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Homosexualité intime : le couple homosexuel par-delà le bien et le mal (décembre 2008)

 

Homosexualité intime

Description : Le livre Homosexualité intime : Le Couple homosexuel, par-delà le bien et le mal est sorti en décembre 2008, avec les Éditions L’Harmattan. Il est la première partie de Homosexualité sociale, et il est accompagné du Dictionnaire des Codes homosexuels, publiés à la même époque. Il se compose de 280 pages, est vendu 25.65 euro. Il est en vente sur le site de l’Harmattan.

 

Argumentaire : Comment se fait-il qu’on rencontre de manière relativement importante dans notre entourage homosexuel des personnes qui ont été violées ou qui ont subi des attouchements sexuels dans leur enfance (…. et quand elles n’ont pas été abusées – ce qui arrive heureusement dans la majorité des cas –, elles expriment bien souvent un désir de l’être et de devenir objet sacré en choisissant la féminité fatale ou la virilité machiste comme modèles identificatoires de toute-puissance) ? Comment un tel fait désirant et parfois réel parvient-il à passer autant inaperçu dans nos sociétés actuelles où de plus en plus on tend à banaliser le désir homosexuel sous prétexte qu’on l’appelle « amour » ? Ce sont des questions importantes que l’essai Homosexualité intime : Le Couple homosexuel, par-delà le bien et le mal se propose d’aborder sous l’angle de la coïncidence et non de la causalité. Si l’instauration d’un lien causal entre viol et désir homosexuel favorise assurément le fâcheux et absurde amalgame entre homosexualité et monstruosité, et donne donc du grain à moudre à l’argumentaire homophobe, en revanche, c’est la reconnaissance du lien non-causal qui permet à la fois de lutter efficacement contre toute forme d’homophobie et qui peut rendre le couple homosexuel enfin possible, durable, et beau, quand bien même les contextes soulevés par ce travail d’identification soient parfois dramatiques, et la réalité des limites du désir homosexuel difficile à digérer…

 

Homosexualité intime, la première partie de l’essai Le Couple homosexuel, par-delà le bien et le mal, traite du désir homosexuel principalement sous l’angle de l’individu (enfance et adolescence, coming out, famille, couple homosexuel). Il est suivi d’un second tome intitulé Homosexualité sociale, et accompagné du Dictionnaire des Codes homosexuels, annexes indispensables pour illustrer et comprendre les propos de l’ouvrage principal.

Homosexualité sociale : le couple homosexuel par-delà le bien et le mal (décembre 2008)

Homosexualité sociale

Description : Le livre Homosexualité sociale : Le Couple homosexuel, par-delà le bien et le mal est sorti en décembre 2008, avec les Éditions L’Harmattan. Il est la deuxième partie qui fait suite à Homosexualité intime, et il est accompagné du Dictionnaire des Codes homosexuels, publiés à la même époque. Il se compose de 206 pages, est vendu 19 euro. Il est en vente sur le site de l’Harmattan.

 

Argumentaire : Dans les recherches actuelles sur l’homosexualité, il est rare de trouver un ouvrage de réflexion qui aborde vraiment le sens collectif et social du désir homosexuel. L’impasse sur ce sujet est habituellement opérée au profit d’une focalisation nombriliste et soi-disant « bienveillante » sur l’individu homosexuel, classé au rang d’espèce auto-créée coupée de tout lien social, puis, pour maquiller cette caricature, politisé à outrance par le militantisme gay et lesbien dans une entreprise d’universalisation souvent agressive d’une étiquette identitaire homosexuelle aux reflets d’individualisme publicitaire.

 

L’essai Homosexualité sociale de Philippe Ariño (complété par le Dictionnaire des Codes homosexuels, et qui fait suite à la première partie Homosexualité intime), tente justement d’une part de dégager la possible signification sociale du désir homosexuel (oppression à l’école et au travail, homosexualité de circonstance en milieu carcéral ou sous les régimes totalitaires, influence des guerres, homophobie, dictature d’une société voyeuriste ultra-médiatisée souhaitant la mort de l’intime…) et d’autre part de redonner à l’homosexualité la dimension relationnelle, voire nationale et internationale, qu’elle mérite, sans pour autant se servir de cet élan universaliste comme prétexte pour consolider les deux mythes sur lesquels repose la communauté homosexuelle actuelle : l’identité homosexuelle éternelle (personnifiée en « l’Homosexuel ») et la force d’amour du couple homosexuel (dite équivalente à celle du couple femme-homme non-hétérosexuel).

 

Homosexualité sociale, la seconde partie de l’essai Le Couple homosexuel, par-delà le bien et le mal, traite du désir homosexuel principalement sous l’angle de la sphère publique (crises sociales, homosexualité de circonstance en milieu carcéral ou dans un contexte politique répressif, dictateurs homosexuels, « milieu homosexuel », révolution). Il fait suite au premier tome intitulé Homosexualité intime, et est accompagné du Dictionnaire des Codes homosexuels, annexes indispensables pour illustrer et comprendre les propos de l’ouvrage principal.

Venez adorer saint Sida !

Venez adorer saint Sida !


 
 

I – Y a-t-il un lien entre Sida et homosexualité ? Concrètement et causalement NON ; coïncidentiellement OUI

 

Y a-t-il un lien entre Sida et homosexualité ? Causalement, non. Une maladie ne s’attaque pas à une personne selon son orientation sexuelle. Le contraire se saurait ! Si un lien entre eux existe, il est indirect, non-causal, fantasmé, pictural, voulu et forcé par certaines personnes. Il est de l’ordre de la coïncidence. Nous devons en tenir compte, mais il ne peut en aucun cas être généralisé, systématisé, personnalisé, homosexualisé, y compris pour le bien des personnes homosexuelles, y compris par les militants LGBT qui veulent apitoyer l’opinion publique et qui se servent du Sida pour donner une visibilité et une justification à l’homosexualité.

 

Ceux qui veulent imposer le lien causal se sont révélés historiquement pétris à la fois de bonnes intentions (« Nous/Ils sommes/sont des victimes et vous n’avez rien à nous/leur dire ! ») et d’homophobie (« Ne nous/les approchons/approchez pas ! »). Le Sida, en soi, n’a rien à voir avec l’homosexualité en tant que désir homosexuel non-acté. C’est pour ça qu’il n’y aurait même pas lieu que j’en parle sur un site comme le mien, dédié à l’homosexualité-désir. S’il y a un lien (probable mais non-causal) avec l’homosexualité, c’est uniquement avec l’homosexualité pratiquée et crue comme fondamentalement identitaire/amoureuse/vraie. Pas l’homosexualité uniquement ressentie !

 

Néanmoins, on ne peut pas dire non plus qu’il n’y a aucun lien entre Sida et homosexualité, au moins en pratique(s), au moins dans la sphère des croyances, des images, des représentations sociales, dans les mémoires, dans l’inconscient collectif mondial, dans l’histoire et le contexte de la communauté homosexuelle. En effet, on ne peut pas nier que c’est précisément dans les années 1970/1980 (« quand ça baisait de tous les côtés » nous rapportent les survivants), pile au moment où la mode du coming out et de la décomplexion/banalisation des actes homosexuels, des sentiments homos et du couple homo, émergeaient avec force, que le Sida est apparu. Et à l’évidence, même s’il n’avait rien d’une conséquence de l’homosexualité ou d’une maladie spécifiquement homosexuelle (d’où les sarcasmes indignés de quelques tenants LGBT autour de l’expression « cancer gay »), le Sida avait tout du signe ou de l’indice d’homosexualité. Il a touché en premier les personnes homosexuelles (c’est statistique : en 1983, 80 % des personnes infectées étaient homos) et a correspondu à une période de climax de débauche jamais enregistré auparavant. D’ailleurs, presque une génération entière de personnes homosexuelles a disparu dans les années 1980-1990 (certains de mes amis disent « 8 amis sur 10 »). Littéralement rayée de la carte ! Hallucinant. Autant on ne peut pas prétendre que le Sida est homosexuel, autant on peut reconnaître, sans blesser personne, qu’il est signe d’une pratique particulièrement bisexuelle/homosexuelle. Bref, qu’il est signe d’infidélité sexuelle, d’imprudence ou d’inconséquence des actes génitaux. Quand l’Abbé Pierre, pendant le Sidaction, avait sorti que le meilleur moyen pour lutter contre le Sida était la fidélité, il s’était fait huer par la salle. Mais il avait pourtant raison.

 

Le lien de coïncidence entre Sida et homosexualité est peu évident à comprendre et à recevoir. Comme le lien entre homosexualité et viol, d’ailleurs. Finalement comme tout phénomène mauvais qui surgit d’une pratique. Car l’Homme est toujours libre de ne pas pratiquer et n’est pas réductible à ses actes.

 
 

II – Le Sida n’est pas un signe d’homosexualité ; il est le signe d’une pratique bisexuelle désordonnée UNIVERSELLE :

 
 

 

Comme on vient de le voir, le Sida n’est pas un indice d’homosexualité. Il n’est que le signe d’un mode de vie universellement humain qui n’est pas le meilleur ni le plus structurant, qui ne touche pas spécifiquement au désir homosexuel, mais qui en revanche touche spécifiquement à la pratique bisexuelle libertine. Le vrai problème du Sida, c’est bien l’infidélité et une pratique sexuelle violente, dégradante, déshumanisée, consumériste : ça n’a rien à voir avec la personne qui se ressent homosexuelle mais qui garde quand même une vie équilibrée.

 

Le Sida n’appartient pas à la communauté homosexuelle : il incombe à notre responsabilité à tous. Au fond, il n’est que le reflet des actes sexuels du monde entier. Il dit un excès de l’Humanité, une débauche généralisée, dépassant largement les frontières et la responsabilité de la communauté homosexuelle. L’homosexualité n’a pas créé le Sida. Mais incontestablement elle lui a servi de première loupe ; et la pratique libertine/bisexuelle, de support. Il ne faut pas se leurrer. Il y a dans le monde homosexuel une plus forte pratique de la génitalité, une sexualité particulièrement débridée, parce que le désir homosexuel est, par essence, un élan qui fuit la structure apaisante de complémentarité de la différence des sexes.

 

Si le Sida n’illustrait pas un mode de vie mauvais, jamais il ne serait caché par les communautaires homosexuels et par les personnes bisexuelles comme une honte, jamais il ne serait interprété comme une matraque céleste punissant Sodome et Gomorrhe, jamais il ne se serait propagé à la vitesse avec laquelle il s’est propagé. Si le Sida ne posait pas un questionnement moral aux personnes par rapport à leurs pratiques sexuelles intimes, jamais il ne ferait encore l’objet d’un tel tabou encore aujourd’hui. Par exemple, dans mon cas personnel, si j’avais eu un passé génital exemplaire, jamais je n’aurais fait un dépistage à l’été 2012. Celui-ci s’est révélé heureusement « négatif ». Je n’ai pas eu de grosse surprise. Mais avant d’avoir la réponse, dans mon esprit, il y a eu l’ombre du doute qui a pesé sur certains de mes actes génitaux passés. J’ai donc fait le test car je vivais encore avec les petits démons des dernières relations sexuelles négligées que j’avais eues dans la période qui s’étale de janvier 2009 à janvier 2011.

 

Par ailleurs, le Sida concerne une pratique en rapport avec certaines parties du corps humain particulièrement contagieuses et malsaines. Il est indéniable qu’il y a du corporel, du biologique, dans ce virus, quand bien même on ne pourra jamais le personnifier ni l’incarner sous forme d’espèce (« les » homosexuels, « les » sidéens, « les » malades du Sida, etc.). Par exemple, la pénétration anale, uniquement pratiquée par les couples homos, bisexuels et hétéros, et non par les couples femme-homme aimants ni les célibataires consacrés, est une conduite à risques. Qu’on le veuille ou non. Et les lieux corporels de pratique bisexuelle (bouche, anus, etc…) sont aussi plus risqués et infectieux que les zones sexuelles choisies par les couples femme-homme aimants. Le contact entre l’appareil génital et les lieux de déjections comme l’anus sont plus susceptibles que le contact sexuel avec les trous corporels faits naturellement pour les pénétrations de vie, de propager des maladies, des microbes et des cochonneries (syphilis, blennorragie, herpès, chlamydia, morpions, etc.). Ce sont des faits et des constats scientifiques indéniables.

 

À sa décharge, le Sida est bénéfiquement choquant dans la mesure où il met chacun de nous devant la responsabilité de ses actes. Il est le miroir de notre propre pratique sexuelle et de notre fidélité. Nous ne devrions absolument pas avoir peur d’en parler. Ceux qui n’ont que le mot « Sida » en bouche (pour, par leur concert, empêcher toute analyse du sens de leurs pratiques génitales) ou qui au contraire n’ont pas envie d’en parler, passent inconsciemment aux aveux qu’ils utilisent le sexe pour ne pas aimer !

 

 
 

III – L’utilisation homophobe du Sida par certains militants LGBT et par beaucoup de personnes souhaitant pratiquer leur bisexualité sans en assumer la responsabilité :

 
 

 

Le Sida ne parle que du mauvais usage de la sexualité (dans l’infidélité et la consommation, il va sans dire), et en particulier du mauvais usage du désir homosexuel. Il ne parle pas du bon usage. C’est en cela qu’il est malhonnête, et même homophobe, de le mêler à des débats de réflexion sur l’homosexualité. Quand on mélange le Sida à l’homosexualité, en général, on ne reconnaît ni le désir homosexuel tel qu’il est, ni les personnes homosexuelles (elles sont transformées en victimes innocentes, en pestiférés, ou en dangereux transmetteurs de mort), ni la gravité des actes homosexuels, ni les belles manières de vivre son désir homosexuel en conformité avec le message d’amour de l’Église catholique. Cela est particulièrement visible lors des Gay Pride, dans lesquelles les discours préventifs politisés anti-Sida servent de cache-misère et de caution morale à un laisser-aller collectif, à une drague compulsive, à la réclamation de droits qui n’ont rien à voir avec la choucroute ( = le Sida), voire même, le pire, à la souffrance réelle des personnes infectées par le virus.

 

La plupart des militants anti-Sida se servent du Sida pour cacher et nier la gravité de la violence des actes homosexuels. Pour eux, le mal absolu, le diable, ce n’est pas de pratiquer l’homosexualité. Ce n’est même pas de tromper son copain avec un autre. Ce n’est pas l’adultère, l’infidélité. Ce n’est même pas de fréquenter assidument les backrooms ou les saunas. Non ! Le mal absolu, à leurs yeux, c’est juste de prendre des risques au lit ; c’est l’ignorance des statistiques qui disent qu’« on meurt encore du Sida aujourd’hui » ; c’est la banalisation ou l’indifférence par rapport au Sida, maladie qu’ils voudraient toute-puissante (et malheur à celui qui la relativise et qui dit qu’on vit mieux avec le Sida maintenant qu’au début des années 1980 !!! … alors que c’est pourtant objectivement vrai avec les trithérapies). Le mal absolu, selon eux, c’est de ne pas mettre systématiquement un préservatif à chaque rapport sexuel avec son partenaire régulier. Le mal absolu, c’est de ne pas faire du Sida et du safe sex une paranoïa… pardon… un mode de vie, une préoccupation de couple, une preuve supplémentaire d’amour responsable, une priorité internationale. Il faut se préserver de tout !… même de la conséquence de ses actes d’« amour » ! La diabolisation du Sida suffirait à blanchir, à accréditer l’homosexualité ! Nan mais allô, quoi…

 

L’hypocrisie de ce discours sécuritaire homosexuellement correct, appris et convenu, réside dans le fait que l’indifférence par rapport aux actes homosexuels – qui favorisent concrètement la contagion du Sida – se mute en justification du bare-backing (rarement dénoncé), du mythe du prince charmant homosexuel (jamais égratigné), en promotion des actes homosexuels et de l’identité homosexuelle (alors que ceux-ci n’ont causalement rien à voir avec le Sida). La dénonciation du Sida est devenue un slogan qui « fait bien », pour se donner une image clean de mec sérieux, engagé, militant et solidaire, qui va dire « Je suis contre le Sida » comme il di(rai)t « Je suis contre la guerre, contre l’homophobie, contre le racisme ». Pire, les militants dénonçant le Sida ont fait de la maladie une matraque pour condamner toute personne qui ne serait pas d’accord avec eux et qui remet en cause leurs actes amoureux. Certains en font une cause mondiale qui dépasserait toutes les autres grandes causes (lutte contre la pauvreté, contre les guerres, contre le chômage, contre les maladies, contre les familles disloquées et les divorces, contre les avortements abusifs, contre la pollution, etc.). Les plus lucides savent qu’en réalité, le Sida, même s’il n’est pas proprement homosexuel, remet prioritairement en cause leur propre pratique homosexuelle, pratique minoritaire qu’ils peuvent difficilement généraliser à l’ensemble de leur société… donc ils ont la décence de se taire. Mais d’autres n’ont pas ce recul. Certains militants anti-Sida sont d’autant plus violents et prosélytes qu’ils ferment les yeux sur leur souffrance, leur déception et leur culpabilité de pratiquer les actes homosexuels. Ils mettent le paquet sur la campagne de prévention pour éviter de regarder le précipice de leur malheur en amour (homo ou hétéro). Ça fait diversion. En se servant du Sida comme un alibi et un étendard dans l’unique but de ne pas voir qu’il est le reflet d’une grande part du déni des désastres de leur propre pratique amoureuse et sexuelle, ils encouragent inconsciemment sa propagation. Et cela ne trompe finalement personne, pas même eux-mêmes. C’est pour ça que la lutte contre le Sida fait aussi peu d’émules dans les rangs LGBT, que les gens se protègent de moins en moins, et que la bête continue de courir, de manière d’autant plus efficace et féroce qu’elle a pris la forme de l’ascétisme scientifique, de la routine (« Allez, mets ton ruban rouge tous les 1ers décembre. »), du militantisme télévisuel, du romantisme gay friendly.

 

Afficher le Sida de manière décomplexée, festive et clinique, sans l’expliquer ou lui donner un diagnostic moral nécessaire, c’est se donner finalement la caution morale de son libertinage, de sa déprime amoureuse, d’une pratique sexuelle qui encourage paradoxalement la pandémie du vrai Sida. Pour l’illustrer, j’ai recopié texto un article du journal Direct Matin Lyon +, daté du mercredi 15 mai 2013, « Sida : ORGAM’S WEEK : SEXE, PLAISIRS ET DÉPLAISIRS » (p. 2) sur lequel j’étais tombé par hasard, et qui illustre tout à fait les paradoxes de la campagne mondiale contre le Sida. « Débats, performances d’artistes, soirées clubbing, bal des débutantes ou encore ateliers de prévention : la première édition de l’Orgasm’ Week s’annonce riche en événements. Organisé par l’Association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales du 18 au 26 mai au cœur de Lyon, ce nouveau rendez-vous, qui a vocation à devenir annuel, se donne pour objectif d’aborder le sexe, ses plaisirs et déplaisirs sous un angle festif et décalé. Si le public visé est d’abord la communauté homosexuelle, les hétéros seront les bienvenus sur toutes les manifestations. Et pour cause : si AIDES a souhaité cette opération festive, elle n’en oublie pas pour autant son fer de lance : la prévention et sensibilisation au dépistage du Sida. » On nique, on déprime, on s’auto-détruit… ok… mais PROPREMENT, et dans la DÉLIRE ! Ouf ! Ça va mieux ! On se crée les sécurités (les « préservatifs » sont des excellents exemples de sécurités lâches : on se préserve d’aimer et de donner la vie, on se préserve de l’autre et des conséquences de ses actes) contre les dangers que l’on prétend combattre, au lieu de déjà se prémunir des actions dangereuses qui nous dispenseraient de créer ces sécurités coûteuses et insuffisantes.

 

La sommation à l’usage systématique du préservatif est même, je le crois, un encouragement à la propagation du Sida. Le pape Benoît XVI, dans son avion pour l’Afrique en 2009, s’était fait taper sur les doigts, voire traiter de criminel, parce qu’il avait osé nommer les choses. Et pourtant, il disait vrai. Les associations de lutte contre le Sida de par le monde (dont la plupart sont catholiques et connaissent la réalité de terrain) le confirment. Ce n’est pas en forçant tout le monde à mettre un préservatif, en hurlant qu’il est la seule et la meilleure solution possible face à la pandémie de Sida, qu’on réduit le Sida. Croire le contraire relève de la même connerie et du même fondamentalisme que de soutenir que le port du casque est la seule façon de lutter contre le fléau des accidents de moto (mieux que la connaissance du code de la route, mieux que le comportement du conducteur, mieux que la consommation d’alcool, etc.). Se focaliser sur les petites solutions soulagent mais ne colmatent pas les brèches d’un problème plus profond. L’effet placebo du préservatif ne remplacera pas la conversion entière à laquelle nous appelle le Sida. Depuis le temps qu’on apprend aux jeunes comment on enfile une capote, et qu’il faut absolument mettre un préservatif à chaque rapport sexuel (sinon, gare à l’accusation de complot ou de Crime contre l’Humanité !), ça se saurait si c’était efficace ! La contamination par le Sida a même augmenté chez les jeunes. Pourquoi ? Pour une raison très simple : les militants anti-Sida expliquent à un jeune de 14 ans le Sida, le préservatif, la fellation, la grossesse, la nécessité de l’avortement, l’éjaculation faciale, toussa toussa. Quel est le premier message qu’il reçoit ? Tout simplement qu’il est censé être sexuellement actif, que la sexualité n’aura plus aucun secret pour lui (chose fausse : la sexualité est un chemin libre et mystérieux, avec des hauts et des bats, qu’on maîtrise très peu), qu’il va commander sa sexualité (quelle place alors à la confiance, à l’amour, à l’abandon, à la démaîtrise, à l’expérience d’une vraie sexualité épanouie ?), qu’il est dominateur sexuellement, que son corps et son identité sexuelle lui appartiennent, que la sexualité est réductible à la génitalité, que la sexualité est un marché personnel (rarement à deux ; encore plus rarement à plus de deux) où faire fructifier son bien-être, son orgasme, son « capital jouissance », sa performance corporelle, sa rentabilité de séduction. Donc il s’y met. Machisme et déni de la fragilité de la sexualité assurés !

 

Il ne fait aucun doute que l’oppression des « anti-Sida-et-pro-préservatifs » ne fait qu’aggraver le problème du Sida qu’ils prétendent combattre, ne fait qu’accentuer la culpabilité des jeunes, la peur de l’engagement chez eux, la banalisation du partenaire sexuel (réduit à l’état d’objet de consommation). À l’image de la manière dont le Sidaction ne fait qu’inciter à la fornication tout en prétendant lutter contre le Sida.

 

 
 

IV – Ce qui est fait du Sida : un sceptre-matraque, un sanctuaire clos et sacré, en l’honneur de l’extermination de soi et de ses ennemis

 
 

 

Mais est-ce que ceux qui parlent du Sida et qui se montrent comme ses pires pourfendeurs la dénoncent ? Absolument pas. Ils l’affichent en slogan : « Je suis contre le VIH. Il n’y a que nous qui avons le droit d’en parler, et ne comptez pas sur nous pour le faire. Respectez nos morts ! » Ils hurlent pour ne pas en parler, et dans un même mouvement, ils se taisent. Ils refusent de parler de souffrance ou de responsabilité en lien avec le Sida. Et ils découragent toute personne de le faire (attention au dolorisme homophobe !). Ils n’abordent le Sida que sous un jour universitaire, publicitaire, aseptisé, lisse, ou, dans l’extrême inverse, sous la bannière de la culpabilisation, de l’accusation des indifférents, de la violence militante révoltée, de la sensiblerie ultra-émotionnelle et victimisante. Parler d’amour, du sens de l’acte homosexuel, du choc des pratiques dans le « milieu homo », de ce que cache le préservatif, jamais de la vie ! Espace sacré et privé ! Leur usage et compréhension du préservatif, ce sont ceux de la censure, en réalité. Le préservatif préserve de dire la vérité et de donner du sens à la sexualité. Et peut-être pire encore : il est une preuve qu’on ne fait plus confiance aux gens. On les prévient tellement qu’ils sont responsables de tout dans leur sexualité qu’ils se sentent enserrés dans un discours préventif qui ne promeut pas l’essentiel : la liberté. On ne leur parle plus d’Amour et de fidélité. C’est très grave.

 

De manière pernicieuse, le Sida est même devenu un instrument d’État pour accéder à l’intimité des gens (et en particulier des jeunes), pour violer leur jardin secret, contrôler leurs relations privées, s’introduire dans leur univers fantasmatique, de manière « éducative », discrète voire même « progressiste » et capitaliste. Le Sida a fini par transformer les nouvelles générations en parfaits consommateurs, qui se médicalisent eux-mêmes. Il arrive comme un prince, un label marketing jouant sur notre corde sensible et qu’on ne pourrait plus refuser, puisqu’il serait à la source de notre bien-être, de notre civisme, du bien-vivre ensemble, à la pointe de la solidarité sociale idéale.

 

Les anti-Sida instrumentalisent les malades invisibles qui les entourent, disent que seuls le personnel qui les soignent et ceux qui les côtoient ont voix au chapitre, peuvent les connaître en vérité. Il faut leur montrer le badge d’AIDES pour qu’ils nous donnent le droit de parler du Sida, alors qu’eux n’en parlent pas mieux : les malades ne leur appartiennent pas, que je sache. Ces bons samaritains auto-proclamés ont transformé la maladie et le discours sur celle-ci en trophée et en propriétés privées, pour bâillonner les explications et la souffrance autour d’eux. Moyen de s’auto-victimiser, d’apitoyer, de museler, de culpabiliser, de condamner, de terroriser les autres. Savent-ils que la souffrance, même si elle explique beaucoup de choses, est injustifiable, ne justifie rien (surtout pas la violence) et qu’elle ne fournit aucun passe-droits ??

 

Tandis que le Sida doit, selon ces idéologues-pleureurs anti-Sida, être l’horreur absolue, l’aile Ouest interdite, il est transformé en divinité sans laquelle il serait impossible de vivre des « moments forts », en bénédiction. Le Sida : Il faudrait dire « merci » et « adorer » ! ; dire que c’est lui qui aurait donné aux jeunes générations homosexuelles leur liberté de vivre leur « bonheur d’être homo ». Ils exercent un véritable chantage aux sentiments que j’ai pu constater lors d’une conférence que je donnais début 2013 à Reims. En effet, alors que je répondais aux questions posées sur papier par l’assistance, un papier d’un homme homo du public me demandait de remercier l’ensemble des militants homosexuels des année1980-1990 qui avaient/auraient lutté pour mes droits de m’exprimer sur l’homosexualité en 2013. Je l’ai fait sans rechigner. Mais cette demande résonnait comme un avertissement-menace à justifier ma légitimité à parler. En filigrane, je comprenais qu’on me disait que, parce que je n’aurais pas connu directement d’amis homos morts du Sida ou seulement malades du Sida (ce qui, dans les faits, est faux, en plus ! J’en vois personnellement un certain nombre dans mon entourage), parce que j’ai pour seul défaut de ne pas être né à la bonne époque (c’est alors un défaut partagé par beaucoup de personnes homosexuelles !), je n’aurais pas le droit de parler d’homosexualité, n’ayant pas connu la « décennie noire ». Je serais un enfant pourri gâté. Qu’est-ce que c’était que cette censure ?!? Je n’ai pas relevé, et ai même remercié poliment celui qui avait écrit cette question qui n’en était pas une (plutôt un cri de souffrance censurant).

 

 

Rien qu’en voyant le piédestal (d’indifférence) sur lequel le sujet du Sida a été posé socialement et médiatiquement, rien qu’en regardant le traitement esthético-politique dont cette maladie bénéficie dans mon ancien établissement scolaire de Longjumeau (préservatif géant au centre de la cour du lycée Jacques Prévert chaque 1er décembre, pour « sensibiliser », « prévenir » et rendre hommage aux victimes qu’on ne connaît pas et qu’on ne rencontre pas : agenouillez-vous devant le préservatif géant ! Il ne manque plus que l’autel…), je me permets de parler d’un culte païen au « Dieu-Sida », sans pour autant minorer la souffrance qu’engendre le Sida dans certaines vies.

 

On nous fait croire que parler du Sida, c’est « aimer », ça revient à « parler d’amour profondément », à « respecter l’autre », à « s’engager vraiment ». C’est faux : personne ne parle d’amour, du sens de la sexualité, lors de ces journées mondiales commémoratives, dans ces associations de « prévention Sida », dans ces interventions en milieu scolaire. On prévient, au contraire, que l’acte génital, qui peut « à de rares occasions » dire l’amour, est dangereux, et que ce qui sauve de ce danger, c’est le préservatif et la présence au Grand Carnaval anti-Sida (Gay Pride et Journée Mondiale Contre l’Homophobie). On nous fait défiler à des pèlerinages (avec des bougies : accessoires indispensables). On remplace les croix christiques à accrocher à la boutonnière par des rubans rouges jetables. On nous somme d’écouter sagement les hommes maquillés consacrés à Saint Sida – les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence – qui ont fait de la lutte contre le Sida le paravent de leur anticléricalisme et de leur déprime amoureuse. Attention : il faut les applaudir et trouver leurs caricatures anticléricales super drôles, super engagées, super culotées. Et celui qui ne va pas à la messe de saint Sida, on s’en fout et on le traite d’ignoble « homophobe » !

 

 

Le préservatif est véritablement devenu l’instrument/le cache de l’idolâtrie sociale pour le Sida et pour la mort. Tout le monde s’en fout, et ils ont bien raison. Les gens ne s’intéressent qu’à l’importance de la fidélité pour être heureux. Ils ne s’intéressent qu’aux personnes malades du Sida, à la souffrance qui entoure le sujet du Sida. Et de la souffrance liée au Sida, il y en a ! Autrement, et peut-être même plus qu’en 1980. Sauf qu’elle est encore moins dénoncée, car elle est moins visible, elle est sclérosée de bons sentiments et de catastrophisme publicitaire.

 

 
 

V – Une souffrance pas prête de se refermer :

 

 

Un jour en 2004, alors que je vivais à Rennes, j’avais invité Bernard, un ami homo angevin de 20 ans de plus que moi, à assister à une soirée-débat dans un bar gay (le Bon Accord) où était diffusé le documentaire Bleu, Blanc, Rose (2002) d’Yves Jeuland, retraçant l’histoire du militantisme homosexuel des années 1970 à nos jours. La projection se passait normalement. Quand soudain, au moment où ont retenti les premières notes du générique « effrayant » des Dossiers de l’Écran (émission-phare des années 1980-1990), j’ai senti tous les membres de Bernard se crisper d’un seul coup. Il m’a avoué après la soirée que le documentaire que nous avions regardé lui avait flanqué le cafard. Le souvenir de cette période noire, que j’étais trop jeune pour comprendre, lui était revenu à la figure, et il avait passé un très mauvais moment. Le Sida n’a pas fait l’objet d’un véritable débat social autour du sens de la sexualité. Il est donc logique que les plaies qu’il a laissées soient encore à vif.

 

Le Sida fait beaucoup de mal : non seulement parce qu’il a fait mourir, mais parce qu’il continue de faire un autre type de mal : maintenant qu’il se soigne relativement bien (en Occident et avec de l’argent) et qu’on vit mieux avec, il met les personnes homosexuelles nez à nez avec l’insatisfaction et le non-sens de leur propre pratique amoureuse. Dans les premiers temps de l’émergence de la maladie, où celle-ci était moins maîtrisée, il a empêché les personnes homosexuelles de toute une génération de se voir vieillir, et de tirer les conclusions positives de leur vieillissement, conclusions qui sont possibles maintenant, et qui pourraient les conduire aujourd’hui à la continence. Il fait beaucoup de mal parce qu’il est soumis à la même censure, à la même banalisation, et pour le coup, le discours sur le Sida provoque le même rejet des personnes (dites « plombées »), encourage à une pratique sexuelle qui rend malheureux – et parfois même, dans le pire des cas, malade.

 

À nous de désacraliser le Sida, pour mieux lui reconnaître sa gravité réelle et son rôle de révélateur du caractère mauvais de la pratique bisexuelle/homosexuelle. Ainsi, le Sida, même si nous regrettons sa présence, peut nous rappeler, en positif, l’importance d’aimer véritablement dans la fidélité et dans la différence des sexes aimante.

 

 

Déni de Réel

Déni de Réel

 

Nous le constatons tous les jours, à tout instant. Quand les êtres humains s’éloignent du Réel, ils s’éloignent aussi au bout du compte de l’humain, de ce que sont vraiment les personnes, de l’amour durable et heureux. C’est ce qui est précisément en train de se passer à l’heure actuelle en France avec le projet de loi sur « la proposition du mariage pour tous ceux qui le désirent ». Nos législateurs et gouvernants ont quitté intellectuellement le Réel et s’avancent pour Le gommer sous des prétextes paradoxalement humanistes et corporels. On les entend nous soutenir, avec une franchise confondante, que « L’amour n’a pas de sexe, n’a pas d’âge, n’a pas de frontière, n’a pas de règles, n’a pas d’autre maître que notre subjectivité humaine, nos sentiments, nos intentions individuelles, notre sensibilité, notre sincérité, notre tendresse, le désir de notre partenaire amoureux, etc. ». Mine de rien, ils nient l’existence des quatre « rocs » du Réel sur lesquels notre Humanité se fonde et peut rester concrètement aimante : la différence des sexes, la différence des générations, la différence des espaces, et la différence entre Créateur et créature(s). Dans l’idée, ils aiment tout le monde… mais pas leur prochain, là, présent, en chair et en os, nécessairement inégal à nous. Ils défendent la « vie » et la « liberté » sans en reconnaître les limites et le prix. Ils donnent corps à leurs fantasmes bien-intentionnés et à leurs pulsions sous couvert d’un humanisme athée, certes libertaire, sensitif et chargé d’émotions mais peu incarné et peu libre.

 

C’est cette fuite du Réel qui explique, à mon sens, la violence inouïe du projet de loi du « mariage pour tous ceux qui le désirent » que la France s’apprête à voter les yeux fermés. Une fois passé le joli discours sur les discriminations et la sincérité des couples homosexuels, nous réalisons et devinons tous que le couple homosexuel, aussi possible soit-il, n’est pas, par nature, ancré dans le Réel puisqu’il en éjecte purement et simplement le roc principal : la différence des sexes qui, je le rappelle, est le socle fondamental du Réel humain/humanisant, sans lequel nous ne serions même pas là pour en parler ! Notre société mesure également que la filiation que certains couples homosexuels souhaitant se marier défendent est conjugalement irréelle : l’union homosexuelle, par nature, n’est pas procréative. Par la légalisation du « mariage pour tous », l’adoption, la présomption de paternité, la PMA (Procréation Médicalement Assistée) et la GPA (Gestation Pour Autrui), ce sont maintenant les trois autres rocs du Réel qui secondaient la différence des sexes – à savoir la différence des générations, des espaces, et Créateur/créature – que nos idéologues-apprentis-sorciers veulent faire sauter. C’est très grave, leur éloignement du Réel, car il nous pousse collectivement vers l’inhumain, l’irraisonné, le désincarné, le manque d’amour, la négation des personnes. Et le rappeler n’est pas alarmiste ni religieux : c’est réaliste ! Il en va de la sauvegarde de l’Amour ! Cet Amour que socialement nous n’aimons plus assez et que nous ne voulons plus reconnaître !

 

Il est urgent (et il n’est pas trop tard) que nous sortions de nos spéculations sentimentalistes, victimisantes et législatives, pour revenir au Réel et aux personnes qui vont le plus pâtir de ce projet de loi sur le mariage – les enfants, certes, mais avant tout et surtout les personnes homosexuelles, qui sont les « dindons aux plumes roses » de cette farce sérieuse.

De quelle homophobie parle-t-on au juste ?

De quelle homophobie parle-t-on au juste ?

 

Dans les discussions actuelles sur les « droits des homos », visiblement, nos dirigeants politiques « gay friendly » et nous, ne combattons pas le même ennemi… Nous l’appelons pourtant pareil – l’homophobie – mais nous ne nous référons pas aux mêmes actes, réalités, et personnes. Alors je leur poserais volontiers dans ce court billet ces quelques questions de bon sens :

 

À quoi sert de parler d’homophobie si on ne l’analyse pas et si on ne dit pas explicitement les actes réels que ce mot-épouvantail recouvre, à savoir le viol ? (cf. je vous renvoie aux chiffres et à mon témoignage dans mon livre L’homosexualité en vérité, récemment paru) Comment en parler avec justesse si on la transforme en étiquette diabolique qui ne doit être collée que sur le front des personnes non-homosexuelles et non-gay friendly (… alors même qu’on constate dans les faits que les pires ennemis des personnes homosexuelles, ce sont elles-mêmes ainsi que ceux qui leur veulent a priori du bien sans chercher à les comprendre) ? À quoi bon dénoncer les actes homophobes si on nie les souffrances réelles des gens victimes d’homophobie/de viol, qu’on utilise leur drame intime comme effet visuel publicitaire pour choquer, déproblématiser les crimes sexuels. Comme si la victime d’homophobie ne pouvait pas changer de camp ! comme si l’agresseur n’avait jamais été victime de viol/d’homophobie par le passé, alors que c’est justement le contraire qui se produit ! Défendre des utopies identitaires et amoureuses – le coming out, le couple homosexuel, l’amour bisexuel asexué universel et « pas nécessairement homosexuel » – qui jouent précisément le jeu de l’homophobie ordinaire, puisque l’individu véritablement homophobe en actes est toujours homosexuel refoulé et/ou assumé ? Quel sens cela a de s’attaquer à l’homophobie si on traite systématiquement d’« homophobes » ceux qui osent faire lumière sur ce qui se cache derrière les faits divers télévisuels scabreux homosexualisés et les intentions « explicites » des agresseurs – ou même des victimes, dans le cas des suicides- qui osent faire, à juste titre, un lien non-causal entre homophobie et viol, ou entre viol et homosexualité ? Parce que ce lien existe véritablement !  Quel sens cela a de s’attaquer à l’homophobie si on traite systématiquement d’« homophobes » ceux qui défendent concrètement les personnes homosexuelles ? À quoi sert de mener une chasse aux sorcières « homophobes » à échelle mondiale, si on détourne le terme « homophobie » en matraque idéologique pour s’innocenter/se glorifier soi-même auprès des faibles – dont on nie les situations concrètes – et diaboliser – paradoxalement, avec la même violence qu’on leur attribue – toutes les personnes qui ne sont pas d’accord avec notre système manichéen de pensée. Ce système se résume aussi bêtement que cela : les homos = les gentils ; et les hétéros/les tièdes/les contradicteurs = les méchants. Comment peut-on combattre efficacement l’homophobie si on remplace la lutte contre le viol – une violence toujours universalisable, qui n’appartient pas qu’à la seule communauté LGBT- et contre les discriminations réelles dont pâtissent souvent les personnes homosexuelles (le viol, l’inceste, la dictature familiale ou scolaire, l’isolement amical, social et professionnel, la complexité des amours homosexuelles, la cruauté inouïe des relations entre individus homosexuels, le vol, la prostitution, la consommation des corps) par la lutte contre des petites discriminations, de surcroît souvent justifiées  par les limites du Réel, le scepticisme social vis à vis de l’authenticité de l’identité homosexuelle et de la force de l’amour homo, les résistances à la traque paranoïaque à « l’homophobe » et à la boulimie de droits attribués à la communauté homosexuelle, les critiques des comportements aberrants observables dans le « milieu », le refus de la demande de « mariage pour tous » et de la banalisation de la « famille homoparentale » en tant que modèle universel possible, etc.) ? Notre véritable ennemi doit être l’homophobie EN ACTES. Pas l’homophobie en personne(s), en insulte, en intentions, en présomption et en images fantasmées.

 

Le Kissing lesbien contre le Happening marseillais de VITA ou l’imposture bobo bisexuelle

Non non, vous ne vous trompez pas : on nage en pleine gaminerie. Sauf que maintenant, c’est sincère et agressif, ça se veut drôle, décomplexé, révolutionnaire, et que les gamins sont joués par des « adultes ».

 
 

 

 

Depuis hier (23 octobre 2012), une photo circule à fond de train sur les réseaux sociaux. Celle du « Baiser lesbien lors du Happening marseillais anti-mariage-pour-tous » organisé par l’Alliance VITA. Alors qu’elle est pourtant tout autant scénarisée et fabriquée que le « Baiser de l’Hôtel de Ville » de Robert Doisneau (désolé pour ceux qui croyaient encore au romantisme, à l’authenticité et à la spontanéité du fameux cliché…), elle sert d’étendard

 

soi-disant victorieux, touchant, sans parole, instantané, qui vaudrait tous les discours face à la « Bête homophobe » anti-égalité-des-droits et anti-mariage. Elle imposerait le silence et le respect par sa provocation « mignonne », son impact médiatique « simple » et néanmoins percutant, sa fraicheur juvénile. Belle illustration inconsciente de l’idolâtrie médiatique qui a capturé depuis bien longtemps le cœur et le cerveau lobotomisé des militants pro-mariage et de leurs suiveurs sociaux bisexuels/gay friendly

 

Je dis « lobotomisé » car ceux qui défendent la beauté et le caractère « ultra-subversif » de cette photo ne veulent pas l’analyser, parce qu’elle montrerait au grand jour leur naïveté, leur arrivisme adolescent, leur orgueil mal placé de militants-moutons (si politiquement corrects dans leur démarche anti-politiquement correcte !). À bien y regarder, cette image encensée par un certain nombre d’adolescents attardés homosexuels – et il est vrai que ça compose le gros des troupes LGBT ! – donne pourtant toutes les preuves qu’elle est une mascarade, une image mensongère de l’Amour. D’ailleurs, les deux filles qui ont posé pour ce kissing « improvisé » ne sont pas réellement en couple. Elles l’ont avoué elles-mêmes à la revue « Têtu » aujourd’hui. C’était une union de circonstance, un défi entre potes (Chiche, on le fait ! « Allez, on se met en plein milieu et on s’embrasse devant tout le monde! » a dit Auriane, 19 ans, à sa camarade Julia, 17 ans, juste avant de se lancer devant les photographes), un couple de l’instant (dans le sens du paraître, de l’artifice, d’« instantané photographique »), fabriqué de toutes pièces par un exhibitionnisme opportuniste et par une rébellion bon marché (deux étudiantes, très féminines, pas du tout marquées lesbiennes, se revendiquant « hétérosexuelles », venues à l’improviste perturber l’happening pour « rire tout en s’engageant », ça ne mange pas de pain !). Il n’en fallait pas moins pour flatter le militantisme pro-mariage en manque d’arguments dans les débats sur le projet de loi, et pour satisfaire les provocations adolescentes dont la plupart des mass media raffolent, tout soucieux qu’ils sont de choquer-pour-choquer plus que de défendre un Amour réel (étant donné que l’Amour vrai, même entre un homme et une femme, ne s’afficherait surtout pas comme ça pour défendre une cause, aussi juste soit-elle).

 

Le plus fascinant, c’est que la « photo-événement » porte en elle les marques objectives de sa propre vanité, superficialité, prétention et violence (eh bien oui : les pastiches d’amour, même rigolos, peuvent être violents !) :

 

1 – Concrètement, ce n’est pas l’homosexualité qui y est défendue (quelle naïveté des communautaires homosexuels que de croire le contraire !) mais une bisexualité adolescente, une immaturité sexuelle, un goût du scandale facile. Pussy Riot le Retour. Ou un peu comme les deux chanteuses russes du groupe Tatu, qui simulaient l’amour lesbien sulfureux dans leurs clips, et qui finalement se sont révélées lesbiennes juste le temps de la photo et pour vendre des disques. Bref, le couple lesbien trafiqué, mais dans sa version bobo complètement fade et indéterminée (cf. Clotilde, le personnage d’étudiante décervelée joué par l’humoriste Florence Floresti).

 

 

2 – Ce n’est pas l’amour homosexuel qui est défendu, mais une pulsion du moment, certes enveloppées de bonnes intentions (sensuelles, ultra-politisées, voire même humoristiques puisqu’une des deux Lolita bobos esquisse un sourire de complaisance en provoquant ceux qu’elles définissent intérieurement comme des «vieux cons homophobes»). En aucun cas nous avons affaire à une démarche libre et aimante. Paradoxal, surtout venant de ceux qui chantent « l’amour » à tue-tête…

 

3 – Ce n’est pas la liberté humaine qui est défendue ni un amour concret des différences qui est montré, étant donné que les deux filles ressemblent à des jumelles (même look, même sac à main, même coiffure, même visage à l’écran), qu’elles illustrent un rejet de la différence (non seulement des sexes, mais aussi de la différence des générations – le conflit générationnel est criant sur ce cliché – et des espaces – pudeur et interdits, out !), qu’elles rejouent en actes la violence de l’excès de similitudes, qu’elles sont le reflet de la société de consommation la plus banalisée et asservissante qui soit (cf. la cannette de Schweppes à la main).

 

4 – Enfin, ce geste du baiser est plus violent qu’il n’y paraît car il n’est pas un appel au dialogue avec les personnes auxquelles il s’oppose. Les filles, en s’embrassant à pleine bouche, se clouent le bec pour mieux clouer le bec aux autres, et mimer sur elles-mêmes la douce tyrannie de censure qu’elles leur imposent. C’est le baiser = scotch sur la bouche. Et si vous regardez bien, dans les articles de Têtu ou d’autres blogs exposant avec fierté leurs nouvelles égéries hétéros-friendly, il y a très peu de lignes de commentaires ou d’analyse.

 

Ceux qui la récupèrent affichent leur propre absence de pensée, de compréhension, ainsi que leur refus du dialogue.

 

Ça fait beaucoup de pièces à conviction à la décharge de cette photo, je trouve ! Incroyable retour du refoulé. Suprême contradiction des intentions. Ce baiser, en apparence beau, victorieux, et anodin (« Arrête ! Ça n’est rien, un p’tit kissou ! C’est mimi ! C’est culoté ! » me dira-t-on) ne fait que symboliser la superficialité, la prétention et l’homophobie de l’acte homosexuel en lui-même. Celui-ci, de par son éloignement du Réel et son expulsion de Son roc principal qu’est la différence des sexes (une différence qui concerne l’existence de toute l’Humanité), fait violence, et ce, universellement, car elle contredit la présence de n’importe quel être humain. Il est donc juste, non qu’il suscite l’offuscation et les réactions d’indignation excessives, mais qu’il fasse universellement violence, qu’il gêne. Depuis quelques années, j’ai vu bien des enfants, purs et sans préjugés homophobes dans la tête, très mal réagir à la vue d’un couple homosexuel qui s’embrassait – même sobrement – devant eux.

 

C’est bien que l’expulsion de la différence des sexes, expulsion que le couple homosexuel actualise dès qu’il se forme, n’est pas anodine et dénuée de brutalité. Là, je me place au-delà du débat manichéen sur le permis et le défendu, et pas sur le terrain de la simple accusation d’« exhibitionnisme » et des questions d’affichage « impudique » des gestes d’amour. Je parle au contraire de l’impossible forcé artificiellement à devenir concret par le possible de l’instant. J’évoque d’une part la violence des actes homosexuels, la violence des intentions sincérisées de ces mêmes actes, et d’autre part l’importance vitale de la différence des sexes pour l’incarnation de tout amour humain. Pour le coup, l’indignation que ce baiser lesbien marseillais a suscité hier me semble justifiée par la déshumanisation et le manque de liberté que le désir homosexuel crée et nourrit quand il s’actualise sous forme de gestes amoureux et sous forme de couple. Publics ou pas, visibles ou pas, là n’est pas d’abord la question. Le problème n’est pas dans l’existence du désir homosexuel, mais dans sa pratique, bien avant d’être aussi dans la visibilité de cette pratique.

 

C’est pour cette raison que j’aime et comprends l’offuscation des quelques mamies (pardon… « femmes d’un âge avancé ») que l’on voit en arrière-plan… même si je lui préfère de loin la réaction amusée et indifférente de la jeune femme qui se trouve devant et qui ferme les yeux tout en considérant la scène avec l’importance et la retenue qu’elle mérite. Oui, au final, je crois que l’acte « subversif » posé par ces deux femmes-enfants irréfléchies et pleines de bonnes/mauvaises intentions scandalisent plus les personnes pro-mariage que les personnes anti-mariage. Ce qui choque les secondes, c’est certainement la « prétention à offusquer » des premières. Alors que franchement, elles en ont certainement vu d’autres, et des bien pires !

 

L’instrumentalisation instantanée et fiévreuse de cette photo par la communauté homosexuelle est finalement le triomphe de la connerie conquérante de la société bisexuelle, gay friendly, et pas d’abord homosexuelle. Que ceux qui, parmi les personnes homos, ont encore échappé au lavage de cerveau social dont elles sont les joujoux, à la bien-pensance anti-conformiste, et qui ont encore des oreilles à l’écoute, entendent. Les autres, restez bien confortablement dans votre frétillante « indignation face à l’indignation » : c’est une attitude narcissique, donc logiquement, ça devrait vous plaire !

 

Les retombées homophobes de la loi du « mariage pour tous »

Les Français sont-ils devenus sourds et ont-ils perdu leur libre arbitre ? Pro ou anti « mariage pour tous », pour l’instant, pas un camp pour rattraper l’autre ! Nous avons un mal fou à comprendre que le projet de loi qui arrive en grande pompe dans notre pays n’est absolument pas porté par un « lobby gay », n’émane pas du tout « des » homos, mais que c’est plutôt l’ensemble de la société libertaire, hyper-libérale et bisexuelle – dont nous sommes tous héritiers et acteurs – qui veut faire porter le chapeau de sa conception à la fois sucrée et totalement désincarnée, désenchantée, matérialiste et désunie de l’Amour, aux personnes homosexuelles réelles. Cette société bobo, chantant un « amour libre » ouvert à tout type de sentiments (oublie-t-elle que la haine est aussi un sentiment ? ou bien que les sentiments sont l’autre nom donné aux pulsions par l’Homme qui a quitté le Réel ?) va se retourner contre elles une fois qu’elle leur aura donnée ce qu’elles n’ont jamais demandé. Quand prendrons-nous conscience que la communauté homosexuelle ne profitera absolument pas de ce changement sociétal mais qu’au contraire il le lui sera imputé, et que la note risque d’être salée ? Ce n’est pas moi qui l’invente. Toute loi universelle particulariste, inutile ou inadaptée à la réalité des personnes qu’elle est censée servir, s’est révélée historiquement catastrophique pour elles.

Pensons par exemple aux mouvements féministes, qui ont contribué encore plus à transformer les femmes en objets.

Dans les débats sur le modification du mariage, nos politiciens ne se focalisent que sur les rares couples homosexuels qui sont prêts à jouer temporairement le rôle de « sincères utiles » qui les confirmeront dans leurs promesses électorales démagogiques. Ce que sont vraiment les personnes homosexuelles, ce qu’elles vivent en couple, leur difficulté à trouver l’amour, les drames sociaux dont leur orientation homosexuelle est le reflet, nos gouvernants s’en contrefichent. Eux, ils aiment la personne homo sous forme de « droit » ou de « contrat » ou de faire-valoir politique. Non en tant que PERSONNES. La société gay friendly veut le bien des personnes homosexuelles sans le faire. C’est bien là tout le paradoxe de ces lois bien intentionnées !

Mais réveillons-nous ! Tout autant que les enfants, voire peut-être plus, la loi du « mariage pour tous », si elle est appliquée, portera un lourd préjudice aux personnes homosexuelles, même si la plupart d’entre elles ne s’en rend pas encore compte car elles se laissent flatter, infantiliser et applaudir pour un temps comme les reines du carnaval télévisuel… sans deviner l’immolation qui attend leur char. En effet : non seulement nos législateurs socialistes ne reconnaissent pas le désir homosexuel comme spécifique (la loi ne s’appelle pas « le mariage homosexuel » ou « le mariage pour les couples homosexuels », rappelons-le) mais ils placent le désir individuel (individualiste, au fond) comme unique critère de Vérité et d’Amour : il s’agit bien d’offrir le titre de « mariage » à TOUS CEUX QUI LE DÉSIRENT. Or, d’aucuns savent que si tous les désirs individuels priment sur le bien commun et le Réel du moment qu’ils se présentent comme « sincères » et « progressistes », c’est le début d’une belle anarchie de réclamations, d’une inflation ingérable des fantasmes. Et même les désirs homophobes auront dans ce cas-là droit de cité ! Logique ! N’oublions pas que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Le projet de loi sur le « mariage pour tous », qui dans un premier temps n’impactera la réalité de l’Amour et de la filiation que symboliquement et minoritairement (c’est pour cela qu’il a l’air banal et qu’il ne semble pas mérité, à première vue, de fortes oppositions), est avant tout une négation de l’existence humaine dans sa globalité (surtout en ce qui concerne sa  conception et son incarnation ; la différence des sexes étant la condition sine qua non de cette existence, que l’union entre deux personnes de même sexe à l’évidence ne remplit pas et éjecte). Mais plus gravement et invisiblement – car il prend l’apparence d’un bien –, il constitue une négation de la singularité des personnes homosexuelles, une négation de la spécificité de leurs unions, une négation de la fragilité de leur état de vie, une négation du désir homosexuel (qui n’est absolument pas analysé), bien avant de s’étendre à l’ensemble de la société et des enfants. Non seulement le « mariage pour tous » n’accueille pas concrètement les personnes homosexuelles – il ne les accepte que si elles sont prêtes à jouer pendant cinq minutes d’antenne télévisuelle le rôle de militants qu’on attend d’elles – mais en plus, il vient leur prendre le micro de la bouche, parler à leur place, car sur le terrain, une extrême minorité de couples homosexuels souhaite se marier. Les plus solides parmi eux sont justement ceux qui ne veulent pas du mariage ! C’est dire si ce « mariage pour tous » ne dit pas l’authenticité des unions homosexuelles, mais au contraire vient prouver/accentuer leur vanité !

Les menaces qui pèsent sur les personnes homosexuelles ne sont pas des vues de l’esprit.

À travers ce projet de loi, on constate en premier lieu que les personnes homosexuelles ne sont pas soutenues par ceux qui se présentent comme leurs défenseurs et leurs justiciers. Soit ils intercèdent pour elles avec une agressivité suspecte et inefficace, soit ils les exaucent dans leur soi-disant souhait d’« égalité de droits » par mollesse, dans un relativisme d’indifférence : « Après tout, s’ils s’aiment… Moi, ça ne me dérange pas qu’ils se marient. Ils ne feront pas pire que les couples hétéros, de toutes façons. » Mais quel mépris, quelle condescendance, quand on y pense, dans cette adhésion distante, ces jolies formules apprises et publicitaires sans fond ! Les sujets homosexuels sont les poubelles de table, les cautions morales de la société bisexuelle qui ne croit plus en l’Amour et qui leur donne le mariage précisément au moment où elle le dévalue le plus et où il ne veut plus rien dire pour elle. Elle ne se préoccupe pas d’eux : d’ailleurs, la loi qui risque de passer n’est même pas un mariage « pour les personnes homosexuelles » mais un mariage pour un « tous » anonyme, lisse, inconsistant, uniformisant, qui ne reconnaît pas la singularité et les inégalités de fait/ d’identités entre les individus qu’elle prétend télévisuellement accueillir à bras ouverts. C’est une législation d’indifférence et d’indifférenciation complètement déshumanisée et asexuée. Comment peut-on trouver ça beau et défendable ?

De plus, si la loi est promulguée, les législateurs français mettront les personnes homosexuelles dans une position très inconfortable d’« époux » et de « parents » (sans parler du bordel sans nom que sera la « co-parentalité » à rallonge en cas de divorce !), époux et parents qu’elles ne sont pas et qu’elles ne seront jamais en couple homo, non parce que la société le leur interdirait, mais parce que leur corps et leur amour ne peuvent objectivement pas les porter, et aussi parce que les réalités humaines de la conjugalité, de l’adoption, et de la filiation, ne tiennent pas à coup de bonnes intentions, ne sont pas uniquement affaire de sentiments ou d’éducation : elles concernent la Réalité anatomique et symbolique de l’être humain dans sa globalité ! N’oublions pas que par nature, le couple homosexuel n’est pas procréatif, et que concrètement, les couples homos réels sont dans leur grande majorité compliqués, usants, insatisfaisants, parfois même violents, en tous cas fragiles (et qu’on le veuille ou non, plus fragiles que beaucoup de couples femme-homme aimants : vous lirez mon livre L’homosexualité en vérité et les passages sur l’infidélité et le manque d’incarnation des unions homosexuelles si vous en doutez encore). Qui ose reconnaître les limites objectives de la structure conjugale homosexuelle, à part les couples homos les plus stables ? Quand je dis qu’à travers une loi pareille, la société fera porter aux personnes homosexuelles des réalités conjugales et filiatives qui sont trop lourdes pour leurs épaules, je pense non  seulement à la complexité du mariage (qui a dit que le mariage et les devoirs d’époux étaient faciles à tenir ?), à la complexité de l’adoption (rares sont les procédures d’adoption, puis les cas d’adoption réussis et simples, qu’on se le dise !), mais aussi aux risques réels de l’agencement de ces deux réalités « mariage + filiation » (infidélité, lourdeurs de l’union homosexuelle amplifiées par la paperasse et le matériel, enfants rebelles, complexité du partage de la garde de l’enfant en cas de divorce, ambiguïté de la co-parentalité, micmac de l’éducation d’enfant dont on prive des vraies origines, etc.). Pourquoi chercher à mentir aux personnes homosexuelles ?

Comme l’étiquetage « mariage » ne correspond pas à la réalité existentielle, conjugale et sociale des unions homosexuelles, il risque en plus, à long terme, d’être à la fois totalement banalisé, mais (pire encore) réclamé et retiré sous forme de dette aux personnes homosexuelles, dans un élan social d’homophobie qui va surprendre tout le monde, y compris les « friendly » (qui leur avaient fait jadis des courbettes) et les militants LGBT qui se verront cracher sur leurs jouets cassés et sur les membres de leur communauté qu’ils n’assument déjà pas du tout (la plupart d’entre eux se disent « hors milieu » et anti-communauté homosexuelle). Le monde découvrira les atteintes à la dignité humaine, aux vrais pauvres, aux enfants, à la société, aux personnes homosexuelles elles-mêmes, que des mythologies identitaristes et amoureuses (telles que le coming out, le « couple » homosexuel) et que des lois carnavalesques et irréalistes (telles que le mariage ou l’adoption) ont poussé les individus homos à commettre. Et le retour de boomerang homophobe ne se fera pas longtemps attendre ! Les personnes homosexuelles seront, comme au bon vieux temps du Berlin homosexuel des années 1930-1940, jetées en pâture à la vindicte populaire. On les suspectera d’opportunisme, d’arrivisme, d’avoir joué les victimes pour satisfaire des caprices qui ne rendent pas service à la société (parce qu’il y a quand même un monde entre la « discrimination » de se voir refuser un « droit à se marier » irréaliste et les discriminations sociales concrètes engendrées par la crise économique, par exemple !). Les communautés culturelles étrangères présentes en France, très centrées sur la perpétuation des générations, et culturellement pas du tout sensibles aux sentiments dans la composition des couples, verront d’un très mauvais œil l’impasse généalogique du couple homosexuel, le non-accomplissement de sa dette humaine sociale : certaines sont du genre à traîner la communauté homosexuelle en procès de Crime contre l’Humanité, contre la Nature et même contre Dieu ! Pour elles, l’union homosexuelle est un « individualisme à deux » qui joue le jeu des riches, des impies, de la débauche, des divorces, de la prostitution, de la société matérialiste, des dictatures humaines idolâtres à éradiquer.

L’homophobie qui s’abattra comme une foudre sur la communauté homosexuelle n’arrivera évidemment pas que de l’extérieur. Elle viendra précisément de l’intérieur, comme c’est déjà le cas actuellement dans le panier de crabes qu’est la communauté LGBT internationale. Leurs ex-amants traiteront les personnes homosexuelles de tous les noms, les maudiront, les ignoreront. Et le cortège d’agneaux carnivores bêlants (devenus adultes !) frappera violemment à la porte du Centre LGBT le plus proche pour se plaindre de l’irréalité de l’amour homosexuel, de la supercherie de l’homoparentalité (qui ne sera jamais une parenté), des nombreux manquements à l’Amour des personnes homosexuelles (viols, incestes, pédophilie, agressions homophobes entre personnes homosexuelles, suicides, prostitution, corruption, tourisme sexuel, marchandage des corps, mutilations chirurgicales, dictature et censure politiques, etc. : je renvoie les sceptiques ou les outrés à mon Dictionnaire des Codes homosexuels sur le site www.araigneedudesert.fr). « Vous nous avez trompés sur l’Amour, sur l’identité humaine, sur l’homophobie, sur la victimisation ! Ne vous plaignez pas, engeances d’hypocrites ! » vocifèrera la communauté hétérosexuelle. « Ne vous qualifiez plus  d’homosexuels ! Vous êtes comme nous : des amoureux indifférenciés, et même pas sexuels ! Vos gueules ! Ne rentrez pas dans le ghetto communautariste marchand gay ! » s’insurgera la société bisexuelle queer secrètement homophobe. « Vous m’avez menti sur la réalité de ma conception. Vous m’avez privé de la Réalité, de mon père, de ma mère, de l’amour dans la différence des sexes ! » incriminera l’enfant né dans un couple de même sexe. « Vous m’avez exploitée et volé mon bébé ! » dira la mère-porteuse qui, quelques années auparavant, avait pourtant accepté bon gré mal gré le chèque donné par le couple homosexuel pour entamer une GPA. « Vous m’avez utilisé et violé ! » s’exclamera le prostitué. « Vous avez détruit mon couple et ma famille ! » menacera le père de famille bisexuel. « Tu ne m’as jamais vraiment aimé tel que je suis ! » hurlera l’amant vexé et vengeur. Oui, le désir homosexuel pratiqué et banalisé par une civilisation en perte de repères n’engendre pas de petites frustrations ni de guerres mineures ! C’est un ouragan. Tenons-nous-le pour dit !

Nous devons donc protéger les personnes homosexuelles de cette loi inique et inadmissible du « mariage pour tous » qui rentre dans ce grand mouvement soixante-huitard de justification de la pratique homosexuelle (tout comme l’avait fait auparavant la propagande pro-coming- out, anti-Sida, pro-PaCS, etc.). Sans dramatisme, sans jouer les prophètes de malheur, mais avec fermeté et lucidité sur ses conséquences homophobes logiques. En ayant conscience que ce sont les sujets homosexuels les véritables individus menacés par elle.

À l’approche des manifestations françaises contre le projet de loi du « mariage pour tous » (la manif régionale du 17 novembre 2012, la manif nationale de janvier 2013), il nous faut réfléchir sur l’esprit de notre opposition, et sortir d’un conflit « hétéros VS homos », « anti-mariage VS pro-mariage », « fachos VS progressistes » pré-orchestré par une minorité de militants homosexuels et une majorité de médias malveillants qui cherchent à court-circuiter les débats et à imposer leur censure. Que les choses soient claires : nous devons défiler, il me semble, POUR les personnes homosexuelles, et non pas CONTRE elles. C’est mon principal appel et leitmotiv, en tant que personne homosexuelle déclarée.

Ne nous fions pas au discours paranoïaque « anti-lobby gay » de certains groupuscules familialistes pro-life et pseudo « cathos » (qui ne sont pas cathos du tout, en réalité : Civitas, si tu nous regardes…). Arrêtons avec ça. Les personnes homosexuelles ne sont pas les instigateurs de la loi sur le mariage inconditionnel, ni au fond ses bénéficiaires, ni des capricieux, ni des méchants, ni des destructeurs volontaires de la famille et du mariage, ni celles qui tirent souterrainement les ficelles de la propagande médiatique pour l’« ouverture » du mariage. Elles sont utilisées comme moyens de persuasion sentimentalo-électoralistes, tout au plus, et dans quelques années, sous la pression d’autres nations et civilisations beaucoup moins laxistes et « démocratiques » que la nôtre, les mêmes hommes de loi qui leur auront donné des bagues, confectionné leur tulle, lancé du riz, signé des faux diplômes et confié des enfants, les ignoreront, les mépriseront, retourneront leur veste, déchireront les preuves gênantes de leur collaboration gay friendly aux mythologies identitaires-amoureuses-filiatives bisexuelles sur l’Amour portées par leurs petits protégés homosexuels.

Suis-je un oiseau de mauvais augure, qui entrevoit dans cette loi du « mariage pour tous » un péril homophobe démesuré uniquement parce qu’il le rêverait, par homophobie inconsciente ? Tout le laisse croire puisque je suis l’une des rares personnes homosexuelles à crier haut et fort au risque de naufrage alors que la communauté homosexuelle va objectivement droit vers l’iceberg qui le coulera si elle ne réagit pas maintenant. Et pourtant, les risques que je soulève sont réels et imminents ! Ils n’ont rien d’une prophétie paranoïaque. Je ne suis pas en train de rêver le malheur des personnes homosexuelles, de sombrer dans un catastrophisme déplacé,  ou d’attiser un feu allumé davantage par mon alarmisme que par le réel. Seulement voilà, je ne peux pas ignorer les conclusions qui s’imposent sur les actes homophobes violents qui ont lieu partout dans le monde, et en particulier dans des pays gay friendly où on ne les attendait absolument pas. Les bars gay incendiés récemment par des islamistes à Rotterdam, ce n’est malheureusement pas du mythe : ça se passe aujourd’hui ! Je ne peux pas non plus garder pour moi les découvertes que j’ai faites sur les mécanismes paradoxaux de l’homophobie, et sur les crimes homophobes, si rarement analysés et problématisés.

Donc par pitié, au nom de mes frères homosexuels, dont beaucoup sont aveugles et ne voient pas le cadeau empoisonné qui leur est fait, protégez-nous de cette loi ! Nous en serons les premières victimes (consentantes) !

Erwann Binet : l’entêtement orgueilleux et populiste appelé « engagement »

En lisant les propos du député PS de l’Isère Erwann Binet dans le Journal du Dimanche du 3 novembre 2012, j’écarquille les yeux. Déjà, quand nous étions réunis tous les deux sur le même plateau-télé de la chaîne KTO il y a un mois de cela, ce père de famille de 39 ans m’avait sidéré par son refus d’écouter les arguments construits de ses détracteurs, par son déni de réalité, et par son mépris de ceux qui tentaient de le ramener à la réalité, aux personnes dont il se disait défenseur, aux situations humaines concrètes que son discours « anti-discriminations » niait. Mais là, j’avoue qu’il a atteint des sommets dans la lâcheté et le goût de l’image.

 

 

Il va falloir expliquer à ce rapporteur officiel du projet de loi du « mariage pour tous ceux qui le désirent » que l’engagement humble au service de l’État, cela implique d’être persévérant, certes, mais pas rigide, y compris quand on s’annonce sous les auspices de la « solidarité ». Socialiste ou pas, un homme politique démocratique digne de ce nom doit accepter parfois de se contredire, de sortir de l’image, de ne pas être toujours populaire, de tenir tête aux chantages affectifs qui risquent de nous faire oublier le bien commun, et de ne pas s’entêter dans un projet de loi qui ne fait pas l’unanimité, y compris dans les rangs de gauche. Un programme électoral n’est pas une table de la Loi, un diktat, une promesse rigide qui s’impose à nous et au reste du monde. Il n’est pas un jurement sur l’honneur dans lequel on joue notre personne : c’est une ligne d’horizon qui peut être affinée, voire même qu’on doit contourner si les actes qu’elle nous fera poser seront incertains, peu réalistes, inhumains, indifférents aux plus fragiles (les enfants et les personnes homosexuelles, entre autres) et à l’ensemble de la société. Car il faut bien percevoir une chose dans les mots de Monsieur Binet : le député PS ne s’intéresse ni aux enfants en tant que PERSONNES, ni aux sujets homosexuels en tant que tels non plus. Il ne les aime que sous forme de « droits LGBT », de « preuves de progrès », de « certificats de valeurs éducatives et d’amour », de « rôles sociaux », de « signes latents que le gouvernement tient ses promesses électorales », d’« arguments politiques », de « labels Solidarité et Émotivité », bref, de « preuves d’engagement ». Le Peuple réel et souverain, concrètement, il n’en a rien à cirer. D’ailleurs, sur les plateaux-télé et dans les articles de journaux dans lesquels il est interviewé, Erwann Binet ne nous parle pas des enfants ni des personnes homosexuelles : il reste dans l’émotionnel, la bonne intention, la victimisation et l’agressivité policée. Son but est de défendre son idée de « progrès » et d’« engagement », tout en méprisant les générations (ceux qui ne pensent pas comme lui, il laisse poliment entendre que ce sont des vieux cons : « La société bouge, les Français évoluent avec elle. Le clivage est surtout générationnel. »). Cela s’appelle diviser pour mieux régner (« Même les catholiques sont très partagés. » embraye-t-il).

 

Erwann Binet parle au nom d’un « tous » indéterminé, au nom d’un Peuple français qu’il n’écoute pas (car s’il l’écoutait vraiment, il tiendrait compte de sa diversité, il entendrait sa contestation croissante du projet de loi sur le mariage pour tous) : « Une majorité de Français est favorable au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe. » ; « Le texte qui est proposé aujourd’hui à l’Assemblée nationale et au Sénat est attendu par une majorité de Français. » Il reprend les bonnes vieilles méthodes traditionnelles du dictateur ou du censeur : il fait semblant d’écouter pour ensuite n’en faire qu’à sa tête, il se prend pour le Peuple (en toute bonne foi, générosité et « désintérêt » affiché, en plus !) et essaie de faire croire que tout le monde pense comme lui, pour finalement imposer son propre point de vue, un point de vue individualiste et particulariste que seule sa petite cour gay friendly – très bisexuelle et désenchantée de l’Amour et du mariage – applaudit : « C’est un texte qui a une dimension très personnel, intime même. » (Égocentrique et intentionnellement universelle, je dirais même…). Au lieu d’asséner franchement ses ordres, il les applique en douce, avec le sourire socialiste du « Cause toujours, tu m’intéresses ». En deux mots : Redoutable et despotique.

Au fond, sa seule motivation pour faire appliquer la loi du « mariage pour tous » obéit à un poncif intime qu’il impose à toute la France : celui de ne jamais se contredire et trahir ses promesses. Le poncif du paraître, en quelque sorte. « Il faut respecter les engagements pris devant les électeurs. » conclut Erwann Binet. Il ne développe pas pourquoi il faudrait absolument respecter les engagements, car en réalité, mis à part pour des questions d’image et d’égo personnel, il serait bien en peine de répondre. Et j’aurais envie de lui dire : Qu’est-ce qui, mis à part l’orgueil mal-placé et la soif de pouvoir, vous fait dire que tous les engagements humains doivent être tenus, et seraient irréprochables et justes en soi ? L’entêtement, appelé démagogiquement « engagement », n’a jamais été un dieu, un fétiche sacré qu’on brandit pour blanchir et innocenter toutes nos actions et pensées. Les êtres humains, on le voit bien au cours de l’Histoire, ne sont entêtés pour des belles causes, mais parfois aussi pour des Eldorado d’une violence inouïe, pour des chimères bien destructrices. Le jusque-boutisme de principe n’a jamais été une réussite et un gage de justice. Il n’y a pas de dictature humaine qui ne se soit pas avancée et imposée sous la bannière du « progrès », du « changement », de la « promesse », de l’« engagement » et de la « liberté ».

 

 

Amis gouvernants socialistes, vous est-il possible, de sortir des mots-slogans et des bonnes intentions pour appliquer l’Amour en conformité avec les réalités singulières des personnes ?

 

Polémique Guillebon/Van Gaver et Ariño sur NDF

Polémique Jacques de Guillebon/Falk Van Gaver avec Philippe Ariño sur « Nouvelles de France » en octobre 2012 (3 échanges)

 

Premier article de Fal Van Gaver et Jacques de Guillebon : « Voie sans issue »

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Réponse de Philippe Ariño : « Sortir de l’impasse grâce à la Croix »

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Second article de Fal Van Gaver et Jacques de Guillebon, en « réponse » à Philippe : « Le Bûcher des homophobes »

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Je suis une folle de Dieu !

(Questions initialement suggérées par une journaliste de l’1visible)

 

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Photo : Louvre, Paris, novembre 2012, par Jean-Baptiste Bonavia

 

 Philippe Ariño, vous vous dites ouvertement homosexuel et pourtant catho. Ça semble paradoxal, non ?

C’est sûr. Et ça serait en effet une parfaite hypocrisie si je n’étais pas continent (= abstinent pour Jésus), car la pratique homosexuelle et la fidélité concrète à l’Église-Institution catho, sans être opposées, me semblent déchirantes et inconciliables. On ne peut pas, en amour, servir deux maîtres. La continence, je le remarque dans ma vie et dans celle de mes amis homos cathos, est le seul choix de vie – quand le mariage femme-homme ou le célibat consacré ne sont pas envisageables – qui permet une totale réconciliation entre notre dimension homosexuelle et notre pratique religieuse. Beaucoup de cathos homos essaient de faire croire que le compromis entre l’homosexualité actualisée sous forme de couple (même dit « chaste », « hors milieu », « homophile » et « homo-sensible ») et la pleine fidélité à la foi ecclésiale serait idéal d’être « (à peu près) possible »… mais concrètement, ils sont en rupture avec la communauté homosexuelle et/ou en rupture avec l’Église-Institution. Et c’est logique : une fois que le désir homosexuel est pratiqué ou perçu comme fondamental, il n’est plus seulement expliqué mais justifié, et je remarque qu’il n’est alors pas identifié ni assumé. Il est vécu comme une honte. Je vérifie également que dès qu’une personne catholique décide de croire à l’amour homosexuel, même bien avant de franchir le cap de la composition d’un couple, elle prend progressivement ses distances avec l’Église-Institution. C’est quasi systématique. C’est donc qu’il y a bien une incompatibilité foncière entre pratique/croyance homosexuelle et foi catholique. En ce qui me concerne, j’ai découvert la grande liberté de parler ouvertement du désir homosexuel qui m’habite et d’être pleinement catho dans la continence et l’amour de l’Église catholique vaticane. Depuis que je suis continent (janvier 2011 : arrêt définitif du porno, de la drague homo et de la masturbation), je constate un rayonnement social, artistique, intellectuel, amical, spirituel, familial, ecclésial que je n’avais jamais connu. Et pourtant, avant, je n’avais déjà rien d’un asocial !

En vous présentant comme homosexuel et comme spécialiste de la culture homosexuelle, vous n’avez pas l’impression de vous enfermer dans un thème, et quelque part de vous contredire en justifiant l’homosexualité ?

Vous dites peut-être ça parce que vous croyez que dès que quelqu’un emploie le mot « homosexualité », il la justifie. Or moi, je ne fais qu’en parler et dire qu’elle est existante, pour précisément ne pas en justifier la pratique et pour laisser le désir homosexuel à sa juste place d’« élan parfois profond mais non fondamental. » Mes deux identités fondamentales sont celles de garçon d’une part et d’Enfant de Dieu d’autre part. C’est bien tout ! Je me définis aussi comme une personne homosexuelle, parce que l’attirance sexuelle que je ressens est bel et bien là dans mon corps, mais je ne me réduis pas définitivement à celle-ci. Je suis un mystère à moi-même. L’analyse du désir homosexuel m’apprend à la fois qui je suis et qui je ne suis pas.

Je reconnais que ma démarche d’appel à la valorisation de la culture homo peut sembler de l’extérieur paradoxale, voire dangereuse. Comme si je jouais avec le feu, ou que je m’enfermais dans une caricature de moi-même. Mais en réalité, je crois que plus on se voile la face par rapport à son désir homosexuel et on cherche à s’en éloigner théâtralement ou dans la révolte, plus on se donne des excuses et des risques pour l’actualiser : je le vois chez la grande majorité des individus homosexuels. Ils méprisent la culture homosexuelle et le « milieu », nient leur tendance ou au contraire la sacralise, pour, en douce, se justifier de pratiquer l’homosexualité soi-disant « pas comme le commun des homos ». Pour ma part, je préfère de loin m’approcher de mon désir homosexuel pour finalement mieux m’en distancer. C’est la liberté de l’approche distanciatrice, en quelque sorte : je ne nie pas la marque du mal dont je suis porteur et donc je ne risque pas de me confondre avec.

Enfin, il suffit de constater dans mes écrits à quel point je connecte l’homosexualité aux fractures les plus diverses de la société et à la violence universelle (divorces, non-rencontre entre l’homme et la femme, perte de vitesse de l’amitié, société matérialiste, prostitution, crise économique et morale, guerres, refus humain de Dieu, etc.) pour comprendre que mon travail d’identification du désir homosexuel n’est pas une tentative d’enfermement de l’homosexualité dans une espèce humaine particulière ou dans la justification voilée d’un « amour homosexuel formidable », mais bien un prétexte pour parler d’Humanité et de sexualité au sens large, pour faire comprendre aux non-croyants et aux croyants que l’Église catho a tout compris des blessures humaines de notre société.

Ça ne vous gêne pas d’être étiqueté « catho et homo » ? Vous n’avez pas peur d’être instrumentalisé par l’Église ?

La seule personne à qui j’accepte de m’offrir totalement, de qui je consens d’être l’objet et le sujet, c’est bien l’Église catho ! Alors allez-y, amis croyants pratiquants ! Servez-vous de mon témoignage, profitez-en ! Ceux qui ont peur que je serve de caution morale à mon Église sont finalement les mêmes qui méprisent les cathos et qui ne comprennent pas que stratégiquement, mon expérience ne peut absolument pas servir de matraque homophobe, de trophée ou de pommade pour se rassurer de ne pas être homo, car l’homosexualité est justement un miroir des relations homme-femme défectueuses, des divisions des êtres humains avec l’Église, et même au sein de l’Église catho, dont les personnes qui pourraient me récupérer sont responsables. Donc vouloir utiliser mon témoignage en vue de nier ses propres souffrances ou sa collaboration sociale aux pratiques homosexuelles, vraiment, c’est un mauvais calcul…

Vous considérez-vous comme un converti ?

Oui et non. Je veux bien qu’on parle de « conversion » à mon sujet, mais uniquement dans la mesure où mon choix de la continence n’est pas envisagé comme magique, volontariste, obligé, unique, par défaut, survenu après de grosses déceptions sentimentales. Au contraire, je le pose librement, positivement, progressivement, dans une continuité et l’incertitude. Ça, oui. Bref, ma conversion en est une parce qu’elle est non-spectaculaire. Au final, elle est comme le mystère de la Croix de Jésus : grave et joyeuse en même temps.

 Après, mis à part l’interview que j’ai faite en 2011 pour la revue La Croix avec la journaliste Joséphine Bataille ainsi que mon témoignage à l’aumônerie de la UCO à Angers (le premier témoignage où je parlais ouvertement du lien entre mon homosexualité et ma foi) qui ont agi comme de véritables déclics pour que je me mette à être vraiment continent et à me sentir responsable de ma cohérence, je ne peux pas dire qu’il y ait eu un avant et un après conversion. D’ailleurs, je ne me présente ni comme un « ex-gay », ni comme un « repenti de l’homosexualité ». Je n’ai pas de grand miracle paranormal à raconter. Je suis tous les jours converti par le Seigneur, et j’ai toujours été croyant pratiquant. Je n’ai rien d’un obsédé de la continence. Je ne fais qu’essayer d’aimer l’Église-Institution, et c’est ça qui me rend juste et bon, intègre et solide comme un roc dans l’abstinence. Même si je présente la continence et l’amitié désintéressée comme le chemin le meilleur pour les personnes homosexuelles, je ne dis pas pour autant que le reste (= le couple homosexuel), « c’est de la merde » ou « c’est mal ». Le meilleur n’est pas l’ennemi du bien. Il est juste… mieux !

Certains me demandent comment j’ai fait pour « m’imposer » la continence. Ils ne se doutent pas que le plus dur dans celle-ci, ce n’est pas de la vivre : c’est de savoir qu’on doit la pratiquer sans la pratiquer concrètement, parce qu’on négocie encore trop avec l’enfant capricieux qui est en nous. Le plus dur, c’est aussi de continuer à s’imposer le poids de la croyance en l’amour homosexuel. Ça, c’est le vrai boulet de l’histoire ! Mais sinon, une fois qu’on est vraiment continent, on se dit : « Ah bon ? Ce n’était que ça ? ». Le joug du Jésus est léger, je le rappelle ! Je n’ai jamais été aussi simple et heureux que depuis que je suis continent et que j’ai renoncé aux sentiments amoureux homosexuels !

Finalement, le miracle indéniable dont mon parcours homosexuel peut être le signe, c’est que la pétasse homosexuelle décervelée, le fan de Lorie et de Céline Dion que je suis, se met maintenant à être écouté passionnément des évêques ! Ça, oui, ça tient du surnaturel ! La pierre de l’homosexualité qui était le caillou dans la chaussure de certains ecclésiastiques devient la pierre d’angle actuelle de l’Église ! C’est à peine croyable… Je suis une folle de Dieu ! Et l’Église s’en réjouit avec moi !