La confusion entre liberté et pulsion, à quinze ans, passe encore. Mais à cinquante…
Archives de catégorie : Je l’ai dit
Les amis homos qui ne m’assument pas entièrement
De plus en plus d’« intellectuels », que je croyais amis, ont peur de m’assumer, et m’offrent un soutien timide quand ils sont d’accord avec mes idées mais qu’ils ne veulent surtout pas qu’elles les compromettent trop. Je les entends dire : « Je garde mon soutien à Philippe Ariño, même si bien évidemment on ne peut pas être d’accord avec lui… même si je ne cautionne absolument pas ses propos… même s’il y a à boire et à manger… même si nos idées sont radicalement opposées… » Opposées en quoi ? On ne sait généralement pas. Ils ne se justifient jamais, parce qu’ils sont bien en peine de devoir argumenter. C’est une opposition de principe, une lâcheté, une trouille très peu « honnête intellectuellement » justement.
Il est bon que nous ne soyons pas égaux en tout
Il est bon que nous ne soyons pas ÉGAUX en tout. Préservons les différences. Ce que les militants homosexuels demandant le mariage, prisonniers d’un lavage de cerveau autour du mot « Égalité », ont du mal à comprendre, c’est que l’égalité n’est pas une réalité ni une chose bonne en soi : il y a de bonnes inégalités (qui s’appellent en fait « différences », et qui nous permettent justement la relation, l’échange, les mélanges, l’humour, la réflexion, l’ouverture, etc.), tout comme il peut aussi exister des égalités très injustes(elles s’appelleront alors « uniformité », « conformisme », « indifférenciation », « refus de la nouveauté et de la différence », « clonage », « jalousie », « bonnes intentions démagogiques », « non-reconnaissance de la diversité des identités, des besoins, du cas par cas, des situations » et « pensée unique et formatée »). La violence et la fermeture de l’égalitisme pro-gay, qui s’annonce pourtant comme une œuvre de justice (et les personnes homosexuelles défendant « l’ouverture » du mariage aux couples de même sexe, ne se voient absolument pas comme des despotes : elles sont sûres de faire œuvre de bonté et d’être des héros discrets : on hallucine…) doivent, pour cette raison, être dénoncées.
Liberté et pensée
Certaines personnes ne savent plus réfléchir parce qu’au fond, elles ne veulent plus être libres.
Le rond-point de la liberté par Véronique Labadie
Est-on libre d’ « avoir le choix »? En réalité, non. On est libre uniquement d’ « avoir choisi le meilleur ». Prenons l’image du rond-point (que j’emprunte à Véronique Labadie). Quel est l’automobiliste le plus libre et qui verra le plus du pays? Celui qui, parce qu’il veut garder sa liberté de choix, et du maximum de choix, restera à tourner toute sa vie sur le rond-point, ou celui qui aura posé le choix d’une seule route à prendre, qui se sera engagé, et qui aura consenti au renoncement du nombre au profit de la qualité? Je le répète : on n’est pas libre d’avoir le choix, mais d’avoir choisi le meilleur.
Coups de foudre amicaux
Je crois aux coups de foudre amicaux. Rien à voir avec « l’amour d’amitié » ou les passions platoniques éphémères. Je parle vraiment d’amitiés profondes et durables, identifiables mutuellement dès le premier moment passé ensemble. Pas besoin de beaucoup de temps pour reconnaître ceux qui nous comprendront pleinement, et ce, tout au long de notre vie. Surtout depuis que j’ai eu trente ans, ça m’arrive de plus en plus, ces coups de foudre amicaux (tout récemment avec Mélanie T., Marie Pinsard, Albane Rousset, ou encore Rodolphe Catoire). Et pourtant, je ne pense pas donner plus facilement mon amitié. Mais voilà : je constate avec joie le changement! Et ça me conforte dans l’idée que l’Amour (au sens large) est une évidence première, qui jamais ne s’impose en tant que certitude… mais une évidence première quand même !
L’agression homophobe
L’agression homophobe vient du fait qu’on ne supporte pas de reconnaître inconsciemment en l’autre sa propre blessure d’homosexualité. Et on lui en veut de nous rappeler notre faiblesse que nous rêvions invisible ou fierté d’être soi. Alors parfois, on attaque. L’homophobie, ce sont deux instabilités sexuelles qui se font miroir.
L’homosexualité : au centre de toutes les souffrances
L’homosexualité permet d’aller au coeur des problèmes sociaux en tous genres. Avec elle, on va direct au fond des choses.
La saint : en flux tendu entre grandeur et folie
La grande liberté donnée au saint, c’est ce qui ne permet pas de déterminer si c’est un héros ou un parfait psychopathe blasphémateur et bouffé par son orgueil. C’est bon signe qu’on ne puisse pas trancher. Si on le pouvait, il ne serait ni libre ni saint.
La censure lesbienne par le prétexte de la différence entre homosexualité masculine et l’homosexualité féminine
Beaucoup de femmes lesbiennes (ou leurs défenseurs) se servent de la différence des sexes pour n’attribuer les caractéristiques universelles du désir homosexuel qu’aux hommes homosexuels, et pour ne pas se sentir concernées par les discours sur l’homosexualité. On les entend dire par exemple que l’homosexualité féminine n’a absolument rien à voir avec l’homosexualité masculine, et que, pour le coup, tout propos analysant le désir homosexuel est nécessairement « trop généraliste », « machiste », « misogyne », « excessif ». Je m’oppose bien évidemment à leur lecture sexiste et dénégatrice des faits. Car, même si le désir homosexuel se vit différemment selon les sexes, il n’en reste pas moins qu’il est violent et divisant du côté gay comme du côté lesbien. La différence des sexes n’agit que dans un second temps, dans la phase de réception et d’actualisation du désir homosexuel… et là, en effet, au sujet de la gestion, il y a quelques différences entre l’homosexualité masculine et le lesbianisme, mais qui restent très secondaires par rapport aux grandes lignes générales qu’on peut relever du désir homosexuel (Non, les femmes lesbiennes ne sont pas nécessairement plus douces, plus sentimentales, plus fidèles, que les hommes gay : celles qui le croient, en général, nous démontrent par leurs actes tout le contraire!). Nos amies lesbiennes sont tout sauf douces entre elles, non du fait d’être femmes, ni du fait d’être lesbiennes, mais du fait d’être ensemble en couple homo ! C’est bien la conjugalité homosexuelle, donc l’acte, qu’il faut pointer du doigt; pas la personne homosexuelle ni son homosexualité. Si l’on s’en tient à l’analyse du désir homosexuel en lui-même, il y a très peu de différences entre les hommes et les femmes homosexuels. L’homosexualité masculine et l’homosexualité féminine se font miroir, parfois dans les extrêmes. Et c’est quelqu’un comme moi, qui étudie davantage l’homosexualité féminine que l’homosexualité masculine, qui peut vous l’assurer. La violence du rejet de la différence des sexes (celle-ci étant par définition LE socle du Réel), les effets rassurants mais aussi pervers de la recherche de ressemblance, le manque d’espace dans la relation, tout cela s’observe sans exception dans les couples homosexuels, tous sexes confondus. Une grande majorité de femmes lesbiennes, par sexisme et misandrie inconscientes, préfèrent focaliser l’attention sur la différence femme/homme pour ne pas avoir à réfléchir sur le sens profond du désir homosexuel et sur la portée des actes que celui-ci leur fait accomplir quand elles s’y soumettent. Mais n’oublions pas que celles qui s’appuient subitement, dans leur argumentaire, sur la différence des sexes pour montrer patte blanche, sont celles qui l’ont tout autant préalablement exclue de leur couple que les hommes !
