Nous ne pouvons pas nous permettre d’être durablement insatisfait et malheureux en matière d’amour ou de couple!
Nous ne pouvons pas nous permettre d’être durablement insatisfait et malheureux en matière d’amour ou de couple!
Un de mes plus anciens et premiers souvenirs (je devais avoir deux-trois ans : c’était en 1983). Dans le salon familial choletais de la maison, ma grande soeur Maïté, pour me faire danser, avait réussi à me faire croire que mes applaudissements en rythme avaient été enregistrés et reproduits sur la chanson Can’t take my eyes of you de Gloria Gaynor que nous écoutions (ça marchait aussi avec Reggae Night de Jimmy Cliff! ^^). Je m’approchais des baffles, fasciné, persuadé que c’étaient mes propres battements de mains que j’entendais. Et mon esprit d’enfant, tout excité, ne comprenait rien à cette énigme de transposition!!! Comment une chanson qui avait été pré-enregistrée pouvait s’adapter à moi?? Était-elle vivante???
(Vous voulez un slogan un peu moins tarte que « Liberté de conscience! Égalité devant la naissance! Fraternité dans la croissance! » ? Voici ce Top 10. Bon, en fait, il y a 17 propositions dans ma boîte à idées… sachant que la première a ma préférence, que toutes ne sont pas faciles à assumer, et que certaines peuvent être davantage portées par des personnes homosexuelles, force est de le reconnaître… Je les affiche car des gens anti-mariage-pour-tous, sachant ma décision de ne pas venir le 24, m’ont dit : « Tu fais le malin, mais qu’est-ce que tu nous proposes? Au moins, si tu ne viens pas, donne-nous quand même tes idées de slogans! C’est un minimum! » ;-))
1 – « Monsieur Hollande, devenez ENFIN notre président ! Tenez bon et retirez cette loi ! »
2 – « Un enfant n’a pas besoin d’un papa et d’une maman. Il n’a besoin que d’un papa et d’une maman qui s’aiment. »
3 – « La différence des sexes, seule, ne suffit pas. Mais liée à l’amour, elle est le meilleur pour tout être humain. »
4 – « Ne laissons pas dire par une loi que la différence des sexes serait « annexe » dans l’existence d’une personne, dans la composition d’un couple et parfois d’une famille. Car c’est faux. Même si tous les couples femme-homme n’en profitent pas, elle reste fondamentale et indispensable pour vivre l’amour. »
5 – « Le couple homo peut exister et doit être respecté. Mais il ne peut pas être justifié socialement comme un modèle d’amour structurant pour un individu et une société, car tel n’est pas le cas. »
6 – « De l’amour, OUI! mais de l’amour incarné dans la différence des sexes ! Sinon, c’est moins beau, moins réel, moins complémentaire et moins comblant. Nous avons besoin de la différence pour aimer vraiment ! »
7 – « Faire de l’égalité un absolu, c’est nier la spécificité des personnes homos qu’on prétend reconnaître par cette loi. Nous ne sommes pas égaux car nous sommes différents : et tant mieux ! »
8 – « À inégalité de situations de vie, inégalité de droits. C’est ça, la vraie fraternité et la reconnaissance de chacun tel qu’il est ! »
9 – « C’est parce que je suis catho que je suis citoyen, et que j’ai mon mot à dire ! »
10 – « Personnes homos, nous vous aimons. Et c’est pour ça que nous prenons le risque de ne pas être toujours d’accord avec vous. »
11 – « Je suis homo et contre le mariage pour tous, parce que l’essence du mariage ne correspond pas à ma réalité de couple. Reconnaissez-nous mais pas tels que vous voulez : seulement tels que nous sommes ! »
12 – « Quelle est la différence entre le couple Coluche-Le Luron et les quelques couples homos demandant le mariage ? Les 1ers avaient conscience de jouer un sketch. »
13 – « Cette loi qui va instaurer qu’un enfant puisse avoir minimum 3 parents, vous allez la laisser passer ??? »
14 – « S’opposer au mariage pour les couples de même sexe, ce n’est pas de l’homophobie. C’est rappeler aux quelques personnes homos pro-mariage-pour-tous qu’elles ne veulent pas du mariage mais du droit à l’avoir. C’est les ramener à leur liberté et à leur désir profond. »
15 – « Personne ne se demande pourquoi ce sont ceux qui méprisent le plus le mariage qui veulent maintenant le donner à tous ceux qui le désireraient ? »
16 – « Donner le mariage aux couples homos qui le demandent ne leur donnera pas plus l’expérience de celui-ci. »
17 – « Nous ne sommes pas anti-mariage. C’est parce que nous sommes pro-mariage que nous sommes contre le ‘mariage pour tous’! »
Samedi 9 mars 2013
Un enfant n’a pas besoin d’un papa et d’une maman. Il n’a besoin que d’un papa et d’une maman qui s’aiment.
La plus grande perversité tactique du mal, c’est qu’il crée lui-même les problèmes qu’il prétend résoudre (je dis bien « prétendre », car en effet, il ne passe pas à l’acte bon).
Je suis autant HOMOSEXUEL que GAY. Hypocrisie si je soutenais le contraire! Le désir homosexuel existe en moi ; et je fais partie d’une communauté humaine de par l’existence de ce désir, communauté qui s’appelle la communauté homosexuelle. J’assume les deux ! Les personnes homosexuelles qui se disent « homosexuelles et surtout pas gay » (c’est-à-dire la grande majorité des personnes homosexuelles puisque quasiment toutes se définissent « hors-milieu »… même si à de rares moments, leur snobisme « dark & camp » leur fera dire, porte-cigarette à la main, qu’elles sont quand même fières d’être « des pédés ») se servent de leur mépris de l’homosexualité visible pour se justifier de pratiquer l’homosexualité de manière invisible, discrète, pudique et soi-disant « plus chaste » que dans le « ghetto marchand et stéréotypé du Marais ». Ainsi, ils ne remettent pas en cause pour eux-mêmes la pratique homosexuelle, mais au contraire, ils l’altérisent, l’extériorisent avec agacement, ils en font hypocritement une question d’image déconnectée du réel et totalement distancée d’eux-mêmes… alors que bien entendu, leurs actes homosexuels existent et sont bien concrets (ce ne sont pas les autres qui les posent à leur place!)! En somme, ils font de l’amour et de la sexualité une affaire strictement privée, alors que bien entendu, ce n’est pas ça. Ils construisent une citadelle (avec digi-codes et caméras partout) autour de l’homosexualité, démarche d’autant plus homophobe qu’elle prend la forme invisible du respect-indifférence/du respect indifférencié, du confort bourgeois.
Quand quelqu’un s’acharne contre moi, je découvre tôt ou tard qu’il me traite d’homophobe (qui se haïrait lui-même) ou d’égocentrique (qui s’adorerait lui-même) parce qu’il ne veut pas remettre en cause sa propre pratique homosexuelle ou sa foi en l’amour homo. Or ces deux dernières SONT l’homophobie.
Si nous devions vraiment nommer les choses et les prendre courageusement à bras le corps, le noeud du problème que pose le « mariage pour tous » est double : c’est d’une part la justification sociale de la pratique homosexuelle (autrement dit le désir homosexuel actualisé sous forme de couple et/ou d’identité soi-disant fondamentale de l’individu qui le ressent), et d’autre part la banalisation de la différence des sexes (cette différence étant le socle fondamental et prioritaire de l’amour le plus réel, le plus incarné, le plus fécond et le plus beau qui existe sur Terre si elle est couronnée par le désir et la liberté). Ce sont les deux ennemis que nous devrions, à mon sens, dénoncer. Les conséquences de cette loi sur la filiation sont aussi à dénoncer… mais si nous ne décrivons pas leurs deux racines, parler de l’adoption et de l’enfant ne sera pas compris par l’opinion et ne nous servira de rien.
En ce moment, j’ai l’impression de faire le grand écart entre les cathos « light » ou carrément rigides qui accueillent trop ou pas assez les personnes homos, et puis les nombreuses personnes homosexuelles qui ne veulent pas remettre en cause leur pratique de l’homosexualité et ne veulent pas renoncer à leur foi en l’amour homo en tant qu’équivalent d’amour femme-homme.
C’est si drôle et convivial, la différence des sexes ! Pourquoi chercher socialement à la gommer, à dire qu’elle est accessoire ou qu’elle ne devrait pas exister ?