Manif de toute à l’heure à la Sorbonne : le contre-exemple qui peut nous faire réussir le 26 mai !

Je reviens juste de la Manif à la Sorbonne (nous sommes le 16 mai 2013). J’y ai vu beaucoup d’amis, et pourtant aussi, tous les ingrédients d’une Manif ratée : ton hargneux des porte-parole, vulgarité (l’arrivée des « Salopards », par exemple), volonté de détruire et de singer une « Révolution » qui n’en était pas une (Mai 68… voire la Prise de la Bastille de 1789), jeunesse provocatrice et incontrôlable, expression stérile d’un ras-le-bol et d’un anti-hollandisme primaire, slogans indigents et violents qui s’éloignent du projet initial de la Manif Pour Tous qui était simplement d’en rester à la demande de retrait de la loi Taubira (exemples : « Hollande Démission ! » ; « Nous sommes tous des enfants d’hétéros ! » ; « Hollande, casse-toi ! » ; le seul slogan potable et qui cadre à peu près avec mes idées, c’était « François, ta loi, on n’en veut pas ! »), fixette sur la filiation ou sur la différence des sexes dénuée d’amour, etc. Bref : Manif nullissime. Cependant, avec ce coup d’essai, nous avons pu vraiment sentir ce qui nous rendrait collectivement très mal à l’aise si nous ne changeons pas d’attitude et d’état d’esprit. Et j’espère que nous comprendrons que seuls le langage pacifique et l’esprit ferme des Veilleurs assureront le succès de la grande Manif du 26 mai prochain à Paris. Je ne vois pas d’autres solutions.

 

Exit les « Droits de l’Homme » ! Place aux « droits des homos » et aux « droits des hétéros »

Que le droit français, par l’adoption du « mariage pour tous », ait transformé la défense des Droits de l’Homme en défense des « droits des homos », ça ne semble choquer personne. Or, c’est tout bonnement une atteinte aux vrais Droits de l’Homme (car le « mariage pour tous » instaure que la différence des sexes est annexe dans l’existence, l’amour et la famille humains, ce qui n’est absolument pas vrai et qui est une négation des réalités humaines), et c’est aussi une atteinte homophobe contre les personnes homosexuelles (que l’on prive, par cette loi, de leur humanité, en ne les considérant plus comme des hommes ou des femmes, des pères ou des mères, mais comme des « conjoints », des « parents », des êtres amoureux asexués, des individus réduits à leurs tendances sexuelles et à leur pratique sexuelle). Passer discrètement des « Droits de l’Homme » aux « Droits des homos » est un glissement inhumain et homophobe qui devrait nous inquiéter, car il nous éloigne de l’Humain et s’appuie sur un fantasme pseudo-anthropologique, pseudo-identitaire, pseudo-aimant.

 

Les Veilleurs dérangent

Le mouvement des Veilleurs dérange car il révèle à son insu l’amour d’indifférence de toute une frange de la société française bien-pensante, de plein de gens endormis qui pensent naïvement que le respect c’est la tolérance, que l’Espérance c’est l’optimisme, que la foi c’est l’humanisme désincarné, que l’Amour c’est l’indifférence aux autres et l’indifférenciation par le bon sentiment.

 

Les alliances lesbiennes seraient moins violentes que celles entre hommes ?

Les alliances lesbiennes seraient moins violentes que celles entre hommes ? Non. Ce n’est pas parce que la violence de l’expulsion de la différence des sexes s’exprime différemment selon les sexes qu’elle cesse d’exister entre femmes. Au contraire. Si, avec deux « mecs » ensemble il y a inflation des pulsions, dans le cas des femmes, la possession brutale de l’autre passera par une exacerbation des émotions. Je ne sais pas ce qui est mieux et moins enfermant !

 

Anti-Nature naturalisée

Le grand problème de notre époque, c’est que l’anti-nature est présentée sincèrement comme la Nature (ex : L’homosexualité est dite « naturelle » et indiscutable, alors qu’elle rejette le socle de la Nature qu’est la différence des sexes), et que la vraie Nature est présentée comme anti-naturelle, « culturelle », « relative », « fausse » (ex : Caroline Fourest affirmant que « La Nature est fasciste »…). On nous cache le vrai visage du Réel, en nous faisant croire que le Réel est son propre ennemi… quand c’est nous qui Le méprisons, en fait.

 

La Croix homosexuelle existe-t-elle ?

On aura beau dire que tout le monde a ses problèmes, que la vie est difficile pour tout être humain, que certains individus sont mieux lotis que beaucoup d’autres, il faut bien reconnaître qu’il existe des combats terrestres spécifiques, que toutes les blessures humaines, même si elles convergent vers un seul et unique péché universel (celui d’Adam), ne se valent pas, ne se comparent pas vraiment, ont leur caractère propre et imposent à celui qui les porte un réel isolement. C’est le cas de la blessure homosexuelle, qui constitue une croix que beaucoup de personnes qui ne ressentent pas le désir homosexuel ne pourront jamais comprendre ni porter à notre place !

Objectivement, nous, personnes homosexuelles, vivons une difficulté existentielle supplémentaire, que « les autres » n’ont pas : en effet, ce qui nous attire sexuellement ne pourra jamais faire pleinement notre bonheur ; et ce, quelle que soit la personne de même sexe que nous aurions décidé d’aimer amoureusement. Alors que, pour les personnes non-homosexuelles, ceci ne sera pas vrai pour au moins une seule personne (du sexe complémentaire) ! Nous, nous en chions davantage en amour !!! Il faut le dire !

Cette « injustice » (= « Ceux qui me plaisent érotiquement ne feront pas vraiment et totalement mon bien. » ; = « Ce vers quoi mon corps est attiré – sans qu’a priori je l’aie choisi – est strictement et universellement mauvais : il vaut mieux s’abstenir de coucher, de toucher, de jouer le jeu de mes pulsions. »), il faut le reconnaître, nous est réservée, à nous personnes homosexuelles. Très jeunes, nous est imposé un rêve amoureux semi raté s’il s’actualise corporellement, un amour difficile, un désir fort ET POURTANT mal orienté, que nous ferions mieux de réprimer. Ce qui nous ferait connaître un plaisir corporel et sentimental immense est tristesse et insatisfaction dès qu’on se force à le rendre concret. Et en plus, le ratage ne nous apparaît pas nécessairement évident dans l’instant et dans l’action, car le plaisir sensuel peut brouiller facilement notre conscience de mal agir, de mal sentir. Si nous voulons vraiment être heureux, nous sommes appelés à renoncer à ce grand trésor humain de la jouissance génitale, sexuelle, sensuelle, affective, amoureuse. Dur ! Dans des pays où la tolérance vis à vis de la pratique homosexuelle est grande, rien ne nous oblige d’ailleurs à porter cette croix homosexuelle, à contourner grâce à l’abstinence le gâchis de l’amitié homophile par les gestes de l’Amour. Pour le coup, le choix de cette croix spécifique est encore plus cruellement arbitraire pour celui qui sent qu’il ferait mieux de vivre la continence plutôt que le laisser-aller à ses tendances et à ses opportunités amoureuses !

Oui, pour les personnes homosexuelles, sans exception, le deuil de la génitalité, de la jouissance sexuelle et de la relation amoureuse commandée par ses fantasmes, même s’il n’est pas la fin du monde ni insurmontable (la preuve : cet « enterrement de vie de jeune homo », chez moi, est une joie, l’expérience concrète d’une force nouvelle, voire même d’un nouvel orgasme : l’amitié homophile désintéressée), est une croix bien réelle, qui les rapproche de l’héroïsme des célibataires consacrés (prêtres, religieuses, moines et moniales) !

 

Ce qui prime dans la continence, c’est de poser le choix ; durer arrive après

CE QUI PRIME DANS LA CONTINENCE, CE N’EST PAS TANT DE LA VIVRE DEPUIS LONGTEMPS QUE DE LA CHOISIR UNE BONNE FOI(S) POUR TOUTES. LE FAIRE DURABLEMENT DÉCOULE DU DIRE ET DU CHOISIR.

Ne croyez pas qu’il faille être un Superman pour être une personne homosexuelle continente (c’est-à-dire abstinente pour Jésus), que de tenir la continence sur la durée est impossible. Il suffit de la décider un jour. Et Dieu porte le gros de votre décision après ! La parole de foi est une parole performante et performative qui n’a pas besoin d’être prouvée. Elle s’éprouve et agit dans l’ombre ou en pleine lumière.

Je parle en connaissance de cause. La continence est plus une affaire de choix ponctuel et de décision libre posée fermement que de durée, plus une affaire de liberté que de performance, de qualité que de quantité, de foi que de réalité humaine palpable et visible. C’est un peu le « Venez et voyez » christique, dans lequel le « Voyez » se déploie du « Venez », et non l’inverse. C’est la confiance en Dieu qui crée, qui est plus vraie que la réalité et les actions humaines.

Je me suis rendu compte de cela dès les premiers temps où j’ai dit ouvertement, en janvier 2011, que j’étais continent. Ce qui comptait, c’était de l’avoir dit plus que de l’avoir fait. « Fais-moi dire seulement une parole, TA Parole, et je serai guéri. » C’est ça, la foi des petits enfants.

Ça ne faisait que 4 mois que je vivais la continence, et pourtant, les prêtres et les cathos m’ont tout de suite fait confiance, sans chercher à savoir si mes paroles étaient avérées. C’ÉTAIT déjà VRAI d’être DIT et CHOISI; pas d’abord d’être vécu, d’être vu et vérifié scientifiquement. « Heureux celui qui croit sans avoir vu ! » Les portes des cœurs, des télés, des médias et de la presse se sont instantanément ouvertes. On remet rarement en doute la parole d’un ancien fumeur qui annonce solennellement qu’il a arrêté de fumer. Pour les personnes homosexuelles continentes, c’est pareil. Mon choix de vie ne s’était pas éprouvé depuis très longtemps que déjà mon entourage savait que c’était juste et bon, savait avant moi que j’étais devenu solide. Or, selon toute logique, les seuls à pouvoir authentifier si je vivais véritablement la continence, ça n’aurait dû être que Jésus et moi ! (Il n’y a pas de caméras ni de micros dans ma chambre !). Cette foi de ceux qui n’ont pas vu me dépasse et m’émerveille complètement. Par exemple, le père Pierre-Hervé Grosjean ne m’a pas demandé de « certificat de continence » pour publier ma « Lettre à Paula » sur son ‘Padreblog’ fin 2010 (cette lettre, c’est un peu le serment ET LA PREUVE de la vérité invisible de la continence dans ma vie). Pareil pour l’émission de télé « Dieu merci ! » de mai 2011 sur ‘Direct 8’. Les programmateurs de ce programme n’ont pas cherché à savoir depuis combien de temps j’étais continent. Ce qui comptait, c’était que je le sois et que je l’aie voulu un jour ! Le fait que je témoigne de ma continence, que je dise que j’avais CHOISI, c’était la preuve suffisante qu’il n’y avait pas de preuves supplémentaires à fournir ! Force et éternité du Seigneur ! Force et éternité de la foi humaine en Dieu ! Ma liberté dans l’engagement, c’était tellement énorme, culoté et rare, que ça ne pouvait être que concret ! La confiance a dépassé la vérification des faits. Cette juste précipitation des catholiques à mon égard ressemble à l’excitation du Père du fils prodigue, qui, sans réfléchir, fait tuer le veau gras, avant de chercher à vérifier si son fiston ex-libertin a donné toutes les preuves concrètes et sérieuses de sa conversion. Il est revenu. Il est donc déjà guéri !

Quand j’ai choisi d’être continent, je me suis rendu compte que ce n’était pas tellement la durée qui faisait la vérité et la force de ma démarche que le fait que j’en parle et que, par la simple action d’oser en parler, les gens avaient déjà la preuve que j’avais CHOISI ET POUR LONGTEMPS. Cela suffisait. Pas besoin de chronomètre. La foi est une réalité et une vérité déjà effective(nous l’oublions trop souvent !). D’ailleurs, les prêtres n’ont pas attendu de savoir si mon récit était vrai ou si ça tenait. Je me donnais verbalement. Le Verbe s’est fait et se fera chair. « Seigneur, me voici ! En tant que personne homosexuelle. Fais de moi ce que tu veux ! ». Ce qui comptait, c’était que je pose un choix, que je me jette à l’eau. Pas qu’ils me voient nager et tenir sur la durée. Il se trouve que je tiens toujours sur la durée, et que depuis 2 ans et demi, ils ont eu raison de faire confiance à l’expression de ma liberté plutôt qu’aux preuves tangibles de mon engagement. Non pas qu’ils se foutent des fruits de ma promesse (bien au contraire). Non pas qu’ils aient hâtivement hurlé au miracle par opportunisme ecclésial. Ils savent que ce qui prime pour Dieu, ce n’est pas tant que nous réussissions que nous souhaitions réussir ; ce n’est pas tant la sainteté prouvée que la sainteté désirée. Dieu a juste besoin de notre « Fiat ! », de notre « Oui », et Il fait le reste. Il a besoin que nous exprimions notre désir d’être guéri. Et c’est Lui qui guérit.