, ils adorent la thèse de la blessure narcissique. Ils nous la ressortent quand ils veulent nous décrédibiliser à peu de frais : tu t’énerves, c’est normal, ta blessure narcissique se réveille et tu es un blessé de la vie. En réalité, ils sont hyper mal à l’aise avec le sujet parce qu’ils n’en parlent jamais en dehors du phénomène social, parce qu’ils ne parlent jamais des personnes homos et n’annoncent jamais la Bonne Nouvelle, parce qu’il y a énormément d’homosexualité refoulée (et donc pratiquée) dans leurs rangs, une homosexualité camouflée dans un mariage et une famille nombreuse, ou dans un activisme viriliste (Action Française, BADE, GUD). Même s’ils affichent une inflexibilité et un puritanisme d’apparat, dans les faits, ils se laissent bien souvent aller à la débauche. Ils font partie des libertaires cachés. D’ailleurs, ils brandissent souvent leur liberté d’expression, d’éducation, de croyances et de cultes, comme un droit canonique inviolable et feignent la décontraction réactionnaire. Ça se voit jusque dans le titre de leurs médias : TV Libertés, Radio Courtoisie « la seule radio vraiment libre ! ». Ils ne divorcent pas beaucoup, mais en revanche, se trompent ou se séparent allègrement, vu que la CRC (Contre-Réforme Catholique) s’arrangera pour annuler leur mariage en toute discrétion et légalité.

2) Deuxième marotte : LA VÉRITÉ (mais sans Charité) : Ils érigent tout ce qu’ils craignent comme des vérités et des généralités universelles. Penser les choses en termes de vérité uniquement, c’est une manière de se justifier d’être inflexible, intransigeant, entier : si je suis lucide et obéissant à la Vérité, je suis donc forcément juste ! Au bout du compte, comme Lucifer, ils ont remplacé l’Amour par l’Intelligence. Et ils croient que ça leur donne tous les droits. Ils passent maîtres dans l’exercice du soupçon et de l’accusation : ils sont constamment dans l’invectives, l’effet d’annonce et la critique négative. Jamais dans l’émerveillement. Ils abusent des points d’exclamation. Beaucoup de leurs sites n’annoncent pas la Bonne Nouvelle (même si en intention, la vitrine a l’air gentille : je pense par exemple à un site comme « Égalité et Réconciliation »). Dans les faits, c’est plutôt « profession Mouchards et Juges ». Les réactionnaires réagissent au quart de tour mais ils réfléchissent peu : ils se contentent de faire ricocher la mauvaise nouvelle ou le pseudo « scandale », de râler avec les râleurs, et ils rêvent d’annoncer en premier à la terre entière le scoop qui détruira des rêves et des naïvetés, qui dénoncera les contrefaçons. À tel point qu’on se demande si leurs sites sont cathos. Même s’ils en portent le nom : Riposte Catholique, Christianitas, Info Catholique, Catho Bel, France Catholique, etc. Ils sont tellement mauvaises langues, et avides de recenser uniquement ce qui ne va pas dans l’Église, de révéler les affaires troubles ou les écarts en interne, qu’on doute réellement de leur catholicité et de leur bienveillance à l’égard de l’Église. Ils sont tenus en réalité par des journalistes qui se valent du catholicisme pour surveiller le moindre faux pas des gens d’Église, et de divulguer l’info « ecclésiale » qui créera la zizanie. Par exemple, ils distribuent les bons et les mauvais points entre les cardinaux. Ils sont comme les papys réacs du Muppet Show : « T’as vu : Untel défend le lobby gay ! T’as vu ? Tel autre a approuvé l’euthanasie. » Ce sont des rapporteurs à 4 chandelles… et qui en plus surinterprètent bien souvent les propos pour les monter en épingle. Par exemple, jamais le cardinal Marx n’a encouragé à la bénédiction des couples homos. C’est le pur fruit de l’imaginaire de la Fachosphère. Mais de la réalité des faits, ou de l’issue d’un début de soupçon, ils se moquent bien. Pour eux, la paranoïa, le risque ou l’ambiguïté deviennent la réalité. Au fond, ils ne rêvent que d’une chose : l’arrivée d’un schisme, et que l’Église Catholique coule. Le pire, c’est que dans leur discours de Vérité, il n’y a pas de Charité, pas d’Amour. L’Amour, pour eux, c’est une faiblesse. Quand ils affichent un cœur, c’est uniquement le Sacré-Cœur saignant et brodé main : jamais leur propre cœur. Et quand ils s’expriment sur les réseaux sociaux, le paradoxe, c’est que ces chantres de la Vérité sont incapables de parler à visage découvert : c’est toujours derrière un masque ou un pseudonyme. La Vérité, c’est pour les autres : jamais pour eux !
3) Troisième fixette de la Fachosphère : LEUR RÉPUTATION D’INTÉGRISTES. Observez juste les coups de sang du blogueur Fikmonskov, très amers et peu réfléchis. Les accusations de « raciste », de « nazi », d’« intégriste », d’« extrême droite » (pour lui, l’extrême droite n’existe pas, d’ailleurs), de « fasciste », le font réagir au quart de tour : il n’a aucune distance. Et même quand il n’est pas attaqué sur ça, il faut toujours qu’il la ramène sur sa réputation d’extrémiste et qu’il ironise dessus. En fait, il ne l’a toujours pas digérée. Elle lui tient chaud, même s’il affiche parfois un ricanement ou singe un détachement d’indifférence.

Ça marche aussi avec la journaliste Eugénie Bastié, bossant au Figaro, et qui est capable, rien que pour ricaner sur sa réputation de « réac » ou d’« antiféministes », de plaisanter sur la mort d’Arnaud Beltrame en se posant en victime. On retrouve ce cynisme provocateur chez Jean-Marie Le Pen (prenant un malin plaisir à décrire les chambres à gaz nazies comme un « détail de l’histoire »). Dans le binarisme simpliste actuel du monde, qui classe les gens dans le camp de l’« Amour » ou celui de la « Haine », les réactionnaires se savent associés au camp de la haine (exemple : le « F-Haine ») et ça, ça les énerve prodigieusement autant que ça les excite. Par pur orgueil et plaisir d’humilier, ils décident de rentrer dans le jeu de leur mauvaise réputation, pour au moins prendre leur interlocuteur en défaut de bêtise et de haine, en étant eux-mêmes aussi haineux que lui, mais au moins avec art et esprit !


Par exemple, ils poussent la provocation jusqu’à imiter sérieusement la parodie du fascisme historique qui leur est imputée : je pense aux colloques de Civitas intitulés « Dieu, Famille, Patrie » et singeant la France collabo de Vichy. Par ailleurs, pour salir en même temps qu’honorer leur réputation de « haineux », ils s’autorisent souvent le paradoxe très bobo de mêler dans leur discours mots châtiés et insultes : les banderoles « Foutons-les dehors ! », les slogans « Y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira ! » (scandés au mégaphone par l’abbé Beauvais, ancien curé de saint Nicolas du Chardonnet, lors de la manifestation du mouvement Civitas contre la « christianophobie » le 20 octobre 2013), Davy Rodriguez n°2 du Front National Jeune (FNJ) proférant le 10 mars dernier « espèce de nègre de merde ! », etc. À force de se moquer ironiquement de leur réputation de « haineux », ils ne voient même plus qu’ils lui obéissent en actes.

4) Quatrième obsession : LA RÉALITÉ. Les fachos sont obnubilés par la Réalité (les élus du Front National ne jurent que par elle, par exemple). Ils ont des radios dédiées exclusivement au Réel : « Radio Courtoisie, la radio libre du pays réel et de la francophonie. » Ils organisent même depuis 2017 des « Fêtes du Pays Réel » tellement ils poussent le pragmatisme jusqu’au bout et voient le monde comme une virtualité qu’ils n’habitent plus. Ils s’enchaînent à l’actualité, aux flux incessants des nouvelles délivrées par les réseaux sociaux et les chaînes d’infos, et s’annoncent comme ceux qui vont réinformer la planète manipulée, rétablir la réalité (exemple : Réinformation TV). En gros, selon les membres de la Réacosphère, il est plus important d’avoir raison que d’aimer, de tenir informé que d’annoncer le Salut à tous. Ils voient dans la cohérence ou le réalisme une loyauté, une honnêteté, et même une voie de sainteté. Il faut que ça file droit, que tout se prouve, se mérite et se paie. C’est une forme de gnosticisme justicier, en fait. En filigrane derrière cette obsession de la réalité se trouve la croyance qu’ils auraient le courage de dire tout haut ce que tout le monde penserait tout bas, et surtout que ce sont eux qui ont raison et les autres qui auraient tort. Penser les choses en termes de « réalité » uniquement, c’est finalement l’excuse facile pour traiter à peu de frais leurs détracteurs de menteurs : ces derniers nient le « réel » (réel qui est bien souvent le fruit de leurs propres projections et fantasmes paranoïaques), DONC ils sont forcément « aveugles », « fous », « bêtes », « de mauvaise foi » et « indignes de confiance ». Il y a un orgueil monumental caché derrière l’obsession des réac’ pour la réalité et la Vérité. Ils se reconnaissent volontiers pécheurs (dans l’idée), mais jamais fautifs.

5) Cinquième lubie : LE COMPLOT. Leur sentiment permanent d’être épiés, censurés, mal aimés, persécutés, en danger, incompris, engouffre les réacs dans la défiance. Ils voient du complot, de la stratégie, de la censure, partout. Dans leurs articles de presse, ils choisissent des titres racoleurs qu’ils mettent souvent au négatif et avec des injonctions. Exemple avec la revue L’Incorrect : le 13 avril 2018, ils titraient l’un de leurs articles « Les gardiens de la mort et de la tolérance ne nous enfermeront pas dans la cage aux phobes ! » Ils fantasment sur l’ennemi interne, sans penser une seule seconde que c’est eux ! Dans leur système de croyances, la Vérité est forcément violente, cinglante. Implicitement, ils pensent qu’elle est le mal, que « y’a que la vérité qui blesse », et ils rêvent d’arriver en grands annonciateurs des « 4 Vérités » des gens qui les entourent, pour ne jamais entendre les leurs. Pour eux, la Vérité est nécessairement cachée, ne se dévoile pas, est une propriété privée qui n’appartiendrait qu’à ceux qui la méritent. Car au fond, elle ne s’est pas incarnée dans leur cœur. Ils en ont une connaissance intellectuelle. La peur, et tout le raisonnement intellectuel qu’ils ont déployé pour la justifier, a endurci leur cœur, les a rendu misanthropes. Ils ont très peu de vrais amis, d’ailleurs, et jugent le monde de loin.


6) Sixième obsession : LES MÉDIAS. Même s’ils se targuent d’avoir grandi sans la télé, les membres de la Fachosphère se sont bien rattrapés depuis et recherchent les caméras fiévreusement par la suite. Il leur arrive même d’utiliser le mot « Medias » pour s’auto-définir : exemple : Medias Presse Infos. Car oui, ils créent des télés, des revues et des radios alternatives, des chaînes Youtube et des partis politiques. Ils sont relativement bien infiltrés dans les sphères médiatiques, ont tout fait pour les intégrer, connaissent leurs codes (les happenings, les éditos cinglants, les effets d’annonce, les tweets, etc.) et cherchent à créer le buzz à tout prix. Ils étaient les premiers à monter au créneau lors des pièces blasphématoires (Golgota Picnic par exemple), lors du « mariage gay ». Ils étaient aussi les premiers à oser braver les plateaux télé, à s’enchaîner à l’Arc-de-Triomphe et à imiter les Femens. Ils sont à l’affût de la moindre occasion de se faire remarquer publiquement. Ils adorent prendre des poses victimiaires héroïques dans les caméras. On a tous en tête la photo du curé de sainte Rita étendu théâtralement sur le sol pendant que son église était évacuée par les CRS qui soi-disant auraient interrompu une messe, le 3 août 2016… alors qu’en réalité, cette mise en scène de martyre avait été savamment orchestrée par les « victimes » elles-mêmes ! Les membres de la Réacosphère rêvent de passer pour les nouvelles Jeanne d’Arc. Ils aiment créer l’événement (Marion Maréchal Le Pen à Washington en février 2018, par exemple). Par ailleurs, les fachos ont un rapport idolâtre d’attraction-répulsion vis à vis du monde : à la fois il déteste leur époque et lui sont hermétiques (ils auraient préféré vivre dans un autre siècle ; notre temps et nos contemporains les effraient), à la fois ils sont complètement enchaînés à elle, font éponge avec elle. Il y a peu de recul chez eux : ils croient tout ce qu’ils voient ou entendent à la télé. Ils sont d’une crédulité impressionnante, et sont eux-mêmes facilement impressionnables. Le propre du réactionnaire n’est-il pas justement de réagir, et même de surréagir ?

7) Septième fixette : LA CIVILISATION : Les membres de la Réacosphère sont très branchés « Civilisation », « Patrie », « Tradition », « Passé », « Patrimoine », « Racines chrétiennes », « Royaume de France ». D’où leur patriotisme et leur nationalisme royalistes exacerbés. Leur millénarisme, aussi. Le millénarisme est le souhait d’instaurer un règne terrestre de Dieu par la force et des moyens humains. Le slogan de l’institut Civitas, c’est précisément « Pour une Cité Catholique ». Il y a un gros fond de peur, de vengeance, de révolte, d’orgueil, derrière cette idéalisation passéiste de l’Histoire. Quelque part, les réactionnaires se réjouissent du chaos. Car leur idéalisation de la civilisation s’accompagne d’une vision très noire du présent, et repose sur la fameuse dichotomie « civilisation/barbarie ». Ils fantasment beaucoup à propos de la « destruction ou du basculement de civilisation », de la « décadence des mœurs », etc. Et ils cherchent à mettre en place exactement ce qu’ils condamnent chez les autres, et en particulier dans la Franc-Maçonnerie, car elle aussi a pour objectif de construire une nouvelle civilisation par le biais du chaos. Les conférences d’Alain Escada contre le Nouvel Ordre Mondial et la Fin des Temps, sont donc une vaste blague. Les réactionnaires se centrent sur le Christ-Roi. Tout comme Judas, le traître qui a livré Jésus et qui était un parfait zélote patriotiste, millénariste : il voulait faire du Christ le fondateur d’une nouvelle civilisation qui renverserait le pouvoir tyrannique en place. Et Jésus fuie ce genre de soldats zélés pour sa cause : « À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : ‘C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde.’ Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. » (Jn 6, 15).


8) Huitième obsession : L’ISLAM. À propos de millénarisme, nos chers amis réacs font une fixette sur l’islam. Leur paranoïa haineuse a toujours besoin de se fixer sur une population religieuse en particulier qu’ils diabolisent pour altériser le mal : avant, c’étaient les chrétiens modernistes et les protestants. Mais à présent, ils ont jeté leur dévolu diabolisant sur l’islam, qu’ils confondent avec les personnes musulmanes (dont ils ne se soucient jamais). Ils créent des sites où ils font fusionner Jésus et l’islam (exemple : Islam et Vérité). Et dans leur langage, c’est le constant amalgame. En témoigne la récente sortie de Marion Maréchal-Le Pen aux États-Unis : « La France était la fille aînée de l’Église. Elle est en passe de devenir la petite nièce de l’islam. » À les entendre, tout est de la faute de l’islam. Ça devient pathologique chez eux. Tu te casses une jambe : c’est de la faute de l’islam. Il pleut, c’est l’islam ! Et même quand il n’est pas directement question de l’islam, ils ont l’art de tout ramener à ce dernier par l’art de la comparaison abusive. Exemple : Une église catholique est taguée de graffitis : eh ben… c’est pas dans une mosquée qu’on aurait osé faire ça ! (sous-entendu : « Les cathos, on les soutient uniquement parce que ce sont des victimes, donc des points de comparaison qui nous permettent de diaboliser l’ennemi d’en face, mais ce sont aussi des chiffes molles qui n’ont pas de couilles et ne savent pas se défendre. »). L’islam n’est donc pas mieux loti que le catholicisme, au final. Les membres de la Réacosphère ont un profond mépris pour les catholiques, et en particulier les prêtres – ils adulent le statut ecclésiastique du prêtre, mais le prêtre « personne », ils le détestent. Et on comprend pourquoi : l’autorité ne leur plait pas (ils prétendent l’incarner), l’humilité du Christ non plus (eux, ils préfèrent les champions, les croisés, les vainqueurs, les justiciers autoritaires !), ils ont des situations maritales non conforme à l’Église (divorces, homosexualité, concubinage, adultère) ou bien quand ils restent mariés ils n’honorent pas leur mariage. Des élus FN en personne m’ont certifié que les leaders de ce parti détestaient les catholiques (ils trouvent les prêtres trop bavards, et quand ces derniers l’ouvrent trop, ils leur conseillent de se mêler de leurs affaires). Les réactionnaires n’aiment du catholicisme que sa civilisation, que sa puissance autoritaire et punitive, que son statut de contre-pouvoir et de civilisation messianiste justicière.

9) Neuvième obsession : LA FORME DU RITE, LA LOI. Les réactionnaires font une fixette sur le rite, l’Église-Institution, le dogme, la tradition, l’ordre, la manière de prier. Ils restent dans le code moral, le permis et le défendu, la règle, les fautes : ils ne mangent pas à la table des pécheurs puisque ces derniers « ont fauté » et sont « impurs ». Dans toute situation humaine, ils ne vont voir que les défauts. Au fond, par orgueil, ils confondent la sainteté avec la perfection. Ils mettent le culte au-dessus des Humains qu’il est censé servir. Ils détestent tout élan d’ouverture à l’autre, qu’ils voient comme un dangereux relativisme. Et il ne faut surtout pas leur parler d’œcuménisme (là, c’est le crime de lèse-majesté !). Ils ont fait une fixette sur le Concile Vatican II (1962-1965), comme pour annoncer que c’est le Grand Virage de la Trahison, le moment fatal où tout a basculé. Ils ne démordent pas que le rite et les petites habitudes dogmatiques ont été bousculés voire carrément perdues depuis ce concile. D’où sort cette croyance ? On ne sait pas. Mais ils croient dur comme faire que rien ne sera plus comme avant, que l’Église s’est perdue à jamais, que les bons prêtres n’existent plus, que les jeunes générations de catholiques sont des faux croyants. Ils honnissent le Pape François uniquement parce qu’il est bon : ils le prennent pour un irresponsable, un incompétent, un moderniste, un Antéchrist protestantisé… quitte à idéaliser son prédécesseur, Benoît XVI (alors qu’au temps de ce dernier, ils n’hésitaient pas à le qualifier aussi d’apostat). Comme les pharisiens de la Bible, ils sont très matérialistes, avares, près de leurs sous, même si leur spiritualisme intégral et leur goût de l’esthétisme laisseraient croire le contraire. Ils survestissent sur le matériel pour compenser leurs nombreux manques affectifs. Ils sont très à cheval sur les codes de bienséance, et les codes liturgiques (c’est pour ça qu’ils se laissent flatter par le cardinal Sarah) : ils ont transformé les statues, le rosaire, la médaille miraculeuse, en fétiches, en grigris ; ils se crispent sur la forme (qu’eux qualifieront de tridentine – FSSPX – et d’extraordinaire) de la messe. Ils ne vont pas à la messe pour aimer les autres, mais par devoir moral. Ils sont en général très protocolaires : ils disent les prières bien comme il faut (parfois le rosaire tous les jours), connaissent les phrases qu’il faut dire par cœur, se rendent aux pélés qu’il faut, vont à confesse. Mais c’est superficiel. Car ils ne confessent jamais leur dureté de cœur et leur refus de pardonner. Ils n’ont pas compris que Jésus n’en a rien à faire des prières, des holocaustes et des sacrifices, ou des bonnes manières de le prier. Il veut un cœur broyé, contrit, aimant. Il veut des disciples entourés d’amis.


10) Dixième obsession : LA COMMUNION DANS LA MAIN. En lien avec l’obsession du culte, les néo-pharisiens ont une autre lubie : c’est la communion dans la main. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas le cœur sur la main, finalement. Et je dis ça alors que personnellement, je reçois la communion dans la bouche, et je préfère. Sur les réseaux sociaux, si vous voulez un peu d’animation, vous commencez à brancher les réac’ sur la communion dans la main. Et vous mettrez le feu aux poudres ! En général, concernant l’Eucharistie, les réacs se fixent sur la manière de la recevoir autant (voire plus) que sur l’hostie elle-même. Ils ont besoin de mettre plein de règles, de conditions de bonne réception, de clôtures moralistes et de licences pour délivrer aux autres le « droit de communier » (comme Judas avec l’onction de Béthanie) ou le diplôme de « vrai catholique », de poser des cadres qui les rassurent (missel bilingue latin-langue vernaculaire, messe ad orientem), et surtout qui les placent du bon côté de la barrière du Salut. Deuxième sujet tendax : c’est le port de la soutane ou du col romain. Ils ont fait de la communion un fétiche presque intouchable, désincarné, un dîner privé, une union sans communion. Ils privilégient bizarrement le « sens du sacré » au sacré.
11) Onzième obsession : LE MÉCONTENTEMENT. À les entendre, il faut être mécontent et méfiant, récriminer, ronchonner. C’est obligatoire ! La patience, la longanimité, l’humour, la tendresse, c’est pas leur truc. C’est de la faiblesse. Les vrais sourires, c’est pas vraiment le style de la maison. Autant vous dire que dans les rangs réacs, ça ne respire pas la joie de vivre. Ça ne rayonne pas. C’est plutôt sourire crispé. Ou l’air pataud, antipathique et patibulaire d’un Jean-Marie Le Pen. Vous avez déjà vu Marion Maréchal, Charlotte d’Ornellas, les présentateurs de TV Libertés ou Fikmonskov sourire, vous ? Non. Il faut faire la gueule. L’antipathie est la règle. Et leur obsession, c’est de ne pas être ridicule. Moi, par exemple, j’ai fait un truc public ridicule : mon clip « C’est bien gentil ». Eh bien certains réacs voulaient me traîner carrément en procès pour ça, sans rire. Assumer ses limites, le ridicule, accepter d’être pécheur, fautif et fragile, d’être aimé en dehors du mérite, ils ne font pas.
12) Douzième et dernière obsession : L’ENFER : Pour faire contrepoids au relativisme Bisounours ambiant qui ne parle plus du Salut ni de l’enfer, les réactionnaires se prennent de passion pour l’enfer et n’annoncent plus la Bonne Nouvelle du Salut pour les pécheurs. Par exemple, le secret de Fatima, offrant des visions de l’Enfer, ils ont adoré !! Ils font une véritable fixette sur l’Enfer. En réalité, ils ont une conception très intellectuelle de celui-ci, puisqu’il n’y a pas de vraie connaissance de l’enfer sans l’accès à la Miséricorde et sans la prise de conscience de sa propre misère, sans la compréhension que l’enfer est cerné de Miséricorde. Ils sont à ce point dans le goût de la peur et de la menace, dans le manque d’Amour et dans la fermeture de cœur, qu’ils s’arqueboutent sur le déni de l’enfer. À leurs yeux, on peut nier le paradis, mais surtout pas l’existence de l’enfer !! leur CHER enfer ! Je pense à la récente polémique sur les propos du Pape qui aurait nié l’enfer, le 31 mars dernier. Au fond, je crois qu’ils ont pris l’enfer pour le paradis : je les ai entendu dire que l’enfer est une grâce/don de Dieu (alors que l’enfer est permis par la grâce de Dieu mais n’est certainement pas une grâce de Dieu). Car en réalité, ils tiennent plus à l’enfer qu’au paradis. Eh bien ils s’y dirigent tout droit ! Comme ils placent la Justice à la place de l’Amour, ils sont capables de s’auto-juger (comme ils imaginent que Jésus les juge) et de s’envoyer en enfer pour honorer Jésus, au lieu de se laisser aimer par Lui ! Incroyable.
Cet article bénéficiera bientôt d’une vidéo sur Youtube, intégrant une série de 15 entretiens tournés en avril 2018 à Lourdes avec la journaliste Nathalie Cardon, et dans le droit fil de mon livre Homo-Bobo-Apo. Voici les articles de chacun d’eux :
1 – « Les 11 messages subliminaux diffusés dans l’émission ‘The Voice’ »
2 – « Le Synode des jeunes : la cata »
3 – « Le raz-de-marée de la transidentité » (transsexualité)
4 – « Le Boom des pastorales d’accompagnement des personnes homosexuelles dans l’Église »
5 – « Mylène Farmer, Grande Architecte de la Franc-Maçonnerie gay friendly »
6 – « Pourquoi La Manif Pour Tous est un vrai désastre »
7 – « Pourquoi parler d’homosexualité dans les établissements scolaires est Mission Impossible »
8 – « L’homosexualité dans la série de TF1 Demain Nous Appartient »
9 – « Je me suis ridiculisé publiquement : Comment vivre avec cette honte ? »
10 – « L’Hétérosexualité est la Bête de l’Apocalypse »
11 – « Les 4 armées de la Bataille finale d’Armageddon »
12 – « Visite maçonnique de Macron aux Bernardingues »
13 – « Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère »
14 – « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église »
15 – « Définition de la bisexualité »







